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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Gallienne se love en Oblomov (isme) existentiel au Vieux-Colombier

Gallienne se love en Oblomov (isme) existentiel au Vieux-Colombier 

Sous le label du parfait épicurien apathique, Guillaume Gallienne endosse la robe de chambre d’Oblomov avec l’aisance aristocratique qui sied à la grande mélancolie lovée dans son canapé, en véritable anti-héroïne incarnant la léthargie psychosociale terrassant la Russie dite Tchékhovienne.

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OBLOMOV
photo © Brigitte Enguérand / collection Comédie-Française

En contrepoint, la dépression chronique dont souffrira subitement Olga, son ex-amoureuse à qui jusque-là la vie souriait, illustrera le pendant psychiatrique de l’« Oblomovisme » se répandant de manière contagieuse… sans antidote référencé.

A eux deux, Oblomov (Guillaume Galienne) et Olga (Marie-Sophie Ferdane) seront donc les victimes consentantes d’une douce complaisance avec soi-même sans que Stolz (Sébastien Pouderoux) le pourfendeur volontariste, doublement motivé par cette résistance significative à la contribution du bonheur collectif, ne puisse résoudre le dilemme de l’abandon, par des êtres tant aimés, aux forces négatives de l’échec social.

En effet, sans autre objectif que de lâcher prise, l’une et l’autre vont se calfeutrer dans une destinée sans lendemain mais dont l’absence de souffrances supplémentaires les autorisera à un relatif bien-être provisoire sans contrariétés superflues.

Comme dans une danse au ralenti où se joueraient les ombres d’une nostalgie perdue au gré d’un passé définitivement caduque, les souvenirs se télescopent en régressant, tout en se figeant au stade initialement heureux, celui de l’enfance pour Oblomov et celui du sentiment amoureux pour Olga.

Les rôles de Céline Samie, Yves Gasc et Nicolas Lormeau entourent ces deux personnages vulnérables dans leur détermination destructrice, par des postures en rondeur qui aménagent de fausses mais réconfortantes portes de sortie à cette impasse tellement mélancolique.

Volodia Serre parachève cet élan du défaitisme par une installation artistique audiovisuelle en phase lascive avec cette impression de torpeur et de prostration.

Tous font de Guillaume Gallienne, le porte-drapeau d’un bovarysme à la Gontcharov, assumé avec délectation.

photo © Brigitte Enguérand / collection Comédie-Française

OBLOMOV - ***. Theothea.com - de Ivan Alexandrovitch Gontcharov - mise en scène Volodia Serre - avec Yves GASC, Céline SAMIE, Guillaume GALLIENNE, Nicolas LORMEAU, Marie-Sophie FERDANE & Sébastien POUDEROUX - Théâtre du Vieux Colombier 

 


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