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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Fin du chemin pour Ferdinand Oyono

Fin du chemin pour Ferdinand Oyono

Ferdinand OYONO est un grand écrivain africain, d’origine camerounaise qui vient de disparaître. Il était âgé de 80 ans. Il fut l’auteur de trois livres intéressants qui ont passionné ses lecteurs.

L’écrivain camerounais Ferdinand OYONO a marqué l’enfance de beaucoup d’africains, en particulier des camerounais par ces deux livres qui relataient sous forme d’histoire des faits de colonisation mettant en scène des blancs et des noirs.

A cette époque coloniale (début de la fin de la colonisation) ou un haut-commissaire de la France agissait avec vigueur (un certain MESSMER), Ferdinand OYONO s’illustre par ses points de vue. Ses deux œuvres littéraires publiées en cette année 1956 alors qu’il étudie en France vont devenir des chefs d’œuvres. Dans ses œuvres littéraires, l’auteur relate des faits mettant en scène des noirs avec des européens (français dira t-on) du système de gouvernement colonial.

Les écrits de Ferdinand OYONO sont truffés d’humour, bien que cinglants pour tous les protagonistes. "Le Vieux nègre et la médaille" et "Une vie de boy" sont des livres qui vous saisissent et vous emballent dans un tourbillon, une frénésie jubilatoire. Ces livres se laissent déguster avec enthousiasme. Le lecteur y trouve une peinture de l’administration coloniale avec ses travers et les ruses des colonisés pour s’y fondre. Ferdinand Léopold OYONO n’a pas beaucoup écrit, car après son roman "Chemin d’Europe". Il est connu pour son implication dans la politique de son pays.

Hormis les problèmes sociaux et le besoin d’autonomie manifeste qui se déroulent au Cameroun, la France connaît d’autres problèmes sociaux et politiques chez elle, en métropole. Il faut juste souligner qu’à cette époque, la guerre d’Algérie est en route, bat son plein et fait des dégâts monstrueux. Il ne faut pas négliger le fait qu’au Cameroun à la même époque, les syndicats qui sont créés ainsi que les partis politiques souffrent et s’installent dans la douleur.

Vie sociale sommaire d’OYONO Ferdinand

Ferdinand Léopold OYONO est décédé à l’âge de 80 ans, il devait avoir 81 ans au mois de septembre 2010. Il est décédé suite à un malaise qui n’a pas été expliqué aux citoyens camerounais. Cet homme qui avait un âge respectable est mort un jour de dîner offert par le Président de la République camerounaise Paul BIYA au Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon. Il participait à ce repas, qui fut son dernier.

Ferdinand Léopold Oyono a toujours été pour beaucoup de camerounais considéré comme un Bulu, donc un Béti (mais beaucoup ne veulent pas admettre que les Bulus sont des Bétis). Or la langue Bulu a des similitudes avec la langue Ewondo. Bref il n’est pas évident de savoir exactement de quel tribu camerounaise il était originaire. De toute façon, c’est un fils honorable que Le Cameroun vient de perdre.

L’élève Ferdinand L. Oyono concourt au fameux diplôme qui a disparu depuis des années en 1944, il est âgé de 13 ans. Il réussit son Certificat d’Etudes Primaires Elémentaires à Ebolowa. Il est admis à l’Ecole Primaire Supérieure de Yaoundé en 1946. Il rejoindra par la suite le Lycée de Nkongsamba, comme tous les élèves issus de l’Ecole Primaire Supérieure de Yaoundé.

Son père qui fait partie des premiers fonctionnaires camerounais ayant un certain pouvoir dans l’administration coloniale, l’enverra continuer ses études en France. L’élève Ferdinand L. OYONO qui excelle déjà en langue française, prépare un roman dont lui-même n’imagine pas le succès qu’il connaîtra. Dans son roman intitulé "Le vieux nègre et la médaille" ou il évoque abondamment la colonisation, l’écrivain fait un désaveu à tous ses détracteurs qui voient dans son livre un hommage aux bienfaits de la colonisation. L’auteur Ferdinand Léopold OYONO nous dépeint la colonisation sous un angle où nous avons la sensation d’y être impliqué. Son œuvre suivante  : "Une vie de boy" continue de nous dépeindre cette époque, il est question de fourberie, brutalité, hypocrisie et répression, le lecteur vit la colonisation et s’y perd presque.

Vie universitaire et politique

En arrivant en France dans les années 50, l’écrivain Ferdinand OYONO qui va préparer son probatoire et son baccalauréat, découvre les vicissitudes de tout étudiant étranger en Europe. Il expérimente tous les événements heureux et malheureux que tous les étudiants africains confondus découvriront des dizaines d’années après lui. Il est possible d’imaginer qu’en cette période coloniale, les incidents rencontrés doivent être épiques pour tout étudiant noir en France a connu surtout en cette période de la colonisation. Il termine son cycle secondaire par l’obtention du Baccalauréat moderne de Philosophie .Il intègre par la suite la Faculté de Droit et des Sciences Economiques de la Sorbonne à Paris. Il y rencontre d’autres sommités africaines tels que  : Alexandre Biyidi (Mongo Beti), Camara LAYE,etc. qui deviendront de grands écrivains comme lui.

Il obtient sa licence en 1957 et s’oriente vers la recherche à l’Orstom de Paris. Par la suite, sur proposition du premier ministre Ahmadou AHIDJO, il va effectuer un stage de formation diplomatique de six mois, au ministère des affaires étrangères du Gouvernement de la République française à Paris et dans les missions diplomatiques françaises à l’étranger. Il se fait ainsi ses armes de diplomate, ce qui marquera ensuite toute sa carrière d’homme politique camerounais.

Il était un diplomate apprécié, distingué et émérite. Il a exercé dans différentes capitales européennes et mondiales. La France l’a honoré du titre de Grand Officier de la légion d’Honneur en France par rapport à ses œuvres.


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2 réactions à cet article    


  • dan29000 21 juin 2010 16:19

    Merci pour cet article, j’ai lu il y a quelques années « Le vieux nègre et la médaille », un très beau roman que je ne peux que conseiller en tant que bibliothécaire....

    Dan29000 pour le site : danactu-resistance


    • Antoine Christian LABEL NGONGO Antoine Christian LABEL NGONGO 21 juin 2010 18:56

      Merci pour cette remarque, j’ai également apprécié ce livre il y a quelques années.

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