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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Günter Grass : son passé, c’est pas nos oignons !

Günter Grass : son passé, c’est pas nos oignons !

Le grand écrivain allemand, prix Nobel de littérature, a sorti du placard ses uniformes d’antan. Un scandale peut-être orchestré qui secoue l’Allemagne et agace les bien-pensants. Pas de quoi pourtant fouetter une oie.

Les grandes orgues des grandes âmes sont de sortie, depuis la fracassante révélation de Günter Grass, tambour major de la littérature allemande, sinon européenne, qui s’est « souvenu », à soixante ans passés, avoir été enrôlé quand il était jeune dans les Waffen SS. C’était quoi les Waffen SS ? C’était une sorte d’unité d’élite des SS, chargée principalement de deux missions : d’une part se battre, comme l’armée allemande traditionnelle, d’autre part assurer la garde personnelle d’Hitler. Günter Grass a 17 ans quand il entre dans cet ordre noir. « Pour moi, et je suis sûr ici de mes souvenirs, les Waffen SS n’avaient rien d’atroce, c’était une unité d’élite qui était toujours engagée là où ça chauffait », déclare-t-il aujourd’hui. Et aujourd’hui seulement ? lui reprochent ses « amis » qui ne comprennent pas ce si long silence, de la part d’un homme, qui, dans les années 60 et 70 s’est érigée en gardien de la morale allemande, qui s’est battu pour que son pays « se souvienne » et tire de sa tragédie passée toutes les leçons pour se bâtir un avenir solide. Grass a toujours affirmé qu’il fallait être « sans compromis » avec le régime d’Hitler et ceux qui y avaient participé. Quand il reçut son prix Nobel, il rappela dans son discours qu’il venait d’un pays « où l’on brûlait les livres, il n’y a pas si longtemps. » Grass n’a eu de cesse d’œuvrer, politiquement et philosophiquement, pour faire en sorte que sa génération, et celles d’après se souviennent sans se flageller, assument sans se défausser. Aujourd’hui, bien sûr, tous ceux, et notamment ses adversaires politiques ont le sentiment qu’il s’est bien moqué d’eux, pour rester poli. Mais la question qui aujourd’hui est sur toutes les lèvres, n’est pas tellement de savoir pourquoi Grass est entré dans les Waffen SS, mais comment a-t-il pu cacher cette partie là de sa jeunesse si longtemps ? L’intéressé se dit soulagé d’un poids... et comme on le comprend ! « Mon silence durant toutes ces années fait partie des raisons pour lesquelles j’ai écrit ce livre. » Ce silence lui pesait trop donc... mais la suite de la phrase n’est pas anodine : « ...fait partie des raisons pour lesquelles j’ai écrit ce livre. » C’est dans ces mots-là qu’il faut peut-être chercher le vrai scandale Grass. En tout cas certains franchissent allègrement le pas (de l’oie ?) en accusant Grass de s’être offert, sous prétexte d’une confession tardive, un superbe coup marketing, qui d’ailleurs a très bien fonctionné : non seulement son éditeur allemand a avancé la sortie du livre, mais en plus ce dernier se trouve pratiquement déjà en rupture de stock, avec plus de 130000 exemplaires écoulés le premier jour ! « En épluchant les oignons » (c’est le titre) est un best seller, et Bild, qui n’en est pas à un scandale près, voit donc dans la « mémoire retrouvée » du grand écrivain une opération commerciale juteuse. Il faudra attendre un peu pour en savoir plus, mais si c’était le cas, ça rendrait risible les attaques sentencieuses des uns ou les défenses ronflantes des autres qui assaillent Grass depuis quelques jours. Coup marketing ou pas, que Grass se soit enrôlé dans les Waffen SS, quelle importance ? Le vrai débat, le fonds du problème est aussi ailleurs : la vie d’un écrivain et son œuvre. La vie est-elle l’œuvre ? Certainement pas. L’œuvre est-elle la vie ? Non plus. Grass est placé par certains à la suite de son « coming out » dans le rang des écrivains infréquentables, ces « oui mais » qu’on lit « avec des réserves. » Ces écrivains qu’on catalogue, qu’on fiche, qu’on dénonce sur la foi d’un mot déplacé, d’une phrase mal venue, de fréquentations jugées indécentes ou autres. On ne reviendra pas ici sur des « affaires » navrantes et « boboistes », comme l’affaire Renaud Calus, ou l’affaire Dantec, ces écrivains qui deviennent des « cas », et qui le demeurent, quoiqu’ils écrivent. On ne juge pas ce qu’ils écrivent, mais ce qu’ils sont. Ou plutôt ce qu’ils sont censés être. Ainsi Renaud Camus demeurera encore longtemps « cet écrivain qui a dit que... ». Et Dantec, « le type qui fréquente des groupuscules d’extrême droite... », Nabe « celui qui lit Céline », Houellebecq « le type qui boit » ou je ne sais pas moi, Lewis Carroll « l’homme qui aimait les petites filles » tant qu’on y est. Un écrivain et son passé, ou son présent. Un écrivain et ce qu’il est. Alors qu’un écrivain est uniquement ce qu’il écrit. Le Marquis de Sade l’exprimait sans ambage : « C’est l’homme de génie que je veux dans l’écrivain, quels que puissent être ses mœurs et son caractère, parce que ce n’est pas avec lui que je veux vivre, mais avec ses ouvrages, et je n’ai besoin de vérité que dans ce qu’il me fournit.... » (C’est moi qui souligne : ce dernier passage là devrait peut-être faire réfléchir Grass sur la soi disant « nécessité » qu’il avait aujourd’hui à dire la vérité, mais passons, Sade continue) « Le reste est pour la société et il y a longtemps que l’on sait que l’homme de société est rarement un bon écrivain. » Le divin marquis clôt le débat, ou en tout cas l’éclaire, bien mieux que dix lignes ampoulées racoleuses et mal écrites de Cohn-Bendit ou de je ne sais quel fantassin politico intellectuel qui s’agite aujourd’hui dans les quotidiens pour « soutenir » Grass. C’est toujours la même rengaine dans les gloseries des Lilas ou d’ailleurs, entre deux magots de certitudes bien lisses et repassées : le grand écrivain s’il est d’extrême droite (au hasard) devient un salaud qui n’est plus un grand écrivain. Le devoir alors des hommes justes est de le bannir des rayonnages et de condamner ceux qui osent si ce n’est le lire, au moins dire du bien de son œuvre. Car dire du bien de l’œuvre c’est absoudre l’homme, selon ces « penseurs. » On prend tout chez l’écrivain : son œuvre, sa vie. Ce qu’il crée et ce qu’il est. On le lit, on couche avec, on vit avec. Absurde, bien sûr, mais très répandu. Une chasse aux sorcières permanente, dans la plupart des journaux, dans ce qu’on appelle aux Etats-Unis des « think tank. » Derrière le créateur on épie l’Homme, ses placards, ses cadavres, ses habitudes. On traque le passé en quête de la « tache » qui disqualifierait définitivement l’artiste. Et une tache peut revêtir bien des formes... Un autre côté passionnant de cette « affaire Grass » c’est bien sûr le poids du passé chez l’Homme, quel qu’il soit, artiste ou « commun des mortels. » L’Homme et ce que Rick Moody, grand écrivain américain appelait (et Hawthorne avant lui) son (ou ses) voile(s) noir(s). Dans un superbe, lyrique et émouvant grand livre, « A la recherche du voile noir » paru aux éditions de l’Olivier il y a deux ans, Rick Moody écrivait ceci : « Peut-être faut-il simplement admettre que la dissimulation est essentielle à l’identité, malgré les tendances culturelles à la télé réalité, malgré les talk-shows et leur équivalent radiophonique, avec leurs incitations à la confession, nous avons besoin qu’une partie de nous-même demeure cachée, si bien que plus nous nous révélons, plus nous nous retrouvons enveloppés de voiles, de strates qui refusent de se dévoiler, de couches superposées de culpabilité et de dissimulation telles que tous les livres de Mémoires sont des fictions, des narrations construites, des Bildungsromane, tout comme de nombreuses fictions sont des mémoires voilées ; les deux identités, les deux stratégies narratives, dissimulant et révélant, s’appuyant l’une sur l’autre ou s’excluant l’une l’autre, à tour de rôle. » « Dissimulé » à lui-même, ou au moins aux autres, pendant de longues années, Günter Grass n’avait nul besoin de se « dévoiler. » Mais s’il l’a fait uniquement dans un but marketing, alors il a fait œuvre encore une fois de fiction, même en collant à la réalité. Il reste dans le roman, même en s’associant à l’Histoire, qui est une forme de roman. Mais Grass, prix Nobel auteur de livres vendus dans le monde entier n’avait pas vraiment besoin, au dernier tiers de sa vie d’une telle « publicité »... à moins qu’on le considère et que lui-même se situe comme étant un « personnage » de sa propre vie, à moins qu’il ait pensé, au moment d’écrire son livre, que ses « révélations » ne toucheraient que l’auteur Grass sans ensevelir l’homme derrière son livre. Est-il enseveli d’ailleurs ? Est-il au pilori cloué ? Non, au jour d’aujourd’hui, il est simplement l’auteur du livre le plus lu du moment en Allemagne. L’homologue de... Marc Lévy, l’auteur du livre le plus lu du moment en France.


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81 réactions à cet article    


  • Kamaam (---.---.72.174) 18 août 2006 10:53

    N’ayant jamais encensé ce bonhomme, je n’ai pas à l’accabler aujourd’hui.

    Je note cependant qu’il a été incorporé dans la Waffen SS... Ni plus ni moins des milliers de Français (cf Division Charlemagne)...

    Et je rappelle que le crime des crimes, c’est Vichyste, pas Waffen SS. Or, Grass n’a jamais avoué avoir été vichyste.

    « Vous ne connaissez pas : ni l’oeuvre de Grass, et son importance en Allemagne...ni ce qu’était la SS. »

    Le hippie, lui, il a l’air de savoir... Il a une tronche à avoir lu tout Saint-Loup. Comme moi... smiley)


    • faxtronic (---.---.127.82) 18 août 2006 11:02

      « Le crime des crimes c’est vichyste, et pas la waffen SS » Mr Kamaan est un grand connard, et il le fait savoir.


    • Kamaam (---.---.72.174) 18 août 2006 11:18

      Le deuxième degré, tu connais, bouffon ?

      Je savais pas qu’à droite, on en avait aussi des comme ça...


    • faxtronic (---.---.127.82) 18 août 2006 11:37

      Desole guignol, si c’est du second degre.


    • (---.---.72.174) 18 août 2006 12:41

      En tant que second degreur, j’ai lu à peu près tout Saint-Loup, y compris J’ai vu l’Allemagne, réédité en 1991...

      Et toi, en tant que vichyste, t’en es quoi de la connaissance de l’oeuvre de Marc Augier ?


    • (---.---.30.39) 18 août 2006 20:46

      Je m’étonne que l’on s’étonne de cette histoire. Je prend moi depuis longtemps comme base que lorsque quelqu’un s’érige en justicier, il a TOUJOURS commis lui-même ce contre quoi il lutte : Voir à ce sujet les politiciens attaquant Bill Clinton dans l’affaire Monica, Saint Agustin parlant de ses péchés dans ses confessions, les pompiers pyromanes, etc., etc. C’est la vie. C’est humain. Il suffit de le savoir.


    • Lina et Barbara Heydrich (---.---.47.54) 20 août 2006 02:18

      En particulier le commandant, Karl von Treuenfeld, du soldat Günther Grass aussi que ses troupes ont eu un passé(Croix de chevalier avec feuilles de chêne d’or) pour la durée de l’engagement de la Division S.S. Charlemagne par Karl von Treuenfeld en Bohême-Moravie après l’attentat sur le plus grand Mozart-pianiste accomplie, le torrent, Reinhard Heydrich(« Spange »Prager Burg«  », « Danzig Kreuz 1. Klasse »).


    • Icks PEY (---.---.232.221) 18 août 2006 11:42

      Très bel article qui traite de choses humaines qui me paraissent fondamentales :

      - un homme doit-il porter toute sa vie un choix exercé plusieurs années auparavant ? Cela pose la question du droit au changement, voire même du droit à la rédemption et au pardon.

      Ce thème est récurrent : Mitterrand et Vichy, Jospin et les troskystes, Gérard Longuet ou Madelin et les groupuscules d’extremes droite, etc.

      N’y a t-il pas une profonde malhonnêteté à enfermer un individu dans un choix qui appartient à son passé mais qui n’est plus d’actualité ?

      2. Distinguer l’oeuvre et l’auteur. Etant moi-même auteur de pièces de théâtre, je suis confronté parfois à des réactions surprenantes de spectateurs qui ne peuvent s’empêcher d’opérer un transfert entre ce que l’on peut écrire et ce que l’on est sensé être.

      Il y a là une confusion mystérieuse qui rappelle le scandale du livre « rose bonbon » narrant l’histoire d’un homme aux tendances pédophiles.

      Et cette confusion peut également être étendue à certains avocats à qui il est reproché d’épouser les idées et convictions de leur client alors qu’ils n’en assurent que la défense (cf. polémique de Vergès qui défendait Klaus Barbie ou l’avocat bordelais qui défendait Papon).

      Bien cordialement,

      Icks PEY


      • Kamaam (---.---.72.174) 18 août 2006 15:52

        « (cf. polémique de Vergès qui défendait Klaus Barbie... »

        Le problème, au sujet de Barbie, c’est que, lorsqu’on lit la plaidoirie de Vergès, il ne reste à peu près rien de l’acte d’accusation.

        Si Barbie avait été un droit commun, il aurait été relaxé, mais comme il est entré dans le tribunal condamné d’avance, il a naturellement été condamné.

        C’est cela qu’on ne pardonne pas à l’avocat : la démonstration de l’iniquité du procès, et non pas le fait d’avoir défendu Barbie.


      • Icks PEY (---.---.232.221) 18 août 2006 12:26

        Pourtant, la nature humaine est complexe et cela ne m’étonne pas qu’un individu puisse tenir un discours très exigeant sur un sujet sans pour autant satisfaire lui-même aux propos qu’il tient.

        On peut être mu par un certain idéal ou avoir de très fortes convictions personnelles sur un sujet sans pour autant être totalement en règle avec soi-même.

        Ce sera le cas des personnes « travaillées de l’intérieur » qui auront du mal à s’aimer car, justement, elle se rende compte qu’elles ne parviennent pas à être comme elle voudrait.


      • (---.---.40.137) 18 août 2006 14:37

        Depuis plus d’un demi-siècle, l’écrivain allemand Günter Grass est, disent les critiques et les journaleux, la « grande figure intellectuelle » de l’Allemagne. Figure intellectuelle, qu’elle soit petite ou grande, ça ne veut rien dire. Cela n’empêche les journalistes de répéter cette formule. S’ils avaient observé ou scruté la vraie figure de Grass, à savoir ce visage fermé de brute moustachue imbue d’elle-même, ils n’y auraient pas vu la moindre lueur qui pût justifier le qualificatif de figure intellectuelle.

        Grass serait la conscience de l’Allemagne : la mauvaise conscience, devrait-on dire, toujours près d’imputer à crime, de soupçonner, de suspecter, d’accuser, toujours ses compatriotes ou les Occidentaux, surtout s’ils sont Américains, et, dans le même temps, d’excuser ou de louer en douce feus le régime tyrannique de l’ancienne RDA et l’immonde URSS. Pendant un demi-siècle, il a joué le même air de serinette du compagnon de route loyal, moral, progressiste, dissimulé sous le masque social-démocrate, Marx, congrès de Bad-Godsberg, usw. Partout en Europe et dans le monde occidental, il est honoré, fêté, célébré, loué, glorifié, décoré, surtout par ceux qui ne l’ont pas lu, couvert de prix lucratifs et de récompenses diverses, grassement rémunéré pour disserter doctement dans les universités et autres lieux savantasses sur la marche du monde ou sur l’arche de l’onde ou sur la morale de l’engagement. Ses propos, sur quelque sujet qu’ils portent, futile ou sérieux, et même s’ils sont un tissu de sottises, sont commentés avec la ferveur des fidèles qui buvaient les prédictions d’une pythonisse antique, surtout depuis que lui a été décerné en 1999 le Prix Nobel de littérature, dixit l’Académie suédoise, « pour avoir dépeint le visage oublié de l’histoire dans des fables d’une gaieté noire ».

        « Dépeint le visage oublié de l’histoire » : ces Académiciens ignoraient qu’ils faisaient de l’ironie, involontaire bien sûr. Grâce à eux, on apprend que l’histoire a un visage et que ce visage était tombé dans l’oubli. Pour Grass, en tout cas, pendant un demi-siècle, l’histoire a toujours eu le même visage, celui de sa propre bonne conscience replète, grasse, bouffie, exhibée en sautoir comme les décorations d’un maréchal soviétique. Involontaire, l’ironie confine à la bouffonnerie et, quand elle émane d’Académiciens sérieux et graves, elle fait éclater à posteriori leur stupide imposture. Car Grass, le Tartuffe, vient de révéler son vrai visage, celui que tout le monde a oublié ou n’a pas voulu voir. Il a reconnu, lui le progressiste en diable et tous azimuts, et cela, après soixante ans de mensonges, qu’il s’était engagé, à l’âge de 17 ans, à la fin de 1944, dans les Waffen SS : engagement qu’il a caché avec soin. Dans la notice biographique que diffuse l’Académie suédoise, depuis qu’elle lui a attribué le prix Nobel de littérature, il est écrit ceci : « après avoir servi sous les drapeaux pendant la guerre et avoir été prisonnier des Américains de 1944 à 1946 », etc.

        Il y a un abîme entre les Waffen SS et un service militaire dans la défense antiaérienne. Enivré par son aveu, Grass se lance même, dans l’entretien qu’il a accordé le samedi 12 août 2006 au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung, dans une défense et illustration inouïes des SS : « Pour moi, et je suis sûr ici de mes souvenirs, les Waffen SS n’avaient rien d’atroce, c’était une unité d’élite qui était toujours engagée là où ça chauffait ». Pour moins que ça, on a intenté des procès en sorcellerie à répétitions à de pauvres types, un peu simplets, qui avaient eu le tort de ne pas se repentir d’avoir servi dans cette armée d’élite politico-militaire, qui était chargée de défendre le régime hitlérien. Il est sûr que Grass n’aura pas à répondre de ses actes et de ses paroles devant un tribunal. Son aura l’en préserve.

        Bien entendu, personne ne reprocherait à Grass cette erreur de jeunesse, ni même de l’avoir aussi longtemps dissimulée, si Grass n’avait pas été, dès qu’il a écrit ses premiers livres (Le Tambour, 1959), un magistral Professeur de Vertu, un Sermonneur à tous vents et à tout crin, un Inquisiteur d’Etat de première classe, un Commissaire politique acharné, infligeant à ses lecteurs, et à toutes les lignes, d’interminables et assommantes Leçons de Droiture, de Courage, d’Engagement, de Sincérité, d’Authenticité, de Transparence, de Sens de l’Histoire, de Progressisme moral, accusant sans cesse ses malheureux compatriotes de x crimes tout en s’exonérant pieusement de toute repentance publique, exprimant à toute occasion sa complaisance vis-à-vis de la RDA et son mépris vis-à-vis de « l’impérialisme américain ». La bonne conscience, il s’en engraissait ; la mauvaise, il en couvrait ses compatriotes dont le seul crime a été de rester passifs entre 1933 et 1945 et de s’être accrochés, pour ne pas mourir de honte, à la RFA démocratique.

        Le comique de l’affaire est le silence étourdissant des intellos et des thuriféraires de Grass. Panique dans les rangs, on ne moufte pas mot, on se tait, on se coud les lèvres, les doigts sur la couture des pantalons, on ne voit plus une seule tête, même pas celle qui dépasse d’habitude. Les grands organes culturels restent cois. S’ils grattent un peu trop sous les prises de position pro-palestiniennes et anti-israéliennes, ils craignent de découvrir la Bête immonde. Les Professeurs de Vertu préfèrent fermer les yeux. Pétrifiés, ils ont perdu la voix d’avoir porté aux nues un ancien des Waffen SS qui semble ne pas regretter ses engagements passés. Seraient-ils de vulgaires collabos, eux aussi, ces compagnons de route d’un compagnon de route des nazis ? Il y a plus. Sur Europe 1, les journalistes ont annoncé la nouvelle avec des trémolos de surprise dans la voix, comme s’il s’agissait du mariage de Mademoiselle avec le duc de Lauzun. Ils ne s’y attendaient pas. Comment un écrivain si propre sur lui - si clean, comme on dit en anglais - a-t-il pu cacher autant de saletés ? Ces journalistes ignorent la loi de l’après-guerre. Le progressisme, communiste ou non, compagnon de route, de beuveries et de virées nocturnes, est, depuis la fin de la guerre (ce fut sa principale utilité) la lessiveuse des malpropres. Le blanchiment du passé sale n’a pas besoin de paradis fiscaux. Il a son paradis. C’est l’engagement dans l’Armée du Bien. C’est le combat de la Vertu contre le Mal (toujours de droite, évidemment). La grande lessiveuse a bien fonctionné. Les communistes s’y sont lavé l’âme pour avoir le droit de revêtir les oripeaux de la résistance. Mitterrand a montré la voie. Donnadieu l’a suivi, et Blanchot, etc. Les égarés, sincères ou non, comme Grass, les tièdes comme Sartre, les allumés du racisme comme Blanchot, les apeurés et les timides, tous ont été blanchis dans la grande lessiveuse du progressisme. Grass est sans doute un imposteur, mais il a le mérite de révéler la nature de l’intelligentsia. la suite


        • Andreas B. (---.---.15.176) 18 août 2006 14:52

          Il faut ramener les choses à ce qu’elles sont : Gunther Grass n’a JAMAIS DEMANDE à être intégré dans la WafenSS !! En 42, à l’âge de 15 ans, il a fait une demande d’incorporation dans la marine pour échapper au climat familial. La marine n’engageant pas de nouvelles recrues, sa demande a alors été transmise aux WafenSS qui lui ont envoyé un ordre de marche à une époque (44) où le régime vacillant envoyait des gamins/chair à canon se faire tuer pour tenter de retarder la victoire des alliés...

          Avait-il le choix de refuser cette incorporation ? Certainement pas ! C’était ça ou le peloton d’exécution !! Il faut aussi rappeler que toute sa génération était embrigadée de force dès l’enfance, y compris le pape actuel...


          • Icks PEY (---.---.232.221) 18 août 2006 15:46

            La comparaison avec Benoit XVI n’a rien à voir !

            Le pape, c’était les jeunesses hitlériennes, pas les Waffen SS !!

            Ce n’est quand même pas comparable.

            Icks PEY


          • (---.---.30.39) 18 août 2006 20:39

            Andreas B., il semble que Gunther Grass ait menti sur son passé. Or il dit aujourd’hui qu’il n’a jamais demandé à être incorporé WafenSS et tu le crois. Peux-tu nous expliqué pourquoi tu le crois ?


          • Patrick Forges Patrick Forges 19 août 2006 08:23

            Pour information et sans polémique, je vous propose l’extrait d’un article de Jean Mabire paru dans Historia Hors Série n° 20 :

            « les Jeunesses Hitlériennes étaient le creuset de la »révolution sociale« et de la »reconnaissance populaire« , réservoir de la SS. La Hitler-Jugend n’a qu’un devoir : partager le destin du parti. »

            De plus, il est vrai que l’organisation militaire de la SS avait permis la constitution de la SS Panzerdivision Hitler-Jugend (Juin 1943). Les engagés étaient agés de 16 à 18 ans.


          • Papy (---.---.236.115) 23 août 2006 11:39

            Arretez de chercher à juger l’histoire sans son contexte s’il vous plait...

            Les jeunesses hitlériennes de l’époque pourraient correspondre aujourd’hui à des colos de vacances en pleins air, au scoutisme, etc...

            Tous les jeunes y étaient intégrés. Point à la ligne. Le fait d’y avoir été n’implique en aucun cas une acceptation de l’idéologie nazi.


          • (---.---.112.246) 18 août 2006 15:23

            « La question qui aujourd’hui est sur toutes les lèvres, c’est pas tellement de savoir pourquoi Grass est entré dans la Waffen SS, mais comment a-t’-il pu cacher cette par là de sa jeunesse si longtemps »...

            En effet, SAVOIR pourquoi il est entré dans la Waffen SS n’a pas d’un grand interêt pour comprendre le procéssus de répétition de la violence de génération en génération.

            En revanche, chercher comment il a pu cacher cette par là de sa jeunesse, nous fournira toutes les informations nécéssaires pour éloigner le désordre des guerres (échapper au tortionnaire que l’on porte en soi)...

            La vérité, c’est qu’il faut satisfaire avant tout l’anarchie intérieure et le goût forain du « bétail chrétien »... !

            — -


            • Prêtresse (---.---.112.246) 18 août 2006 15:25

              « La question qui aujourd’hui est sur toutes les lèvres, c’est pas tellement de savoir pourquoi Grass est entré dans la Waffen SS, mais comment a-t’-il pu cacher cette par là de sa jeunesse si longtemps »...

              En effet, SAVOIR pourquoi il est entré dans la Waffen SS n’a pas d’un grand interêt pour comprendre le procéssus de répétition de la violence de génération en génération.

              En revanche, chercher comment il a pu cacher cette par là de sa jeunesse, nous fournira toutes les informations nécéssaires pour éloigner le désordre des guerres (échapper au tortionnaire que l’on porte en soi)...

              La vérité, c’est qu’il faut satisfaire avant tout l’anarchie intérieure et le goût forain du « bétail chrétien »... !

              — -


              • Internaute Internaute 18 août 2006 17:06

                J’ai un scoop pour vous. Ehud Olmert a traversé une fois le même boulevard à Berlin que Grass. Peut-être qu’il a été contaminé.

                J’ai un autre scoop. La semaine prochaine on va faire intervenir un ancien déporté qui va reconnaître formellement Grass comme tortionnaire du camp de Katkügel et on va réclamer 1.000 milliards d’Euros à l’Allemagne pour dédommager les arrières petit-fils.


              • (---.---.155.248) 18 août 2006 15:46

                Excellent article, et j’admire aussi le commentaire de IP:xxx.x04.40.137. Les autres un peu moins.

                Contrairement à ce dont se « souvient » Gûnther, les Waffen SS étaient tout sauf de braves soldats innocents. Engagés volontairement dans ce corps qui est le bras armé du parti nazi, ils savent ce qu’ils font, tout comme les français de la légion Charlemagne, contrairement à l’idiotie écrite plus haut. Des Alsaciens, oui, ont pû être enrolés de force dans l’armée allemande (régulière), et certains même de fil en aiguille se sont retrouvés en train d’accomplir des actes peu recommandables et dignes d’Oradour. Mais Waffen SS et Charlemagne savaient très bien ce qu’ils faisaient, et j’espère qu’un historien pourra le confirmer. Ce n’est pas un hasard si une grande majorité des exactions allemandes sont le fait des ces braves gens. Mais pas toutes, l’armée régulière s’y est mise aussi.

                Il est de fait que l’aveu du caporal Grass est pour nous l’occasion d’observer la société dans un contexte peu courant : la découverte d’un traitre qui était auparavant un ami. Que faire ? Le rejeter ? mais alors, comment a-t-on pu l’aimer ? Analyser plus finement son cas ? mais alors pourquoi ne pas l’avoir fait pour les autres ? Vomir sans réfléchir n’était pas une solution, on s’en apercoit aujourd’hui.

                Il est peut-être temps de se dire que l’on peut réfléchir sur tout, et qu’analyser les circonstances qui ont pu pousser un homme à s’engager dans les SS, ce n’est pas lui pardonner. La boulette passerait plus facilement aujourd’hui.

                N’oublions pas tout de même que Hitler, lors des dernières élections « libres » en Allemagne a atteint un score de 30 ou 40% (me souviens plus). Qu’il a suscité un véritable élan d’admiration grâce à ses premières victoires militaires. Tous ses fans de la première heure n’ont pas subitement disparu en 45, certains forcément sont après guerre devenus célèbres d’une manière ou d’une autre. Grass l’avoue, combien ne l’ont jamais dit ?

                Yves.


                • Kamaam (---.---.72.174) 18 août 2006 15:58

                  Toute cette affaire me remet en mémoire une conversation, que j’avais suivie à la télé. Sur Arte. Entre Le Pen et Schoenhuber, je crois...

                  Ou entre Bourdieu et Grass...

                  Je ne me souviens plus très bien...

                  Sur Arte, je suis sûr...

                  Bref, c’était entre un Français et un ancien SS... On va pas chipoter cent sept ans...


                  • Internaute Internaute 18 août 2006 17:10

                    Comme disait Jean de la Fontaine dans la fable « Le loup et l’agneau » - si ce n’est toi c’est donc ton frère, ou bien quelqu’un des tiens.


                  • Prêtresse (---.---.112.246) 18 août 2006 16:10

                    Dans quelle atmosphère Adolf Hitler a grandi ?

                    Hitler ne fut pas un enfant « né anormal » dans une bonne famille qui s’occupait bien de lui.

                    Dans le vie d’un « monstre » comme Adolf Hitler, on peut voir la suite logique de son enfance.

                    — -


                    • (---.---.111.191) 18 août 2006 16:43

                      Qui peut me dire ce qu il ferait dans une ambiance de crise totalitaire ?

                      Ces beaux esprits éclairés seraient donc capables de prédire l avenir pour être du bon côté ?

                      J ai personnellement rencontré un ancien jedburgh, parachuté à 23 ans derrière les lignes. Il nous disait que s ils avaient perdus leurs combats , les traitres c etaient eux ! C était le hasard, la chance, la malchance qui présidaient au fait d etre dans le « bon camp ».

                      Grass était dans la SS ? Ben oui c est bête pour l image de marque des « intellectuels engagés » !

                      Si les NaZis avaient gagné, l’Europe aurait été entièrement NaZi. Les « bons » c’auraient été eux, les « mauvais » ? Nous !.

                      C’est la main de Dieu qui a fait que le sort des armes nous a été favorable !

                      On peut faire le rapprochement avec le monde actuel : Si les islamistes l emportent , les « bons » seront eux, les autres -les mécréants !- seront à jeter aux chiens !...

                      Par contre si le monde libre, les démocraties l emportent, les islamo gauchos retourneront leur veste et se cacheront, ils écriront leurs mémoires et quand ils seront vieux, ils feront comme Grass, ils se repentiront et la planète continuera à tourner autour de son soleil !


                      • Prêtresse (---.---.112.246) 18 août 2006 16:57

                        L’amalgame « islamo gaucho » est assez naïve mais intérressante.

                        — -


                        • Internaute Internaute 18 août 2006 17:02

                          Grass s’est engagé dans l’armée comme tous les jeunes de son âge à cette époque. Grass était dans la Waffen SS. C’est un crime inexpiable à jamais. La Waffen SS était une composante de l’Etat Allemand. Le gouvernement français avait pour premier ministre le chef du parti socialiste, Pierre Laval. Les socialistes ont collaboré avec les allemands, c’est un crime inexpiable. François Mitterand était dans la Cagoule, le groupuscule des inconditionnels du Maréchal Pétain. Je n’aurais pas dû écrire ce dernier nom car il brûle le papier et ma connexion Internet. Je risque de me faire censurer. Miterrand donc, assistant direct du Waffen SS Grass nomme comme premier ministre Laurent Fabius qui est donc à ranger au rayon des futurs anciens collabos. Par conséquent, je viens de démontrer la Grass-connexion entre les crimes inexpiables qu’il ne faut jamais oublier et Laurent Fabius.

                          J’espère que là j’ai donné du grain à moudre à tous les bien-pensants pour la semaine qui vient.


                          • Prêtresse (---.---.112.246) 18 août 2006 17:10

                            « un crime inexpiable à jamais ».

                            Le crime ne souille pas, de même, le châtiment ne purifie pas.

                            — -


                            • (---.---.52.177) 18 août 2006 17:28

                              il l’a été, et alors ???? faut qu’il fasse quoi, qu’il s’immole sur l’autel de l’holocauste, qu’il reverse l’intégralité des bénéfices de ses ventes au peuple juif, comme j’ai pu l’entendre ? il pourrait aussi bien les reverser au peuple tsigane, aux résistants, aux homo et aux mongoliens exterminés dans les camps...faut arrêter les conneries , il faut toujours baisser la culotte du même côté dans ce monde de merde, et pendant qu’on massacrait le Liban, on a pas entendu s’élever des voix pour critiquer ça, pas dans les proportions que prend cette affaire d’une époque révolue...le poids de certains lobbys orientés va finir par effectivement réveiller des ranqueurs ancestrales, pour reprendre les termes de certains politiques....quand à moi, j’ai bien voté chirac en 2002.... et s’ils continuent, on aura qu’à ressortir l’histoire glorieuse du massacre des innocents sous Hérode, pour tenter d’éliminer Jésus dans l’oeuf...si on commence comme ça


                              • Océane (---.---.233.191) 18 août 2006 18:29

                                Jacques Attali en parle sur son blog, certains commentaires sont intéressants :

                                http://www.attaliblog.com/index.php/2006/08/14/32-un-nobel-ss#co


                                • demian au sud-sud-nord-ouest (---.---.227.180) 18 août 2006 19:25

                                  de nos jours les nazis sont juifs et soutenus par tous nos lâches dirigeants , alors le passé de ce monsieur on s en tape un peu


                                  • Prêtresse (---.---.56.100) 18 août 2006 19:55

                                    « Le passé de ce monsieur on s en tape un peu ».

                                    Non, pas si l’on veut comprendre toutes les parties de nous-même.

                                    — -


                                    • Pierre (---.---.160.253) 18 août 2006 21:10

                                      J’ai bien aimé le tambour, comme j ai aimé voyage au bout de la nuit, les septs couleurs, les croix de bois et j en passe.

                                      Que GG est un passé, soit, il n est pas le seul. Il n’empeche que j’ai bien aimé son livre. A partir de ce moment la, le reste m’importe peu.


                                      • claudejakiss (---.---.110.104) 18 août 2006 21:37

                                        est un passé ou aie un passé ? là est la question


                                        • Senatus populusque (Courouve) Courouve 20 août 2006 13:12

                                          Question plus facile à résoudre que « To be, or not to be »


                                        • Patrick Forges Patrick Forges 18 août 2006 21:38

                                          L’organigramme de la SS était très important. Il présentait de nombreux services allant du « Lebensborn » à « l’Ahnenerbe », du « R.S.H.A. », à la « GESTAPO » et la « Waffen SS ».... Soit plus d’une vingtaine de services différents.

                                          Gunther Grass nous dit « avoir été enrôlé quand il était jeune dans les Waffen SS ». Cette section de la SS était une section purement militaire même si la criminalité n’est pas absente de son histoire. Jean Goyelle, dans son article sur la SS (Historia Hors Série n° 20 ) nous précise « Le Tribunal de Nuremberg refusa de dissocier dans l’accusation la Waffen SS des autres branches de la SS. Mais il apparait aujourd’hui (le chancelier Adenauer a, en 1953, donné le départ d’une campagne de réhabilitation) que la grande majorité de ses membres n’a connu de l’aventure hitlérienne qu’un combat mené avec une impitoyable bravoure et a vécu ainsi à l’écart de la monstrueuse organisation policière et concentrationnaire. »

                                          On peut supposer que devant cette « réhabilitation » de la Waffen SS commencé en 1953 en Allemagne, Gunther Grass a décidé de faire connaître son adhésion à cette unité d’élite. A-t-il eu trop confiance ?? L’avenir nous le dira !


                                          • (---.---.30.39) 18 août 2006 22:02

                                            Oui enfin, il a peut-être eu simplement de la chance : Rien ne nous dit qu’il n’a pas lui-même DEMANDÉ à incorporer ce service de la WaffenSS, et peut-être même a-t-il demandé une section plus « méchante » qui lui a été refusé. Il nous dit bien sûr le contraire mais pourquoi le croire ?


                                          • (---.---.30.39) 18 août 2006 22:49

                                            ... et je m’aperçois que je redis ce qu’ont dit beaucoup mieux que moi les anciens « Post hoc non est propter hoc » Après cela, mais pas à cause de cela (dénonce un sophisme, celui qui fait passer un événement postérieur pour la conséquence de celui qu’il suit)


                                          • MAB (---.---.114.175) 18 août 2006 22:03

                                            Günter GRASS chez les Waffen SS ? Pourquoi être surpris ?

                                            Qu’il ait caché longtemps son passé, qu’il en ait rajouté sur ceux qui avaient fait comme lui, c’est un problème avec sa conscience, avec son âme s’il estime en avoir une, avec sa femme et ses enfants s’il en a, avec son psy, avec...

                                            Ce qui me semble plus important, c’est de se pencher sur ce qui motive les engagements qui se révèlent glorieux ou dégradants. Là, les écrivains ont beaucoup à nous dire et ne nous disent que le peu qu’ils rassemblent.

                                            Pour le jugement des hommes, il y a les tribunaux qui devraient essayer de ne toucher que les chefs qui ont entraîné d’autres hommes dans des voies atroces.

                                            Ces mêmes tribunaux n’échappent pas à la tentation de sanctionner parfois plus durement quelques exécuteurs de bases œuvres bien affreux pour que le public se sente différent, mais c’est une chimère, ces bourreaux ordinaires ne sont pas différents du public, les circonstances ont simplement permis la réalisation de leur part obscure.

                                            Pour ceux qui se sentent concernés par la situation de ces bourreaux ordinaires, c’est du coté de Barabas qu’ils peuvent regarder sans que personne n’ait à leur demander de le faire.


                                            • Prêtresse (---.---.101.33) 18 août 2006 22:49

                                              « Ces mêmes tribunaux n’échappent pas à la tentation de sanctionner parfois plus durement quelques exécuteurs de bases oeuvres bien affreux pour que le public se sente différent, mais c’est une chimère, ces bourreaux ordinaires ne sont pas différents du public, les circonstances ont simplement permis la réalisation de leur part obscure ».

                                              Oui, le but étant de stigmatiser un bouc-émissaire (mythe du cas isolé - incarnation du mal - psychopathe associable sans pitié ni compassion etc...) pour que la morale collective soit sauve.

                                              C’est un tour d’adresse, une tactique pour rejeter l’opprobre et se réserver le rôle de la justice rétributive.

                                              — -

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