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L’Amant d’un Jour -

   Film de Philippe Garrel, sorti en 2017 et présenté à la Quinzaine des Réalisateurs lors du festival de Cannes, l'Amant d'un jour retrace l'histoire d'amour entre un homme et une femme aux âges espacés.               

Entre désuétude et modernité, entre fatigue et fougue, le film rend compte de rapports tendus et conflictuels au sein d'un espace confiné.

 

   Un homme, (Eric Caravaca) la cinquantaine professeur de philosophie, retrouve sa fille, Jeanne (Esther Garel) sortie d'une rupture amoureuse. Il lui annonce qu'il habite avec Arianne (Louise Chevillotte), l'une de ses étudiante. Cette révélation, qui aurait pu provoquer le malaise entre un père et sa fille, se déroule sans accrochage. Esther accepte, rencontre Arianne, et laisse se dérouler une amitié improbable, complice et nuancée. 

    Les films de Garrel s'inscrivent dans le sillon du cinéma d'auteur français des années soixante. Il se revendique héritier de Godard et d'Eustache, reprenant ces thématiques des rapports sans cesse redéfinit et requestionnés.
Ces liens entre les êtres, ces questions sur le couple, les triangles, les carrés, les figures géométriques de tous angles... les cinéastes de la nouvelle vague se sont évertués à les traiter et à les triturer. 
Les rapports humains ne sont jamais à bout de souffle. Ce qui rend lourde et épuisante l'atmosphère, c'est la tension nostalgique qu'entretient le professeur de philosophie avec le temps. Rapport de retour au même, d'ennui, de doute... toute cette esthétique en noir et blanc rend compte d'un état interne tourné vers un monde révolu, qui semble en attente.
Jeanne, héritière de cet univers en perte de mouvement (içi, le choix de l'actrice est très pertinent, autant d'un point de vue symbolique que physiognomonique) est à l'image de son père, dans l'attente et la nostalgie d'un idéal révolu. Dans son cas, c'est la perte de son petit ami qui la plonge dans ce mal de vivre conscient. Se retournant vers le passé, elle rumine, elle souffle, elle souffre, elle propage ce pesant de noirceur et de perdition.
   Alors qu'Arianne, c'est la couleur du film, cette palette chromatique bien visible, circulant entre les lignes droites des espaces clos. Une ogresse tentatrice, jouissant, la bouche grande ouverte, absorbant la vie, la laissant pénétrer avec toute la vivacité de son âge. Elle est tout ce qu'aime le cinéma français actuel, cette libération incarnée, cette féminité décomplexée.
Elle laisse apercevoir ce que son entourage ne veut pas voir. Et cette chose est simplement le visible.
L'accessibilité, l'apparent, le visible, tout ces termes sont à bannir du vocabulaire bourgeois qui instaure le mensonge et la dissimulation. Contrairement à Claude Chabrol, grand cinéaste critique du milieu bourgeois et de ses apparats, Garrel rend ces personnages conscients, victimes d'un monde dans lequel il ne peuvent plus vivre sans entrechoquer les parois qui les délimitent. Il y a une profonde tristesse chez Esther et son père qu'Arianne ne parviendra pas à atténuer.
Car celle qui trompe, qui regarde ailleurs, s'ouvre sans cesse, celle-là a-t-elle vraiment une place dans le microcosme bourgeois, intellectuel, nostalgique d'un professeur de philosophie et de sa fille ?

 


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1 réactions à cet article    


  • Hecetuye howahkan Hecetuye howahkan 8 juin 00:45

    Salut..bon j’aime ce que fait Philippe garel...dans la merde cinéphile actuelle..il sort du lot...mon avis seulement rien de plus

    ce sera a voir..merci

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