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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Guerilla Tome I par Laurent Obertone

Guerilla Tome I par Laurent Obertone

Nous avons découvert Laurent Obertone, journaliste et romancier de talent, avec la lecture de son ouvrage Guerilla, sous-titré « Le jour où tout s’embrasa ». Obertone n’est pas un doctrinaire et personne ne peut le qualifier d’idéologue. Pourquoi ? Parce qu’il base son travail rédactionnel et d’analyse sur des éléments circonstanciés.

En effet, en lisant la quatrième de couverture, nous découvrons un aspect fondamental de son travail : « Les événements décrits dans Guerilla reposent sur le travail d’écoute, de détection et les prévisions du renseignement français. » Cependant, Obertone n’appuie pas ses nombreux écrits sur la seule étude de ses différents rapports. Il a aussi passé « deux ans d’immersion au contact d’agents des services spéciaux et des plus grands spécialistes de la terreur et des catastrophes  ». La force de son récit tient au fait qu’il est extrêmement réaliste. Une fois commencé, il s’avère difficile de poser l’ouvrage sur la table de chevet. 

Certes, la France décrite dans Guerilla n’est pas la France de 2020. Il s’agit d’une projection à moyen terme car il n’y a aucun élément futuriste de présenté. Le scénario se veut volontairement contemporain. Nous sommes en présence d’un livre d’anticipation. Celui-ci se compose de chapitres courts et percutants. Ils sont tous introduits par une citation qui indique clairement quel thème sera abordé. Ces citations donnent vraiment à réfléchir. Plusieurs ont retenu notre attention. Nous reproduisons celle du chapitre 34 qui semble parfaitement coller à notre époque : « Le remède salutaire est rarement de bon goût ; le médecin le plus doux n’est pas le meilleur  » comme l’écrivait déjà en son temps Charles de Saint-Evremond.

La lecture ne présente aucune difficulté, bien au contraire. Les dialogues offrent des échanges crédibles et passionnants. Le rythme est haletant. Nous voulons constamment savoir ce qui se déroule à la page suivante. Conséquence nécessaire : le livre fut lu d’une seule traite. Les descriptions des décors, des personnages, la psychologie des différents protagonistes nous plongent littéralement dans cette France qui bascule dans « la guerre civile  ». En découvrant les héros et leurs adversaires, nous pouvons parfois reconnaître des personnalités de notre époque. Nous rencontrons par exemple « ce militant identitaire, installé à Paris depuis quelques mois, par ailleurs spécialiste de jeux vidéos, qui tenait un blog de « réinformation », comme disait, sans jamais de guillemets, la presse officielle. Il passait ses journées à arpenter les ténèbres numériques, à agiter le spectre du carnage qui venait. Et précisément ce jour-là, il ne l’avait pas vu venir. »

Comme souvent, des actes communs donnent naissance à de grands événements historiques ou à des tragédies humaines. Dans notre histoire, l’étincelle provoquant l’embrasement propose une scène jouée en France des centaines de fois : « Un connard de brigadier s’était cru obligé de voler au secours de cette femme, habitant soi-disant au septième, qui avait appelé pour se dire en danger de mort, et dont on ne savait rien. » La suite se devine aisément car nous la lisons quotidiennement ou presque dans les journaux : « Et maintenant pour les beaux yeux d’un fantôme ils étaient là, encerclés par des barbares, qui rêvaient de les saigner. » Pourtant, les tuniques bleues avaient pris toutes les précautions d’usage : « Le brigadier avait demandé à l’autre équipage d’attendre à deux blocs d’ici, pour surveiller les voitures, pour ne pas que ça ressemble à une descente, c’est-à-dire, en langage d’ici, à une provocation. » Un guet-apens parmi tant d’autres à La Courneuve, un flic qui se défend, tire, la cité s’embrase, d’autres barres d’immeubles brûlent et cette France « orange mécanique » sombre littéralement dans le chaos. 

Ce futur dystopique n’aurait pu être aussi réaliste sans une rencontre avec Zoé. Obertone ne pouvait pas faire l’impasse sur « cette blogueuse influente habitant le sixième arrondissement de Paris  ». Toute similitude avec un journaliste ou autre relève forcément de la coïncidence. Qui est Zoé dans Guerilla ? Une jeune femme qui tient un blog, Le devoir de savoir, sous-titré Le Nombril de Zoé  : « Elle passait son temps à s’y lamenter du malheur des autres. Ses écrits reflétaient une sorte de naïveté péremptoire, une bonté simple et grandiloquente, une insouciance très sûre d’elle, qui plaisait beaucoup à ses lecteur-rice-s. Elle parlait souvent de politique, de questions liées au genre, luttait contre l’islamophobie, les préjugés, le racisme, les expulsions, soutenait les jeunes, les zadistes, les féministes, les minorités, les LGBT. » 

Dans ce livre, tout comme dans la réalité, quand le politiquement correct rencontre des « itinérants, ceux que l’on nommait jadis clandestins, puis sans-papiers, puis réfugiés, puis migrants », il se prend en pleine figure le retour du réel…

L’auteur décrit ce monde de demain, sans déni et sans aigreur, sans délectation non plus, mais parfois avec ironie. Ainsi, dans cette France minée par ce conflit interne, certains mécanismes bien connus entrent en scène après un attentat : « Emotion, indignation, manifestation, fermeté, petites bougies et pas d’amalgame. » Il ajoute non sans rire mais avec beaucoup de finesse : « Avant ça, il y avait eu Charlie, Paris, Nice, Rouen, Mantes, puis il y a eu le métro, les festivals, puis les attaques simultanées, puis les écoles, puis les centres commerciaux… Et pour l’instant, tout se terminait toujours par les mêmes chansons. » Dans le présent ou le futur, les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Obertone décrit bien les différentes étapes qui s’enchaînent après le départ de l’incendie. Il y a toujours des gens qui ne veulent pas voir, se mentent à eux-mêmes, et désirent appliquer des pansements sur des jambes de bois. Ils ne veulent pas admettre ou ne se rendent pas compte que les maux de notre société sont bien trop profonds pour être réglés par les sentiments : « Des Brigades de l’Amour proposaient aux passants des câlins gratuits. La jeunesse, disait-on, s’inquiétait pour ses libertés fondamentales. Rivée à ses réseaux sociaux, elle se demandait ce qu’elle allait bien pouvoir s’empresser d’être, cette fois-ci, après Charlie, après Paris, après Auchan, et tout le reste. Je suis les jeunes ? Je suis la cité Taubira ? Vivement qu’on se décide. »

L’auteur décrypte parfaitement le comportement de nos nombreux compatriotes face aux événements terribles et inédits se déroulant sous nos yeux : « Parmi la foule, on préférait trahir sa conscience, plutôt que d’être suspecté de mal penser. Les délateurs citoyens étaient partout. On avait l’habitude d’adapter ses postures aux circonstances. Ceux qui parlaient de lâcheté, pour la plupart, se mentaient à eux-mêmes. Car presque tous étaient comme ça. » Le syndrome de Stockholm se voit ici parfaitement illustré. Mais ce n’est pas tout. Une autre scène a retenu notre attention : « Un reportage montrait un rassemblement place de la République, en soutien aux itinérants. Une foule brandissait des pancartes « Refugees Welcome » et scandait : « Remplacez-nous ! Remplacez-nous ! » Peut-être qu’un jour prochain, nous assisterons à ce genre d’événement en France…

En plus de certaines considérations politiques et sociales essentielles que l’auteur évoque pour forcer le lecteur à la réflexion, il tente de nous montrer ce que serait une France livrée au chaos. Cela signifie plusieurs choses : les pompes à essence ne sont pas approvisionnées, le réseau électrique est mort, donc pas d’internet et de téléphone, et les forces de l’ordre entrent en totale décomposition, pendant que des villes entières sont livrées à la violence et au pillage. L’ouvrage de Laurent Obertone nous offre un récit puissant, rondement mené car percutant et agressif dans le bon sens du terme. Quoiqu’on pense de la thèse de l’effondrement politique ou économique à venir, l’auteur traque les fractures que permet le gouvernement républicain : communautarismes, délinquance galopante, zones de non-droit, renoncements et lâchetés politiques au nom de la bien-pensance, du politiquement correct et du vivre ensemble. 

Au milieu de ce chaos total, certains écriront apocalyptique, vous découvrirez, Vincent Gite, le militant identitaire déterminé ; Renaud et Léa Lorenzino, le couple d’intellectuels parisiens ; Aboubakar, le calife auto-proclamé de la Seine Saint Denis ; Damien Bernard le comptable de banlieue bloqué en rase campagne – et bien d’autres surprises. Quand l’Etat s’effondre, la guerre du tous contre tous prend le relais, et l’homme, qui est animal politique selon Aristote, peut alors sombrer dans « Le Temps des Barbares  » …

 

Franck ABED


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12 réactions à cet article    


  • uleskiserge uleskiserge 19 décembre 2019 13:21

    La guerrila ? Ça fait des années qu’il l’attend cet auteur en service commandé : Zemmour, Renaud Camus... et toute la bande à Causeur et une partie du RN.... l’espoir fait vivre sans doute !


    • Cadoudal Cadoudal 19 décembre 2019 13:26

      @uleskiserge
      Vols à la tire, cambriolages, violences contre les personnes... le bilan parisien des crimes et délits du quotidien vire à l’écarlate.

      https://www.lefigaro.fr/actualite-france/paris-est-la-proie-d-une-delinquance-de-plus-en-plus-massive-20191218

      Pour l’instant tout va bien....


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 20 décembre 2019 09:39

      @Cadoudal
      Obertone demande le Frexit ?
      Risque pas, il perdrait son gagne pain anti migrants et anti musulmans.
      .
      Rester dans l’ UE, et critiquer les dégâts collatéraux de l’ UE & de l’ OTAN, ça nourrit beaucoup de gens, on comprend qu’ils tiennent à y rester !


    • Cadoudal Cadoudal 19 décembre 2019 13:42
      Il y aura des enlèvements. Et des égorgements.

      Il y aura des femmes, des enfants et des hommes qui disparaîtront. Certains à tout jamais. D’autres, dont on retrouvera plus tard le corps mutilé. Démembré, parfois. Souvent, décapité.

      http://les-minuscules.blogspot.com/2017/08/prophetie.html

      Egorgés, femme violée ... çà rappelle le sort que le FLN a fait subir à beaucoup de pieds noirs en Algérie

      https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/affaire-d-izon-sylviane-muller-a-ete-violee-1576700489


      • Pierre Régnier Pierre Régnier 19 décembre 2019 15:46

        @Cadoudal

        Allons allons... n’en rajoutez pas ! Comme Renaud Camus, Obertone dit n’importe quoi.

        Comme il y a 30 ans je vais une fois par semaine chercher ma côte de porc à 20 mètres de chez moi, à Pantin, dans mon village de 50.000 habitants et je vois que, des charcuteries semblables il y en a à tous les coins de rue. C’est bien la preuve que Camus invente de toutes pièces un prétendu grand remplacement. Et chaque semaine je vais boire un verre avec mes amis Cabu, Wolinski, Bernard Maris et les autres au bistrot du coin, à côté de Charlie Hebdo. Et ensuite on va faire la fête au Bataclan, en toute tranquillité. C’est bien la preuve qu’Obertone invente de toutes pièces ses histoires à faire peur.

        Et Uleski, comme moi, mange tous les jours à sa faim, et écrit sur Agoravox. C’est bien la preuve qu’il n’y pas le moindre problème un peu préoccupant dans notre paisible et beau pays.


      • Cadoudal Cadoudal 19 décembre 2019 20:25

        @Pierre Régnier
        Y a le mur des cons qui s’effrite...

        Qu’est-ce que c’est ? Ce n’est pas la France, c’est une contrée où l’on est plus en France, où il y a un régime étranger qui s’impose, où la police française ne rentre plus, où la loi de la République ne s’applique plus, et où l’on n’est sous une loi qui mélange la loi des caïds et la loi islamique. C’est ça la réalité aujourd’hui »,

        “Grigny ce n’est pas la France” : nouvelle victoire judiciaire d’Éric Zemmour

        https://www.valeursactuelles.com/politique/grigny-ce-nest-pas-la-france-nouvelle-victoire-judiciaire-deric-zemmour-114200


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 20 décembre 2019 09:36

        @Cadoudal
        Peut-être qu’un jour Zemmour se décidera à proposer le Frexit, pour que la France retrouve ses frontières et sorte des traités qui gèrent l’immigration en Europe !?
        .
        Ce jour là, il perdra son gagne pain anti musulman et sera banni des médias, car les médias sont anti Frexit. Pas fou la guêpe, dénoncer, oui, mais sans prendre le risque d’être blacklisté ! Un grand courageux, genre Marine le Pen ou Marion...
        Et menteur, en plus !


      • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 20 décembre 2019 10:10

        @Cadoudal
        Y a le mur des cons qui s’effrite...

        Il n’y a pas que le mur des cons qui s’effrite, il y a aussi le budget du FN !
        Le FN est fauché, sans parler de la prune de 11 millions, en janvier 2020, si le FN est condamné. Un Parti qui prétend gouverner la France, et qui est incapable de gérer son budget, ça fait sérieux ? Et ce n’est pas tout, les militants et les cadres quittent le navire, chaude ambiance, au FN...
        .
        Éric Dillies, militant historique du Front national et délégué départemental dans le Nord pendant plusieurs années, a décidé de quitter le Rassemblement national. Il s’en explique sur Europe 1.
        .

        Entre les soucis judiciaires et financiers, et un entourage politique qui se carapate, cela fait plusieurs mois que les oreilles de Marine Le Pen sifflent. Éric Dillies fait partie de ces militants pour qui la coupe est pleine. Ce Lillois, délégué départemental du Front national de 2008 à 2014, deux fois candidat aux municipales à Lille, a décidé de claquer la porte du Rassemblement national.

        .

        Marine Le Pen décrédibilisée. "Marine a perdu la confiance d’une grande majorité de Français. (…) Je pense que ce système est fini. Plus le Front avance, plus il s’enferme dans sa stratégie de la défaite", a-t-il estimé au micro d’Europe 1, jeudi. Malgré la réduction du train de vie du parti orchestrée par son trésorier Wallerand de Saint-Just, la dette du parti continue de courir, atteignant plus de 13 millions d’euros. "Il est difficile d’expliquer à la France entière que l’on va restaurer les finances quand on n’est pas capable de gérer un parti", fustige-t-il.

        .

        "Il y a un entêtement, un refus de regarder les choses en face, et d’exposer aux militants la réalité de la situation. On cache, on n’est plus dans la transparence, on n’est plus dans l’ouverture, ni dans le dialogue avec les militants.
        Aujourd’hui, c’est ’tu obéis, et tu la fermes’. Point barre".



      • ObjectifLiberation 19 décembre 2019 20:58

        Aux armes, citoyens, formez les bataillons... Depuis 13 siècles, l’islam tente de coloniser l’Europe. Elle est en passe de réussir. Une minorité est prète, une majorité s’en fout et beaucoups baissent culotte et ne demandent pas de vaseline. Il n’y a pas beaucoup de solution mais j’en vois une : tous les arabes et noirs et leurs descendants installés en France : retour au pays, sans indemnités. Le budget de la sécu, du chomage et des retraites feront un bond dans le vert. Ils doivent partir, volontairement, ce sera plus propre, mais s’ils ne veulent pas... et bien les petits enfants de ceux qui se sont opposés aux allemands retrouverons les vieilles recettes.

        Les sarazins : dehors


        • Pierre Régnier Pierre Régnier 20 décembre 2019 09:19

          @ObjectifLiberation

          Cette imbécile promotion du racisme ressemble beaucoup à une provocation d’un adversaire de la souveraineté nationale qui voudrait la rendre odieuse.


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 20 décembre 2019 09:53

          @ObjectifLiberation
          Les sarazins : dehors !
          .

          Le Médef aime beaucoup les sarrasins....Il aime aussi les travailleurs détachés, et les africains aussi, il les aime beaucoup, surtout sans papiers, ça lui permet de les payer moins cher !
          .
          Sur certains postes, dont les français « blancs -de-souche » ne voudraient qu’avec un meilleur salaire et de meilleures conditions de travail, les sans papiers, c’est très bien !
          .
          Pour les employeurs du bâtiment, de l’agriculture, et dans la restauration aussi.
          Par exemple, les restaurants parisiens Big Mama, la DRH vous explique, que les sans papiers, c’est vachement bien !
          .
          Pourquoi n’allez-vous pas présenter vos doléances au Médef ?
          C’est curieux, cette manie de l’ Extrême-droite, de ne jamais s’adresser aux responsables ? On vous montre la lune, et vous regardez le doigt.


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 20 décembre 2019 09:28

          Toujours à s’attaquer aux effets et jamais aux responsables, une technique maintenant bien rodée de l’Extrême-droite... Quand on ne cherche pas les responsables d’une situation, soit on les protège, soit on en fait partie....

          .

          Obama avait une brochette de Frères Musulmans à la Maison Blanche.

          Cela n’interroge absolument personne ... ?

          .

          De qui dépend l’OTAN ? De Washington.

          Et quels sont les pays qui sont dans l’ OTAN ?

          Entre autres, la France. Et qui fricote avec les Frères Musulmans et autres islamistes, depuis des décennies ? Les Gouvernements français.

          .

          Et qui a répandu le wahhabisme dans le monde entier ?

          Les Saoudiens, à la demande des Gouvernements occidentaux.

          .

          Et pourquoi l’Extrême-droite de met jamais en cause les responsables politiques, américains, britanniques, français, allemands etc ???

          Elle les protège ou elle en fait partie ?

          Bonne question, je vous remercie de me l’avoir posée !!

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