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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « J’ai oublié de vous dire... » de et par Jean-Claude (...)

« J’ai oublié de vous dire... » de et par Jean-Claude Brialy

Jean-Claude Brialy effectue la promotion de « J’ai oublié de vous dire... » en précisant que chaque soir son spectacle est différent tant dans son contenu qu’en durée, puisque l’illustre comédien se laisserait porter par les états d’âme du public.

Cette profession de foi pourrait cependant subir des aléas, car elle présuppose que s’il y a des représentations d’excellence, d’autres seraient nécessairement moins bonnes.

Sans doute est-ce l’une de cette deuxième catégorie que nous avons pu apprécier l’autre soir, où, d’emblée, la présence discrète d’une caméra au centre gauche du premier rang de la corbeille a pu éveiller notre inquiétude.

Disons-le ici, notre estime à l’égard de Jean-Claude Brialy est immense, en considération d’une carrière théâtrale et cinématographique hors pair, pour ce témoin talentueux d’une époque marquée par "la nouvelle vague".

Sans doute, par ailleurs, notre attente nous inclinait-elle à nous imaginer au diapason d’un ton de confidences, dont seuls les spectateurs du mercredi 12 octobre 2005, aux Bouffes Parisiens dont il est le directeur vigilant, auraient été les destinataires privilégiés.

Cependant, en lieu et place de ce qui eût installé cette intimité d’exception, Jean-Claude Brialy se postait une fois pour toutes au centre de la scène, dans le halo d’un éclairage formaté, et braquait son visage vers l’oeil anonyme de cette "satanée caméra" par dessus les rangs de l’orchestre.

Affirmer que son regard serait resté durant deux heures et demie rivé à cet axe en contre-plongée ne relèverait pas d’une objectivité sincère, néanmoins le champ visuel de l’artiste s’y inscrivait sans cesse, comme attiré par une nécessité palpable.

Aussi, comme pour compenser cet indéniable manque à émouvoir, le fabuleux conteur se lançait dans une loghorrée marathon, où l’on entendait s’entrechoquer les souvenirs, dans une mémoire vivante compressée aux limites de la vitesse d’élocution, au point qu’il aurait fallu éviter de rire, par crainte de perdre le fil conducteur.

Quasiment inégalable, il s’agissait bel et bien d’une véritable performance d’acteur, dont la montée en puissance n’allait cesser d’être accélérée par le professionnel aguerri enchaînant les évocations de sa jeunesse, de ses amis les stars, et les bons mots en un feu d’artifice fonctionnant tel une machine infernale.

Entouré d’un piano, d’un fauteuil impérial et d’un projecteur de cinéma, debout, bien calé sur ses deux jambes, la silhouette presque svelte, doué d’une forme physique évidente ne trahissant aucune transpiration, c’est sans boire durant ces cent cinquante minutes de présence ininterrompue sur scène que Jean-Claude Brialy va débiter la synthèse des deux best-sellers qu’il a publiés récemment, sans qu’à aucun moment le comédien n’ait l’heureuse intuition "d’avoir oublié de nous dire" : "Pouce, mes amis !... Faisons une pause... "

Cependant, toute réflexion faite, c’est peut-être pour ce happening invraisemblable que nous n’en l’aimerons que davantage, et, dans ce cas, nous n’aurions qu’à nous féliciter de la présence inopportune de cette maudite caméra qui, ce soir-là, nous a délibérement frustrés d’un peu de chaleur humaine.

J’AI OUBLIE DE VOUS DIRE.... ** de et par Jean-Claude Brialy - Théâtre des Bouffes Parisiens -


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