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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Jean-Noël Betzler : « Le court-métrage n’est pas une fin en soi ! (...)

Jean-Noël Betzler : « Le court-métrage n’est pas une fin en soi ! »

 Jean-Noël Betzler est le réalisateur de trois courts-métrages : Le Hérisson (1998), Le Salopard (2004) et Saignant (2008). Actuellement en préparation de son premier long-métrage, La Saignée, qu’il tournera au cours de l’année prochaine avec notamment Virginie Le Doyen (La Plage de Dany Boyle) et Philippe Nahon (Le Doulos de Jean-Pierre Melville), il a accepté cette interview en exclusivité pour AgoraVox. Une interview dans laquelle il revient sur son parcours cinématographique, parle de ses projets et -surtout !- fait preuve d’une très grande humilité.


Comment avez-vous découvert le Cinéma ?


J’ai découvert le cinéma avec mon père le jour où il m’a emmené voir, au « Corso » de Mulhouse,
Mon nom est personne. Ce fut un choc et une révélation ! Depuis ce jour, ma vie a changé.

Comment vous est venue l’idée, l’envie d’en faire ?


Au début, comme j’avais moins de dix ans et que j’étais surtout amateur de Westerns, je voulais devenir cow-boy. Quand, plus tard, je me suis rendu compte que aujourd’hui les cow-boys avaient plus à voir avec les fermiers, j’ai réalisé que pour toucher à mon rêve de grands espaces et d’aventures, il valait mieux faire du cinéma.


Pourquoi avoir choisi la réalisation et non autre chose ?


Je n’ai jamais pensé faire autre chose que faire du cinéma. Et la réalisation parce que c’est le poste de celui qui raconte l’histoire ! C’est le poste le plus dur sur un plateau, mais c’est aussi le plus exaltant.
Maintenant, je n’y suis pas encore, vu que je n’ai pas encore réalisé mon premier long-métrage, mais pour y arriver, je suis passé par de nombreux postes : Régisseur, machino, electro, assistant réalisateur…


Arriver à la réalisation a donc été un long chemin ?


Oui, j’ai d’abord fait une école de cinéma en arrivant de mon Alsace natale : l’ESRA à Paris dans le 15ème , puis je suis entré sur les plateaux en tant que régisseur sur le dernier film de Maurice Pialat : Le Garçu. J’ai ensuite beaucoup appris sur les films des autres comme régisseur ou assistant-réalisateur, grâce à une directrice de production : Edith Colnel. C’est elle qui m’a ouvert les portes des plateaux. Je ne pourrais jamais la remercier assez ! Elle est devenue ma « Maman de cinéma ».

Vous êtes aussi, ou d’abord, le scénariste de vos films. Pourquoi ?

Parce que depuis toujours, j’ai une imagination débordante qui a débuté avec les figurines « Star Wars » où je rejouais durant des heures de nouvelles aventures interstellaires !

Seriez-vous tenté, accepteriez-vous d’adapter à l’écran le scénario d’un autre ?

Si un jour j’en ai la chance et l’opportunité, oui, avec grand plaisir !

Quel thème vous intéresse-t-il le plus ? Avez-vous un sujet de prédilection ? Vos films, comme ceux de François Truffaut*, tournent-ils tous autour d’une même question ?

François Truffaut est un cinéaste auteur d’une œuvre immense. Moi, je suis un aspirant réalisateur, je ne peux pas vraiment répondre à une telle question après seulement trois courts-métrages. J’espère que je pourrais répondre à une telle question dans quelques années !

Vous avez trois courts-métrages à votre actif. Que pensez-vous du Court ? Que pourriez-vous nous dire sur cet art, ce système, ce milieu ?

Je pense que le court métrage sert de tremplin pour le long, pour se faire les dents et présenter ses films comme carte de visite. Je ne crois pas au court-métrage comme une fin en soi, parce que pour faire un court-métrage, on perd de l’argent, ça ne peut pas durer dans le temps !
Maintenant, le milieu du court-métrage aujourd’hui, c’est le même que le long-métrage, les techniciens sont les mêmes, le matériel aussi… Mais ce qui a changé aujourd’hui, c’est que sur un court, presque tout le monde est payé alors qu’il y a quelques années, les techniciens étaient tous bénévoles… c’est la crise !


Vous n’avez pas encore signé de long-métrage.

Je m’y attelle ! Le film s’appelle La Saignée.

Où puisez-vous votre inspiration ?


Surtout en regardant d’autres films… que j’essaye de me réapproprier. Et aussi dans mon imaginaire d’enfant nourri de Star Wars et de westerns spaghetti à la sauce Leone !

La culture cinématographique est donc indispensable pour devenir réalisateur.


 Pour moi, oui. Je pense qu’il faut voir beaucoup de films pour apprendre avec ceux qui ont fait l’histoire du cinéma. Cette question me rappelle une citation de Woody Allen : « On écoute parce qu’on aime. Et peu à peu, on apprend. Il en va de même pour l’art dramatique ou pour la mise en scène de théâtre et de cinéma. Il faut d’abord aimer lire, ou aimer aller au théâtre, au cinéma, au concert. Et d’une certaine façon, au fil des ans, sans effort, ça vous pénètre par osmose, ça passe dans votre sang, dans les fibres-mêmes de votre corps… » Woody & moi – Stig Björkman


Iriez-vous jusqu’à dire que la seule connaissance de films est plus importante que les écoles basées sur la pratique ?


 Il faut un juste mélange de pratique et de théorie ! La pratique est indispensable pour ambitionner réaliser un film . Je ne pense pas qu’on puisse sortir de la fac de cinéma en n’ayant fait que de la théorie, sans jamais avoir mis un pied sur un plateau et vouloir « cash » réaliser !
Les écoles de cinéma donnent un avant goût de ce qu’est un tournage. Mais moi, ce que je conseille à toute personne qui a envie de réaliser, c’est d’observer un tournage de l’intérieur en occupant le poste le plus bas de la pyramide, c’est-à-dire régisseur ou assistant réalisateur stagiaire.


Comment avez-vous eu l’idée de tourner Le Hérisson ?


Pour ma toute première expérience, je voulais raconter une histoire sans dialogue, uniquement par la mise en scène comme au début de l’histoire du cinéma !
Ensuite
Le Hérisson, c’est un mélange d’influences entre le western spaghetti, les fables de Lafontaine, Tex Avery et Mad Max.
 


Pourquoi l’avoir tourné en 35mm Cinémascope ? Si c’était à refaire aujourd’hui, utiliseriez-vous le même format ?

J’ai tourné Le Hérisson en 35 Scope parce que j’adore ce format, ce grain, ce corps d’image propre aux westerns d’Hollywood…et d’Italie, qui n’était d’ailleurs pas du cinémascope, mais du techniscope !
Maintenant, est-ce que je tournerai encore un tel film dans ce format ? Je ne pense (malheureusement) pas parce que ce film a quand même coûté autour de 30 000 euros, ce qui est beaucoup d’argent, et aujourd’hui on a en notre possession une nouvelle technologie qui nous permet de faire des films avec une haute qualité d’image à un moindre coût !
Mais je ne regrette rien, j’ai pris un plaisir énorme en tournant
Le Hérisson en Scope, ainsi que de l’avoir monté à l’ancienne sur une table de montage 35 avec les gants blancs, le chutier et tout le toutim !

Quel souvenir gardez-vous du tournage ? Le cadrage est très maîtrisé. Avez-vous rencontré des difficultés ?

Avant le premier jour de son premier tournage au poste de réalisateur, que ce soit une pub, un court, un clip ou un long, on ne sait pas si on sera à la hauteur et si on est fait pour ça !
Alors, le souvenir majeur du tournage, c’est le tout premier plan que j’ai tourné avec René Marquant et Benoît Delepine… Ce fut extraordinaire, comme dans un rêve, là je me suis dit que j’étais peut être fait pour ça.
En ce qui concerne le cadrage, merci pour le compliment ! J’ai beaucoup travaillé le découpage en amont avec mon assistant, et ami (qui est aujourd’hui chef électro), Pierre Fanet, et le Story Boarder Gilles Koch. Maintenant vous pouvez préparer le tournage très en détails, il y a toujours des aléas : le hérisson avait beaucoup de mal à comprendre les directions qu’il devait prendre selon le story-board, si je voulais qu’il aille à gauche, il allait à droite… un vrai festival ! Du coup je suis devenu un grand spécialiste des hérissons.


Le story-board est indispensable selon vous ?


Vu les films que j’ambitionne de faire, j’ai besoin de travailler en amont sur découpage très précis des scènes. Et si j’arrive sur le plateau avec un découpage écrit, la plupart du temps, j’aurais du mal à comprendre ce que j’ai imaginé il y a des mois, tout en perdant un temps précieux à l’expliquer à toute l’équipe. Alors qu’avec un dessin, en deux secondes, tout le monde sait quel plan on va tourner.


Vos deux films ont un générique bien rempli. Le Cinéma amateur ne vous attire pas ?


J’ambitionne de faire des films de divertissement, donc il faut un certain nombre de techniciens pour faire les choses le mieux possible. Maintenant, nous n’étions jamais de trop sur le plateau et vu que ce sont des courts-métrages, j’ai le sentiment d’être encore un amateur, ou plus précisément, en apprentissage.


Comment va-t-on chercher les subventions quand on fait un court-métrage ?

On prend son courage à deux mains et on va taper à toutes les portes possibles ! En ce qui me concerne, les seules subventions que j’ai touchées sont d’Alsace, d’où je suis originaire. Pour Le Hérisson, j’ai eu l’aide à la première œuvre et pour Le Salopard, j’ai eu une subvention de la région Alsace. Sans ces aides, j’aurais eu beaucoup de mal à aller au bout, vu que les aides correspondaient à la moitié du budget ! L’autre moitié étant complétée par ma mère, mon beau-père, ma sœur et ma grand-mère : une production très familiale !

Comment diffusez-vous vos films ? Vous participez à des festivals ?

En premier lieu, j’inscris mes courts à tous les festivals qui correspondent à la ligne éditoriale, puis je les présente aux chaînes de télévision qui diffusent des courts. Ensuite, je les mets en ligne sur Dailymotion ou Mouviz.

Comment vous est venue l’idée du Salopard ?

L’idée est autobiographique ! J’ai eu l’idée pendant mon service national à Bitche, en Lorraine, où j’ai vu des choses incroyables ! J’en ai « chié » pendant dix mois, mais une fois que c’était fini, j’étais très heureux de l’avoir fait parce que ça a nourri mon imaginaire pour longtemps. Et tous ceux qui ont fait leur service vous diront que
Le Salopard, c’est à peine exagéré !
 
 

Le titre n’est pas un hasard, n’est-ce pas ?


Le titre est en rapport avec Les 12 salopards et le film influencé par d’autres films comme La Colline des hommes perdus et bien sûr par Sergio Leone.

Le cadrage est une nouvelle fois très réussi. Est-ce le fruit de l’expérience ?


Encore merci pour le compliment ! J’espère avoir acquis un peu d’expérience, en même temps, il s’agit encore d’un court et forcement, il y toujours des imperfections.

Comment s’est passé le tournage par rapport à celui de votre premier film ?


Encore mieux ! Tous les matins, c’était un bonheur d’arriver sur le plateau. Tout était calé, tout était fluide. J’avais avec moi une équipe de techniciens de grande qualité, des figurants adorables et super motivés. J’ai adoré travailler avec Denis Maréchal, qui a beaucoup de talent, et Philippe Nahon, un comédien immense ! Diriger un tel comédien fut un bonheur de chaque instant ! Je me souviens de la première fois où j’ai rencontré Philippe, c’était sur Comme une bête, je suis entré dans une pièce où il attendait avant de tourner, il m’a dit « Bonjour » et j’ai cru voir devant moi Jean Gabin… un choc !!!

Cette fois-ci, vous avez tourné en Super 35mm Cinémascope. Pourquoi ?

Parce que j’adore le format 2,35, ainsi que la texture et le grain du 35. Par chance, nous avons pu obtenir à moindre frais une Moviecam SL chez le loueur TSF.

Votre dernière réalisation en date (Saignant) a été tourné en numérique. Quelles sont les raisons de ce choix ? Quel format préférez-vous ?

Je suis un peu « old school », j’aime toujours autant le 35 ! Mais il faut vivre avec son temps et tourner en numérique diminue les coûts de productions par dix pour un court comme
Saignant.

Pensez-vous que la caméra numérique soit l’avenir du Cinéma ?


Bien sûr ! La caméra numérique est l’avenir et déjà le présent du cinéma. La caméra RED est une petite révolution. Mais comme le noir et blanc, on fera toujours certains films en pellicule… il y a encore aujourd’hui des films courts tournés en Super 8 !

Deux de vos trois réalisations sont en ligne gratuitement via le site de partage Dailymotion. Pourquoi avoir choisi de les diffuser gratuitement via ce site ? Qu’est-ce que l’Internet peut apporter au Court-métrage selon vous ?


Faire un court-métrage doit, selon moi, servir comme une carte de visite. Donc, plus un film est vu : mieux c’est !
Et l’Internet est le meilleur diffuseur pour les courts-métrages, vu le nombre de spectateurs potentiel.


En tant que réalisateur, quel est votre rapport à l’Internet ?

Je n’ai pas de rapport en dehors des sites où j’ai mis mes films en ligne : Dailymotion et Mouviz. Et sinon, j’ai plus un rapport à l’Internet en tant que cinéphile : je surfe sur des sites comme Ecran Large, Imdb, JP’s Box-Office, Allociné, DeVilDead


Comment voyez-vous l’avenir du court-métrage ?


Comme de plus en plus numérique et de moins en moins bénévole.

Pensez-vous que ce soit le meilleur moyen de passer au long ou bien que ce peut être un piège ?

Chaque parcours de réalisateur est différent. Il n’y a pas de voix royale. Faire du court-métrage en est une, passer par l’assistanat en est une autre, ou faire une école comme la Fémis encore une…
Maintenant, je ne pense pas que pratiquer sur un format court, sur quelques jours avec une petite équipe soit un piège : c’est, selon moi, une des meilleures préparations pour espérer passer au niveau supérieur du long-métrage. Avant de conduire une Formule 1, il vaut mieux d’abord débuter sur un kart, non ?

 
Puisque vous évoquez l’équipe de tournage, parlons des acteurs ! Quel rapport entretenez-vous avec eux ? Comment les choisissez-vous ? En trois films, vous avez déjà travaillé deux fois avec les mêmes.

Je fonctionne surtout à l’affect. Je ne sais pas si c’est une bonne chose, mais pour l’instant sur mes trois courts, je n’ai jamais fait de casting. J’ai toujours choisi des comédiens que je connaissais d’un tournage ou avec qui j’avais envie de travailler.
Pour
Le Hérisson, j’avais écrit l’histoire en pensant à Benoît Delepine, puis c’est grâce aux castings de Groland que j’ai rencontré cet homme extraordinaire qu’était René Marquant !
Pour
Le Salopard, que j’ai aussi écrit spécialement pour Philippe Nahon , je le connaissais du dernier film de Patrick Shulman : Comme une bête. C’est vraiment un honneur et une chance de travailler avec un tel comédien ! Depuis, je suis très fier de faire parti de ses amis, même s’il me plume régulièrement au poker !
Denis Maréchal, je l’ai rencontré sur un long-métrage américano-espagnol
Off Key. Reda Samoudi, qui joue dans Saignant, je l’ai découvert au Cours Florent dans une pièce mise en scène par mon pote Arnaud Pierre, qui est aussi au casting de Saignant et du Salopard. J’essaye d’entretenir un esprit familial !

Vous écrivez le scénario en fonction des personnes que vous souhaitez engager. Vous vous rapprochez donc de la définition que donne Alain Delon de l’acteur : « un acteur, c’est une personnalité que l’on met au service d’un personnage. »


Oui, je suis d’accord avec cette définition. Je n’ai pas le sentiment ni la prétention de DIRIGER un comédien, mais plutôt de le choisir, puis de le guider vers le personnage que j’ai imaginé. En tout cas, sur ces trois courts, je pense avoir surtout choisi des comédiens. Je ne les ai pas beaucoup dirigés, juste aiguillés vers ce que je voulais, mais dès le départ je les ai choisis en rapport avec leur proximité du personnage et ensuite je privilégie toujours la spontanéité et le naturel dans leur jeu plutôt que la fidélité au scénario et aux dialogues.


Quels rapports entretenez-vous avec les autres membres de l’équipe technique ?

Je les fouette et je leur crie dessus toute la journée ! (rires)
Sérieusement, pour qu’un tournage se passe bien, il est nécessaire, selon moi, que ce soit très hiérarchique, chacun doit être à sa place. C’est un système pyramidal. Au sommet se trouve le réalisateur. Il doit être à l’écoute de tous ses collaborateurs, ainsi que des acteurs. Mais il doit clairement faire comprendre que c’est lui le capitaine du navire ! Moi, j’essaye d’être un bon capitaine, juste et carré, tout en gardant en mémoire mes années où j’étais mousse, c’est-à-dire régisseur stagiaire.


Quel genre de réalisateurs êtes-vous ?


Un tyran, comme je viens de le dire. Une sorte de capitaine Bligh dans Les Révoltés du Bounty. Encore une fois, je rigole, mais malheureusement je ne me considère pas encore comme un réalisateur : il faut en vivre pour l’être vraiment. Et donc réaliser des longs-métrages, ou du moins au moins un !

Et quel genre de réalisateur aimeriez-vous que l’on vous souhaite d’être à l’avenir ?

Juste d’en être un ! C’est mon rêve depuis très longtemps ! Après ça, on aura toujours le temps de voir de quel genre je suis, ça ne sera que du BONUS !

En attendant, pourriez-vous nous en dire plus sur votre quotidien ?

Et bien, j’essaye à tout prix de devenir ce réalisateur dont je rêve tant ! Donc mon quotidien tient à monter mon projet de premier long-métrage que j’ai écrit avec mon grand ami Thomas Dwino : La Saignée.
Il s’agit d’un survival intense et frénétique, à la frontière de l’horreur. Il sera interprété par Virginie Ledoyen, Laurent Lucas, Aurélien Recoing, Richard Sammel et Philippe Nahon. Le film est produit par Alter Ego Films et Red Lion, et nous sommes actuellement à la recherche d’un distributeur.


Pour un premier long-métrage, vous ne traversez ni La Manche, ni l’Atlantique, mais vous partez déjà à l’étranger après avoir toujours tourné à domicile. Pourquoi ne pas avoir été produit par une société française ?


Mais je suis produit par une société Française : Alterego Films dirigée par Eric Porcher !
Ce n’est que le tournage qui aura sans doute lieu soit au Luxembourg, soit en Roumanie, mais le film sera tourné en langue Française !


Pour en revenir au court-métrage, vous avez réalisé votre premier film à l’âge de 28 ans ; six années se sont écoulées entre celui-ci et votre deuxième film. Puis, vous avez encore dû attendre quatre ans pour tourner votre troisième et dernier court de fiction en date. Pourtant, il a bien fallu que vous trouviez une source de revenus. Surtout, si comme vous nous l’avez dit plus tôt, tourner un court-métrage n’est qu’un déficit sur le plan financier.


Ces années se sont écoulées parce que j’ai travaillé en tant que technicien sur des films, d’abord comme régisseur, puis comme assistant-réalisateur, justement pour gagner ma vie et pouvoir réinvestir dans mes courts-métrages ! Si je ne l’avais pas fait, je serais aujourd’hui riche !!!

En 2005, vous avez réalisé un moyen-métrage de trente-quatre minutes.


Oui, j’ai réalisé le making of du film de Jean-Pierre Denis,
La petite Chartreuse, avec Marie Josée Croze et Olivier Gourmet, deux comédiens magiques. Un immense bonheur. J’ai réalisé ce making of comme moi j’apprécie ce type de document sur un DVD, c’est-à-dire comme une simple caméra témoin présente sur le plateau : j’ai horreur des faux making of truffés d’interviews où les acteurs du film reparlent du film qu’on vient juste de voir ! Et j’ai participé en tant que témoin au documentaire consacré à MONSIEUR Philippe Nahon : j’ai été très honoré d’être aux cotés de Mathieu Kassovitz, Gaspard Noé ou Vincent Cassel…

Propos recueillis par Richard Patrosso
 
* François Truffaut : « Je tourne autour de la question qui me tourmente depuis trente ans : le cinéma est-il plus important que la vie ? »



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