Jacques Lacan, le Verge Mariole (Viabilités psychanalytiques en perspective 4)
Cet article est rédigé pour les connaisseurs aguerris, sous le patronage de Michel Foucault. Mais peut-être que les bons entendeurs profanes s'y retrouveraient.
Dans son projet, il dit que le lacanisme est morbide, et ne fait pas honneur à la psychanalyse. Donc, concrètement, cet article devrait être sous-titré Morbidités psychanalytiques en perspective 1. Nous laissons Viabilités 4, pour les moteurs de recherche, toutefois ... on a les référencements qu'on peut.
Mais enfin, on aura tiré de Jacques Lacan une belle rentabilisation du witz freudien (merci, Jacques, "frère de Jésus" ... ) et aussi, de toute évidence, ce qui rend la psychanalyse si rebutante. C'est qu'on peut largement comprendre Sophie Robert (une antipsychanalyste conséquente) sans pourtant y souscrire absolument.
Il n'y a pas de honte à ça.

Lacan, à la conférence de Louvain où il se laissa agresser par un révolutionnaire
avant que d'en faire un plat une fois parti, pour perversement se venger
car la vengeance, c'est bien lourd, est un plat qui se mange froid ...
Qui se comporte comme un Rebut en guise de Refoulement, prenant sur soi le péché du monde, masochiste, mérite qu'on le rebute, car il s'est admis pervers, à s'en croire sanctifié pour autant.
A se poser contre on fait toujours avec, voilà pourquoi il y a néo-scolastique contre-aristotélicienne de Lacan (car les lacaniens reprennent Aristote, qui fut repris dans la Féodalité). Cela n'est pas si étonnant, de la part d'un pro-catholique proto-néoconservateur (oui : car Freud est un progressiste victorien antireligieux, et s'en réclamer après comme catholique et conservateur donne ce genre de choses telles que pro-catholique proto-néoconservateur).
Alors c'est épatant, de lire les successeurs de Lacan reprendre son style : l'éthique de la psychanalyse ce sont, dans le projet, "ses tics" sans que cela ne heurte personne. Il y a prétention (sexuelle, donc pseudo-virginale) de dire-vrai. Ce qui, en bon français, se dit verdict.
Jacques Lacan veut juger, édicter, décréter, accuser, sermonner, condamner, en lieu et place du "bon dieu" qui n'est jamais là nulle part, ce qui revient diapositivement à là-quand ... rien, jamais. Il fallait le désirer, et Lacan en joua "innocemment saint, saintement innocent" mais qui fait l'ange fait la bête, ce qui n'est pas facile à garder en tête, surtout en forme éidétique de ruban de Moebius.
Cela dit, c'est bien le principe du dieu, mais ça rend égotiste : on s'y complaît usurpateur.
Pseudo-virginité où Jacques vire gyne ... à mettre des coups de bite/trique comme une matrone sadienne : car la vierge est diapositivement la battue.
Or, il est vrai qu'il est très difficile de ne pas se laisser happer par une telle pulsion de mort, dans le dire. Parce que la névrose phallique lacanienne (c'est cela) se présente comme une volonté positivement perverse masochique, de s'en prendre. Par le fondement verbal, divin fondement, antéformel (Medhi Belhaj Kacem, évoqué là).
Il y a ressentiment fondamental, du moment qu'on a tout fluidisé dans le désêtre - crument ça chie. C'est-à-dire que le contre-transfert est devenu un sur-transfert, un sur-faire, une sur-affaire, arrogante (à s'arroger).
C'est le problème crucial de Françoise Dolto, mais aussi de Maud Manonni, Jacques-Alain Miller (désigné successeur par Lacan lui-même) ou Philippe Sollers, aussi : nous avons envie de nous exclamer "diable, qu'ils sont Français !" par trop fils & filles aîné(e)s de l'Eglise, arrogants.
Avec eux, la psychanalyse devient pieuse > pieux > pâle > bâton > trique > verge, c'est-à-dire police de la libido. L'écriture lacanienne est là pour la confirmer.
C'est du vandalisme classieux, en fait, depuis la néo-scolastique. Le saccage des fils & filles à papa de la haute ...
Bien sûr, comme tout : "ne jamais jeter le bébé avec l'eau du bain" sauf - peut-être - quand c'est Jésus. Car il veut souffrir, pour se punir de ne pas oublier le père (reste que J'ai su, ça ne marche qu'en français ... ).
Cela ne fait pas évidemment sens, où il attend du père qu'il frappe, en provoquant son père, à ne jamais s'en admettre dupe, et préférer errer comme un moine mendiant.
C'est néanmoins une vie, morbide.
Je dis vandalisme classieux, mais qu'on vienne me reprendre sur les Vandales et la lutte des classes, et l'on s'en prendrait. On vient de s'en prendre.
L'érudition et la culture - "avec un grand Q", ironise Franck Lepage - jouent ici les contors. C'est ardu, parce que c'est pulsé-de-mort : une notion que Lacan lie à la volonté de détruire la mère et/ou la nature, masochiquement, ce qui n'est pas surprenant de la part d'un Verge Mariole contre sa Vierge Marie : il y a misogynie fondamentale, pour se défendre paranoïdement (mauvais sein kleinien) de l'homosexualité.
Ce qui, de la part d'un pro-catholique proto-néoconservateur, ne surprend pas plus, même s'il se situe sans homophobie dans son projet.
La régression est totale, rapport à feu frère Freud, et les déclarations absolutistes fusent.
Pauvre frère Jacques, car c'est bien une détresse devant le moine Marc François Lacan, que Jacques Lacan voudrait détresser et détrousser, sans plus savoir qui de l'un ou de l'autre est homme ni femme (ça pose question).
C'est là qu'intervient le heideggerisme lacanien. Le désêtre lacanien est diapositivement un néo-être contre-heideggerien, de même qu'il y avait néo-scolastique contre-astotélicienne.
Hélas, Heidegger s'édifie lui-même en néo-parménidien contre-nietzschéen (le parallélisme dans la démarche ne surprend donc pas). Heidegger nous invente l'Anhomme (≠ Surhomme nietzschéen) c'est-à-dire l'anomique.
Dans l'être-là/existant (le Dasein) il y a littéralement facticité post-nietzschéenne pseudo-sans métaphysique - mais la métaphysique est ici nihiliste, à abîmer la raison-même (ce que n'a pas fait Nietzsche) d'où qu'il fallait ne pas comprendre Nietzsche pour s'en prendre au nietzschéisme.
Les langues ne sont pas les mêmes, incommensurables.
Aussi le Réel est lacaniennement le raie/ret-elle, sa/son raie/ret à elle, sa béance et son abîme (où folie vient d'absolutiser que la mère est le crocodile qui nous entoure, putativement sauvés par le phallus : cette morbidité est-elle si bien de tous les profils devant la Chose ?).
Mais d'avoir réinventé la poudre réaliste ("réelliste") pour s'arroger absolument le sein maternel, c'est d'un oedipe terriblement résolu, non seulement dans son devancement heideggerien (résolution du souci à être) mais aussi et surtout dans sa vérité que seul un Jean Cocteau, les Enfants terribles, a su dépeindre.
D'aucuns y verront sans surprise l'archétype du trickster jungien, ses tricks et ses triques (mais ce n'était qu'un truc, un truchement, une tricherie verbeuse).
Et ainsi de relier la pulsion de mort à la jouissance, petite mort, etc. mais comparaison n'est pas raison (Montaigne).
Sus à l'absolutisme verbeux !
...
Hélas, il est si facile de retourner le lacanisme contre lui-même, avec toutes les perches que ça nous tend. Je m'entends, même. C'est qu'on peut largement comprendre Sophie Robert, sans pourtant y souscrire absolument. Il n'y a pas de honte à ça.
A ne pas confondre avec celle qui se présente sur une liste RN !
Articles connexes :
* Viabilités psychanalytiques en perspective 1
* Intelligences (Viabilités psychanalytiques en perspective 2)
* Feu Frère Freud (Viabilités psychanalytiques en perspective 3)
* Slavoj Zizek/Jordan Peterson : débat sur le capitalisme
* Alain Badiou et l'amour pas si métaphysique ?
* Non-Soi, malgré Jung
* Michel Foucault, psychanalyste
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