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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Guy Carlier » en rédemption palpable aux Mathurins

« Guy Carlier » en rédemption palpable aux Mathurins

Initialement son One man show devait s’intituler pompeusement "Dieu, Mozart et le Tupperware de Jocelyne" puis de manière plus sibylline « Carl & Guitou » pour finalement adopter la version éponyme, autrement dit « Guy Carlier ».

Le chroniqueur fort connu pour son ironie, son fiel et ses railleries revient en effet sur les planches après de nombreuses années d’abstinence au prorata d’un amaigrissement spectaculaire voire salutaire.

 

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GUY CARLIER
© Theothea.com

  

Passant, selon ses dires, directement de la case « Gros » à celle de « Vieux », l’humoriste a la nette impression de n’avoir jamais été perçu comme un mec « normal ».

C’est ainsi qu’il aurait maintenant l’immense plaisir de prendre quelque recul sur son personnage médiatique un temps soit peu désuet pour tenter d’en démonter le système face au public alors même qu’il serait désormais passé personnellement de l’autre côté de la force acerbe et sarcastique pour résolument goûter aux plaisirs de la vie… ceux peut-être que mettait déjà d’antan en exergue Philippe Delerm dans « La première gorgée de bière ».

Ainsi vantant, par exemple, la simple sensation délicieusement tactile d’un coup de vent sur le corps en mouvement, « Guitou » le septuagénaire opterait pour une vision optimiste de la vie, pleinement décidé à profiter de se sentir enfin bien dans sa peau, tel un poids léger comme l’air.

D’ailleurs, l’évocation de la mélodie en crescendo avec ses paroles tellement inspirantes de « Hey Jude » par Paul McCartney le mettent définitivement en transe pour goûter à la satisfaction paradisiaque. 

 

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GUY CARLIER
© Laura Gilli

 

Cependant, le péché mignon (mais peut-être mortel) de « Carl » est toujours prêt à reprendre du service au détour d’une formidable évocation du « Pont d’Argenteuil » dont le point de vue du peintre est toujours localisable et donc appréciable aux abords de La Seine pour peu qu’un « cadre » lambda y prête attention mais que son inculture crasse, prise dans un embouteillage à cet endroit précis, ignore superbement en envoyant un inutile texto à sa secrétaire…  

Mais était-ce, en l’occurrence, vraiment utile d’ajouter ce commentaire obscurantiste à une formidable louange adressée à Monet et à l’impressionnisme ?

En effet, çà démange Guy en permanence de laisser toujours et encore « Carl » prendre le pas sur « Guitou » comme avant qu’il était obèse et malveillant mais, néanmoins, ce dernier se raccroche aux branches pour adresser des compliments « sincères » à Catherine Deneuve qui aurait l’intelligence et l’humour de ne plus se fier à sa séduction instinctive mais bel et bien à son charisme naturel.

On l’aura compris entre ces mots dûment choisis, le show de Guy Carlier serait construit sur la dualité existentielle entre « l’être » et le « paraître ».

Si, effectivement, l’essentiel de la carrière médiatique de Guy Carlier aura été fondé sur la stigmatisation de ses contemporains n’étant point en phase avec ses convictions et valeurs subjectives, un revirement à 180° aura été opéré sur le tard avec la prise de conscience de sa propre mésestime personnelle boostée par un déclic tragique contemporain que lui aura conté François Rollin à la fois co-auteur du narratif et de la mise en scène. 

   

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GUY CARLIER
© Laura Gilli

  

Cette alchimie est plutôt réussie en rappelant dans un premiers temps les heures glorieuses de « Carl » qui plaisaient tant aux auditeurs et téléspectateurs d’une époque sans doute révolue mais qui a encore le don de faire rire bon nombre de spectateurs du Théâtre des Mathurins pour ensuite décoller dans une quatrième dimension au cours d’une deuxième phase du spectacle avec la résurgence de « Guitou » prêt à tous les actes de contrition pourvu qu’ils aient le goût du partage retrouvé dans de précieux instants de bonheur suspendu par le fil si tenu de la vie resplendissante sous toutes ses composantes.  

En réaction au désenchantement endémique, voici donc une sorte de Master class en forme de miroir tendu aux spectateurs pour « savoir profiter des bienfaits de l’existence » alors même que la félicité serait à portée de main !

   
photos 2 & 3 © Laura Gilli
photos 1 & 4 © Theothea.com
   
   
GUY CARLIER - **.. Theothea.com - de Guy Carlier & François Rollin - mise en scène François Rollin - avec Guy Carlier - Théâtre des Mathurins

  

   

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GUY CARLIER
© Theothea.com

 

 


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2 réactions à cet article    


  • Clocel Clocel 4 mars 09:47

    Pouah... !


    • Lonzine 4 mars 16:41

      Il a perdu au moins 100kg ! le malheureux

      esprit brillant

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