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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Fanny Ardant dans La maladie de la mort de Marguerite Duras

Fanny Ardant dans La maladie de la mort de Marguerite Duras

Fanny Ardant est en elle-même un mystère ; et si en plus, toute de noir vêtue jusque sur des hauts talons telle une Jackie kennedy aux obsèques de John, la comédienne s’avance de la pénombre sur la vaste scène totalement dépouillée du Théâtre de la Madeleine vers un angle de convergence avec une chute de lumière diaphane, c’est alors en souveraine de la pensée magique qu’elle se pose dans un sourire indéfinissable... jouant de ses mains avec la lame d’un coupe-papier laissant présager une destinée funeste.

Avant que la « longue dame brune » n’ait dit le moindre mot, tout est dit et Duras n’a plus qu’à transformer l’essai en preuves à conviction qu’une impasse s’est refermée sur « elle m’aime ».

Enjeu absolu d’une boucle tripolaire, l’amour est en effet l’objet d’une convoitise partagée en trio de prétendants, la femme, l’homme et la narratrice, à ceci près que Marguerite Duras souhaitait que cette dernière fût également un mâle.

En tous cas, c’est bien ici Fanny Ardant qui endosse à elle seule le rôle des trois protagonistes pour tenter à trente reprises jusqu’au 9 juillet de rapprocher leur « souffrance à être seul » sans jamais parvenir à identifier ce mal par une autre nosologie que l’incapacité foncière à aimer.

Avant que l’actrice ne tourne résolument le dos au quatrième mur, tout est joué et Duras n’a pas à rendre compte de l’échec viscéral, il suffit à l’auteur de soulever le voile des intuitions : « Ainsi cependant vous avez pu vivre cet amour de la seule façon qui puisse se faire pour vous, en le perdant avant qu’il soit advenu. »

Ainsi l’incommunicabilité des sexes se heurtant de front à la barrière du plaisir, même l’argent n’aura pas réussi à résoudre le verrou de la plénitude à deux.

Davantage énigmatique que pessimiste, le texte de Marguerite Duras est épousé par Fanny Ardant comme une lumière qui s’éleverait au milieu d’un champ de consternations que sa superbe mise à distance transcenderait dans la fascination de l’instant théâtral.

Visuel © Cat.S

LA MALADIE DE LA MORT - *** Theothea.com - de Marguerite Duras

mise en scène : Berangère Bonvoisin - avec Fanny Ardant

Théâtre de la Madeleine -


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