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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Frédéric Mitterrand reconduit au ministère de la Culture : la (...)

Frédéric Mitterrand reconduit au ministère de la Culture : la soutiendra-t-il un jour ?

Monsieur Mitterrand, ne laissez pas l’Etat laisser les entreprises seules financer la culture ! Plaidoyer pour une augmentation réelle des budgets alloués à la culture, contrairement à ce qui est souvent dit (ne mentez pas, on a les vrais chiffres !).

Chers amis, vous qui aimez la culture, le gouvernement de Nicolas Sarkozy nous mène la vie dure...

Fin septembre, Frédéric Mitterrand, reconduit ce dimanche soir dans ses beaux habits de ministre de la Culture, avait annoncé que le budget de la culture augmenterait de 2,1 % en 2011, soit un bonus de 154 millions d’euros par rapport à 2010, c’est-à-dire un total de 7,5 milliards d’euros. Sauf que ceux qui n’ont pas regardé deux fois leurs tableaux Excel ont oublié de voir une chose... il s’agissait d’une augmentation des crédits dédiés à la culture ET à la communication, et que ces augmentations visaient quasiment exclusivement la communication et malheureusement bien trop peu la culture.

Quelques créations de musées ou d’instituts à financer rajoutent dans un budget opaque quelques rares nouvelles lignes de comptabilité, par-ci, par-là, mais cachent la forêt de la paupérisation de la culture en France.

Il y aura bien, c’est vrai, un nouveau centre national des archives. Cool ! Mais prenez les grands musées nationaux, par exemple, ceux qui vous viennent tout de suite à l’esprit lorsque l’on parle de culture : le Louvre, le Centre Pompidou, le musée d’Orsay... bam ! Moins 5 % sur leurs dotations. La promotion de l’art médiéval, ce sera moins 11 % (la ville de Provins appréciera…). La promotion de l’art contemporain, pour ceux qui trouvaient que l’art médiéval, c’était trop vieux, ce sera moins 17 % ! Et vous, amis intermittents, ce sera moins 8 % (de peur que vous ne preniez de mauvaises habitudes à vous enrichir, par le passé, car c’est connu, la majorité des bénéficiaires du bouclier fiscal sont de votre milieu).

Tout ce qui a permis à Frédéric Mitterrand de dire que son budget augmentait, c’étaient ces nouvelles lignes de crédits pour la communication, comme cet argent qu’on donne à l’audiovisuel extérieur (merci Mme Kouchner pour le lobbying mis en place...) ou pour le développement numérique de l’INA.

Du coup, de plus en plus en plus d’entreprises jouent le rôle que l’Etat devrait assumer, au travers de fondations diverses et variées qui ont de plus en plus de succès. Seul souci : ces fondations ne financent que ce qui est à la mode, pour que leurs entreprises-mères gagnent en prestige, en notoriété et améliorent leur image. Tout le reste, vous qui chantiez lorsque le ministère vous aidait, et bien maintenant, dansez !

Et l’Etat cautionne ! La fondation Bettencourt-Schueller, la fondation LVMH, la fondation Orange, la fondation Gaz de France, celle de Natixis, de HSBC France, et bien d’autres, ont même reçu une médaille ! Roulement de tambours pour la nouvelle médaille de « Grand Mécène » lancée en grande pompe par Christine Albanel… aujourd’hui employée d’une célèbre entreprise médaillée pour ses belles actions de mécénat artistique !

Dans les prochaines promotions, on annonce la Fondation Jean-Luc Lagardère, qu’on connait pour ses soirées culturelles endimanchées qui réunissent people et politiques. On annonce aussi la Fondation Horizon Art Gallery, créée par le financier suisse Eric Cormier, incontournable négociant sur les grands marchés internationaux de matières premières, qui s’affiche avec le roi de Monaco et Alain Delon aux côtés de grands artistes prestigieux, ou encore la fondation BNP Paribas, qui va très bien malgré la crise (l’image d’une banque et de ses dirigeants est en jeu…).

Plus on est de fou à financer la culture, mieux c’est me diriez-vous ? Sauf que moins il y a d’organisme désintéressé à financer nos musées, comme l’Etat, plus ce qui n’intéresse pas la finance d’aujourd’hui sera valorisé. Et c’est cela qui est bien dommage !

Monsieur Mitterrand, rendez-vous compte du nom et du poste que vous avez et occupez. Ils vous appellent à de la grandeur et à de la hauteur de vue sur un monde culturel qui est certes celui du passé, mais qui passionnera toujours les générations à venir.


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13 réactions à cet article    


  • Massaliote 16 novembre 2010 10:44

    « Soutenir » la culture ouvre droit à des exonérations fiscales. D’où l’opportunité offerte « aux amis de nos amis ». Ne pas compter sur l’amateur de « boxeurs-thaïs » pour déroger aux convenances .


    • Fergus Fergus 16 novembre 2010 14:52

      Bonjour, Loupette.

      La culture est à la dérive en France. Il suffit à cet égard, outre la situation que vous dénoncez au Ministère, de voir comment Aillagon fait entrer à Versailles des chancres contemporains à l’instigation de... Pinault, amateur d’art certes, mais aussi et surtout grand amateur de fric et qui escompte, par ce biais culturel médiatisé sur la planète entière ; booster la cote d’artistes dont il possède déjà des oeuvres. Belle opération de marketing et beau placement !


      • bo bo 17 novembre 2010 10:11

        Cher FERGUS,

        Le FRIC.... Le FRIC.... Le FRIC..... Le FRIC....voilà à quoi se résume le mot « CULTURE »....depuis 20 ans lorsque l’on a vu les premiers objets en plastiques de créateurs « bien en cour » être exposé au milieu de céramiques de la renaissance italienne au Louvre.....vendues à la boutique (pas encore sur un stand sur place !!)...c’est là que j’ai compris que la CULTURE était devenu un bien très très commercial...Il y eut les premières expositions médiatisées et le « business » des billets vendus donnant droit à « voir » pendant une heure très prècise (couplés parfois avec transport, hôtel et soirée appropriée..)...puis les objets dérives...Encore un n petit effort, bientôt on cotera en bourse les fondations de nos riches prédateurs de l’espèce humaine....
        Il ne leur manque que des statues montrant leur sale tronches...(c’est leur rêve depuis que la tête de POMPIDOU a été accrochée stylisée dans le hall de son centre....<Al FAYED...... a été plus honnête quand il s’est fait statufié et exposé dans l’entrée d’HARROD’S : il ne cachait pas sa mégalomanie « commerciale »>.....


      • diego149 diego149 16 novembre 2010 17:05

        ce qui intéresse Miterrand dans la culture c’est seulement le mot cul.


        • Traroth Traroth 16 novembre 2010 18:37

          Qu’ils s’en aillent tous !


          • easy easy 16 novembre 2010 21:34

            Je vois mal comment la culture, en tant que produit cernable et marchandisable (Pompéi, Louvre, Romanée-Conti, oeufs de Fabergé, paquebot France, Mont Saint-Michel, carré Hermès, tour Eiffel, colonne Vendôme, Ritz, Pont-Neuf...) échapperait au calcul, à la stratégie de rentabilité.


            Pour autant que ces produits soient rentabilisables, au moins au travers de l’image glorieuse qu’ils véhiculent, ils sont considérés, pas de souci.

            Mais vous, Loupette, peut-être vous inquiétez-vous pour les produits culturels moins cernables, appropriables et commercialisables ?
            Il faut alors nous en parler. Susciter notre intérêt dessus.

            De quoi s’agit-il ?
            De pièces de théâtres non jouées faute de subventions ?
            De fromages qu’on ne fait plus faute de débouchés ?
            De vaches qui disparaissent au profit des seules Prim’Hostein ?
            De toiles que des artistes contemporains ne peuvent même pas exposer ?
            De sculpteurs qui souffrent de ne pas avoir d’atelier correct ?


            • moebius 16 novembre 2010 22:14

              Des subventions pour les petits fours ? 


              • moebius 16 novembre 2010 22:53

                Produits culturel ?...Ou ça ?.. tout autour de nous, là sur les cimaises... mon Dieu ! scrountch, scrountch, du fromage, des vaches, des eskimos cernable edt glacé avec un baton dedans, des oeufs fabergés, scrountch scrountch et des colonnes vendomes et puis des monts Saint Michel en carton pate et une omelette de la mére Poularde et des sculpteurs qui souffrent de ne pas avoir d’ateliers corrects avec un écran plat HD et un moule à gauffre en bois du japon


                • moebius 16 novembre 2010 23:04

                   a partir du moment
                   ou objet est qualifié de « produit culturel » on voit mal comment ce produit échapperait à la production... de produit culturel. Nous sommes la dans la redondance typique du moule à gauffre qui moule de la gauffre à longueur de chaine


                  • Julien Julien 16 novembre 2010 23:30

                    @ Loupette,


                    Ces réductions de budget font suite à une soit-disant « dette à juguler afin d’épargner les générations futures ».
                    Sauf que ces Messieurs-Dames du monde de la politique oublient de vous dire que la dette globale ( particuliers + entreprises + Etats ) ne peut qu’augmenter, et de manière exponentielle. Incroyable, non ? Pourquoi on n’en parle pas dans les médias ? Parce que les gens répètent sans comprendre, comme des perroquets.
                    Ceci est un problème indépendant de la loi de 1973 et ses suites.
                    Quelques liens pour comprendre.

                    D’abord regarder les trois liens suivants très attentivement. Les trois vidéos sont nécessaires pour bien comprendre, la première n’est pas suffisante. Ne pas hésiter à revenir en arrière lorsque cela passe trop vite.

                    Ensuite, voir la réaction de Juppé et Hollande quand un gars avec une caméra cachée leur parle de la loi de 1973 :
                    (comment ça, l’inflation n’est pas déjà là ?)
                    A comparer avec l’interview de André-Jacques Holbecq :

                    Voir le site suivant pour les bases :

                    Les politiciens lisent le web, et ça finit par remonter à la surface médiatique :
                    (prendre la première vidéo de la page à 2:00)
                    (Mélenchon, mon petit préféré, en parle également)

                    Mais le premier problème des politiciens est de maintenir le taux de chômage haut :
                    (émission de janvier 1998)

                    .

                    • barbapapa barbapapa 17 novembre 2010 00:30

                      Depuis 1959, les crédits du ministère de la Culture ont doublé tous les dix ans (…) Les bénéfices de cette manne ont été inégalement répartis. 

                      C’est en réalité 11 milliards d’euros de financements publics alloués chaque année aux activités culturelles publiques. 
                      Des augmentations de budget bénéficiant d’abord à la structure !
                      Une gestion désastreuse. Avant de réclamer des moyens il faudrait gérer mieux.


                      • Deneb Deneb 17 novembre 2010 07:16

                        Je suis contre le ministère de la culture. Surtout disposant d’un budget de 11 G€.
                        L’Etat qui finance la culture c’est l’Etat qui impose SA culture. On a bien vu ce que ca donne:une profusion de médiocrité compensé par un surcroit de mercantilisme. La culture bling-bling, quoi.

                        Un petit doublon d’un commentaire que j’ai posté sur un autre fil :

                        Combien de trésors qui auraient été hors de prix il y a 30 ans sont aujourd’hui gratuits ? Un savoir pour lequel, il y a 30 ans, on aurait été obligé d’acheter des livres, aller dans les bibliothèques, entretenir une correspondance avec les experts, un tél savoir est aujourd’hui accessible quasi instantanément. Comme dirait Jean-Claude VD, nous sommes tous plus « aware », et ce, grâce à la générosité des gens avides de partager leur savoir, leurs idées. Certainement pas grâce à l’action gouvernementale quelconque. Tout ce dont cette dernière semble être capable, c’est de censurer, interdire, mettre les bâtons dans les roues. On ne leur doit rien, tout ce que l’on leur demande c’est de nous laisser nous exprimer et de partager les bons plans.

                        Internet est le meilleur ministre de la culture. Si F. Mitterand voulait faire une bonne action il démissionnerait et saborderait son ministère. La « culture officielle », c’est le synonyme de « grossière manipulation ».

                        En connexion avec le sujet, un article injustement méconnu d’hier, où l’auteur s’interroge sur la pertinence des mécanismes d’Etat à l’heure de l’Internet. €

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