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« Et jamais nous ne serons séparés » s’en persuaderait Ludmila Mikaël

Il y eut, en 2009, Nathalie Baye qui se confrontait à « Hiver » au Théâtre de l’Atelier alors qu’avec Pascal Bongard, ils se cherchaient, se perdaient, se retrouvaient dans la transgression du huis-clos d’une chambre d’hôtel ; voici, aujourd’hui, Ludmila Mikaël qui effectue un parcours similaire à L’Oeuvre, à ceci près que c’est avec elle-même et seulement avec elle-même que la sociétaire honoraire du Français se convainc au sein des sentiments d’abandon et de solitude, de la présence de l’être chéri mais pourtant bel et bien disparu !…

Et pourtant paradoxe, Patrick Catalifo & Agathe Dronne accompagnent de leur fantomatique présence sur les planches, cette quête persuasive mais, en fait, ils n’y apparaissent que comme le revers mental des préoccupations de cette femme esseulée, fantasmée par Jon Fosse.

Cette situation ne serait pas sans rappeler le personnage de Charlotte Rampling dans « Sous le sable » de François Ozon alors que disparaît soudain et sans crier gare son mari dans l’immensité d’une plage…

Ainsi les deux femmes, Charlotte au Cinéma, Ludmila au Théâtre se trouvent en nécessité inéluctable de sans cesse re-susciter la présence de l’Autre car infiniment inexplicable serait la disparition de celui-ci.

Alors sur scène, le temps d’une nuit d’insomnie, Ludmila va jouer le rendez-vous toujours différé d’un souper, sans doute en amoureux, tout en prenant des respirations de conscience fulgurante que tout cela est et restera vain ! Mais rien n’y fait, la vie sera plus forte que le désespoir ! L’illusion échafaudée plus déterminée que le constat du réel ! La méthode Coué bien plus efficace que la dépression !…

Et puis, il faut le dire, il y a aussi le plaisir de jouer avec l’indicible et celui de s’en rapprocher au plus près jusqu’à s’y brûler les ailes du désir.

Qu’importe donc si la candeur devait se disputer avec l’intelligence revendiquée à maintes reprises, qu’importe si la vulnérabilité de l’artiste devait frémir de par ses failles latentes, qu’importe même si quelques spectateurs du balcon devaient huer aux saluts d’une générale presse, la force de l’utopie resterait sans aucun doute la meilleure alliée d’un spectacle vivant dont la signification existentielle se lirait entre les lignes, scandées à mi-mots répétitifs, et s’entendrait à travers les silences musicaux d’une interprétation magnifique… forcément magnifique !

photo affiche/DP © Carole Bellaïche

ET JAMAIS NOUS NE SERONS SEPARES - ***. Theothea.com - de Jon Fosse - mise en scène : Marc Paquien - avec Ludmila Mikaël, Patrick Catalifo & Agathe Dronne - Théâtre de L'Oeuvre


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