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Exposition au Grand Palais, Vienne 1900 : Klimt, Schiele, Moser, Kokoschka

L’exposition au Grand Palais, du 5 octobre 2005 au 23 janvier 2006, réunissant les quatre peintres viennois, a tenu toutes ses promesses. A une exception près : les salles étaient inadaptées à la réception d’une exposition d’une telle ampleur.

Aller voir une exposition à Paris, un dimanche, demande de la patience. Le temps d’attente sans réservation peut parfois sembler interminable. Pour cette exposition, vous comptiez au minimum deux heures quinze de queue, avant de vous immiscer dans l’univers des Klimt (1862-1918), Schiele (1890-1918), Moser (1868-1918) et Kokoschka (1886-1980). Il peut se passer bien des choses pendant deux heures quinze : d’aucuns piétinent sur place, d’autres geignent sur l’organisation et la longueur de l’attente.

Enfin, j’entre. J’ai hâte de plonger mon regard dans les toiles de ces quatre peintres viennois issus de la "sécession". "Sécession" : mot d’ordre, signifiant rupture ouverte avec l’autorité de la vieille institution académique de Vienne (Autriche). Ces artistes sont entrés en rébellion dès 1880, afin de laisser place à la modernité. Leur influence sera considérable et s’étendra à d’autres arts.

Des portraits, des visages, des corps.

Dans la première salle, le premier tableau s’offrant à nos yeux est celui de Klimt, L’amour (1895). D’autres toiles se succèdent, notamment, Nuda veritas (1899). La foule étant trop nombreuse, je ne peux prendre de recul pour contempler pleinement ses oeuvres. Je suis contraint de les admirer, de ne les passer en revue que de très près. Par conséquent, mon parcours m’identifierait à une "fourmi", selon l’étude de E.Veron sur le comportement des visiteurs lors d’une exposition. Quoi qu’il en soit, mes pas sont réglés en fonction du mouvement de mes yeux scrutant chaque toile. Je ne laisse rien au hasard, tellement c’est beau ! Voir une exposition, c’est entrer en communion avec un artiste ; parfois, une sorte de magie s’opère lorsque vous vous attardez sur un tableau : il fait naître des sensations, des émotions vives, sans que vous sachiez pourquoi il vous met dans cet état.

Voici que Klimt laisse apparaître Schiele avec Agonie (1912). Le symbolisme fait place à l’expressionnisme. Une atmosphère mortifère se dégage des tableaux de Schiele. Cet artiste était obsédé par la mort et aussi par la naissance, la vie : sujets essentiels de son oeuvre. Par ailleurs, il est davantage provocant que Klimt, Cardinal et religieuse (caresse), (1912) l’atteste. Je poursuis mon périple et pour le moment, j’ai surtout vu du Klimt, du Schiele (ces deux peintres sont les plus représentés dans l’exposition).

Mais les premières toiles de Moser et de Kokoschka surgissent. Chez Moser, c’est l’allégorie qui prime. Il met l’accent sur la luminosité et exalte la couleur. De magnifiques tableaux en témoignent, Tristan et Iseult (1913-1915), et surtout Vue sur le Rax (sans date), que l’on trouve dans la partie paysages de l’exposition. Quant à Kokoschka, ses violents contrastes de couleurs, servis par des coups de pinceau très visibles, rompent avec le style de Moser. Son expressionnisme est exacerbé.

Des paysages/dessins et aquarelles

J’accède maintenant à la deuxième salle, celle où la partie paysages est mise à l’honneur. J’y retrouve en nombre des oeuvres de Klimt et de Schiele se mêlant à celles de Moser et de Kokoschka. Ici, le contraste entre le style de ces quatre peintres est fulgurant ! Les paysages de Klimt sont doux, les couleurs vives, la verdure rayonne. Un de ses plus beaux tableaux demeure incontestablement pour moi Allée dans le parc du château Kammer (1912) : une merveille !

Alors que chez Schiele, même les paysages sont lugubres, mortifères : Paysage aux corbeaux (1911). Les couleurs demeurent ternes : Paysage préprintanier (1913). Ses paysages m’ont fait penser à des champs de bataille, était-ce prémonitoire ? Peut-être...C’est une peinture torturée, les corps sont déformés, décharnés, voire cadavériques.

Dans les paysages de Moser et de Kokoschka, on retrouve ce que l’on voit dans les portraits. Enfin, une petite salle nous donne à voir des dessins et aquarelles de ces peintres viennois. Partie enrichissante, car il est toujours intéressant de se rendre compte du travail effectué préalablement à la création de la toile.

Anecdote

Ce dimanche 15 janvier, une jeune femme, fortement agitée, même perturbée, s’en prit verbalement aux agents de sécurité, jusqu’à "piquer" une crise de nerf. Elle se plaignait de la longueur de l’attente dans la file. Elle a réussi à entrer avant ceux qui étaient devant elle. Mais le comble de l’histoire, c’est qu’elle est ressortie du musée aussi vite qu’elle y était entrée ! Bizarre, bizarre...

Olivier Poirier


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