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Godzilla

Réalisateur : Gareth Edwards

U.S.A., 2014
 
Avec : Bryan Cranston, Juliette Binoche, Aaron Taylor-Johnson, Elizabeth Olsen, Ken Watanabe.

Allez voir Godzilla, c'est accepter de n'être pas trop surpris. C'est le plaisir de retrouver la bestiole créée par le japonais Ishirô Honda en 1954, savant cocktail de kitch, de gigantisme, de kawaii et d'épouvante.
On se laisse tenter par l'affiche très réussie dans les stations de métro, esthétique et impressionnante. On est curieux des nouveaux effets spéciaux et des innovations apportées par la 3D. Et, à condition de ne pas être trop regardant sur la vraisemblance, on se dit qu'on peut passer un bon moment, rire et peut-être un peu frémir.
 
Et il faut dire que le film commence plutôt bien, au Japon. Brian Cranston et Juliette Binoche (malheureusement dans une bien trop courte apparition...) donnent corps à l'intrigue sur fond de sinistres réminiscences d'Hiroshima.
L'histoire se poursuit après une ellipse de plusieurs années, alors que l'enfant du couple est devenu adulte, un militaire marié et père de famille. Et alors qu'en passant par Hawaï, on se retrouve à San Francisco, les choses commencent à se gâter. Aaron Taylor-Johnson et Elizabeth Olsen sont bien fades comparés à leurs aînés et jamais on ne s'attache à eux.

Si Godzilla commence sur fond de puissance destructrice nucléaire, comme un hommage aux origines de la saga, ce sont les peurs du XXIème siècle qui peuplent indéniablement le film. Un tsunami dans le pacifique rappelle celui de 2004. A San Francisco, c'est une mise en scène très 11 septembre qui prévaut, avec crashs aériens et tours en flammes. La ville américaine soumise au chaos. Mais on reste toujours dans le domaine des évocations plastiques, esthétiques même, sans beaucoup de finesse ni de fond.

Le Godzilla de 1954, mangeant un train.

Et puis surtout, le film semble n'en pas finir et l'on s'ennuie car la vedette se fait attendre : mais enfin, où est donc Godzilla, véritable arlésienne des grands fonds sous-marins ?! Pour nous faire patienter, on nous sert bien deux monstres nucléaires un brin ridicules, les MUTOS, mais ces descendants en ligne directe d'Alien (la référence est évidente !) ne remplacent pas la star, qui finit par apparaître pour le combat final.

Ainsi, malgré quelques bons moments, auxquels le ridicule n'est d'ailleurs pas toujours étranger, le film s'avère trop long dans sa deuxième partie, avec des humains plutôt falots et un monstre que l'on regrette de ne pas avoir côtoyé davantage.
En reste l'envie d'adopter un petit Godzilla en peluche, il est si mignon...

 


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2 réactions à cet article    


  • lapalus lapalus 4 juin 2014 13:12

    La grande qualité de ce film est de proposer une vision différente des autres blockbusters reposant exclusivement sur les effets spéciaux.
    L’esthétique visuelle est indéniable : la scène des parachutistes et la bande son (il fallait oser utiliser Ligieti, rappelant une scène de « 2001 »), les scènes suggestives voulus par le réalisateurs :...
    Ne soyons pas formaté de l’esprit de précipitation pour s’impatienter de voir le monstre. La suggestion permet de développer les ambiances et ce film en possède une.
    L’esprit du film basé sur l’inconséquence des Hommes est bien présente.
    Le film respecte et renouvelle l’esprit du premier film japonais. C’est une bonne chose.
    C’est un film de genre (toujours détesté en France et pourtant...).

    Certes, il n’est pas un chef d’oeuvre mais Godzilla reste plus original que les productions du même genre . A voir.


    • Morgane Lafée 7 juin 2014 15:27

      C’est quand même un comble que les Américains se fassent ouvertement du fric sur un concept intimement lié aux bombes nucléaires qu’ils ont balancé sur ce pays...

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