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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Kinship » Isabelle Adjani plus que jamais (dé)vouée au Théâtre

« Kinship » Isabelle Adjani plus que jamais (dé)vouée au Théâtre

Entre deux représentations de « Kinship », le samedi 22 novembre, Isabelle Adjani donnait une conférence de presse confidentielle dans un studio appart au 1er étage du Théâtre de Paris.

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KINSHIP
photo © San Bartolomé

 

La comédienne était détendue, enjouée et néanmoins directe dans l’expression orale ; ses deux partenaires de jeu venaient la rejoindre en fin d’interview, sous forme de questions-réponses spontanément posées par une quinzaine d’heureux élus à ce « rare » exercice.

Étant désormais dégagée d’obligations familiales contraignantes, la comédienne entend démarrer avec « Kinship » un nouveau cycle dans sa vie d’artiste ; elle a soif de Théâtre et se verrait bien volontiers devenir prochainement metteuse en scène, à l’instar de ses créations d’adolescente dont elle garde une satisfaction nostalgique émue.

Mais pourquoi pas également revenir par la grande porte à La Comédie Française où Isabelle a récemment pu admirer avec enthousiasme Le Lucrèce Borgia et alors même qu’à l’issue de la représentation, en présence de Guillaume Galienne sur la Place Colette, Eric Ruf lui suggérait : « Rejoins-nous ! » ?

En outre, alors donc que la dernière de « Kinship » devrait avoir lieu au Théâtre de Paris fin janvier 2015, l’actrice verrait également d’un bon œil qu’il en soit tiré, par la suite, une création cinématographique qu’elle aurait l’intention de conceptualiser à sa manière.

Mais avant cela, Isabelle Adjani confirme qu’un projet avec Luc Bondy est en préparation top secret. Nous n’en saurons pas plus à ce sujet mais de toutes évidences, elle y tient grandement.

Pour l’heure, c’est-à-dire aux environs de 19h, alors que s’approchaient les préparatifs de la 2ème représentation du samedi, Isabelle expliquait qu’il est tout à fait normal qu’il y ait des ajustements voire des changements de titulaires lors des répétitions d’un spectacle et qu’ainsi la mise en scène confiée en cours de route à sa costumière Dominique Borg n’est qu’un épiphénomène très habituel dans de telles créations.

L’aspect positif de cet aléa artisanal, selon elle, est une scénographie plus abstraite avec un décor simplifié rendant mieux compte du ressenti interactif entre les trois personnages, Lui (Niels Schneider), Elle & La Mère (Vittoria Scognamiglio).

D’ailleurs, si Isabelle Adjani a jeté son dévolu sur ce texte de Carley Perloff, c’est notamment parce que ce rôle lui permet d’incarner une femme d’aujourd’hui confrontée à un questionnement de toutes les époques.

Bien sûr, cela lui procure le plaisir, forcément délectable vu ses tribulations médiatiques passées, d’interpréter une directrice de News Magazine, mais c’est principalement cette histoire d’amour contrarié par les codes sociaux au point de s’en brûler les ailes qui l’a attirée.

Comment, en effet, une femme mature vivant avec mari et enfants, tous ensemble en harmonie, pourrait-elle se laisser entraîner dans une aventure de séduction réciproque avec un jeune homme placé sous son pouvoir hiérarchique ?

Bien sûr, « Phèdre » est bien là, tapie dans l’ombre tel un fantôme ou une danseuse (Blandine Laignel), réactualisant le mythe classique et c’est bien dans ces tiraillements entre le prosaïque et l’idéal d’absolu que voulait, a dessein, se glisser l’immense comédienne, en mal, ces derniers temps, de spectacle vivant.

Elle a conscience que son choix, assumé pleinement en tant que directrice artistique de cette création, peut être plus ou moins apprécié par la critique mais elle souhaite qu’en retour celle-ci, au moins, lui laisse la satisfaction si non la liberté de se projeter en des rôles la faisant vibrer avec une passion intacte, celle d’être à nouveau et, pour longtemps désormais, sur les planches.

Selon notre propre perspective de spectateur, nous pensons que le thème principal de cette pièce pourrait se résumer à celui d’un jeune homme écartelé entre, d’une part, une mère possessive et, d’autre part, une directrice séduite mais pratiquant l’abus de pouvoir.

L’apprenti journaliste devenant peu à peu le jouet de ces forces occultes envahissantes finirait, néanmoins, par trouver la force de renvoyer chacune des deux femmes l’une dans ses frustrations régressives, l’autre dans ses illusions adulescentes, avant qu’un éternel recommencement les ramène tous trois au statu quo voire à la banalité du désenchantement.

Sans doute Isabelle Adjani ne serait-elle pas en réel accord avec notre vision de la pièce mais qu’importe, puisque nous en avons apprécié l’interprétation duelle comme la scénographie virtuelle utilisant avec pertinence la vidéo ainsi que la mise en scène non figurative bien qu’une division spatiale en trois parties eût peut-être été plus judicieuse qu’une suite de fondus au noir.

De plus, quelques réserves sur l’articulation et la fluidité des dialogues qui, au vu de deux représentations à des emplacements différents de l’orchestre, nous ont fait constater une audition quelquefois défectueuse sur certaines répliques de chacun des trois protagonistes.

Enfin, il nous plaît, pour conclure ce compte-rendu, de faire appel à des évocations inspirées selon le déroulement d’un tel spectacle d’Amour Passion en forme de bain de jouvence :

En effet, dans ce « Kinship » sous création mondiale, il nous a semblé y avoir du Diable habillé en Borg, du Lauréat en Schneider alias Roméo mais que pour un oui ou pour un non, Adjani en serait et pour toujours La Reine, chère à nos coeurs.

photo © San Bartolomé

KINSHIP - ***. Theothea.com - de Carey Perloff - mise en scène Dominique Borg - avec Isabelle Adjani, Carmen Maura, Niels Schneider & Blandine Laignel - Théâtre de Paris


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