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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Fantasmes et Tourments en Sologne

Fantasmes et Tourments en Sologne

Lire pour le plaisir du désir

Quelques évidences …

Les éditions du jeu de l'Oie viennent de sortir des sentiers battus en s'enfonçant dans les sous-bois de notre belle Sologne et les bosquets ombrageux de l'inconscient. La chose ne serait pas surprenante s'il s'agissait d'un recueil de photographies ; on sait l'attachement de Christian Beaudin aux beaux clichés animaliers. Seul un beau mâle arbore fièrement ses bois en couverture de ce livre !

Non, ce roman nous conduit ailleurs, nous prend par le cœur pour aller à la découverte des tourments d'une journaliste, veuve et esseulée. Elle n'a sans doute pas fait le deuil de son époux, même si, après le tumulte des premières années, la routine et la maternité ont eu raison des grands désirs d'alors. Marie, l'héroïne, se console en tenant hardiment le courrier du cœur d'un journal local : la dame ayant le sens de la formule sans tabou ni mots qui déparent.

C'est pourtant à un étrange dérapage auquel nous allons assister. En rendre compte serait ici dévoiler ce qui doit se découvrir ; les préliminaires sont toujours essentiels et Marie me conseillerait de ne pas bouder votre plaisir en ouvrant trop de pistes. L'imaginaire doit se laisser caresser en douceur par la fébrile imagination de l'auteure, une ancienne journaliste radio qui fit alors les délices des auditeurs en mal de confidences intimes.

Car c'est bien là que résida ma grande surprise avec ma fierté de vieux solitaire de la plume. Comment une jeune femme, mère de famille a-t-elle osé se lancer dans l'aventure du récit fripon, de la littérature légère ? Quand je fis sa rencontre lors du lancement de son livre, je ne pus m'empêcher de lui poser la question qui me brûlait les lèvres.

Elle fit quelques pirouettes prétendant que Marie n'était pas Nadine, qu'il y avait un jeu d'ombres et de lumières dans ce récit qui n'était pas autobiographique. Je m'amusai de ces délicatesses d'écrivain, sachant que rien n'est jamais aussi simple quand on couche sur le papier des mots qui ne viennent jamais de nulle part. J'avais hâte de lire le roman pour débusquer la dame, la faire sortir de ce bois enveloppé des brumes de Sologne.

Je fus pris au piège d'un récit fort bien troussé. On ne pouvait s'attendre à mieux dans ce genre que je qualifierais de libertin bien plus qu'érotique. Je pense que ce dernier qualificatif ne sert pas un livre qui aborde tout en nuance le désir féminin. Il est, à ce titre, un excellent guide pour des béotiens de mon espèce, rustauds aux gros sabots, qui n'ont jamais rien compris au mystère du plaisir de la femme.

J'avoue ne pas en savoir plus à la sortie d'un suspens qui me poussa à garder ce livre sur ma table de chevet au risque de me mettre en situation scabreuse vis-à-vis de mon épouse. Fort heureusement, il n'y resta pas longtemps : le livre fut avalé si vite que les interrogations n'eurent pas le temps de me mettre en défaut. Le style est allègre, le récit cavale entre la Sologne et Orléans, toiles de fond du thriller.

Je sais par ailleurs que beaucoup de femmes prirent, elles aussi, grand plaisir à plonger dans les péripéties aventureuses de Marie.Cette dernière est soumise à un mystère qui ne ne cesse de s'épaissir au fil des pages. Elle est en danger ; nous le percevons, nous vivons avec elle la monté de l'angoisse, nous partageons ses craintes, sans pour autant deviner le dénouement de l'aventure. Le désir et la peur sont imbriqués ; les scènes plus légères étant entièrement au service du propos et de l'inquiétude qui ne cesse de croître.

Pour un coup d'essai c'est un coup de maître. On perçoit que la dame aime le roman policier ; elle en domine les codes et la structure me laisse admiratif. Moi qui ne me sens pas le courage d'aborder la longueur d'un roman, je découvre ici une néophyte qui réussit parfaitement ce défi. Je ne peux que lui tirer mon chapeau et vous inviter à repousser vos préjugés pour oser la lecture de ce joli roman fripon à la langue bien tenue si je peux avancer ce commentaire sans risquer de remarques scabreuses.

Vous pouvez vous lancer comme moi à la recherche de l'auteure. Je ne sais si ce livre fut pour elle thérapie ou bien jeu, provocation ou bien espièglerie. Toujours est-il qu'il est réussi et qu'il donne envie de faire la connaissance de la dame. Je suppose que ses collègues de bureau vont la regarder d'une drôle de manière désormais. Fort heureusement, je sais que la dame reste droit dans ses bottes puisqu'elle qui vit dans notre si belle Sologne !

Élogieusement sien.

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6 réactions à cet article    


  • Montdragon Montdragon 25 janvier 2016 11:54

    C’est la suite de Parties de chasse en Sologne ?


    • C'est Nabum C’est Nabum 25 janvier 2016 14:00

      @Montdragon

      C’est le second coup
      Notre dernière cartouche en somme


    • petit gibus 25 janvier 2016 13:40
      Moi qui suit complètement allergique aux polars
      alors que ma nana en raffole,
      J’sens que nous allons nous l’échanger sous la couette

      • C'est Nabum C’est Nabum 25 janvier 2016 14:01

        @petit gibus

        à la seule condition qu’elle dorme en chien de fusil


      • C'est Nabum C’est Nabum 25 janvier 2016 14:04

        J’ai reçu ce commentaire de l’auteure

        Nadine Richardson

        Monsieur Nabum

        J’ai découvert ce matin votre billet du jour qui m’a laissée sans voix…De telles éloges ne pouvaient rester sans réponse…Et de là, commença une journée interminable tourmentée quant au choix du ton à adopter afin d’exprimer ma gratitude le plus justement possible…

        La spontanéité faisant partie intégrante de ma personnalité, ma première idée fût, bien entendu, d’y apporter une réponse immédiate. Je commençais donc une longue tirade, une véritable mise à nue de mes émotions allant de la fierté à la flatterie en passant par le bonheur de lire de telles jolies choses à mon sujet. Prise d’inspiration non retenue, j’expliquais qui était vraiment Marie, pourquoi un tel roman et comment avoir osé écrire tout ceci. Une véritable confession qui malgré sa sincérité, à bien y relire, pouvait passer pour de la prétention. Mon doigt appuya donc tout naturellement sur la touche suppr.

        Quelques heures plus tard, ce billet me turlupinant toujours autant, je me lançais dans un message de remerciements, très solennel à la limite du pompeux voire mielleux. Mon doigt appuya donc sans aucune hésitation sur la touche suppr.

        Dans l’après-midi, en pleine digestion et dans un moment d’assoupissement, je me décidais pour une réponse en un seul mot « merci  ». Mais ma conscience me rattrapa en tenant un peu près ce langage : «  quelle ingrate tu fais !!! Le bonhomme prend sa plus belle plume pour un long texte élogieux, des compliments que tu ne liras peut-être pas de sitôt et toi, tu te contentes d’un merci !!!Honte à toi ! » Mon doigt appuya donc fébrilement sur la touche suppr.

        L’après-midi s’en est allée, me laissant un peu agacée de ne pas trouver réponse à votre billet, je me suis un peu emportée. C’est vrai, pourquoi diable C’est Nabum a-t-il écrit ce billet ? Pour m’embêter certainement…Ce bloggeur fou toujours prêt à critiquer la vie moderne, préférant la vie d’antan. Ce personnage si sûr de lui, bougon, si catégorique dans ses choix. Comment a-t-il osé écrire un tel encouragement pour un roman finalement si à la mode ? C’est Nabum aurait –il du cœur ? Je partai donc à la chasse aux défauts qu’on aurait tendance à lui donner un peu trop vite : égocentrique, suffisant, hautain, méprisant… Je présentais fièrement ma collecte de qualités telles que humanisme, sensibilité, intelligence…Mais ma joie fut de courte durée…n’étais-je pas en train de ternir un personnage si bien façonné depuis des années ? Qui étais-je pour juger ce personnage haut en couleurs ? Avant de recevoir la foudre de ses nombreux fans, mon doigt appuya précipitamment sur la touche suppr.

        La nuit est désormais tombée, j’en suis toujours au même point. Je suis fatiguée, il me tarde d’aller dormir. Alors, tant pis pour la spontanéité, les grandes phrases et les textes qui resteront dans les annales, j’opte finalement pour la sincérité non maquillée :

        Mon cher C’est Nabum, cet hommage me va droit au cœur. Prenant le risque de surprendre certains, j’ose l’écrire haut et fort : C’est Nabum : Bonimenteur pas si râleur que cela.

        Remerciement votre


        • C'est Nabum C’est Nabum 25 janvier 2016 14:05

          @Madame Richardson

          Madame

          Voilà une réponse qui me laisse pantois ... et honoré.

          Suis-je donc ainsi ? Le personnage aurait-il pris la place du personnage réel, devenu hautain, inaccessible, drapé d’une importance qu’il ne mérite certes pas.

          Je ne suis qu’un modeste amuseur, un amoureux des mots et un écriveur compulsif. Rien de plus. Le véritable talent me fait défaut, c’est pourquoi mes livres demeurent confidentiels et que je ne suis pas reconnu par les grandes plumes de notre région.

          J’ai aimé votre livre, je me suis laissé prendre par l’intrigue et dois-je vous l’avouer, j’ai été charmé par Marie et ses tourments.

          En toute sincérité, j’ai voulu faire part de ce plaisir de lecture à mes fidèles lecteurs. Que certains aient envie de plonger à leur tour dans votre livre serait pour moi une arque de confiance et une grande satisfaction. Le livre a besoin d’un coup de pouce et le vôtre d’un éclairage dans l’indifférence qui est souvent le lot pour nous, les écrivains locaux.

          Merci à vous pour cette belle réponse

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