• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Gorki » de Jean-Marie Rouart, à l’Espace Cardin

« Gorki » de Jean-Marie Rouart, à l’Espace Cardin

Créée début novembre 2006 à Moscou et à Saint-Pétersbourg, cette première pièce de théâtre de Jean-Marie Rouart s’incarnait sous les meilleurs auspices puisqu’avec une distribution d’excellence (Roger Planchon, Marie-Christine Barrault, Nathalie Nell, Adeline Zarudiansky et Hovnatan Avedkian), la mise en scène expérimentée de Jacques Rosner, le mécénat de Pierre Cardin et un sujet induisant une situation d’écrivain intellectuel tiraillé par des tensions amoureuses contradictoires au sein d’un rapport de forces politico-diplomatiques Est-Ouest, un ensemble de paramètres prometteurs semblaient donc réunis en perspective d’une affiche à succès.

Cependant le thème du désenchantement inhérent à l’attitude de Gorki réfugié à Capri à partir de 1928 jusqu’à sa mort de retour en Russie tend à plomber non seulement les dialogues mais aussi, par voie de conséquence, l’interprétation des personnages qui semblent évoluer chacun dans leur bulle en voulant se protéger d’une éventuelle contamination dépressive.

C’est bien le comble puisque l’Amour est le véritable centre d’un enjeu opposant les âges de la passion au principe de réalité mais sans que sur scène l’élan libidinal ne soit suffisamment crédible pour emporter l’adhésion et la conviction du spectateur.

Alors Roger Planchon promène sur le plateau une silhouette rappelant celle d’un Gabin quelque peu désabusé, en ponctuant sa composition d’un Gorki vieillissant de sursauts salvateurs que chacune de « ses trois femmes » tente de mettre à profit selon ses propres points de vue et intérêts subjectifs.

Il faut dire que l’écrivain russe, partagé entre sa volonté d’exercer son esprit critique depuis l’exil plus ou moins en roue libre et son inclination à accepter les honneurs d’une réhabilitation tardive par des autorités russes cherchant à subjuguer l’opinion intérieure et la communication occidentale,se sent à juste titre traqué et piégé par ses démons intérieurs autant que par ceux qui souhaitent récupérer son prestige en le neutralisant.

Faire la part des choses et accepter la vie telle qu’elle se présente devrait amener le spectateur non seulement à entrer en compassion avec la complexité maladroite des protagonistes en butte à une destinée en impasse mais surtout à apprécier à sa juste valeur cette rencontre au sommet d’illustres professionnels du spectacle vivant.

Photo © Jérôme Faggiano

GORKI - ** Theothea.com - de Jean-Marie Rouart - mise en scène : Jacques Rosner - avec Roger Planchon, Marie-Chrine Barrault ...- Espace Cardin-

 


Moyenne des avis sur cet article :  2.67/5   (12 votes)




Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON








Les thématiques de l'article


Palmarès



Partenaires