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Grigris

Réalisateur : Mahamat Saleh Haroun

Tchad / France, 2013. 

Avec : Soulémane Démé, Marius Yelolo, Anaïs Monory, Cyril Gueï.

 

Grigris commence comme une fable artistique avant d'être rattrapé par une vision néo-réaliste mâtinée des codes du film de gangsters, tout cela au Tchad.

Bien que lourdement handicapé aux jambes, Soulémane, surnommé Grigris, est un danseur hors pair, qui se produit dans les clubs et bars de N'Djaména en attendant mieux. Jusqu'au jour où il lui faut trouver de l'argent pour régler les frais médicaux de son beau-père gravement malade. Soulémane se met donc au service de trafiquants d'essence, qu'il finit par doubler, et pour réunir plus rapidement l'argent nécessaire aux soins, et pour se construire une vie avec Mimi, la belle prostituée dont il est amoureux. Menacé par les gangsters qu'il a roulés, il fuit avec Mimi et va se réfugier dans un petit village de brousse où, travaux de la moisson obligent, seules les femmes sont présentes.
 
Grigris est un film à la fois agréable et intéressant, mais qui pêche par de nombreuses faiblesses.
Au niveau du scénario tout d'abord, qui multiplie les pistes : la danse, la nécessité économique qui fait loi, le monde des gangsters, l'histoire d'amour avec la prostituée au grand cœur, la solidarité dans le petit village traditionnel... Si la plupart de ces idées est bonne et plutôt bien menée, le film a malheureusement tendance à zapper de l'une à l'autre en laissant choir la précédente, ce qui s'avère déstabilisant pour le spectateur. Dommage.
 
Faiblesses ensuite au niveau du jeu d'acteurs qui n'est pas à la hauteur pour les personnages principaux. Soulémane Démé me paraît être davantage un danseur qu'un comédien, et Anaïs Monory est certes vraiment très charmante, mais on peine à croire à son interprétation.
 
 
Mais Grigris nous donne à voir l'Afrique, le Tchad en l'occurrence, et la vision personnelle d'un cinéaste tchadien. C'est un aspect particulièrement intéressant car le cinéma africain reste encore très discret.

Je crois avoir vu seulement deux films africains ces deux dernières années, Grigris donc et Viva Riva !, de Djo Tunda Wa Munga, un film barré et flamboyant, sorte de Pulp-Fiction qui se déroulerait à Kinshasa. Si j'ai préféré le second et s'ils sont de toute façon sensiblement différents, tous deux décrivent néanmoins des conditions de vie particulièrement difficiles, qui se dissimulent sous les lumières de la fête à la nuit tombée, mais qui induisent des relations à couteau tiré entre les êtres.

Deux films. Le Tchad et la République Démocratique du Congo. Et une envie de découvrir davantage le cinéma africain.

 


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1 réactions à cet article    


  • Furax Furax 2 août 2013 13:16

    Je n’ai pas vu « Grigris »mais je connais Mahamat Saleh Haroun depuis ses premières oeuvres et l’utilisation magistrale des talents d’acteur de mon meilleur ami, khayar Oumar Defallah.
    Quant à Marius Yelolo son nom évoque toujours pour moi « LE BAL DE N’DINGA », une formidable soirée théâtrale à Bangui, sur fond musical de :
    http://www.youtube.com/watch?v=vlZGklbks9E

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