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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Ferré, un archipel, par Jacques Layani…

Ferré, un archipel, par Jacques Layani…

C’est bien un archipel de l’oeuvre de Ferré qui est proposé dans ce livre de 390 pages, dans lequel chaque île développe des plans séquences-documentaires fouillés, par thèmes, ou par périodes. Ses rencontres avec Dimey, Breton, Aragon, Luc Bérimont, Mac Orlan… Comment les œuvres communes se sont organisées, tout est précis, daté, raconté avec brio. L’auteur revendique un désordre foisonnant, en effet, c’est le genre de livre qu’on peut lire dans l’ordre, ou dans le désordre, et quand on connait son Ferré, c’est un complément indispensable qui répond à beaucoup de questions qu’on a pu se poser au fil du temps, des albums, de sa vie, comme un puzzle sur lequel on éclaircit quelques pièces restées dans des ombres floues.

Si on consulte la discographie, les rééditions diverses, et les circonstances liées à certaines compilations, vous aurez de quoi vous guider pour réorganiser votre discothèque, ou mieux comprendre ce qui sépare des rééditions opportunistes faites pas les labels, de rééditions mieux maîtrisées et plus cohérentes.

Dans une autre île, les critiques, articles, chroniques parues dans les journaux d’époque montrent que c’est le plus souvent le style original, novateur, qui dérangeait les journalistes plus ou moins spécialisés. Et finalement, Ferré a confirmé ce que dit Cocteau : « Ce qu’on te reproche cultive-le, c’est toi. »

La genèse du parcours prolifique de Ferré commence dans les années 30, avec une page d’histoire de la chanson quand le môme Léo se nourrissait des émissions de musiques à la TSF, Gilles et Julien, Mistinguett, Jean Tranchant, Mireille, un vieux banjo de 1925, Cole Porter ou Peanut Vendor de Moises Simon, et aussi le piano du pauvre à côté d’une valse à Schubert

On voit aussi dans l’exploration des procédés d’écriture les interférences et références de ses auteurs favoris, quand Ferré adapte, triture, refond les textes pour en faire ses chansons… Et vient alors l’envie, ou le besoin, de réécouter tel album pour mieux s’en imprégner.

Dans une œuvre aussi importante que celle de Ferré, il reste toujours des archives inexplorées qui sont publiées régulièrement. Parmi celles-ci des « nouveautés » des concerts captés qui n’avaient jamais été publiés. Ferré en général n’aimait pas les albums-concerts « live » pour une raison majeure, il n’était plus le maître d’oeuvre, les arrangements pouvaient varier (un de ses soucis avec Castanier) il pouvait y avoir des variations improvisées dont il n’était pas l’auteur. Néanmoins ce sont des compléments utiles dont il est fait inventaire exhaustif.

On notera aussi que Jacques Layani fait le point sur le monumental « Les chants de la fureur  » en indiquant les textes qui manquent dans ce qui a été présenté comme une intégrale des écrits de Ferré.

Cet Archipel Ferré – plus de 30 îles ou îlots à visiter – est le complément indispensable à tout amateur de chanson en général, avec ses multiples informations sur les ressorts de la création de cet art populaire qui a ses lettres de noblesse.

Edition Le Bord de l’Eau Septembre 2020, Collection Le miroir aux chansons, dirigée par Jean-Paul Liégeois et Salvador Juan. 22 €

NB L’ouvrage contient de nombreuses indications sur les prix des concerts ou des dépenses diverses, il faut signaler une erreur dans la conversion entre les francs de 1954 et l’euro. Le concert à l’Opéra Garnier de Monte Carlo avec 80 musiciens est indiqué avec un prix de places à 500 frs. La conversion indique 500 frs anciens = 5 frs soit moins d’un euro… En 1954 le SMIC horaire est de 126 frs, donc 500 frs = 4 h de SMIC, et en 2020, ce serait dans les 40 € ce qui est raisonnable pour un concert de cette importance.
Pour rappel, un concert de Ferré en 1990 au Dejazet était à 140 Frs, et avec un SMIC horaire à 30 Frs, on retrouve la même équivalence, dans les 40 €. Dans ces recherches d’équivalence des coûts le seul calcul fiable est de se référer au SMIC horaire.


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1 réactions à cet article    


  • Pauline pas Bismutée 23 septembre 13:34

    Un peu à côté, mais ah… le Dejazet… 

    Dans les années soixante-dix (hello Yves Simon) il y avait des tickets pas chers, pour 3 films (10 francs je crois, mais mes souvenirs sont flous), qui étaient diffusés la nuit. On en ressortait au petit matin, cassés d’avoir passé la nuit sur des sièges pas du tout confortables…

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