• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Halloween, La Nuit des masques » : croisade carnassière

« Halloween, La Nuit des masques » : croisade carnassière

Sanctuarisé par les amateurs d’épouvante, érigé en parangon du cinéma indépendant, La Nuit des masques est considéré, à juste titre, comme l’une des œuvres fondatrices du slasher movie. John Carpenter y donna naissance à Michael Myers, bourreau psychopathe fraîchement échappé de l’asile, venu hanter Haddonfield, la banlieue fade et proprette de son enfance. Au cœur de cet écrin rural paisible et verdoyant se glissent alors une menace insidieuse, une angoisse glaciale, qu’aucune rémission ne viendra soulager.

Conte anxiogène peuplé de faux-semblants et d’effroi, La Nuit des masques emprunte sans lambiner la voie horrifique, s’amorçant dans une séquence en vision subjective durant laquelle le public épouse le point de vue de Michael Myers, encore enfant, tandis qu’il s’apprête à poignarder sauvagement son aînée. Les mouvements de caméra ont beau y apparaître incertains, on ne saurait mieux planter le décor, forcément cauchemardesque, et en lente déliquescence. S’ensuivra une présentation sommaire des lieux et protagonistes, très plan-plan, à travers un chapelet de palabres interminables. Il faudra alors se faire une raison : la trame se tissera autour d’un cercle d’adolescents vaquant à de vaines occupations, porte (grande) ouverte à une première partie mollassonne, sans souffle ni réelle vision.

Erratique à défaut d’être lancinante, la tension naviguera ensuite crescendo, auréolée de plusieurs attributs iconiques mémorables – le fantôme à lunettes, le placard, le tortionnaire névropathe tapi dans l’ombre… Pendant que John Carpenter fabrique des ruptures figuratives à un rythme industriel, Haddonfield expérimente les processions de sacs mortuaires, les cris étouffés et les cliquetis de saignoirs. Une représentation de l’horreur larvée, mise à mal par quelques béances tenaces : la reproduction continuelle de plans presque identiques (vues sur le trottoir faisant front, habitations filmées en plan serré) ; l’invocation de personnages superficiels, voire homéopathiques (les adolescent(e)s, le psychiatre, le policier) ; une citadelle involontaire de l’absurde (réactions surfaites ou incohérentes). Des vices de conception irritants, péniblement irrigués par une mise en scène inégale, globalement plus fonctionnelle qu’inspirée. L’un dans l’autre, La Nuit des masques semble à l’image de Jamie Lee Curtis, son illustre tête de gondole : ni désagréable, ni remarquable.

 

 

Lire aussi :

« Psychose » : corbillard à deux conducteurs

Pour une poignée de dollars…

Le Plus : "Snake Eyes" / Le Moins : "Fury" (#54)


Moyenne des avis sur cet article :  5/5   (3 votes)




Réagissez à l'article

3 réactions à cet article    


  • luxwalker 2 janvier 2015 10:33

    BONJOUR Jonathan


    Un peu GORE ce « movie »

    DUR de faire mieux que L’EXORCISTE

     smiley


    • Laconique Laconique 2 janvier 2015 13:24

      La Nuit des masques est un classique de l’horreur, je vous trouve un peu dur ! Le remake de Rob Zombie est pas mal aussi.


      • legrind legrind 2 janvier 2015 21:38
        @ L’un dans l’autre, La Nuit des masques semble à l’image de Jamie Lee Curtis, son illustre tête de gondole : ni désagréable, ni remarquable.
        Je ne comprends pas votre conclusion, John Carpenter (alias Dieu) va faire mieux après , quoique ça se discute mais disons que c’est le 1er d’une série de chef-d’oeuvres, un Carpenter moyen écrasant 99 % de la production cinématographique de toutes façons.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON








Les thématiques de l'article


Palmarès



Partenaires