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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Hippocrate », le film qui nous montre l’état de l’hôpital (...)

« Hippocrate », le film qui nous montre l’état de l’hôpital public

 

L’histoire :

Benjamin a l’intention de devenir un grand médecin mais son premier stage en tant qu’interne dans le service de son père ne se passe pas comme prévu. Très vite le jeune homme doit se confronter à ses limites et ses angoisses. Il découvre les responsabilités, les prises de décisions difficiles et doit composer avec les autres médecins, les patients et la famille de ces derniers….

Il faut savoir que le réalisateur Thomas Lilti sait de quoi il parle, puisqu’avant de passer derrière la caméra il était médecin. Passionné du 7ème art depuis toujours, il se lance dans des études de médecine, pensant qu’il lui sera difficile de faire carrière dans le cinéma. 

Il n’est donc pas surprenant de voir l’hôpital public décrit dans ce film avec justesse et précision. On nous montre la réalité du monde hospitalier, les problèmes auxquels doivent faire face ceux qui y vivent, qu’ils soient médecins, infirmiers, aides-soignants ou patients.

Dit comme cela, on pourrait croire que ce film est plus proche du documentaire que de de l’oeuvre de fiction, mais il s’agit aussi d’un film drôle, émouvant et intelligent. 

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 L’ambiance du milieu hospitalier est bien restituée avec l’interne un peu livré à lui-même, les infirmiers qui craquent, le manque de moyens avec les machines défectueuses, les réductions de personnel, le stress des erreurs médicales, les rapports parfois tendus entre collègues….

On nous montre aussi les moments de décompressions avec les fêtes arrosées, une scène de bizutage au réfectoire,les caricatures obscènes des médecins en chef sur les murs.

Le film traite aussi de la fin de vie et du rôle ingrat des médecins étrangers.

Thomas Lilti tenait absolument à leur rendre hommage : "Comme leur diplôme n’est pas reconnu en France, les médecins étrangers ne peuvent pas exercer leur profession. Parce qu’il y a une pénurie de médecins, les hôpitaux font quand même appel à eux sans leur donner un vrai poste. Il y a une hypocrisie dans ce système." Il poursuit : "Les médecins étrangers ont été les premiers à m’enseigner leur savoir. Ils ont entre 35 et 45 ans et de la bouteille ! Eux sont là la nuit quand on est dans la galère."

Le personnage d’Abdel est inspiré d’un de ces médecins. 

                     images       

Les acteurs de ce film sont tous hallucinants de justesse et de vérité., ils parviennent à reproduire à merveille les gestes de l’exercice médical.

Mention spéciale aux deux acteurs principaux, Vincent Lacoste et Reda Kateb. Bien que leurs rôles soient totalement différents on ne peut qu’avoir de l’empathie pour ces deux personnages.


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5 réactions à cet article    


  • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 9 septembre 2014 10:28

    « 

    « Hippocrate », le film qui nous montre l’état de l’hôpital public

    Eh ben Fatizo, je vous envie. Vous ne donnez pas l’impression de souvent fréquenter l’Hôpital pour nous en remettre à cette mise en image pour »nous le montrer". Remarquez, le Théatre, c’est la rue, disait un grand metteur en scène.
    Encore un service public qui a bien besoin d’une remise en question de ses rythmes, lol... On adore ça dans ce pays, les remises à plat.

    Bonne journée


    • César Castique César Castique 9 septembre 2014 10:32

      « Le personnage d’Abdel est inspiré d’un de ces médecins. »


      Ah ben tiens, on se disait aussi que les quotas de la discrimination positive seraient laudativement respectés. 

      Le spectateur a-t-il aussi droit à la dévastation de la salle d’attente par les familiers impatients d’un patient « superficiel » aux origines extra-européennes ? 

      • Sharpshooter - Snoopy86 sharpshooter 9 septembre 2014 11:18

        Il semble que ce film soit bon, mais il est bien dommage que Fatizo, fidèle à lui-même, nous ressorte, s’agissant de l’hôpital, toutes les idées reçues du bobosocialisme agonisant.

        Alors, « un peu de debunking » :

        « les infirmiers qui craquent, le manque de moyens avec les machines défectueuses, les réductions de personnel, le stress des erreurs médicales.... »

        Les effectifs de la fonction publique hospitalière ont augmenté de 20% de 2000 à 2010, de 2,8% en 2011 (derniers chiffres INSEE, DARES DREES ). Les problèmes éventuels de pénurie et d’organisation sont exclusivement venus de l’application des 35 heures de la grosse Martine de Lille.

        « Comme leur diplôme n’est pas reconnu en France, les médecins étrangers ne peuvent pas exercer leur profession »

        FAUX : Ils ont toujours la possibilité de demander l’équivalence de leur diplôme en passant devant les commissions organisées à cet effet . La réalité est que très peu le font et que les membres de ces commissions sont très souvent effrayés par la médiocrité de leurs connaissances. A défaut ils ne peuvent exercer que sous surveillance d’un médecin titulaire du diplôme.

        Notons aussi qu’ils ont souvent suivi leur cursus en France comme auditeurs étrangers mais sans passer les examens auxquels ont été soumis leurs collègues français.

        On peut aussi se demander pourquoi, s’ils sont ici malheureux et exploités, ils ne retournent pas exercer leur art dans leurs pays d’origine où ils seraient probablement encore plus utiles qu’ici.

        Si nous faisons appel à leurs services, c’est que nous payons aujourd’hui et pour quelques années encore l’inconséquence d’une administration qui avait fortement réduit le numérus clausus dans les études de médecine.


        • Yohan Yohan 9 septembre 2014 22:48

          Toujours est-il que l’hôpital ne pourrait pas fonctionner sans les internes. Le système n’est pas si mal fait, puisque les études sont quasi gratuites. Je ne veux pas cracher dans la soupe mais vu les études et le boulot qu’il faut sortir, je pense que les internes ont droit à leur vie et au repos. C’est un peu facile de profiter de ces petits jeunes qui se défoncent parce qu’ils croient à ce qu’ils font. Moins de cynisme de la part de nos élus qui eux savent se servir ne ferait pas de mal. Moins d’heures et un peu plus de cash pour les internes, je réclame. 


          • Rafik 12 septembre 2014 02:47

            « Comme leur diplôme n’est pas reconnu en France, les médecins étrangers ne peuvent pas exercer leur profession. Parce qu’il y a une pénurie de médecins, les hôpitaux font quand même appel à eux sans leur donner un vrai poste. Il y a une hypocrisie dans ce système ».

            Non, il n’y a pas d’hypocrisie ; tout est transparent.

            Je suis médecin de nationalité étrangère, mais « à diplôme français » puisque j’ai effectué l’intégralité de mes études de médecine en France (Concours éliminatoire de première année - Externat - Concours de l’Internat - Interne des Hôpitaux), en d’autres termes, le cursus « sélectif » français. Je confirme que le niveau académique français est très élevé comparé à celui des autres pays. C’est pourquoi le diplôme français de Docteur en médecine est considéré comme très prestigieux.

            Pour être médecin en France, le cursus académique classique (à savoir le triptyque Concours de première année - Concours de sixième année - Internat de spécialisation) est le seul valable. Seul ce cursus sélectif permet d’accéder au statut « conventionnel », nécessaire pour intégrer la hiérarchie hospitalière ou universitaire. Les médecins « à diplôme étranger » (UE ou hors UE) bénéficient d’un statut « dérogatoire » (une autorisation d’exercice ou une « équivalence »). En revanche, un médecin étranger qui choisit d’accomplir le cursus universitaire français sélectif (avec un risque d’échec) aura le même statut « conventionnel » que les étudiants français.

            En réalité, l’hôpital public et les cliniques privées font de la sous-enchère sociale et salariale en utilisant des médecins « à diplôme étranger » UE et hors UE. Pourtant, il ne faut pas sombrer dans une vision victimaire. En effet, le contrat est clair dès le départ : les médecins « à diplôme étranger », « faisant fonction d’interne », viennent pour acquérir l’étiquette française qui sera valorisante lorsqu’ils retourneront exercer dans leurs pays d’origine, sinon ils ne viendraient tout simplement pas en France. La titularisation n’est aucunement prévue, et ils le savent. S’ils restent alors que leur formation en France est achevée, c’est que leur salaire demeure plus élevé qu’au pays d’origine pour le même statut, ce qui contribue au « dumping social ».

            Il ne faut pas oublier que les étudiants effectuant leurs études de médecine en France se démènent et se surpassent académiquement (concours éliminatoire de première année puis concours de sixième année) ainsi que professionnellement (eux-aussi enchaînent les gardes de nuit et de week-end dès qu’ils sont nommés « Interne des Hôpitaux »). Il faut rendre hommage à ces « Internes des Hôpitaux » issus de la Faculté de médecine française, et s’abstraire d’une vision manichéenne, victimaire, et fallacieuse de la situation des médecins « à diplôme étranger ». Après tout, leur diplôme est reconnu dans leur pays d’origine qui a grand besoin d’eux.

            Pour information, aux États-Unis, il n’existe pas de statut « dérogatoire » : pour avoir le droit d’exercer là-bas, il faut obligatoirement refaire tout le cursus médical américain, c’est-à-dire réussir les examens et le concours que passent les étudiants américains ; l’évaluation académique est ainsi la même pour tous.

            Un article publié récemment sur Agoravox explique bien cela : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/sabordage-sournois-du-service-153012

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