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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Expédition Nil bleu », un moment d’éternité

« Expédition Nil bleu », un moment d’éternité

Il peut y avoir de la magie dans les technologies actuelles. Dimanche après midi, j’étais à la cité des sciences et de l’industrie. La Géode avait programmé un documentaire, Expédition Nil bleu. Voici comment une équipe déterminée, une caméra et une salle dotée d’un écran géant vous amène de Paris au coeur de l’afrique, pour une heure de temps suspendu dans le temps, pour un voyage au coeur d’une vallée d’éternité.

Depuis le commencement de la civilisation égyptienne, les habitants de la vallée du Nil ont eu un rapport spécial avec ce fleuve. A vrai dire, on peut même considérer que l’Egypte elle même est un pays fleuve. Toute sa civilisation, toute sa vie, toute sa puissance dépend du fleuve. Dépend des quelques kilomètres de terre fertile de part et d’autre du fleuve. L’Egypte est un ruban de verdure coupée en deux par un ruban d’eau.

Ce fleuve est le poumon unique des pays qu’il traverse. Enlevez le Nil, détruisez le, empoisonnez ses eaux et vous tuerez tous les pays d’Afrique de l’est, de la région des grands lacs jusqu’aux rives de la Méditerranée. Pour autant, ce fleuve est resté largement inexploré jusqu’à des temps récents. Et surtout, aucune expédition n’avait réussi à descendre son cours, des sources du Nil bleu jusqu’au delta égyptien.

L’équipe menée par Pasquale Scaturro, chef d’expédition, et son partenaire Gordon Brown, ont descendu cet immeuble fleuve, traversant les paysages africains sur plus de 5000 kilomètres.

Je m’arrête là dans le résumé du documentaire, ce n’est pas là le but de mon papier. Plus que vous faire un résumé de film, j’aimerais vous faire partager l’émotion, l’émerveillement du petit enfant que je suis encore en partie, devant le spectacle qui me fut proposé.

La vallée du Nil est un endroit unique sur terre. Depuis les hauts plateaux d’Ethiopie, il traverse des sites totalement différents, creusant son chemin dans le roc et la lave du rift africain, traversant les déserts de dunes de sables ou les plaines vertes ou arides. L’expédition vous emmène avec elle au coeur de cette splendeur. Vous êtes dans l’avion qui survole a basse hauteur le cours du fleuve, rasant les arbres, slalomant dans les vallées encaissées, prenant de la hauteur quand le fleuve passe des rapides à un cours plus lent et diversifié.

Vous êtes dans le canot de raft qui dévale les rapides, plongeant le museau dans les paquets de remous provoqués par les rocs submergés. Vous êtes même accrochés au nez du Kayak de Gordon dans quelques unes de ses descentes vertigineuses.

De part et d’autre de votre champ de vision, l’Afrique s’étale, généreuse de ses paysages, de ses couleurs, de sa faune belle et cruelle. Tous ces peuples qui vivent au bord du fleuve viennent à vous. A la différence d’un film plat et rectangulaire, vous êtes en Afrique pour découvrir leur environnement, leur pays, leur vue quotidienne. Leur habitat, vous le ressentez comme si vous étiez là bas, vous le voyez comme ils le voient.

Bien sur, tout n’y est pas. Nous sommes encore loin de ce que les écrivains de science-fiction appellent une immersion totale. Les odeurs, le vent, la chaleur - ou le froid - ne sont pas là. Seuls vos yeux sont sollicités, ainsi que votre équilibre. Mais, allez à la Géode. Allez voir les paysages lointains. Allez découvrir cette Afrique dont nos médias ne nous parlent que pour en souligner la pauvreté, l’instabilité géopolitique, l’aridité, la faim.

Allez découvrir un pays fabuleux, l’Ethiopie. Cette plongée intelligente, par le biais d’un documentaire, vous fera oublier les images d’un pays peuplé de zombis faméliques. Allez voir l’incroyable beauté d’un pays où le Nil prend sa source principale.

Nous avons la chance d’avoir à notre disposition une technologie qui peut nous plonger dans un ailleurs, dans d’autres temps. Hier après midi, j’ai pu me plonger au coeur de l’Afrique, descendant le cours d’un fleuve qui en est l’artère vitale depuis des milliers d’années. L’espace d’un moment, sous un dôme géodésique, le temps local n’avait plus court. Un petit moment d’éternité. Si beau.


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4 réactions à cet article    


  • L'enfoiré L’enfoiré 20 février 2007 14:21

    Bonjour,

    Vous m’avez fait rêvé. J’ai déjà eu l’occasion de voir un documentaire sur le Nil de sa source jusqu’à son embouchure à la télé. Je ne connais que l’Egypte et sa vallée du Nil. Comme Mitterrand, je voudrais y être retourner avant le « grand voyage ». J’ai fait le grand classique Louxor Assouan à bord d’un bateau. Le Caire et la mer Rouge, une autre fois. La gentillesse des Egyptiens n’est pas un conte des Mille et une Nuits. Une véritable passion que j’ai décrite sur mon site (URL), est née. Il faut absolument avant d’y aller jeter un coup d’oeil sur l’histoire antique. A bord du bateau, les paysages magnifiques défilent paisiblement. C’est un des « tops » pour moi. Louxor, j’ai adoré. L’hôtel « Winter Palace » est un retour en arrière dont on se souvient très longtemps. Pas nécessairement bon marché, mais il existe bien plus cher ailleurs. Un grand anniversaire à fêter ? smiley


    • Gracian Gracian 21 février 2007 09:58

      Merci Manuel de pouvoir toujours t’émerveiller devant de belles images et de nous en faire profiter

      J’ai eu la chance d’aller de nombreuses fois dans ce magnifique pays. Le Nil est impressionnant, c’est le plus long fleuve du monde est un authentique dieu pour l’Égypte. Du moins il l’était quand ses crues déposaient le riche limon du Sud le long de ses rives !

      Depuis la construction du barrage, l’irrigation fait remonter le sel du sous-sol. Mais peut-on refuser le progrès ?

      Je vais aller à la Géode. ! !


      • Le furtif (---.---.29.215) 24 février 2007 12:47

        Bonjour vénéré Duc

        Il y a quelques jours gêné par un petit truc , j’ai cru à une confusion de ma part.

        Je reviens ce matin et la confusion est bien là,... mais elle est vôtre.

        Tout tient dans votre continuel propos allant d’un Nil à l’autre.Au point que l’on vient à se demander si vous avez bien vu ce que vous nous dites avoir vu.

        • Un reportage sur le Nil bleu ?

        Alors pourquoi embrayez vous sur une longue vallée de 5000km ? Revenant au cliché usé d’Herodote du Nil nourricier.

        Le Nil qui arrive à Khartoum n’irait pas bien loin, le tumultueux, le chargé de limon, le submergeur, c’est l’autre le Bleu ,celui qui a rendez-vous avec Sothis le 18 juillet.Ce dernier ne mesure au plus que 1600 km.

        Je ne vous prête aucune intention malveillante ( le climat est trop tendu sur Avox en ce moment pour se permettre de perdre des gens que l’on apprécie) ,mais reconnaissez que les Grands Lacs ne sont pour rien dans l’origine de celui qui vous a fasciné à la geode.

        Malgré votre confusion vous avez raison : ce document est une merveille.


        • Manuel Atreide Manuel Atreide 24 février 2007 18:38

          Cher Furtif ...

          Je reconnais tout à fait que les Grands Lacs n’ont rien à voir avec le Nil Bleu.

          En ce qui concerne les 5000km qui vous font tiquer, j’avoue bien volontiers avoir repris ce que les expeditionnaires nous disent en fin de documentaire. S’ils se sont trompés, j’ai repris bêtement leur erreur sans vérifier. In this case, my humble mistake !

          Anyway, promis, je ne partirai pas de sitôt d’Agoravox, ce site est dans sa conception trop préieux pour le jeter, même si l’eau du bain du bébé est parfois l’habitat de quelques bestioles agressives, nocturnes ou pas.

          Bien evidemment, je ne parle pas de WQT (waquete)

          Manuel « brenda-potentielle » Atréide.

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