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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Jean-François Millet, le peintre des pauvres...

Jean-François Millet, le peintre des pauvres...

 

 

Tout le monde connaît le célèbre tableau reproduit des milliers de fois :"L'angélus" de Millet mais on connaît moins le peintre lui-même.

Qui était Jean-François Millet ?

 

Issu d'une famille de paysans normands, berger dans son enfance et plus tard laboureur, le jeune Jean-François Millet a accès à une certaine culture notamment grâce à son oncle, un curé lettré : grâce à lui, il apprend le latin, lit Montaigne, La Fontaine, Homère et Virgile, Shakespeare et Milton, Chateaubriand et Victor Hugo. Les parents de J.F Millet sont des paysans modestes. Il vit avec sa famille l’existence d’un jeune paysan. Ses compétences pour le dessin sont très vite remarquées et repérées dès son enfance par son entourage.

 

Il travaille dans la ferme familiale jusqu'à l'âge de 20 ans, puis, en 1833, il est envoyé à Cherbourg par son père, grâce à des relations pour apprendre le métier de peintre auprès de Paul Dumouchel et de Langlois de Chèvreville. 

Il peut ensuite se rendre à Paris pour se perfectionner : il étudie à l'école des beaux arts dans l'atelier du peintre Paul Delaroche. Il doit ensuite quitter la capitale et rejoint sa Normandie natale..

 

Ses premières œuvres, dans les années 1840, sont des scènes pastorales et des nus, ainsi qu'une série de beaux portraits appréciés de la clientèle bourgeoise de province. 

 

Très rapidement sa peinture s'oriente vers des sujets champêtres : les origines paysannes de Millet expliquent son engouement pour les scènes champêtres qui sont l'essence même de son oeuvre... Millet peint des paysans, un milieu qu'il connaît bien, une réalité qu'il a côtoyée et Millet le fait avec talent : il restitue les gestes ordinaires, simples de ces paysans du 19 ème siècle, on perçoit leurs mouvements, leur travail quotidien, ordinaire.

Millet - La becquée {JPEG}

Les paysans sont au centre de ses tableaux, et Millet montre bien leur humanité, leur labeur acharné. Ses tableaux, comme Les Glaneuses (1857), dépeignent les plus pauvres des femmes de la campagne qui se courbent dans les champs pour glaner les restes de la moisson.

 

La paysannerie constituait à l'époque la majeure partie de la population française. Les Glaneuses, La Bergère, L’Angélus, Le vanneur, Les planteurs de pommes de terre, Le semeur, Les lavandières, La récolte… Millet reproduit avec grande précision ses sujets, montrant ainsi la vie difficile de la paysannerie de son époque. On peut parler du réalisme de Millet...

 

Le peintre met en évidence la splendeur du geste. Qu'on observe attentivement ses vanneurs, ses semeurs, ses moissonneurs, ses fendeurs de bois... C'est leur geste précis, efficace qui retient l'attention du peintre. C'est à restituer ce geste que le dessinateur s'attache. Millet parvient à magnifier l'univers paysan tout en nous faisant percevoir le dur labeur de ces travailleurs de l'ombre et de la terre...

Millet peint une harmonie profonde entre l'homme et la nature où le geste paysan trouve sa vraie signification. A travers ses tableaux, on voit bien que le peintre est en symbiose avec les êtres qu'il peint, il les aime.

Millet joue un rôle capital dans l'histoire de la peinture puisqu'il ouvre la voie aux impressionnistes : Van Gogh le revendiqua comme modèle et s'en est inspiré dans nombre de tableaux .

 

Pourtant, malgré sa notoriété, son influence, Millet est un artiste moins reconnu que la plupart des impressionnistes dont la gloire a éclipsé la sienne...On peut dire aussi que le succès de certains de ses tableaux comme L'angélus l'ont desservi et qu'on a réduit son oeuvre à des clichés. Or, la production de J. F. Millet est beaucoup plus riche qu'il n'y paraît...

Millet a eu une grande influence sur des impressionnistes comme Claude Monet et Camille Pissarro, et surtout sur Vincent Van Gogh, qui a reproduit à sa façon la plupart de ses scènes rurales.

On perçoit en regardant ses oeuvres une profonde humanité,un bonheur de peindre le quotidien de gens ordinaires, une simplicité et une volonté de montrer l'utilité du labeur de paysan, sa noblesse même !

 

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2017/10/jean-francois-millet-le-peintre-des-pauvres.html

 

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83 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 24 mai 11:48

    Bonjour, Rosemar

    Pas d’accord avec le titre !

    Millet n’a pas été le « peintre des pauvres », mais le « peintre des paysans », ce qui est différent. S’il avait été le « peintre des pauvres », il se serait intéressé aux ouvriers, aux employés de teinture ou de mégisserie, aux mendiants des villes,etc. Ce qu’il n’a pas fait à ma connaissance.

    Dans ses tableaux sur la paysannerie, il y a certes de pauvres gens, mais également des paysans certes modestes mais qui vivent correctement de leur métier.

    A noter que glaner n’est pas forcément un signe de pauvreté : lorsque j’étais gamin, chez les paysans d’Auvergne auxquels appartenait ma famille il était d’usage de glaner dans les champs pour ramasser les épis qui avaient échappé à la lieuse. Cette tache  à laquelle j’ai participé dans mes jeunes années  était dévolue aux femmes et aux enfants. Or, cela se passait un peu partout, y compris dans les exploitations relativement aisées !

    A noter, en outre, que les glaneuses peintes par Millet n’ont pas de vêtements troués ou visiblement rapiécés. Et rien n’indique qu’il ne s’agit pas de femmes appartenant aux familles des hommes qui, en arrière-plan, s’activent à monter les gerbiers !!!

    La réalité est que ce tableau a servi aux opposants du pouvoir en place à des fins politiques. 


    • rosemar rosemar 24 mai 12:20

      @Fergus

      Enfin, Millet peint un milieu qu’il connaît bien, le monde des paysans, des laborieux... ce ne sont pas des riches...


    • Pale Rider Pale Rider 24 mai 12:31

      @Fergus
      Oui, ce que vous dites est vrai. Millet est un des peintres qui me touchent le plus. Il a apporté à la peinture quelque chose qui sans lui aurait manqué. Une mention particulière au tableau « Les premiers pas ».


    • Aristide Aristide 24 mai 12:37

      @rosemar

      Pourrez-vous un jour accepter la moindre petite remarque sans essayer de déformer le sens des mots. Fergus a raison, c’est un peintre réaliste dont de nombreuses oeuvres sont inspirées par le monde paysan, les travaux des champs, ... 
      Inutile de répondre par « ce ne sont pas des riches ». On appelle cela un syllogisme, une déduction fausse, vous généralisez un caractère particulier , non , Millet est un peintre réaliste du monde paysan pas des pauvres.


    • Gasty Gasty 24 mai 12:41

      @Fergus

      Je ne serais pas étonné d’apprendre que tu ai des ancêtres Martiens et que tu connaisses très bien les effets secondaire des voyages sidéraux.
      Je dis ça parce que je suis sidéré par tes références familiales inépuisable .


    • Fergus Fergus 24 mai 13:40

      Bonjour, Gasty

      J’ai toujours écrit que j’appartenais à une famille de paysans issue des montagnes d’Auvergne, et même un peu au-delà du côté maternel, ma mère étant née dans le nord-Lozère.

      Des origines qui m’ont amené à rédiger divers articles directement en rapport avec mes expériences rurales. Plusieurs figurent en lien à la fin de mon dernier article paru hier : Le Velay au temps des « béates » et des « assemblées ».

      Parmi ces articles, ces deux-là, directement inspirés d’expériences vécues :
      1957 : jour de batteuse
      1965 : un dimanche au village

      Quant à la peinture, je lui ai consacré plusieurs articles, étant moi-même peintre occasionnel (j’ai peint mon avatar en 1999), tout particulièrement intéressé par des artistes réalistes comme Courbet et... Millet.

      Ne soyez donc pas « sidéré », je suis certain que vous avez vous-même connu des expériences riches et diversifiées, même si celles-ci  comme les miennes  sont modestes et difficilement comparables à celles d’intervenants d’AgoraVox qui ont vécu pendant des années au contact de cultures très différentes sur d’autres continents.


    • Fergus Fergus 24 mai 14:02

      Bonjour, Pale Rider

      A Millet  que j’apprécie beaucoup  je préfère quand même Courbet. Cela dit, « Les premiers pas » est un tableau que j’aime beaucoup parce qu’il est très fidèle à la vie et de surcroît intemporel : tous les parents, ou presque, se sont un jour trouvés dans les mêmes postures.


    • rosemar rosemar 24 mai 14:09

      @Fergus

      Je rappelle que Millet veut magnifier le monde des paysans et en restituer la grandeur universelle... 


    • Fergus Fergus 24 mai 15:47

      @ rosemar

      La « grandeur », pas la « pauvreté ».


    • rosemar rosemar 24 mai 18:21

      @Fergus

      De la grandeur, malgré la pauvreté et c’est d’autant plus admirable...


    • Jean Guillot lee oswald 24 mai 21:46

      @Fergus
      Bonjour , je suis d’accord avec vous , mais d’où venaient les ouvriers des usines : c’était des paysans pauvres qui était montés à la ville pour sortir souvent de la misère .


    • Cadoudal Cadoudal 24 mai 21:53

      @lee oswald
      La France à été construite par les Africains, n’allez pas vous fourvoyer dans les marais du révisionnisme le plus abject digne des heures les plus sombres d’une France au sang pourri...

      Ces anciens paysans apportèrent leur façon de vivre sur les bords du Blavet : les enfants étaient éduqués sévèrement, les femmes - mères et épouses avant tout - étaient fermement attachées à la bonne marche de leur foyer. Courage, sens de l’effort, étaient des qualités innées chez ces métallurgistes en sabots qui maintenaient leurs pratiques religieuses.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Forges_d%27Hennebont


    • Fergus Fergus 26 mai 11:10

      Bonjour, lee oswald

      « c’était des paysans pauvres qui était montés à la ville pour sortir souvent de la misère »

      C’est vrai. Mais pas seulement : nombre d’entre eux étaient des cadets qui n’étaient pas destinés à hériter de l’exploitation familiale. Et cela existe encore : nombre de mes cousins sont ainsi devenus ouvriers ou employés, faute d’avenir dans la ferme de leurs parents.


    • Decouz 24 mai 12:34

      Millet est un des peintres de l’école de Barbizon, l’Angelus a été peint vers Chailly en Bière, ce doit être l’église de ce village qui apparait sur le tableau.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_de_Barbizon

      https://www.fontainebleau-tourisme.com/fr/fiche/689285/musee-millet/

      Barbizon est devenu un village touristique, mais il est toujours possible se perdre dans la nature au milieu des multiples sentiers et des blocs à escalade.


      • Raymond75 24 mai 12:35

        J’apprécie votre article, mais comme Fergus, je ne suis pas d’accord avec le titre.

        La majorité des paysans étaient des gens modestes, mais ils n’étaient pas tous pauvres, ou ’gens qui ne sont rien’ : ils avaient un métier, les enfants mangeaient et étaient en bonne santé (dans le contexte de l’époque), et progressivement ces enfants ont eu accès aux études primaires.

        Certes, ils avaient une vie très différente de la bourgeoisie parisienne, mais ils n’étaient pas pauvres. Lorsque vous êtes pauvre, vous vivez plus ou moins de l’assistanat et vous n’avez aucun espoir, ce qui n’est pas le cas.

        Bien sur, les progrès de la technique agricole, le grands nombre d’enfants qui, par l’héritage, morcelait les propriétés et les rendaient non rentable, ont conduit à la première exode rurale vers les industries des villes. Mais à cette époque, les ouvriers étaient bien plus malheureux que les paysans.

        Il ne faut pas confondre condition modeste et pauvreté.


        • Raymond75 24 mai 16:06

          @Raymond75

          C’est bien votre titre qui est maladroit Rosemar ; mais votre conclusion est excellente :

          "On perçoit en regardant ses oeuvres une profonde humanité,un bonheur de peindre le quotidien de gens ordinaires, une simplicité et une volonté de montrer l’utilité du labeur de paysan, sa noblesse même"


        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 24 mai 12:39

          Préfère Bruegel l’ancien dans le genre.


          • Fergus Fergus 24 mai 13:58

            Bonjour, Aita Pea Pea

            Superbe peintre que Bruegel l’ancien, en effet.

            Mais il était moins dans la peinture réaliste de la paysannerie que dans la représentation satyrique.


          • rosemar rosemar 24 mai 14:13

            @Fergus

            Attention ! Une peinture réaliste mais aussi magnifiée du monde des paysans...


          • velosolex velosolex 25 mai 10:27

            @Aita Pea Pea
            Bruegel et Millet, c’est pas du tout la même époque. Pas la même sensibilité non plus, liée sans doute à cette distinction. Bruegel est lié à la culture des pays du nord, des marchés de la Hanse. C’est souvent une représentation de la vie collective, du village, avec l’âpreté de la condition paysanne, mais aussi ses fêtes collectives. Millet, c’est la culture française. Pas pour rien que sa « semeuse » a orné nos pièces de un franc. Une sacré consécration quand même. Rosemar n’ a pas lieu de le peindre. Un peintre considérable, reconnu. 
            A noté que la peinture de « l’angélus », très célèbre aussi, a révélé un secret. Le tableau initial est celui de l’enterrement d’un enfant, ce qui explique le coté recueilli des parents. Une opération classique chez beaucoup de peintres, qui revoit parfois la composition de leur tableau. 


          • phan 25 mai 10:50

            @velosolex
            C’est Le Semeur et non « la semeuse » d’ Oscar Roty (1887), pourtant j’aime bien la bière !


          • velosolex velosolex 25 mai 14:01

            @phan
            Vous avez raison, Ce n’est pas la première fois que je fais l’erreur...Sans doute que l’idée ressemble trop à celle de Millet


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 25 mai 14:13

            @velosolex

            Lié à la culture du nord ...ça tombe bien je suis du nord. J’adore les « primitifs » flamands. Faudrait que je retourne à Bruges en prendre plein les yeux.


          • phan 25 mai 19:22

            @velosolex

            « Le semeur se meurt à trop travailler. », Jean-François Millet (Peintre appartenant au mouvement Réaliste, fervent défenseur du monde paysan, il donna à voir la dure réalité des campagnes françaises à l’aube de la révolution industrielle). Aux Etats Unis, il est considéré comme une super star.
            2 liens :
            Emile Zola critique d’art, textes des Salons sur Millet, notice sur le peintre, liens vers les œuvres d’art cités.

          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 25 mai 19:32

            @phan

            Si j’étais ricain ma super star s’appelerait Hopper .


          • phan 25 mai 20:11

            @Aita Pea Pea
            Millet inspire les impressionnistes et aussi Hopper.


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 25 mai 20:22

            @phan

            J’avoue avoir un faible pour Hopper ...et ça date .Pourquoi ? J’en sais rien . Pareil avec Mondrian dans un style totalement différent.


          • velosolex velosolex 25 mai 21:15

            @phan Pas de pompes à essence chez Millet, ni de filles aux bas résilles installés sur un tabouret de bar...Hopper en tout cas s’est baladé en France, à fait de très belles peintures en bord de seine. Un peintre qui garda sa personnalité, refusant les modes, si bien qu’on le voit longtemps comme un peintre du passé, anachronique par rapport aux canons de ses contemporains. 
            L’exposition du grand palais à Paris était somptueuse. Avec L’expo de Bonnard des années 80, c’est celle qui m’a la plus marqué.
            Sans doute que tous les peintres ont une dette les uns envers les autres


          • phan 25 mai 23:25

            @velosolex

            Edward Hopper, À Paris, il visite les musées et les expositions ; il s’intéresse aux impressionnistes (par l’intermédiaire de Patrick Henry Bruce) mais aussi aux maîtres néerlandais (Vermeer, Rembrandt) : lors de son voyage aux Pays-Bas, il est notamment très impressionné par La Ronde de nuit de Rembrandt. Son séjour en France ne fait que confirmer son admiration pour Edgar Degas. Cependant, Hopper ne suit pas ses contemporains dans leurs expériences cubistes et préfère l’idéalisme des artistes réalistes (Gustave Courbet, Honoré Daumier, Jean-François Millet), dont l’influence est perceptible dans ses premières œuvres. 

            Millet, diminutif de Mil, Comme les ateliers de Bonnard se trouvaient au Cannet et à Vernonet. Edward Hopper découvre et copie Millet, (Manet et Courbet) à Paris entre 1906 et 1910. Homme à la houe de Millet et Pennsylvania Coal Town de Hopper

            Le Semeur, vendu par l’artiste en 1851 ou 1852 à William Lorris Hunt, Boston. Hunt le vend en 1874 par l’intermédiaire de Doll et Richards à Quincy Adams Shaw, dont les enfants le donnent en 1917 au musée.


            Une autre rétrospective, Millet USA, est présentée aux Etats-Unis où le frère du peintre, Pierre, a vécu longtemps à Boston.
            Jean-François Millet lui envoyait des reproductions photographiques à son frère afin de faire la promotion de son oeuvre auprès des peintres et des collectionneurs bostoniens et américains.

            L’American Barbizon School (littéralement « École américaine de Barbizon ») est un groupe de peintres se référant à l’École de Barbizon qui connut son apogée dans les années 1890 aux États-Unis.

            William Morris Hunt fut le premier américain à peindre dans le style de l’École de Barbizon, style qu’il appris auprès de Jean-François Millet de 1851 à 1853. De retour aux États-Unis, il ouvrit un atelier à Boston. Parmi les peintres qui abordèrent ce style, outre Morris, peintre romantique tardif, on pouvait compter des peintres de l’Hudson River School comme Innes, des naturalistes impressionnistes comme Winslow Homer, des symbolistes comme Henry Ossawa Tanner, ou des impressionnistes comme Childe Hassam.

          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 25 mai 23:29

            @phan

            Perso j’aime la chatte de Courbet .


          • phan 25 mai 23:35

            @Aita Pea Pea
            Vous habitez peut être du côté de Beauboug ou du Grand Palais ?
            Il y avait une exposition de Mondrian en 2011 et d’ Hopper en 2012.


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 25 mai 23:39

            @Fergus

            Un de mes préférés de Bruegel l’ancien est la chute d’Icare . Il chute...tout le monde s’en fiche ...lol.


          • phan 25 mai 23:47

            @Aita Pea Pea
            Quel Courbet ? « L’Origine du Monde » ou « C’est Qui veut la peau de Roger Rabbit ? »


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 25 mai 23:53

            @phan

            Celui découpé. Qu’en est il que ce tableau ne serait qu’une partie d’un autre ? Sinon magnifique, érotique et pas pour un sous pornographique.


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 25 mai 23:56

            @phan

            Je déteste Paris et les grandes métropoles. Instinctif.


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 26 mai 00:05

            @phan

            Vermeer...encore un qui savait saisir le geste féminin. Peut être le plus grand des flamands, avec peu de tableaux .


          • phan 26 mai 00:12

            @Aita Pea Pea
            Je préfère le « Sommeil » de Courbet et l’Olympia de Manet (la Chatte de Courbet est à gauche de Claire)


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 26 mai 00:21

            @phan

            C’est comme Gauguin... Il suffit d’avoir vécu en Polynésie et perso aux Marquises pour comprendre qu’il avait tout saisi ...en quelques mois. Ses tableaux de vahinés sont d’une vérité...merde chapeau.


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 26 mai 00:29

            @Aita Pea Pea

            Matisse aussi avait tout saisi de la Polynésie en quelques mois.


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 26 mai 00:34

            @phan

            Du mal avec le Manet .


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 26 mai 01:15

            @Aita Pea Pea

            Sur un autre fil on parle de Klimt. Et là avec lui nous sommes ailleurs. Féminité idéale mais non bourgeoise . Bien des nanas que j’ai connues aiment Klimt.


          • velosolex velosolex 26 mai 10:18

            @Aita Pea Pea
            Chacun trimballe sa Polynésie, comme disait Trenet. Et Gauguin l’a rencontré sans doute avant déjà d’y mettre les pieds lors de sa rencontre avec le Japonisme, et le cloisonnisme, lié à Emile Bernard. En BD on appellerait ça la ligne claire. Gauguin comme les autres à pompé toutes les influences telluriques de l’époque. Ceci dit, ce type a un caractère de chien, est assez vaniteux, et ne fit pas de cadeau à Van Gogh, lors de son séjour à Arles. Un excellent bouquin : « L’enterrement dans les blés », de viviane Forrester


          • velosolex velosolex 26 mai 11:51

            @phan
            Bonnard avant d’aller dans le sud a vécu à Vernon, en bordure de Seine, tout près de l’endroit où vivait aussi Monet., à Giverny
            La lumière et le fleuve, le vert des prairies, les falaises de Calcaire près des Andelys, d’où est originaire une partie de ma famille, inspirèrent beaucoup d’artistes.
            Il faut remonter la Seine, jusqu’à Tancarville, pour mieux saisir l’intelligence e t l’esprit particulier des lieux.
            Il n’y a pas eu que le sud pour posséder une lumière particulière, et les cieux d’Eugène Boudin, font écho avec ceux de Turner, le Jean Sébastien Bach de la peinture, le grand maitre finalement.
            Bonnard est un grand maitre qui toute sa vie a distillé une ambiance nonchalante sur ses tableaux, et si l’on devine son arrivée dans le sud de la France, la marque de sa patte, reste prépondérante par rapport sujet, qui se laisse faire. 


          • Jean d'Hôtaux Jean d’Hôtaux 26 mai 16:13

            @Aita Pea Pea

            Mais pas son matou ?


          • Decouz 24 mai 12:42

            i

            C’était aussi et surtout vers la fin de sa vie un peintre de la nature, le choix de Barbizon pour ces peintres s’explique à la fois par la beauté, la sérénité du paysage et par la relative proximité de Paris avec l’apparition du train.


            • Gasty Gasty 24 mai 12:52

              « Millet est un artiste moins reconnu que la plupart des impressionnistes dont la gloire a éclipsé la sienne »

              La gloire est attribué selon un barème de prix de vente faite par des marchands d’art et acquise par des acheteurs friqués. L’art est secondaire pour ces gens là, l’investissement est supérieur. Millet vaut mieux que cela.


              • Aristide Aristide 24 mai 12:58

                @Gasty

                 Millet vaut mieux que cela.

                Il vaut mieux que quoi ou que qui ? Mais quelle importance on peut donner à la cote ? Pour les marchands, on comprend, mais pour le spectateur ? 
                 
                Serait-ce donc qu’il faille connaitre la notoriété et la cote des oeuvres pour les apprécier ?


              • Gasty Gasty 24 mai 14:58

                @Aristide

                Je suis parfois en admiration devant les œuvres d’auteurs talentueux et inconnus du circuit des marchands d’art.
                Mais lorsque nous connaissons un auteur, c’est principalement parce que nous en connaissons le prix de vente. J’ai un doute sur ce qui fait l’admiration chez certains.


              • velosolex velosolex 25 mai 10:36

                @Aristide
                Le spectateur regarde la signature, et la côte. C’est comme ça que beaucoup se font une idée de la valeur d’un tableau. Certains ont fait l’expérience d’accrocher des tableaux de peintres très célèbres dans les expositions d’amateur, en cachant la signature : Personne ne les regardait….
                Certains peintres reconnus firent l’expérience de concourir à des concours de peintres du dimanche, et ne décrochèrent pas le moindre prix….Au niveau littéraire, même Gary, qui changea plusieurs fois de noms, du finalement se servir de ses influences, pour être publié sous un pseudo d’inconnu….
                Il y eut à contrario l’expérience marrante de Dorgelès, qui après la première guerre, promotionna un peintre inconnu, « génial », organisa une exposition, déclencha une coterie autour de son favori, avant de découvrir le pot aux roses : Il avait accroché un pinceau à la queue d’un âne, et mit des tableaux derrière ( constaté devant huissier)
                La critique ne lui pardonna jamais…..


              • Aristide Aristide 25 mai 12:53

                @velosolex

                Vous démontrez simplement la subjectivité complète du sujet, ce qui est incontestable.. Je ne crois en rien à tous ces classements, ces côtes, ces récompenses dans le domaine artistique. Le cinéma en est la pure illustration, ... et pourtant faut-il tout ignorer ? 

                Après je suis certain d’être influencé par la notoriété d’un auteur, d’un peintre, d’un réalisateur, ... mais que peut-on y faire ? Essayer modestement de se forger un gout, d’apprécier sans désir de convaincre, ...

                L’art contemporain est surement victime des excès de certains, du désir de la provocation qui remplace le talent, mais pas toujours. Magritte par exemple, Dali et bien d’autres ... . Enfin, il me semble que le talent est tout de même ... reconnaissable. 


              • velosolex velosolex 25 mai 13:57

                @Aristide
                Il y a bien sûr une auto suggestion. Et puis il y a la critique, liée à la culture, et à la capacité de ne pas prendre des vessies pour des lanternes.

                L’époque actuelle, avec l’avènement de l’art contemporain, a amené le genre à des hauteurs de manipulation qui n’avaient jamais été atteints. 

                On peut toujours relire cette jolie fable des costumes du roi, ou celle du roi nu, je ne sais plus le titre de cette histoire admirable, où il faut attendre la spontanéité de l’enfant pour oser dire la vérité, et que tout s’effondre.


              • Aristide Aristide 24 mai 12:52

                Je vous encourage à regarder vraiment la pauvreté de cette époque en face. Fernand Pelez qui vécut à la fin du XIXème et le tout début du XXéme, se caractérise par le choix de nombreux de ses modèles parmi les premières victimes de la pauvreté : les enfants.

                Un des plus connus : Le petit marchand de violettes.

                Une petite video 


                • rosemar rosemar 24 mai 13:04

                  @Aristide
                  Allons bon ! Les intentions sont très différentes, bien sûr !

                  « Millet fait preuve d’une sincérité, d’une émotion et d’une poésie qui
                  restituent la grandeur universelle du monde paysan. La peinture de Millet est nourrie de multiples lectures, de la Bible à Virgile, Walter Scott, Victor Hugo... »



                • Taverne Taverne 24 mai 15:04

                  Voici ce qu’en disait le peintre lui-même « Je voudrais que, dans la Femme faisant déjeuner ses enfants, on imagine une nichée d’oiseaux à qui leur mère donne la becquée. L’homme travaille pour nourrir ces êtres là ».

                  Jean-Français Millet revendiquait le titre de « peintre paysan », titre dont on l’affublait à son époque. Il n’était pas peintre des pauvres : « Millet naît en Normandie dans une famille de paysans modestes sans être pauvres, où il reçoit une bonne éducation » (Commentaires du Musée de Lille).

                  Millet ne peignait pas la misère mais « la grandeur et la dignité » (*) des figures paysannes mais sans les idéaliser et pourtant en les érigeant dans leur caractère universel. Impeccable !

                  (*) C’est en tous cas le point de vue partagé par les critiques d’art de l’époque et les historiens de l’art. Il nous montre :

                  Le sens des choses (et leur ordre naturel : ici la becquée rappelle vie naturelle des oiseaux), l’utilité du vrai travail utile, nourrissant, gratifiant et des soins aux enfants). Le geste essentiel en action, l’intimité, et même le bonheur ? L’ordre parfait !

                  Les dimensions essentielles de la vie et des gestes de la vie : tantôt la fonction nourricière, tantôt la tendresse, tantôt la force (travaux des bûcherons).


                  • Fergus Fergus 24 mai 15:56

                    Bonjour, Taverne

                    Merci pour ces précisions qui rejoignent ce que j’ai écrit dans mon premier commentaire sur la base de ce que je sais de mémoire de Millet et surtout de ce que je ressens en regardant ses toiles.

                    C’est en effet la « grandeur » et la « dignité », voire la « noblesse », de la paysannerie qui est mise en valeur par le peintre.


                  • Taverne Taverne 24 mai 16:10

                    @Fergus

                    En effet. A noter que la noblesse de la scène eût été amoindrie par la représentation d’un cheval (animal trop noble qui aurait capté le regard) et c’est une modeste poule qui incarne le règne animal. Millet voulait-il inconsciemment (voire sciemment) nous montrer la noblesse de cet animal dont l’importance vitale compte tant pour l’humanité ? Une vache laitière remplissait aussi la double fonction de représentation de l’animal et de la fonction nourricière pour l’homme, mais là c’eût été l’effet inverse : jugée pas assez noble pour la scène. La construction de la scène n’offre pas la possibilité de peindre un gros animal. De plus, la poule n’incarne pas uniquement le règne animal ; elle picore des graines, graines qui sont aussi sources de fertilité : le végétal entre ainsi dans la poule puis dans l’oeuf qui entre dans l’être humain. Qu’est-il de plus nourrissant que l’oeuf ? Bref, je dis bravo pour le choix de la poule ! Rendons à la poule la dignité qu’elle mérite ! (je suis sérieux)


                  • Taverne Taverne 24 mai 16:25

                    Si l’homme bêche, c’est pour semer des graines dans la terre nourricière. Or, le ventre de la poule est aussi fertile pour les petits de l’homme : la graine aboutit à l’oeuf. Je vois là un rapport établi entre deux ventres nourriciers : celui de la terre et celui de la poule. Et, après tout, le ventre fertile de la poule n’est-il pas aussi noble que le ventre de la terre ?

                    Y aurait-il une hiérarchie dans la noblesse naturelle ? Au vu de la scène représentée, je dirai non : la noblesse est partout, y compris dans le simple animal C’est là un point de départ d’une définition de la dignité que l’on aimerait bien voir renaître aujourd’hui, tant dans le travail devenu ingrat que dans l’ordre social (mal semé et mal réglé) et dans la vie dans tout son ensemble (pour des raisons de respect de la nature).

                    Combien de poules au fait ? Trois, naturellement. La loi de la trinité comme matrice d’ordre et d’équilibre.


                  • Taverne Taverne 24 mai 17:07

                    Encore deux idées sur ces poules :

                    Elles représentent le cycle de la vie en ce qu’il a d’indissoluble (puisque, vous savez bien, la raison ne peut démêler l’énigme de la poule et de l’oeuf).

                    Le geste du bras du semeur vient se terminer entre les deux poules. Tout comme le geste de la femme se termine au centre du groupe des trois enfants. Ici, on pourrait tirer une ligne transversale entre la main de l’homme et celle de la femme.

                    L’idée de centre va de pair avec la loi de la trinité puisque la non parité permet l’équilibre au centre. La recherche du « bon » centre, voilà la bonne voie vers l’harmonie !


                  • Gasty Gasty 24 mai 18:20

                    @Taverne
                    En fait il rêvait d’une omelette aux lardons......Enfin ! c’est ce que je ressens.

                    Vais peut’etre me faire une omelette aux lardons ce soir....


                  • velosolex velosolex 25 mai 10:49

                    @Fergus
                    Bonjour
                    Millet est un témoin de son temps. Il rend avec beaucoup d’esthétisme la condition alors sacré, quasi religieuse du paysan, qui dans l’imaginaire, est en rapport avec les forces de la terre. En lien avec ce qu’on apprenait religieusement encore enfants, à l’époque où l’on faisait encore de l’histoire, dans les écoles. Je pense à la déclaration de Sully, le ministre d’Henry quatre, ( promoteur de cette fameuse poule au pot du dimanche, dont la mort nous apparaissait comme le comble de l’injustice) : « Labourage et pâturage sont les mamelles de la France »....
                    La terre est sacrée alors. Elle le restera longtemps. Avant que tout bascule et qu’on arrive à l’époque actuelle, avec ses épandages de pesticides, ses terres stériles, ses fonds d’investissements. 
                    Le métier de paysan a perdu sa religiosité. Zola déjà, dans « la terre » avait pris le pendant de la fascination, en montrant comment l’atavisme, et la spéculation, le cynisme et les esprits obtus, étaient aussi présent à la campagne qu’à la bourse. On ne lui pardonnera jamais, préférant les belles peintures de Rosa Bonheur, celle présente à Orsay par exemple, avec ses six chevaux de labour, hallucinante c’est vrai de précision, et de métier bien fait. Cette année, le mouvement « sauvons les coquelicots » permettraient à des peintres de faire de jolis compositions, à la mode Rousseau, chaque manifestant ayant sa cocarde sur son veston. Il faut savoir ce qu’on aime, comme disait Ferrat. 


                  • Fergus Fergus 25 mai 11:48

                    Bonjour, velosolex

                    « La terre » est le seul livre de Zola où l’auteur n’est pas crédible tant sa description du monde paysan — presque systématiquement à charge — est caricaturale et démentie par les faits. Un roman certes réussi dans la forme, mais raté sur le fond !

                    La réalité de la condition paysanne du 19e siècle est beaucoup plus dans les nouvelles de Maupassant qui décrit les paysans tels qu’ils sont : généreux et solidaires pour les uns, âpres au gain et repliés sur eux-mêmes pour les autres.


                  • Fergus Fergus 25 mai 11:56

                    @ velosolex

                    Une petite anecdote datant de mon enfance. L’un de mes oncles, qui vivait dans un village du nord Lozère, a été confronté à une grave maladie de son épouse qui a conduit celle-ci a être hospitalisée durant deux semaines à Mende. Or, il se trouve que cet oncle, usé et malade lui-même, était incapable de préparer ses repas. Que s’est-il passé ? Dans ce modeste village, perché sur les hauteurs de la vallée du Bès et dominé par le clocher à peigne de son église de granit, les différentes familles paysannes  encore très proches des personnages de Maupassant dans leur vie quotidienne  se sont spontanément relayées pour prendre en charge cet oncle à tour de rôle jusqu’au retour de la tante. Ainsi vivaient les paysans d’autrefois !


                  • Aristide Aristide 25 mai 13:00

                    @Fergus

                    Ne généralisez pas une expérience personnelle. Le monde paysan d’autrefois était d’une grande dureté, il n’y avait que très peu de place pour la solidarité, chacun habitué à trimer comme leurs animaux de somme, souvent plus que ces animaux ... Cette dureté était inculquée dès l’enfance. D’ailleurs, ils ne se plaignaient pas, c’était un signe de faiblesse, ...

                    La vision idyllique du monde ouvrier et paysan est souvent mise à mal par la réalité. La solidarité est une invention récente ...


                  • velosolex velosolex 25 mai 13:37

                    @Fergus
                    Certains prétendent que la mort de Zola, par intoxication de carbone, due à une cheminée bouchée, est en rapport avec la colère qu’il avait suscité en écrivant « la terre ». Il s’est attaqué là à la France paysanne, une valeur sacrée à une époque où la majorité des français sont encore paysans. On ne lui pardonnera pas. Mais que raconte t’il ?..L’atavisme lié à la terre, autour de quelques personnalités roublardes, tenant les fils du roman, autour de la succession. La figure du père en particulier est omniprésente. Tout n’est pas faux, loin de là, pour ceux qui connaissent la campagne, en particulier ce coin qu’il avait choisi, pour brosser son roman, autour de la Beauce.
                    Etre un paysan en Beauce, accueillant les saisonniers venant de Sologne, n’était déjà pas la même chose qu’être un petit paysan en bretagne. . L’histoire de ce roman, et ce qu’il continue à soulever en terme de commentaires, donnerait surement l’occasion de faire un bon article, avec Zola, agitateur publique, de l’affaire Dreyfus à ces dénonciations d’exploitation diverses dans ses romans, un immense romancier et styliste, à mon avis. Il a pris des risques, et il s’est fait le chroniqueur d’une époque, où les dérives qu’ils dépeint, de « La curée », qui dépeint la finance folle, à « germinal » qui s’attaque à l’exploitation des travailleurs, sont toujours à l’œuvre. N’oublions pas son humanité, et sa qualité d’indignation, n’ayant rien à voir avec ce Houellebecq...Son roman n’ a pas pour but de se faire exégète de la situation des paysans en général, où bien sûr existaient des rapports riches, mais divers, liés à la personnalité des hommes, qui n’est pas égale. Cela reste un sujet difficile, on le sait. Nicolas Hulot sans doute mieux que n’importe qui. Il faut prendre 1000 précautions pour ne pas froisser cette profession, attaché maintenant à ses pesticides...Cela nous a amené, de prévenance en timidité d’action, à l’état actuel des choses, qui est catastrophique. 


                  • velosolex velosolex 25 mai 13:49

                    @Fergus
                    « Ainsi vivaient les paysans d’autrefois »
                    Comme dit Aristide, vous généralisez à partir d’un cas particulier. J’ai souvenir de cas moins drôle dans ma famille. En particulier d’un parent qui est revenu après deux générations dans le village de Bretagne où est situé ma famille, du coté paternel, et qui s’est vu taxé de « cousin du voleur de bœufs »
                    C’est mon frère qui a fait des recherches généalogiques qui m’a raconté l’anecdote. Après avoir passé la journée à la mairie, à exploiter des archives, le secrétaire, lui a dit, comme la mairie allait fermé : « Les Koad…..Il y au bout du village un monsieur agé qui s(’appelle ainsi..Peut être est il de votre famille….En sortant, mon frère a été au café, s’étant perdu dans les rues, et s’est informé au zinc…. » Ah, vous parlez du cousin du voleur de bœufs", lui a dit un quidam….Il s’est rendu rendre visite à ce vieux monsieur qui avait passé sa vie a Paris, et était retourné en bretagne passé sa retraite...Quelque peu accablé par cette histoire, qui s’est passée vers 1905, mettant en cause un ancêtre....Zola en la racontant aurait sans doute été traité d’affabulateur


                  • troletbuse troletbuse 25 mai 13:51

                    @velosolex
                    Zola, assassiné par les anti-dreyfusards, les non complotistes de l’époque.


                  • rosemar rosemar 25 mai 17:26

                    @Fergus

                    Maupassant décrit aussi la misère des paysans, par exemple dans cette nouvelle intitulée Aux champs...



                  • Lympios8 Lympios8 25 mai 17:51

                    @rosemar
                    Vous donnez la preuve que vous n’avez
                    soit pas lu = Aux Champs
                    soit rien compris à ce chef d’œuvre.
                    .
                    Ce genre de propos en face d’une classe peut être qualifié non seulement d’erronés mais de néfastes


                  • rosemar rosemar 25 mai 18:19

                    @Lympios8

                    Allons bon ! Je vous conseille de lire cette nouvelle... au lieu de dire n’importe quoi...

                    « Deux familles pauvres, les Tuvache et les Vallin, habitaient dans deux pauvres chaumières voisines. Ils vivaient misérablement jusqu’au jour où un couple, Mr et Mme d’Hubières, passa près de chez eux. Ces derniers ne pouvaient pas avoir d’enfant et en étaient très malheureux.
                    La dame prit l’habitude de venir rendre visite aux enfants et voulut adopter, moyennant finances, le petit Charlot, le plus jeune des Tuvache. La mère de ce dernier refusa violemment une proposition aussi alléchante qu’inhumaine à ses yeux. Le couple proposa alors le contrat aux Vallin qui, après avoir marchandé, acceptèrent la rente et signèrent chez le notaire... »


                  • Gasty Gasty 26 mai 09:02

                    @Fergus

                    « Une petite anecdote datant de mon enfance. L’un de mes oncles, qui vivait dans un village du nord Lozère, »

                    Je réitère ce que j’ai dit plus haut. smiley


                  • Fergus Fergus 26 mai 09:25

                    Bonjour, Aristide

                    Loin de moi l’idée de généraliser « à partir d’une expérience personnelle », quand bien celle-ci serait confortée par d’autres expériences de nature comparable. Ce commentaire venait en complément d’un autre commentaire sur Maupassant qui a décrit les paysans tels qu’ils étaient : vertueux pour certains, et ignobles pour d’autres. La réalité de la paysannerie est là, dans cette diversité comportementale, pas dans ce stéréotype « il n’y avait que très peu de place pour la solidarité », même si j’ai eu à connaître des situations consternantes ; mais elles ne constituaient pas la majorité du genre, fort heureusement. Bref, aucune vision « idyllique » du monde paysan chez moi !

                    « La solidarité est une invention récente »
                    Faux ! Même suscitée par les événements ou le cours des activités agricoles en lieu et place d’un penchant altruiste, elle a toujours existé dans la paysannerie. D’une part, pour faire face aux catastrophes. D’autre part, pour assurer certaines tâches agricoles, comme le battage par exemple qui nécessite la mutualisation des bras !


                  • Positronique 26 mai 09:47

                    @Fergus
                    Comment Fergus pas encore voté pour Macron à cette heure ci.


                  • velosolex velosolex 26 mai 10:27

                    @Fergus
                    Les gens sont solidaires à la mesure qu’ils ont besoin des autres. 
                    Et suffisants à la mesure qu’ils s’imaginent libres. 
                    (Stupides et déconnectés des réalités écologiques pourraient on ajouter)

                    Je ne sais plus qui a écrit cette maxime très juste. Gérer le résultat catastrophique de ses déjections quand on n’a pas le tout à l’égout, amène en effet un peu plus de clairvoyance. Et c’est vrai maintenant aussi dans le monde paysan, qui n’a plus rien à voir avec ce qu’il était autrefois.


                  • Fergus Fergus 26 mai 10:54

                    Bonjour, Positronique

                    Mon épouse et moi avons voté LFI peu avant 10 heures !
                    Macron, je vous le laisse !!!


                  • Fergus Fergus 26 mai 11:06

                    Bonjour, velosolex

                    « Les gens sont solidaires à la mesure qu’ils ont besoin des autres. 
                    Et suffisants à la mesure qu’ils s’imaginent libres
                    . »

                    Même si elle n’a pas de valeur universelle, cette réflexion me semble assez juste.

                    Mais le fait est que, plus les individus sont confrontés à des conditions de vie rudes, plus la solidarité est présente dans leur existence. Et pour cause : ils savent  intuitivement ou par expérience que, tôt ou tard ils auront besoin d’être aidés, voire secourus, par les autres personnes de leur communauté. Et cela vaut pour tous !

                    « c’est vrai maintenant aussi dans le monde paysan, qui n’a plus rien à voir avec ce qu’il était autrefois »

                    En effet. Par la force des choses notamment au plan économique  les Gaec se multiplient, ce qui relève plus de l’association d’intérêt que de la solidarité. Mais cela n’empêche pas qu’un paysan qui, autrefois, se cassait la jambe, bénéficiait de l’aide de ses voisins le temps nécessaire à son rétablissement. Et c’était déjà vrai au cours des siècles passés. A cet égard, il existe des bouquins très intéressants sur la condition paysanne au cours du temps. 


                  • Positronique 26 mai 11:08

                    @Fergus

                    Ben moi et mon épouse allons voter Macron cet après midi , juste parce que vous m’avez convaincu de le faire , l’abstention n’étant pas un choix.


                  • Taverne Taverne 24 mai 15:35

                    En ce moment, je réfléchis à l’idée d’ordre (l’ordre bon) en philosophique (voir mon dernier article). Je vous fais donc profiter d’une de mes idées sur cette œuvre :

                    — le mouvement de va-et-vient latéral exprime, selon moi, une symbolisation de l’ordre naturel utile et parfait, d’une sorte de cycle  : l’enfant tend son cou vers la cuillère à droite, la mère se penche vers la gauche et son banc se soulève même, enfin l’homme au champ bêche en étant tourné vers la droite). Cette alternance de direction s’inscrit dans un cycle vital. L’homme crée la nourriture (tourné vers la droite), la mère la dispense à ses enfants (tendue vers la gauche), puis retour du sens gauche-droite avec l’enfant du milieu.

                    On notera la symétrie parfaite par le choix de l’enfant placé au centre et non d’un autre des enfants. C’est pourquoi il fallait un nombre impair. Cette idée de l’ordre qui tourne autour de la règle universelle de Trois, je l’ai maintes fois expliquée dans mes articles, c’est aussi une matrice d’ordre parfait. Le Trois est créateur d’équilibre et d’ordre en mouvement. La force de la trinité s’oppose au chaos.

                    — L’osmose avec la nature  : outre le titre de « becquée » qui fait penser aux oiseaux, les enfants représente une « couvée ». Nous voyons d’ailleurs des poules, autres source de nourriture (les oeufs). L’idée est aussi que l’homme ne produit pas tout avec son travail, la poule l’aide...

                    — La complétude de cet ordre naturel (trinité encore) : le travail aux champs montre la nourriture de forme végétale et les poules, la nourriture animale. Le peintre montre l’équilibre alimentaire mais aussi la représentation du Monde en ses trois composantes : l’homme et l’animal, le végétal, le minéral (le grand pan de la maison en pierres et qui protège la petite famille). Le végétal nourricier étant peu visible car lointain, le peintre se rattrape en montrant le végétal qui gagne le mur de la maison. Tout se confond ainsi : minéral, végétal et vie humaine / animale.

                    En résumé : la trinité comme loi du cosmos et comme matrice de l’ordre naturel en mouvement perpétuel. La fonction naturelle (proche de la Nature) + la fonction sociale en tant que fonction utile et partagée = ordre bon et l’harmonie dans l’existence. Voilà la juste équation que nous démontre, me semble-t-il l’artiste.


                    • velosolex velosolex 25 mai 10:58

                      @Taverne
                      D’emblée je dirais que la trilogie est une forme de dialectique parfaite, la dualité s’avérant vite stérile. Le troisième amène toujours une nouveauté, une rupture. Le couple est souvent vu avec raison comme un enfermement. La troisième dimension amène l’idée du relief, d’une perspective nouvelle. La religion chrétinne a greffé ses livres et ses héros, simplement sur cette considération 


                    • phan 24 mai 15:39
                      Jean François Gillet Jaune, peintre du prolétariat campagnard surtout dans les Glaneuses (1857) avec au fond le contre-maître sur un cheval pour garder l’ordre établie, « L’odeur du peuple répugne aux délicats (élites) » nota Zola, Ah les cocos !

                      • Decouz 24 mai 17:36

                        « fi l1’y a pas de nature si grossière – disait Th. Gautier – qui ne puisse être relevée par le style, M. Millet en est un exemple...

                        Toutefois les tenants de « l’Académisme » ne tolèrant que les thèmes «  élevés » inspirés de la mythologie, de la Bible ou de l’histoire, jugent les sujets de Millet « vulgaires ». « populaires", « triviaux » …

                        Même Baudelaire, qui décerne des éloges à certains « pom­piers » demeurés inconnus, considère que « les paysans de Millet sont des pédants qui ont d’eux-mêmes une trop haute opinion

                        "

                        On lui reprocha aussi de vouloir exposer dans ses œuvres l’idéologie révolutionnaire de 1848, influencé par Proud’hon, Courbet et Daumier. Or, Millet, esprit religieux, nourri de la Bible, se désintéressait des combats politiques.

                        Il y eut, cependant, des esprits clairvoyants qui surent distinguer son « réalisme » de celui de Courbet et de Daumier

                        . Th. Pelloquet, par exemple, qui écrivait dans le « Journal du Salon de 1863 » :

                        « Les partisans du réalisme le tiennent au contraire pour un romantique el pour un académicien, ce qui est la même chose à leurs yeux. Millet n’est rien de tout cela. Il cherche conscien­cieusement dans le spectacle des hommes et des choses de son temps les grandes lois qui ont guidé les maîtres et il les retrouve. Il les applique à sa façon, c’est là son originalité et sa force, une très grande originalité et une très grande force que personne, en France du moins, n’a eues avant lui, et que personne ne possède à côté de lui au même degré."

                        Suite dans l’article :

                        https://barbizonvillagedespeintres.com/5%e2%80%a2-visitez-la-maison-atelier-de-j-f-millet/


                        • arthes arthes 25 mai 10:56

                          Curieux, je ne ressens aucune osmose avec la nature dans ces tableau...Tout au contraire.

                          C’est l’accablement et le labeur dans une nature sombre et hostile, parfaitement représentée comme opposée à l’humain qui doit en tirer les fruits mais qui ne l’aime pas, pas plus qu’elle ne l’aime.

                          C’est l’impression que cela me fait, au moins, c’est bien rendu.

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