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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Je suis une légende » : un film coupé en d(i)eux !

« Je suis une légende » : un film coupé en d(i)eux !

Je suis une légende ! Mais non, je ne vous parle pas de... moi mais du film américain éponyme avec Will Smith, ex-Prince de Bel Air, jouant un savant de haut niveau et de réputation mondiale (Robert Neville) devenu, suite aux ravages d’un terrifiant virus d’origine humaine, le dernier des hommes sur Terre luttant sans merci contre une horde sauvage d’Infectés, mi-vampires mi-zombies, rôdant dans les ténèbres d’un New York en ruines. Autant le dire tout de suite : pas la peine de crier au loup pour ce film, mais pas la peine non plus de crier au génie, loin de là ! Ok, ce blockbuster américain signé Francis Lawrence, passant de Constantine à Babylone (!), n’est pas trop con. Ce n’est pas un " blockbuster sans cervelle " façon Michael Bay et autres tâcherons hollywoodiens, mais de là à lui dérouler le tapis rouge, mazette, faut peut-être pas déconner non plus !

Pourtant, au départ, on y croyait. Remplacer Los Angeles (ville en question dans le bouquin SF culte (1954) de Richard Matheson - L’Homme qui rétrécit, Les Seins de glace, Duel...) par New York, c’est plutôt bien vu d’autant plus que la Grosse Pomme désertée est plus impressionnante à voir que "la Cité des Anges" sans un chat - y a pas grand monde dans le quartier hyper-huppé "nine stairs" de Beverly Hills par exemple ! On pense aussi bien sûr, face à ce New York atomisé et au déplacement de populations métissées (grosse armada style véhicules militaires, hélicoptères, gardes nationaux, plongeurs, garde-côtes et tout le toutim sur le pont crépusculaire de Brooklyn) au syndrome post-11-Septembre qui hante l’Amérique d’aujourd’hui. D’ailleurs, dans le film, Robert Neville nomme Ground Zero son New York sauvage fait de bitume craquelé et de terrains vagues. En outre, cerise sur le gâteau, last but not least, voir que le dernier survivant sur Terre, et notamment aux States, est un... Black (Will Smith l’incarne), ce n’est pas anodin non plus, surtout à l’heure post-Bush où un homme politique actuel (Barack Obama) est en passe, peut-être, de devenir, face à la "Wasp XXL" Hillary Clinton, le premier président noir des Etats-Unis. Façon Martin Luther King, on peut toujours rêver !

Donc, au départ, ce film nous est plutôt sympathique (en diable) d’autant plus quand un musicien métissé ô combien célèbre (Bob Marley Superstar) fait figure de Messie cool, style United Colors of United $tates, pour guider l’humanité tout entière, fourvoyée dans la science sans conscience (n’est que ruine de l’Ame... rique) et les profondeurs insoupçonnées de la nature humaine. No (wo)man no cry, sun is shining, yo ! Bob, c’est aux yeux du Robert Neville de ce film-reggae man une référence-révérence suprême. Pourquoi pas. Et ainsi, on aurait souhaité un film risqué et intelligent de bout en bout, chassant loin des sentiers battus. Mais toute la fin du film vient foirer la portée métaphysique de cet objet filmé oscillant très bien, au départ, entre blockbuster sidérant (des vues mordorées hallucinantes, éclairées façon Le Lorrain (1600-1682), d’un New York post-apocalyptique et fantomatique attiré par les bouches d’ombre où sont tapies les Créatures nocturnes maouss kostos) et film expérimental - une espèce de huis clos angoissant fait d’un Man in Black classieux (il a quand même chez lui du Van Gogh, du Keith Haring, du Rothko ainsi que des objets d’art nord-africains et asiatiques - la classe !), d’un gros berger allemand au poil, de zombies sous LSD puissance 1 000 et de courses poursuites zarbies au cerf dans Times Square sur fond de Fast and (very) Furious ! On suit.

Le film prend son temps et travaille magnifiquement notre peur (primale) de spectateurs par le hors-champ sonore et visuel, profondément suggestif (cf. Neville blotti avec son chien dans la baignoire et entendant, au loin, les goules hurlantes des zombies lobotomisés). Je suis une légende : ce film-jeu vidéo, comme Land of the Dead, Les Fils de l’homme, La Guerre des mondes ou encore 28 semaines plus tard, pose des questions intelligentes. On a vraiment l’impression que le Robert Neville 2007 s’est maté non-stop, on TV, davantage Tom Hanks robinsonné à souhait dans Seul au monde de Bob Zemeckis que le Géant Vert labellisé Shreck. Chouette ! C’est plus un ballon nommé « Wilson » qui tient compagnie à notre brave Neville, voiture-balai loin d’être neu-neu ramassant boîtes de conserve, sacs de nourriture, CD, DVD, Time Magazine et bacon à gogo, ici c’est un bon gros toutou qui ne manque pas de chien et des mannequins canon, limites chiennes, qui squattent ad libitum un vidéo-club sur mode Silent Hill. On se demande par exemple lorsqu’on voit Will tenir tête à des zombies déchaînés en se barricadant chez lui : où est la normalité ? Qu’est-ce qu’une minorité ? L’homme est-il un loup pour l’homme ? Bob Marley est-il notre Sauveur ? Suis-je moi-même une légende comme Bob Neville, le super soldat super scientifique super balaise sous stéroïdes ? I Will Survive de Gloria Gaynor est-il le meilleur tube disco-philosophique du monde ? L’homme seul peut-il trouver une raison de continuer à exister ? Où trouver l’espoir et l’envie de vivre ? L’envie d’avoir envie à la Johnny ? Quand tu rencontres une jolie fille après trois ans de désert old school de vieux gars, faut-il prendre une douche ou simplement changer tes fringues ? Toutes ces questions-là, et davantage encore, sont pas mal posées dans un film étrangement... posé pour un blockbuster américain à 150 millions de dollars passé, comme on le sait, entre les mains de tâcherons comme Schwarzy, (e)Bay & con-sorts.

Puis, vers les 2/3 du film, ça se gâte : une fille, joliment métissée (de type latino), vient convoquer Dieu et tout le toutim. Quand elle réfléchit dans le labo aux Créatures de l’ombre et à leurs méfaits, elle déclare, très habitée : "Comment Dieu laisse-t-il faire tout ça ?" Et Will Smith de répondre tout de go - "C’est nous qui avons fait tout ça, laisse Dieu en dehors de ça". Dont act. Pourtant, à la fin du film nous laissant quelque peu, hélas, sur notre faim de loup (?), Neville se fait sauter le caisson à Plexiglas à la grenade dans un acte sacrificiel à la Léon - va comprendre ! Il devient alors, dans une lumière divine immaculée, le nouveau Jésus-Christ Superstar des temps modernes interstellaires. Fondu au noir pour du 100 % blanc. Et, je vous le demande, où se réfugie notre dernière survivante et son fiston (famille, je vous aime) à la fin ? Eh bien dans une ville-lotissement américaine, véritable forteresse surveillée par des militaires surarmés en treillis (hé les mecs ! Pas besoin de vos tenues camouflage façon Warhol/Che Guevarra, les zombies de l’ombre ne distinguent pas les couleurs !), et ville sécurisée sous vidéosurveillance tous azimuts où l’on distingue sans mal, comme totems, un clocher d’église plus catholique que cathodique et le drapeau de la bannière étoilée. Alléluia ! La messe est dite ! Black à part, vive le monde sauvé par l’Amérique... blanche comme neige. Amen !

Ouais, dommage que ce film soit littéralement coupé en deux sans être complètement assumé à l’instar d’un Tropical Malady, des Chansons d’amour ou du pop Boulevard de la mort. Autant ses perspectives infinies (ouvrant sur une Amérique fantôme devant se retrouver via un less is more existentiel loin du consumérisme dysneylandisé asphyxiant) sont loin d’être des impasses, autant ses bondieuseries finales nous laissent sans voix tant les voies du Seigneur nous restent impénétrables et nous laissent, in fine, de marbre ! I Am Legend est un film vampirisé par sa morale scout finale - ouais, dommage que ce film n’ait pas été davantage vacciné (!) contre le virus du tout-sécuritaire et contre les béni-oui-oui d’un prêchi-prêcha mystico-lacrymal loin du désenchantement originel de l’oeuvre complexe de Richard Matheson. Il fallait davantage choisir entre le minimalisme zen et le maximalisme kitsch, ou alors faire un film-collage poétique manifeste affichant plus nettement ses grands écarts, ses césures. Mon Capitaine, sans toute cette soupe à la grimace messianique, Je suis une légende aurait pu faire du 4 étoiles. Bon, on peut tout de même décerner 2 étoiles à cet objet filmique qui, sans être une panouille amerloque, ne parviendra certainement pas, pour autant, à devenir une légende du septième art. Well well well, Will, le fucking masterpiece de tes rêves, ce sera pour une autre fois et please, développe un peu plus ton jeu minimal d’ I, Robot, my man, sinon tu vas finir par nous endormir ad vitam aeternam !

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33 réactions à cet article    


  • seigneur_canard seigneur_canard 3 janvier 2008 11:08

    A l’auteur de l’article :

    Pouvez mettre en garde vos lecteurs potentiels que vous dévoilez la fin du film dans vos deux derniers paragraphes ? cela éviterait que celle-ci leur soit « spoiler ». smiley

    Concernant le film :

    J’ai a peu près le même avis que vous sur ses qualités et défauts. La fin est gênante et trahis allègrement le propos et la « morale » du livre originale. Ô combien plus « fine » et intelligente. Je trouve aussi dommage que les vampires originaux tiennent plus ici du zombie lobotomisé sous EPO qu’autre chose. Les vampires du bouquin qui harcèlent Neuville sont plus intelligents, parlent et se « souviennent » de leur ancienne vie. Il y a également une dimension « sexuelle » (évidement) complètement absente ici. En effet, les vampires femelles cherchent à séduire Neuville par des danses (nues) et des propos suggestifs pour le faire sortie de chez lui. L’impact psychologique était plus forte dans le livre du fait que bon nombre de vampire qui harcèlent le héros étaient des proches (famille, voisin...) Là, les zombies forment une masses non identifiable. Un peu dommage... Et je ne parle pas de la fin. Lisez le livre !

    P.S. la version de 1963 avec Vincent Price est disponible sur youtube. Tombée dans le domaine public semble-t-il. Bien qu’elle est pris un méchant coup de vieux, elle est un poil plus fidèle que celle de 2007.


    • tvargentine.com lerma 3 janvier 2008 11:32

      Arrêtez de faire du publi-reportage pour un film vraiment nul qui n’a rien à voir avec le livre ni les précedents films réalisés sur le livre.


      • mat 3 janvier 2008 11:54

        D’autant que le sujet a déjà été traité sur Agoravox.


        • Ceri Ceri 3 janvier 2008 12:00

          on s’en fout de ce film à la c..


          • frankie (---.---.53.16) 3 janvier 2008 12:14

            Indépendamment du sujet traité par l’auteur, son article est vraiment bien écrit : décalé, amusant, et acide, avec une bonne analyse du film, analyse que je partage. smiley


            • saint_sebastien saint_sebastien 3 janvier 2008 12:23

              Le film, surtout le final , trahit complètement l’œuvre originale. Ce n’est pas un mauvais film, mais une escroquerie intellectuelle.


              • seigneur_canard seigneur_canard 3 janvier 2008 13:22

                J’ai lu quelque part que la fin du film aurait été « imposée » par les studios.

                On aura peut être une fin plus proche du bouquin dans les éditions « DVD-director’s cut edition » qui ne manqueront pas de sortir d’ici quelques mois. C’est à la mode ces temps-ci... Tu raques au cinoche et tu raques pour le DVD pour avoir la « bonne fin ». smiley


              • Wlad Wlad 4 janvier 2008 09:57

                « C’est à la mode ces temps-ci ».

                Attention toutefois à l’appellation. Pas mal de films sortent aussi en version longue remontée par le studio et non par le réalisateur. Puisque je l’ai regardé récemment, je citerai en exemple Alien Resurrection : la version cinéma est considérée par Jeunet comme « director’s cut » parce qu’il l’aime beaucoup et ne voulait rien changer. Du coup la version longue a été travaillée par le studio.

                En l’occurence c’est du bon boulot, mais dans le cas d’un film à la fin putassière comme « I am legend », on peut craindre qu’un traitement équivalent laisse le film tout aussi distant du livre.


              • Vincent Delaury Vincent Delaury 3 janvier 2008 12:26

                « ...est vraiment bien écrit : décalé, amusant, et acide, avec une bonne analyse du film, analyse que je partage. » (Frankie)

                Vas-y Frankie !!!


                • anakin (---.---.177.61) 3 janvier 2008 12:37

                  Assez d’accord avec cette analyse très plaisante à lire. Peut-être n’aurait-il pas fallu dévoiler la fin (encore que...) Par contre, je regrette qu’il y ait là aussi des commentaires de piètres utilités !


                  • Pierredantan Pierredantan 3 janvier 2008 12:46

                    Redisons le : ce film est une oeuvre de divertissement !

                    M’enfin ! cessez de vouloir chercher un pseudo message dans chaque image ou de décrypter un obscur credo post-mondialiste américanisant. Ce film, pas terrible il est vrai, est là pour di-ver-tir. Comment ? En restant au premier degré et en suscitant des émotions de 1er degré : joie, tristesse, peur, rage, angoisse, espoir ... Alors lachez nous avec vos exégèses à deux balles ! Y’en a même un dans les réponses ci-dessus, qui pensant aller voir « Salo ou les 120 jours de Sodome » s’est trompé de salle, n’a rien compris et du coup s’est senti mutuellement escroqué. Le pauvre. Tout de même.

                    Qui n’a pas révé de filer en Mustang rouge au moteur de 500cv à fond la caisse dans NY sans avoir les flics des Blues Brothers au train ? Qui n’a pas révé de ne plus voir d’embouteillages dans Manhattan ? Qui n’a pas pensé aux risques pris à force de jouer avec les lois naturelles qui régissent nos vies depuis des millions d’années (sélection génétique, transformation ADN...), Qui n’aurait pas peur dans un souterrain rempli de goules cannibales (pléonasme ?), seul avec son fusil et sa lampe ? etc...

                    Si ce type de plaisir est trop simple pour vous tous, tant pis (pour vous). Moi, j’ai passé un bon moment.


                    • anakin (---.---.177.61) 3 janvier 2008 12:50

                      Manquait plus que ça : les bobos sont partout. Sont exegètes en plus ! Je suis d’accord pour le plaisir et la liste qui va avec mais n’empêche fut de courte durée et que film est fort décevant.


                    • anakin (---.---.177.61) 3 janvier 2008 12:59

                      Correction : Manquait plus que ça : les bobos sont partout. Sont exegètes en plus ! Je suis d’accord pour le plaisir et la liste qui va avec mais n’empêche que celui-ci fut de courte durée et que le film est finalement fort décevant.


                    • Makan 3 janvier 2008 13:35

                      @Pierredantan

                      « Redisons le : ce film est une oeuvre de divertissement ! »

                      Merci pour ce commentaire.

                      Il y a certains qui s’imaginent que les gens vont au cinéma pour y retrouver des similitudes avec d’obscurs bouquins écrits il y a plus de 50 ans que presque personne n’a lus.

                      La plupart des gens y vont pour se distraire tout bêtement, après des journées de travail stressant.

                      Le dire sur Agoravox comme vous l’avez fait vous exposera surement aux sarcasmes.

                      Personnellement, après avoir vu la bande annonce, j’attends avec beaucoup d’impatience l’arrivée de ce film dans les salles de ma ville ici en Afrique.


                    • anakin (---.---.177.61) 3 janvier 2008 13:45

                      J’ai aussi attendu ce film sans avoir le fameux livre obscur (auquel tout la critique fait référence tout de même !). Et le constat est là : il déçoit pas son discours final.


                    • seigneur_canard seigneur_canard 3 janvier 2008 19:33

                      Obscur bouquin ??? « Je suis une légende » est un classique de la littérature de science-fiction et de la littérature tout court. S’il n’était pas aussi connu, je doute que le film ait pu se monter... smiley


                    • Wlad Wlad 4 janvier 2008 10:02

                      « Redisons le : ce film est une oeuvre de divertissement ! M’enfin ! cessez de vouloir chercher un pseudo message dans chaque image ou de décrypter un obscur credo post-mondialiste américanisant. »

                      L’un n’empêche pas l’autre, cher ami. Un film « de divertissement » peut très bien poser quelques questions (et y apporter des réponses plus ou moins nébuleuses).


                    • mat 3 janvier 2008 14:36

                      Bon j’y vais de ma petite critique sur ce film agaçant.

                      Tout d’abord je trouve le chien (qui n’a rien à faire là d’ailleurs car non présent dans le livre) bien plus émouvant que will smith que l’on suit péniblement pendant tout le film. Les seules scènes « palpitantes » sont à la fin qui est carrément baclée.De belles images certes si on oublie les effets spéciaux des zombies complétement ratés.

                      Mais le pire du film reste l’éternel part religieuse, après un ennui certain dans la première partie du film on reçoit le coup fatal qui fait sombrer le film dans une propagande qui n’a rien à faire ici.

                      A savoir (spoiler), will perd son chien à cause des fameux zombies, et donc veut se venger en en écrasant quelques uns avec son SUV, bien sûr il agit en suicidaire et il aurait pu y rester mais c’est à ce moment là qu’on assiste à l’intervention divine d’une autre survivante par le biai d’un halo de lumière, des cheveux d’ange et pour couronner le tout (genre on a pas compris que c’était un ange) la première vision de will dans la voiture de sa sauveuse est la croix qui pend dans la lumière au rétroviseur, bien voyante. Ecoeurant, tout simplement.

                      Par la suite on enfonce bien le clou avec la survivante qui assure à will d’être venue après que dieu lui ait parlé, un will qui n’y croit pas mais qui finit par y croire à la toute fin du film et donne sa vie en sacrifice, que c’est beau (miévreux plutôt).

                      Voilà en fait le personnage principal n’est autre que dieu qui dans sa miséricorde accorde le pardon à l’homme (il est dit par will que c’est l’homme qui à tout foutu en l’air) et envoie une survivante pour redonner espoir à will afin qu’il sauve l’humanité.

                      Un film à oublier vite fait mais qui a tout de même le don de m’énerver.

                      Bien content de ne pas avoir dépensé 10€ pour le voir.


                      • C.Laborde (---.---.17.49) 3 janvier 2008 15:47

                        Pour comprendre pourquoi la fin de ce film est ce qu’elle est, lisez le dernier livre de Susan George « La pensée enchaînée », et vous saurez comment l’industrie des médias US a été mise au service de la révolution néo conservatrice. Alors, tous les symboles présent à la fin de ce film s’expliquent.


                        • mat 3 janvier 2008 16:08

                          Mais ne s’excuse pas. Je suis au courant de toutes ces influences, ça date de Walt Disney.


                        • adeline 3 janvier 2008 18:09

                          Moi je remercie l’auteur pour cet article et les autres car sa façon d’écrire est un régal et je voudrais aussi que l’on considère le travail effectué.

                          Bon sur le film tout le monde fait un peu le rêve bizarre de se retrouver seul dans une immensité donc c’est interessant et fantasmagorique pour la pollution du film avec les idées néocons tous les films américains en sont pourris même les dessins animés et tout cela est suggéré dans l’article lui même donc voilà quoi....


                          • Forest Ent Forest Ent 3 janvier 2008 18:13

                            C’est dommage, mais c’est le deuxième article sur ce film moyen. Une seule conclusion s’impose : lisez le bouquin, qui est excellent. Et allez voir « 28 jours plus tard ».


                            • Illiouchine 4 janvier 2008 03:55

                              Je ne vois pas bien la différence entre « Je suis une légende » et « 28 jours plus tard ». J’ai regardé les deux à quelques jours d’intervalle avec autant de plaisir.

                              Dans les deux cas les mêmes images impressionnantes d’une mégalopole déserte (New York d’un côté, Londres de l’autre) les mêmes zombies survitaminés, les mêmes preux chevaliers défendant leur dulcinée, la même happy end.

                              Bien sûr l’esthétique est différente et on peut préférer la vision européenne mais parfois bricolée de Danny Boyle à la démonstration plus pesante mais mieux léchée de Francis Lawrence.

                              Par contre encenser l’un en villipendant l’autre me parait plus relever de l’antiaméricanisme primaire que de la critique cinématographique...

                              M’enfin ce que j’en dis...


                            • Vincent Delaury Vincent Delaury 3 janvier 2008 23:26

                              « Moi je remercie l’auteur pour cet article et les autres car sa façon d’écrire est un régal (...) » (Adeline)

                              Merci à vous !


                              • olivier (---.---.41.23) 4 janvier 2008 07:05

                                meme s’il est vrai que le cinema est avant tout du divertissement, il est aussi diffuseur d’idees et generateur de prises de conscience et en cela « Je suis une legende » est quand meme tres tres decevant. On peut effectivement rever de ce qu’aurait pu faire un cineaste reellement inspiré, avec un acteur un minimum habité, sans producteurs lobotomises, et avec la moité de son budget hallucinant

                                Spoiler n’a aucune profondeur (il avance dans ses recherches parce qu’il doit le faire, tres primaire...) , Anna n’a aucune envergure, le gamin est inexistant, il y a tous les symboles de la reussite a l’americaine (appartement grand luxe avec tableaux de maitres et deco surchargée, dollars a profusion repandus sur le sol, biens de consommation disponibles a profusion et pour cause, voiture de legende...) , la bondieuserie inepte est super lourde bref c’est raté de chez raté

                                Ce n’est pas ce film qui changera la face du monde helas

                                Au moins on nous aura évité le « Je t’aime » « Tu me manqueras » de rigueur dans les film US, merci !


                                • adeline 7 janvier 2008 19:17

                                  j’ai vu le film samedi soir je confirme qu’il est très bien décrit par l’auteur. Effets spéciaux super je ne me suis jamais ennuyée la fin est conventionnelle certe mais c’est un film américain dans une période de renaissance de la « religion »

                                  donc rien à redire si on est « averti »

                                  du beau spectacle


                                  • stupor mundi 11 janvier 2008 00:21

                                    juste une petite question chers amis . qui d’entre vous a déja réalisé un film ou écrit un essai ? parceque votre assurance dans vos jugements est sidérant .


                                    • JJJem 30 janvier 2008 14:00

                                      cher vincent, tout comme les posts ci dessus, je trouve que ton zoli narticle m’a bien vendu le film.

                                      Vu que l’on s’est à peu près à quoi s’attendre à la fin, même sans avoir lu l’article auparavent, pas de critique sur le fond du film. applause pour la forme ;

                                      La vrai question : un Smith rend mieux qu’un Hank, seul au monde... mais peut-on comparer ???


                                      • Vincent Delaury Vincent Delaury 30 janvier 2008 14:34

                                        JJJm : " La vrai question : un Smith rend mieux qu’un Hank, seul au monde... mais peut-on comparer ? ? ? "

                                        En fait, pas de panique, Tom Hanks et Will Smith vont sauver le monde, c’est ça la morale de l’histoire... américaine !


                                      • omnibus 22 juin 2008 13:01

                                        Bonjour à tous (si quelqu’un s’intéresse toutefois encore à ce vieux sujet outre moi-même ) !

                                        Une longue dissertation en perspective, génial !

                                        Alors voilà : en quoi les contaminés (oui, et non pas zombies) du film ne font-ils pas preuve de cette "sociabilité du monstrueux" si chère à Matheson ? Ils communiquent entre eux, et que ce soit par des cris ou non cela reste un language, du moment qu’il leur pemet de se comprendre par des signaux, comme c’est le cas ici. Bien sûr cela diffère de nos chères mots et autres phrases humaines, mais c’est justement la problématique de Matheson - ! - , qu’une société (et le language) est quelque chose de tout à fait relatif. Les contaminés obéissent par ailleurs à un "chef", base de toute société ; ils font preuve de solidarité en faisant tout pour libérer l’une des leurs, et le leurre qu’ils ont utilisé pour piéger Neville (un manequin) est une preuve de leur intelligence, associé en cela à leur caractère évolutif (ils imiteront d’ailleurs le "piège" de Neville basé sur le contre-poids d’une voiture).

                                        D’autre part, le film dure 1h 36, et certes le dernier quart-d’heure est sujet à critique, mais les 1h21 précèdant ne font qu’explorer la situation de Neville : detresse bien sûr (l’émouvant message radio) mais aussi quotidien, solitude (via ses relations avec la chienne Samantha, le passage à la télévision d’émissions enregistrées, l’installation des manequins dans le music shop pour simuler un semblant de vie dans cette ville déserte, ...). Quant aux conséquences de cette solitude, n’apparaissent-elles pas lorsque Neville découvre l’un de ses manequins dans la rue, perturbant ainsi les rites qu’il a mis en place ? Alors s’il vous plaît, n’osez pas dire que le thème n’est pas exploité !

                                        La fin ! Oui, je vous l’accorde, elle fait preuve d’un proaméricanisme (le drapeau en plein milieu d’une base militaire) et d’effusions religieuses absolument dérisoires et honteuses vis-à-vis de Mateson ! C’est vraiment désolant... Toutefois, vos critiques ne semblent réduire le film qu’à cela ! Hé ! Le film dure 1h 36, pas 15min. ! La tension remarquable palpable tout au long du film, le traitement (novateur dans le genre) en profondeur du personnage, et l’émotion qui n’est pas à omettre ne doivent pas pour autant être reniés !

                                        À ce sujet, je vous incite vivement à acheter la version collector du DVD (sortie avant-hier), les 5€ de plus que le DVD simple étant largement compensés (sacrifiez le dernier numéro de Closer à la limite -ce serait pas une grande perte au passage...-). Si je dis cela, c’est parce que l’on y trouve une fin alternative : plus d’horrible base militaire, même plus de sauvetage du monde (la justification de Matheson du titre est même en partie respectée), et appuie plus marqué de la sociabilité des contaminés (qui n’ont absolument pas le moindre rapport avec du Resident Evil). Etant donné que vous jugez le film comme un navet et que vous n’allez donc sûrement pas acheter le DVD, voici toutefois un petit résumé :

                                        lorsque les contaminés assaillent le laboratoire de Neville, leur "chef" réussi à comuniquer avec lui (via un dessin de papillon contre la vitre) et Neville finit par comprendre la véritable nature de ces monstres, et ce en plus de nous épargner la "prophétie" d’un quelconque élu envoyé pour sauver l’humanité. Il finit par libérer sa prisonière, amenant là une autre scène émouvante avec les retrouvailles entre le chef des contaminés et celle qu’il aime (et oui, quand je vous dis "aucun rapport avec du Resident Evil" !). Il respectera ensuite son "pacte" avec Neville en lui laissant la vie sauve. Le film se termine sur les trois humains circulant dans Manhattan en plein jour et sur fond de l’appel radio destinné aux possibles humains encore existant.

                                        Voilà du changement ! Si seulement ils l’avaient mise dans le film plutôt que dans les bonus...(à préciser qu’elle est en anglais, comme l’ensemble des bonus en somme...)

                                        Autrement, vous pourrez y trouver un reportage intéressant sur les réalités scientifiques derrières le film, loin donc d’u quelconque mythe occidental néolibéral de l’Apocalypse...

                                        Au passage : aucune comparaison possible avec l’émotionel poussé au pathétique de Cloverfield...

                                        Quant à l’antiaméricanisme : le fait que nous croûlions sous les productions holywoodiennes pleines d’action et totalement décérebrées (Resident Evil et les films du genre en général compris) n’est aucunement une raison pour qualifier toutes les productions américaines de telles sans un minimum de réflexion préalable. Les préjugés ne sont qu’une preuve de fermeture d’esprit bien navrante...

                                        Enfin, place à mon opinion (jusqu’ici je me contentais de réfuter vos quelques arguments avec des données tirées du film ou du DVD et donc plutôt objectives) : je n’avais jamais ressentis une tension telle que celle que crée ce film (tension tient plus de suspens que de peur) , le jeu de Will Smith (acteur que je n’aprécie guère habituelement) est simplement époustouflant (ne serait-ce que pour sa prestation -bien que ça serait réducteur- le film est à voir), le film présente qui plus est une redoutable capacité à intégrer le spectateur et à le faire s’interroger sur ses propres réactions en une telle situation, et ce tout en conservant une part de la problématique de Matheson : remixé via DVD, c’est un C-H-E-F- -D-’-O-E-U-V-R-E, tout simpement.

                                        Espérant vous faire redécouvrir un film qui en vaut le coup,

                                        Aurevoir !

                                        P.S : quelqu’un a dit que le chien est absent du livre : je vous invite vivement à le relire...


                                        • Vincent Delaury Vincent Delaury 22 juin 2008 13:28

                                          Omnibus : " Etant donné que vous jugez le film comme un navet... "

                                          Stop, attention : ça dépend pour qui !

                                          A part ça, merci pour vos commentaires autour du DVD.


                                        • omnibus 22 juin 2008 14:24

                                          Ce fut un plaisir...


                                        • Freako 22 mai 2009 16:57


                                          Je vous suis dans votre analyse que je découvre après avoir voulu en livrer en lecture philosophique plus globale ici :



                                          Bonne continuation.

                                          Fr.

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