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Hommage du Festival de Cannes 2008 à Manuel de Oliveira : Clint, Sean, Michel et les autres

Hier le 61e Festival de Cannes rendait un vibrant hommage à un jeune centenaire du cinéma : Manuel de Oliveira.

A Cannes, comme ou plus qu’ailleurs, c’est bien souvent quand vous vous y attendez le moins que l’émotion vous saisit, vous fait prendre conscience à quel point ce festival symbolise le septième art, son histoire, l’Histoire, et toutes les émotions qu’il peut incarner ou susciter. Le festivalier est sujet à une multitude de sollicitations étourdissantes, ne réalisant pas toujours la chance qu’il a, un peu hypnotisé, il lui arrive de refuser ce qu’en temps normal il accepterait sans la moindre hésitation.


C’est bien ce qui a failli m’arriver hier après la projection du Silence de Lorna des frères Dardenne, c’est justement de silence dont j’avais besoin tant le film des Dardenne était intense de violence, de vie, de désespoir contenus prêts d’un instant à l’autre à exploser, tant la tension et l’attention étaient soutenues, tant les souffrances de ces êtres fragiles et forts blessés par la vie se heurtent, se rencontrent, s’aimantent et nous embarquent. (J’y reviendrai).
150286232.JPGJ’ai donc failli préférer le silence à Manuel de Oliveira et à l’hommage rendu au cinéaste en question quelques minutes après. Et puis la crainte de regretter l’a emporté… Encore un peu étourdie par le film que je venais de voir et dont le silence résonnait encore en moi, je me suis donc retrouvée devant une rangée sur les fauteuils desquels figuraient les noms de nombreuses personnalités venus assister à l’hommage à Manuel de Oliveira : de nombreuses personnalités étaient en effet présentes dont Clint Eastwood, mais aussi l’intégralité du jury des longs métrages et bien sûr son président, Sean Penn, ou encore le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et la Ministre française de la Culture et de la Communication, Christine Albanel, autant applaudie qu’huée. Rien à voir avec l’accueil réservé à Clint Eastwood pour lequel toute la salle du Grand Théâtre Lumière s’est levée (je verrai son dernier film L’Echange en compétition officielle, demain, on murmure déjà qu’il pourrait bien figurer au palmarès tant il a emballé les festivaliers à sa première projection ce matin).
C’est Michel Piccoli que Manuel de Oliveira avait filmé dans Je rentre à la maison, en compétition à Cannes en 2001 qui lui a remis une palme d’or pour l’ensemble de sa carrière avant que soit projeté Douro Faina Fluvial, la première œuvre de Manuel de Oliveira, un documentaire de 1931.
Gilles Jacob a qualifié l’œuvre de De Oliveira d’« ouverte sur le monde, le temps, les hommes », en précisant qu’il « construit chaque film contre le précédent », qu’il cultive « le principe d’incertitude », qu’il représente « le diapason des amoureux du cinéma d’auteur ». Il a aussi parlé, avec humour, tendresse, et admiration, de la « Oliveira’s touch ».
Manuel de Oliveira, dont on peine à croire qu’il est centenaire tant il fait preuve d’humour et de vitalité, a évoqué ces « 78 ans consacrés à cette passion qui nous unit ». Il a salué la mémoire d’Henri Langlois, le fondateur de la Cinémathèque, en rappelant le rôle fondamental des cinémathèques dans la vie des films. Il a ajouté « C’est le cinéma qui m’a fait grandir » en terminant par un « Vive le cinéma » à l’enthousiasme et l’optimisme significatifs. Une magnifique leçon de vie sur le pouvoir de la passion qui semble demeurer intact chez ce centenaire au regard brillant d’enfant fasciné, malicieux, déterminé.
Moi pour qui ce 19 mai était aussi une journée un peu singulière (certes avec un certain nombre de décennies en moins !), cet hommage a pris une résonance toute particulière, et surtout les paroles de Manuel de Oliveira, un écho à cette passion dévorante qui m’anime et qui nous unissaient en effet tous dans cette salle prestigieuse, une passion qui ne fait pas vieillir, mais grandir, une passion qui a le plus beau des pouvoirs : suspendre le vol du temps et donner à un centenaire un regard d’enfant merveilleusement émerveillé. Le regard de la passion, dévorante, qui révèle et sublime l’existence, et en atténue les tourments, parfois, autant qu’elle les cristallise.
Oui, vive le cinéma !
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Photo ci-dessus, Sandra.M pour "In the mood for Cannes" : Clint Eastwood à l’hommage de Manuel de Oliveira.
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Photo Sandra.M pour "In the mood for Cannes" : Clint Eastwood à l’hommage de Manuel de Oliveira.
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Photos ci-dessus et ci-dessous Sandra.M pour "In the mood for Cannes : Thierry Frémaux, Gilles Jacob et Michel Piccoli remettent la palme d’or à Manuel de Oliveira.
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Photo ci-dessus prise par Sandra.M pour "In the mood for Cannes".
 

Cette note est extraite du blog en direct du 61e Festival de Cannes "In the mood for Cannes" : http://inthemoodforcannes.hautetfort.com

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