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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Ivanov, d’Anton Tchekhov, au Théâtre Silvia Monfort

Ivanov, d’Anton Tchekhov, au Théâtre Silvia Monfort

La mise en scène de Franck Berthier est passionnante car elle éclaire les ressentiments en contraste avec les sentiments originels, de manière instinctive en laissant les personnages de Tchekhov s’empêtrer dans leurs comportements contradictoires :

En effet, il n’y pas qu’Ivanov qui traîne sa mélancolie à longueur d’irrésolution, puisque chacun autour de lui s’applique allègrement à n’être pas conséquent avec soi-même.

Dépression dans le désamour, dévalorisation de soi, endettement désabusé, chaque compartiment de la survie semble être gangrené par la spirale du désespoir sans que les attitudes de diversion allant jusqu’aux preuves d’amour ne puissent avoir une quelconque prise sur l’impossibilité à imaginer la remise en question de l’élan vital se sabordant en temps réel.

Au Théâtre Silvia Monfort, selon une scénographie de Danièle Rozier, le plateau est investi dans la totalité de sa largeur afin de construire une perspective modulable entre intériorité et extériorité qui puisse maintenir la concomitance spatiale de ces deux imaginaires.

Sous les pas crisse un gravier grisâtre qui fait lien en assurant le passage acoustique entre ces deux états émotionnels.

Anna (Laurence Kevorkian-Berthier), Sacha et Ivanov forment un trio conjugal infernal ; rien ne pourra satisfaire le manque absolu que chacun éprouve dans sa sphère autistique. L’excès ou l’insuffisance s’y retrouvent à parité de valeur, la maladie ou la santé s’équivalent selon le schéma d’un anéantissement programmé.

Les noces pourront ainsi servir d’enterrement à tous les projets qui auraient pu tenir tête hors d’eau à qui aurait décidé de rompre avec l’échec chronique, non pas d’un homme mais d’une société tout entière symbolisée par treize comédiens.

A ce jeu, Elsa Rozenknop montre une jeune assurance d’actrice remarquable à l’aune d’expériences artistiques établies comme celle de Jean-Philippe Ecoffey, permettant une scène d’anthologie en duo où Sacha tentera de prouver en vain à Ivanov que la volonté exercée à son corps et esprit défendants pourrait être le miracle ultime de l’Amour.

En toile de fond les subtilités pertinentes de la régie son (Eric Dutrievoz), suscitant un contexte sonore néo-réaliste, confortent une discrète jubilation à cette remarquable coproduction (La Faëincerie/Bonlieu/Ankinéa).

Photo Ldd presse

IVANOV - *** Theothea.com - d’Anton Tchekhov - mise en scène : Franck Berthier - avec Jean-Philippe Ecoffey, Elsa Rozenknop... - Théâtre Silvia Monfort -


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