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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Industrialisation de l’art ?

Industrialisation de l’art ?

L’homme en ce début du 21ième siècle vit sous l’égide du capitalisme, du libéralisme, du néo-libéralisme et nous pouvons même considérer qu’à l’heure actuelle l’ultra-libéralisme est en train de se substituer avec violence et douleur aux systèmes économiques et politiques jadis existant.

D’aucuns constatent que le monde, depuis le début du 20ième siècle, est entré dans l’ère du Tout-Profit mondialisé, dont les pendants sont bien évidemment le productivisme et le consumérisme. Le système dans lequel nous vivons n’est pas fondé sur la quête du bien être collectif et universel, il n’est également pas fondé sur le désir insatiable de tendre vers la liberté et l’égalité, bien au contraire les fondements de cette civilisation réside dans la division, la concurrence et l’affrontement de l’homme par l’homme.

Sous l’égide de la loi du marché capitaliste, seul les ardents et fervents thuriféraires du système globalisé peuvent arriver à assouvir, partiellement, leurs désirs existentiels, quant aux individus qui se qui se positionnent contre l’inexorable et inéluctable marche en avant du système mondialisé, ils ne récolent que haine et mépris.

Il est vrai que dans la société actuelle, l’archétype même de la réussite sociale repose sur l’accomplissement triomphal de l’intégration, par un tiers, dans le système, tout échec d’une réalisation d’une symbiose entre l’individu et le système étant considérant, par les tenants de la société, comme un échec dû à l’incapacité de l’individu en question d’assimiler le dogmatisme sociétal avec excellence et abnégation.

C’est ainsi que dans notre monde nous avons érigé l’entrepreneur, le possédant comme l’avatar même de la réussite sociale, tandis qu’on conditionne nos esprits à vitupérer et à vilipender avec ferveur les hommes et les femmes issus du prolétariat et a fortiori le chômeur, chômeur étant, selon la morale et l’éthique, contemporaine l’archétype même de l’arriéré, du primitif, individu étant parfaitement inapte à ingurgiter avec inconscience la doctrine politique et économique.

Dans cet article se proposant d’entamer une réflexion sur l’art, il peut paraître parfaitement trivial et inutile d’avoir effectuer les constations ici présentes....l’Homme doit comprendre que le destin de l’art est en étroite corrélation avec celui de la société dans la mesure où nous assistons, depuis quelques décennies, à l’instauration d’un mimétisme entre la gestion d’une entreprise capitaliste et celle d’un musée ou d’une galerie.

En ce monde il n’y point de salut pour celui ou celle qui adopte une gestion d’une entreprise non conforme aux dogmes de l’État-Mondial ( on peut comprendre qu’en cette période où la globalisation a atteint le paroxysme de son mouvement que l’évocation d’un hypothétique État-Nation peut sembler utopiste ).

L’art est devenu un marché très spéculatif où les requins de la finance internationale nagent dans le bonheur absolu, bonheur consistant dans l’assimilation par ces individus d’une oeuvre d’art à un placement financier. Un certain Rothschild en son temps considérant que « quand le sang coule dans la rue, il faut investir dans la pierre. », certes l’idéologie de cet individu, pour le moins célèbre, demeure aujourd’hui d’actualité, cependant les acteurs du système capitaliste on découvert au fil des ans un marché de substitution à celui de la pierre, ce marché vous l’aurez compris est celui de l’art.

Les artistes ont perdus leurs indépendance qu’il affichait, pour la plupart, jadis ostensiblement, l’artiste n’est plus maître de son destin et a fortiori de sa vie. Les artistes sont des marionnettes accrochées aux dix doigts des requins de la finance entrés par la grande porte dans le marché de l’art. Dans nos temps de mathématisation absolue de notre monde, nous pouvons constater que les artistes s’apparent, et sans dogmatisme de notre part nous pouvons également considérer qu’ils s’assimilent, à des sortes de titres boursiers.

Nous ne jugeons plus l’artiste en fonction du message qu’il essaye tant bien que mal de passer, nous ne portons plus un regard critique et polémique sur le style artistique de l’individu en question, bien au contraire la société érige en héros de l’art celle ou ceux, qui parmi peintres, les graphistes, réalisent les plus fortes ventes aux enchères chez Sotheby’s ou chez Drouot. Il semble bel et bien que dans notre monde dit moderne, le seul et unique juge apte à apposer un regard objectif, lucide et raisonnable sur la production artistique soit le marché économique.

Selon les théoriciens du capitalisme, l’essence même de ce système repose sur la liberté, liberté tant économique que politique. Ainsi, un certain économiste américain, jadis prix nobel, considérait que la liberté économique est garante de la liberté politique. Face aux dérives de la dite liberté économique nous pouvons indubitablement renversée cette formule afin d’écrire que la liberté économique conduit à l’extinction de toute liberté politique. Le marché régnant ici bas en souverain absolu, il n’y a guère de place pour l’émancipation politique, le terme de politique devant bien évidemment être compris au sens large du terme et non au sens étroit.

C’est bel et bien l’économie, qui à l’heure actuelle, sur le marché artistique dicte la marche à suivre, marche devant conduire à la maximalisation des profits au détriment de l’émancipation culturelle et artistique.

Le système étant, dans ce domaine pour le moins pervers et sans scrupule, il n’a de cesse d’établir son fond de commerce sur des artistes ayant depuis des décennies quittaient ce monde....à travers cette démarche les tenants du marché de l’art multiplient les dérives mafieuses, frauduleuses dépourvues de toute morale dans l’optique de faire de ces feu artistes, ayant pour la plupart connu une fin de vie dans la douleur et les larmes, des étoiles filantes pour le monde contemporain. Certes l’artiste subissant cette pseudo-consécration post-mortem parviendra à entrer dans les mémoires collectives, mais à quelle prix.....

Est-cela le prix à payer pour réussir dans ce monde de mafieux en col blanc ?


L’instrumentalisation est inhérente au monde l’art, la dialectique de ce monde étant alimentée par le dessein de créer perpétuellement et inexorablement des étoiles filantes, étoiles filantes qui ne brillent, hélas pour elles, que durant un laps de temps très court dans ce monde, avant de sombrer dans l’obscurité infinie et absolue.

Le marchand d’art, tel qui se présente au 20ième et au 21ième siècle, s’il souhaite se maintenir parmi les hauts dignitaires de la cour artistique doit être en mesure d’instrumentaliser les dites étoiles afin de parvenir, même après leurs extinctions à réaliser des profits colossaux et incommensurables sur leurs personnes.

Un certain peintre New-Yorkais du nom de Jean Michel Basquiat est l’archétype même de cet engrenage financier qui anime le marché de l’art. Il est vrai qu’un peintre, connu de surcroît est plus facile à manipuler après sa mort que de son vivant.

Ces constatations, ici présentes, peuvent sembler pour le moins pessimiste mais hélas elles ne montrent du doigt qu’une partie infime de l’iceberg qu’il convient de déconstruire afin d’enrayer cette spirale de marchandisation de l’art.

« La passion de la destruction est une passion créatrice » Tels sont les mots de Bakounine qui illustre notre dessein à travers cette article. Nous ne vilipendons pas le marché artistique dans l’unique but de le détruire, bien au contraire, nous souhaitons dénoncer ses contradictions internes afin d’en venir à bout.

Karl Marx que nous pouvons considérer comme étant un hégélien de gauche, pour démontrer le caractère injuste, est le mot est faible, du capitalisme étudia ses contradictions inhérentes. Le processus dialectique étant un processus s’accomplissant par contradiction et résolution de ces contradictions.
Il convient donc afin de lutter contre la dérive mercantiliste de l’art de dénoncer avec ferveur les contradictions pour le moins aberrantes qui gangrènent l’art et son corollaire le marché de l’art......

Quoiqu’il en soit notre société productiviste et consumériste semble s’accommoder de la fuite en avant vers le Tout-Profit qui anime musées, galeries.

Le peuple à l’heure actuelle n’est pas entré dans une phase de conscientisation, de prise de conscience de la spoliation par un tiers de la production artistique. Il est vrai qu’à l’instar du médiatique, le mouvement artistique paraît être animé par le tropisme de conservation du système établi, dans l’optique de ne pas lutter contre l’emprise de la « Société du Spectacle » telle qu’elle fut défini par Guy Debord dans son livre éponyme, sur le peuple.

Au peuple de prendre conscience de la faillite actuelle de la production artistique et du marché de l’art.

Au peuple de prendre conscience que ceux qui ont ébranlé la planète durant la crise actuelle sont les mêmes qui annihilent le monde artistique.

Merci de votre lecture

Liccia Dominique


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5 réactions à cet article    


  • jako jako 29 mars 2011 10:57

    « Merci de votre lecture »
    Un grand merci de votre écriture
    C’est aussi très bien analysé dans la crise de la culture de Annah , déja il y a presque 50 ans...


    • Ariane Walter Ariane Walter 29 mars 2011 16:40

      Entièrement d’accord avec votre article qui traite un sujet de grande importance, l’Art, dans ce qu’il a d’about,i étant une des valeurs essentielles de nos vies.

      Mais il faut croire que « les pompiers » sont toujours les maîtres de l’art contemporain.
      Au 19 ème, tous ceux qui sont de grands peintres ont eu du mal à naître.
      Et je suppose que ce doit être la même chose aujourd’hui où le copinage et l’intérêt politique permettent de placer des médiocres.
      Et l’air prétentieux de ceux qui défendent cet art !


      • velosolex velosolex 31 mars 2011 00:42

        Tout à fait d’accord ! Les médiocres peuvent revendiquer ainsi une place à laquelle ils auraient eu bien du mal à prétendre à une autre époque. L’art n’était pas fait pour eux. Il fallait tout de même du talent. On leur donnait une charge militaire, un bel uniforme où ils pouvaient pareillement plastronner. On peut pistonner quelqu’un mais tout de même pas lui tenir son pinceau.
        L’art contemporain est vraiment une aubaine pour les imbéciles. Que l’on se place coté acteur, ou coté public. Un air avantageux pris devant un truc sidérant de bêtise et de prétention vous classe socialement parmi les gens de bon gout.


      • velosolex velosolex 31 mars 2011 00:32

        Le bon gout est devenu le privilège d’une élite capricieuse, dont les courtisans n’osent pas critiquer les caprices. Mais c’est aussi une bonne affaire commerciale.

        Depuis l’affaire de l’impressionniste, et du salon des refusés dont la côte allait exploser, et ridiculiser les collectionneurs et les riches hommes d’affaires, ceux-ci ont pris l’affaire en main. Avec l’art contemporain, ou supposé tel ( incroyable de revendiquer la modernité par l’appellation, reléguant ainsi les autres dans le passé !) les financiers ont réussi à faire une OPA sur la création artistique. Auparavant, c’était les critiques, les mécènes, et dans une moindre part le public, qui assuraient la promotion d’une œuvre et d’un artiste.
        Une partie du pouvoir leur échappait ainsi...Maintenant, ce sont eux qui décident et promotionnent, maitrisant ainsi toute la filière.
        Ils achètent la production d’un artiste, font monter ainsi la côte avec la complicité de leurs hommes de mains, et empochent à la revente la plus valu.
        La qualité bien sûr n’a rien à voir la-dedans.
        Encore moi l’émotion, si ce n’est la colère que l’on ressent dans la plupart de ces expositions.

        L’intérêt c’est qu’on peut promotionner n’importe qui, n’importe quoi : Un créateur de « bleus profonds », un artificier peignant des extincteurs, un autre projetant ses couleurs au pif...
        Bien sûr, il faudra faire gaffe aux femmes de ménage qui risquent de foutre à la poubelle un de ces trucs, croyant avoir affaire à un déchet quelconque ( Ca c’est vraiment passé, à Beaubourg je crois).
        Bien sûr, on peut toujours se moquer de la femme de ménage, qui a du bon sens, mais aucune culture. C’est vrai elle n’a pas intégré les codes de la distinction sociale. Un minimum lui aurait fait retenir son geste. On a du se moquer d’elle, la pauvre, d’avoir fait ce que tant de visiteurs n’ont jamais osé faire, après l’avoir rêvé.
        Elle n’a fait que la même chose que dans ce conte, où un roi vaniteux se faisant berné par un tailleur, se promène nu, croyant porter un habit magnifique que seuls les imbéciles ne peuvent voir. Tout le monde s’extasie, forcément, jusqu’au moment où un petit garçon proclame que le roi est nu !
        Et tout s’écroule !


        • ourston 3 avril 2011 11:54

          L’art content pour rien fabrique ses stars pour faire rêver le gogo et conforter le pouvoir d’une élite autoproclamée.

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