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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > L’Anglais dans le Français

L’Anglais dans le Français

Un danseur soigne son corps, qui est son outil de travail. C’est notre outil à tous et nous devrions tous prendre soin de notre corps. Une danseuse ne fume pas, ne boit pas d’alcool, ne passe pas des nuits blanches en boite comme les jeunes de son âge…

Il en va de même de la langue. Un poète, un auteur, un journaliste devrait prendre soin de la langue française, comme nous tous devrions en prendre soin, mais un peu plus, volontairement, avec sécurité et fierté, avec professionnalisme, en quelque sorte.

Il est difficile quand on prend soin de la langue française de ne pas passer pour un conservateur, alors que l’axe progressisme-conformisme n’a rien à faire là-dedans.

Le problème n’est pas nouveau. En 1991, René Étiemble écrivait « parlez-vous franglais ? », montrant que la France était une colonie des USA et l’acceptait plutôt joyeusement, en tout cas, sans résistance. Ce phénomène continue, alors que la colonisation est réputée être une horreur.

Mon propos n’est pas celui-là, de géopolitique, de la domination économique, culturelle et politique. Mon propos est plus « psychologique », visant à montrer le manque d’amour pour nous-mêmes que relate cette intrusion permanente des mots américains (il faut cesser de l’appeler anglais). Ce qui a progressé depuis 1991, ce qui me semble nouveau, c’est la substitution exacte de mots anglais à des mots français !

 

Sur France Inter, quelqu’un parle d’anxiété écologique et dit qu’elle se demande si elle va faire un troisième enfant et qu’elle se range plutôt avec les « no kids ». A quoi sert ce mot ? Posez-vous la question.

Certains s’opposent à l’idéologie appelée woke, mettant dans leurs critiques le fait qu’elle soit importée des USA. Personnellement, je parle de « faire-taire », des faire-taire ou des censeuriste...

OK : j’écris Dac pour d’accord, je le disais quand j’étais en culottes courtes.

Cluster : foyer (!)

Bashing : dénigrement

Burn out : surmenage

Suces full : de succès (le même mot qu’en français !)

Green wahing : fausse écologie, écologie de façade ou de vitrine, écologie de communication (on peut inventer comécologie ou écocommunication)

Empowerment : l’empouvoirement (on peut inventer des mots).

Fact-Checking : vérification des faits (souvent traduit après avoir été dit)

Fake news : bobard

Story telling : grand récit

Replay : différé

Blackout : coupure (d’une fourniture énergétique, en général l’électricité). On ne sait pas dire cela en français ? Apparemment non. Débarrassons-nous vite de cette langue qui ne dit pas grand-chose, qui ne dit pas ce que nous avons besoin de dire !

Marseille attend le « go » du président ! (feu vert, autorisation…)

 

Une langue est constituée d’un patrimoine et d’un moteur ou de moteurs qui permettent de créer des mots. Ces deux dimensions, l’une statique et l’autre dynamique, n’ont pas le même statut : Quand on apprend une langue, on apprend tout ce qu’on peut du stock de mots et du stock des procédures grammaticales, on n’apprend pas les procédures de création de néologismes. Cependant, une langue a ces procédures. Si elle ne les met pas en jeu, si elle n’est pas capable de nommer des choses nouvelles, elle se fait envahir peu à peu par les autres. Je redis que cet article traite d’une particularité de la langue française pire que de ne pas savoir s’augmenter pour continuer à parler de tout, une particularité qui consiste à détruire des mots pour les remplacer par des mots étatsuniens.

France Inter : je suis en plein milieu d’un road trip… un voyage en fait.

Je suis invité quelque part, il y aura des Serious Gaming, or la notion de jeu sérieux existe en français (et en italien) et se dit dans des termes calquables mots pour mots avec l'étatsunien.

Une affiche nous invite à entrer dans le game… un site de bricolage s’appelle need help (besoin d’aide) ! etc.

 

J’écoute une émission économique et soudain, j’entends « so what ? » pour « et alors ? » !

Un contre-exemple : Denis Robert, interviewant Ruffin : « je ne vais pas déflorer la fin du livre… » déflorer et non spoiler ! Rare ! Merci monsieur. Malheureusement, ailleurs, il dit il faut continuer le fight (le combat). Misère !

 

https://www.youtube.com/watch?v=jzvMxn683ps à 8’30’’ : On a demandé à la CCC de résoudre problème par problème, de faire du problem solving, comme on dit en anglais. D’où vient cette connivence entre l’interviewé, l’intervieweur et le public qui pousse à dire une chose une fois en français, une deuxième en étatsunien et de signaler que ça n’apporte rien de le dire une seconde fois en « anglais » ? Pourquoi fait-on comme ça ? (Ce moment n’est pas plus significatif que bien d’autres, vous en trouverez autant que vous voudrez)

 

« Il y aura des quick fix (je ne suis pas sûr d’avoir bien compris ?) comme on dit en anglais », Esprit public, France culture, le 3 octobre, il nous signale qu’il nous parle anglais mais ne traduit pas.

C’est partout, tout le temps.

 

On dit de temps en temps que la domination de l’étatsunien dans le français est dû à la rapidité d’exécution de cette langue. Save the date, (pour note la date) ! ça va plus vite ? Des théâtres subventionnés emploient cet étasunicisme (anglicisme) ! Il n’y a pas une digue ! pas un frein ! que l’analyse quasi impuissante d’un anonyme. Michel Serres avait cette insistance et cette présence à ce problème culturel tragique, tragique signifie que les français ont pris, par ignorance, mais on pourrait dire de gaité de cœur, un chemin vers la mort de leur langue (le tragique, c’est ce qui a à voir avec la mort).

D’autre part, on parle avec beaucoup de redites. Notamment, des redites liées à cet emploi abusif, intrusif de la langue étatsunienne dans le français. J’en ai parlé plus haut.

 

Nous avons un étranger dans notre maison, il casse les meubles, vide les placards et détruit ce que ces derniers contiennent, il remplace les meubles et le contenu des placards par des choses qui lui plaisent à lui. C’est un voleur à l’envers, il casse, il remplace, il occupe, au sens de l'occupation (1940/1944). Au lieu de le chasser comme un intrus, l’intrusion est normalement une agression, on l’aide, on s’y met avec lui… Tiens, ce mot français-là, quelle mocheté, vite un beau mot anglais à la place. Il faut être moderne, il faut être à la mode, excusez-moi, il faut être in, il ne faut pas être has-been. Il faut être à la mode veut dire qu’il faut être comme tout le monde, et il faut réclamer d’être soi-même, de penser par soi-même puisque tout le monde le réclame.

 

Le bouquet (je n’aurais pas cru cela possible si je ne l’avais entendu, de mes oreilles entendu), dans la bouche d’un poète au marché de la poésie !

UN MOT FRANÇAIS PRONONCÉ COMME SI C’ÉTAIT UN MOT ANGLAIS (en l’occurrence, le mot « diable » prononcé « diabeulse »).

La langue est un outil puissant d’humanité, nous devrions prendre soin de la nôtre « comme de la prunelle de nos yeux ».


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48 réactions à cet article    


  • Schrek Docteur Faustroll 25 octobre 10:27

    Le bouquet, c’est aussi quand un mot « aller-retour » issu du français, adopté par les anglophones (en effet, même les britanniques sont « américanisés », mais on continue à dire « anglophones »), revient à la faveur des médias avec le sens qui lui a été donné outre-mer (Manche et/ou Atlantique).

    C’est le cas pour le mot « supporter » qui désigne non seulement les « aficionados » (merde, un hispanisme !) d’une équipe, mais se trouve aujourd’hui utilisé en tant que verbe par les commentateurs sportifs qui parlent de « supporter » cette équipe.


    • ZXSpect ZXSpect 25 octobre 10:31

      .

      Je partage le constat de l’auteur, mais il ne faut pas sous-estimer la part du français dans la langue anglaise

      .


      https://fr.wikipedia.org/wiki/Influence_du_fran%C3%A7ais_sur_l%27anglais



      « dans la langue anglaise, on considère que sur 60 000 mots, 60 % sont d’origine française »


      https://www.franceinter.fr/histoire/histoire-des-langues-depuis-guillaume-le-conquerant-le-francais-et-l-anglais-ne-font-qu-un


      « L’anglais comporte 25 000 mots français. Le français, lui, comporte 500 mots anglais »


      https://www.lefigaro.fr/langue-francaise/actu-des-mots/anthony-lacoudre-le-francais-a-litteralement-envahi-la-langue-anglaise-20190915

      .

      .


      Quant à la pureté du français… que dire des apports du bas latin dans notre langue !


      https://fr.wikipedia.org/wiki/Latin_vulgaire


      On ne peut donc pas s’offusquer de la migration entre langues de l’usage des mots, pour autant que le message destiné au plus grand nombre demeure compréhensible sans lexique.

      .

      That’s All Folks smiley


      • Schrek Docteur Faustroll 25 octobre 10:34

        @ZXSpect

        Honni soit qui mal y pense.


      • Décroissant 25 octobre 13:54

        @ZXSpect

        L’envahisseur imposant en général sa langue, les Normands ont supplanté les envahisseurs précédents Angles et Saxons, de même que la Gaule romaine a adopté un latin dégradé, tout cela renvoyant aux nombreuses migrations qui ont précédé la constitution des états et des langues nationales, ringardisant la notion absurde de pureté, et c’est tant mieux !

        Mais si de Gaulle a longtemps prôné l’indépendance nationale (qu’on nommerait aujourd’hui volontiers souverainisme) après s’être initialement opposé au régime de protectorat imaginé par les américains pour la libération des territoires occupés, il est piquant de constater qu’à la faveur d’un néo-libéralisme mondialisé, les modes de vie, les esprits et la langue française subissent une colonisation de fait, rabotant un certain art de vivre.

        Ainsi, l’usage immodéré de l’anglicisme « impacter » évite de préciser les modalités et les interactions en jeu, bref d’exprimer toute la richesse de la langue française. Cette amputation technocratique (il faut aller vite) est à rapprocher des éléments de langage qui structurent les paroles officielles, une dépossession qui ne dit pas son nom.


      • TonyMalt 25 octobre 14:11

        @ZXSpect
        Bel exemple de hors sujet.

        Le monsieur parle du Français et pas de l’Anglais !


      • Orélien Péréol Orélien Péréol 26 octobre 09:53

        @ZXSpect
        Je ne traite ni d’une concurrence du français avec l’étatsunien (je te prends un mot tu m’en prends un et selon votre compte, le français serait très gagnant)
        ni d’une pureté de la langue française
        je traite du fait qu’on élimine des mots français pour mettre à la même place, exactement la même des mots « anglais ».
        Dans le temps où j’écrivais cet article, j’ai eu l’occasion d’entendre un mot français prononcé comme si c’était un mot anglais.
        Je parle du soin à la langue française : nous nous infligeons des mutilations, avec fierté et enthousiasme. C’est de cela que je parle.


      • wagos wagos 25 octobre 11:01

        Le phénomène n’est pas né d’hier...dans les années 45/50, le Shape était installé en France pour contrer le communisme envahissant d’après guerre, il y avait des villages américains chez nous.. 

        Il arrivait que parfois, il y avait des mariages entre Française et Américains ( mon pote de collège était un fils issu de cette alliance et se prénommait Bob ! ...

        Les pubs américanisées envahissaient les beaux quartiers parisiens, il était de bon ton d’adopter l’accent US...

        De plus, le Rock est arrivé chez nous avec Elvis Presley et d’autres groupes anglos / saxons ont emboîté le pas...à tel point que des artistes Français ont pris des noms de scène américains pour être dans le vent de l’époque...vous les connaissez tous ! 

        L’usage de l’anglais est demandé dans beaucoup de métiers , c’est une obligation autant pour les échanges que pour lire les notices écrites en anglais, langue internationale pour simplifier les communications ..

        Ensuite oui le français c’est la quintessence du raffinement pour donner de la vie aux mots , mais est-ce que les français eux-mêmes en usent...écoutez un peu les commentateurs radio ou télé faire des fautes pas possibles avec le verbe être ou avoir quand il faut les conjuguer .


        • Schrek Docteur Faustroll 25 octobre 11:13

          @wagos

          On peut même remonter plus loin, avec le ragtime et le charleston, mais c’est vrai que le débarquement et les bases américaines ont accéléré le processus, et en effet, l’ironie de la chose, c’est que ce sont les cibles elles-mêmes qui sont demandeuses. Le jazz est un exemple caractéristique.


        • wagos wagos 25 octobre 11:36

          @Docteur Faustroll

          Mais oui, tout à fait, merci de nous le faire remarquer...plus dans les années de la « belle époque » années 20 et 30 pour une certaine classe sociale ouverte à des relations internationales, important de ce fait d’autres cultures et musique chez nous .Quant au jazz...j’en suis un fervent adorateur , autant que la musique classique ...« Les extrêmes se rejoignent parfois » ..


        • Schrek Docteur Faustroll 25 octobre 13:03

          @wagos

          la belle époque, c’était 1900, le triomphe de la bourgeoisie rad-soc et l’aboutissement des thèses de Guizot : « enrichissez-vous » ! Le French Cancan et tout le bordel.

          1920/1930, c’était les années folles : les gens croyaient que la guerre était terminée grâce à l’intervention des USA et ils admiraient leur mode de vie « en avance » qu’ils ne demandaient qu’à adopter, alors que la colonisation de faisait que commencer et devait prendre sa véritable forme qu’avec le débarquement en 1945, vingt ans plus tard (ce n’est pas beaucoup, vous savez !).
          pour ce qui est du jazz, j’en suis aussi un grand fervent ; il parait que certains Gaulois aimaient les poètes latins


        • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 25 octobre 11:42

          Green wahing : escrologie


          • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 25 octobre 12:00

            Y’a un petit côté sodomite dans le titre, comme un peu dans les faits ? ^^


            • Clocel Clocel 25 octobre 12:08

              @bouffon(s) du roi

              Nous sommes sous l’ère Macron , je te rappelle, il ne serait être question d’orthodoxie.


            • Clocel Clocel 25 octobre 12:25

              @Clocel

              saurait être...


            • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 25 octobre 12:47

              @Clocel

              ..mais de praxis ? ^^


            • Clocel Clocel 25 octobre 13:12

              @bouffon(s) du roi

              Mouais... Même pas sûr... Il faut être équilibré pour avoir une sexualité de qualité.


            • Marengo 25 octobre 12:06

              « Parlez-vous franglais » d’Etiemble est plutôt de 1961 que de 1991.

              .

              Prononcer comme en anglais n’importe quoi donne des résultats comiques. J’ai entendu la bactérie Escherichia coli habituellement abrégée en « E. coli », se faire prononcer « i coli ». Nous avons maintenant des bactéries électroniques.

              .

              Nos compatriotes alsaciens sont habitués à entendre les journalistes parisiens prononcer leurs noms de lieu comme si c’était de l’anglais. Le « w » est prononcé comme dans « water-closet », les lettres « s » et « h » qui se suivent prononcées comme le « ch » de cheval alors qu’elles appartiennent à deux syllabes distinctes, etc. Il en va de même pour les noms allemands avec des rigolades comme le « ee » de la rivière Spree ou d’Albert Speer prononcée « i ». 

              .

              Abstenez-vous de boire de l’alcoul avant de conduire. 


              • Clocel Clocel 25 octobre 12:06

                L’esclave parle la langue de son Maître, j’ai lu quelque part...


                • Schrek Docteur Faustroll 25 octobre 13:04

                  @Clocel

                  ben oui !
                  c’est quoi, sinon, la « francophonie » ?



                • Orélien Péréol Orélien Péréol 25 octobre 14:27

                  UN magasin, en plein Paris, tenu par des amis s’est fait cambrioler. Le mot sur leur porte est entièrement en étatsunien : « we are CAMBRIOLED BUT we are OPEN. »

                  Mais débarrassons-nous de ce français de m...


                  • Schrek Docteur Faustroll 25 octobre 16:37

                    @Orélien Péréol

                    ce sont de « faux-amis », alors ?


                  • Giordano Bruno - Non vacciné 25 octobre 14:29

                    Les mots anglais incorporés dans des textes en français peuvent revêtir 2 utilités pour moi :

                    1. Cela m’incite à ne pas lire cette prose.
                    2. Si j’ai souhaité tout de même poursuivre ma lecture, bien souvent, je n’ai pas compris le mot en question.

                    Ainsi, je suis plus ou moins protégé des idées de ceux qui pratiquent cette forme de colonisation.


                    • Orélien Péréol Orélien Péréol 25 octobre 15:23

                      Vient sur mon FB, le photo d’un bombage : sur le mur, il est écrit « no future », un jeune garçon dessiné lui aussi, rajoute un « w » à « no », qui devient « now future ».

                      C’est adorable, mais c’est encore de l’étatsunien.


                      • Clocel Clocel 25 octobre 15:35

                        @Orélien Péréol

                        En parlant de tag, j’en ai vu sympa l’autre jour :

                        « Quand clitoris, je ris aussi ! »

                        Ça m’a fait ma journée ! smiley


                      • Schrek Docteur Faustroll 25 octobre 16:36

                        @Clocel

                        Tu aimes tellement la vie
                        Quel est donc ce froid
                        Que l’on sent en toi ?


                      • ZenZoe ZenZoe 25 octobre 17:19

                        Tout ce qui dit l’auteur est vrai, mais la plupart des pays non-anglophones dans le monde font exactement pareil que nous en adoptant des mots anglais-américains et n’en font pas tout un fromage.

                        Adopter des mots d’ailleurs ne devrait pas poser problème, une langue vivante évolue constamment, et les Anglo-saxons empruntent aussi ici et là.

                        En France, cette crispation autour de la langue est à mon avis l’arbre qui cache la forêt. Le problème de fond est un point douloureux. La France est en net déclin, et c’est vexant et honteux.

                        PS : signe de notre déclin, l’EN n’arrive même plus à enseigner un français qui tienne d’aplomb aux élèves, et la boucle est bouclée.


                        • Schrek Docteur Faustroll 25 octobre 17:35

                          @ZenZoe

                          Les Américains sont même très friands de vocabulaires exotiques, et ils n’ont jamais été des forcenés du « bon usage ».
                          Les universitaires y sont aussi rigoureux qu’en Europe, mais à l’instar de Chomsky (qui est quand même à l’origine de la grammaire générative), leur curiosité les porte davantage à étudier les mécanismes de fonctionnement des langues qu’à édicter des normes et des exceptions adoubées par une Académie d’« immortels » dont le rythme de travail n’arrive pas à rattraper la vitesse de l’évolution d’un objet qui leur échappe : la langue.


                        • Schrek Docteur Faustroll 25 octobre 17:42

                          @Docteur Faustroll

                          d’ailleurs, ne distingue-t-on pas, sans trop avoir à creuser, langue « vivante » et « langue morte » ?


                        • ZenZoe ZenZoe 25 octobre 18:30

                          @Docteur Faustroll
                          ’’dont le rythme de travail’’ dites-vous... smiley smiley


                        • Schrek Docteur Faustroll 25 octobre 18:42

                          @ZenZoe

                          un slow aussi est un rythme


                        • Krokodilo Krokodilo 25 octobre 18:16

                          Tout ça est vrai, et constaté depuis longtemps. Malheureusement ça s’aggrave, nos médias faisant rarement des efforts pour éviter ces barbarismes. Au contraire, certains se régalent à utiliser toutes les expressions à la mode censées faire jeune et branché. A la base, le problème est politique et date de très longtemps, de la guerre des langues dans l’UE, qui avait à l’origine trois langues de travail ,fr-all-angl : l’anglais a gagné par KO, mais pour cela il a été largement soutenu par notre lobby pro-étasunien, par exemple par l’introduction obligatoire et hypocrite « des » langues vivantes à l’école primaire, qui a abouti, comme prévu initialement (dans l’avant-projet) à l’anglais obligatoire de fait. C’est un problème d’impérialisme, tout simplement, et du refus de débattre de la communication dans l’UE, dont les langues étaient censées être égales ! Nombre de nos dirigeants sont des « Young Leaders », des pro-anglais, pro-Otan et pro-anglais.


                          • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 25 octobre 19:49

                            Il y a aussi l’inverse avec l’influence du français dans l’anglais

                            « cul-de-sac », « carte blanche », « cliché », « déjà vu », « fait accompli », « faux pas », « rendez-vous » (qui s’écrit en anglais en un seul mot)...


                            • Réflexions du Miroir Réflexions du Miroir 25 octobre 19:51

                              Mais c’est vrai, l’anglais surtout dans les mots liés avec les technologies se retrouve en français 


                            • PascalDemoriane 25 octobre 20:20

                              Prendre soin de la langue française

                               ?

                              C’est toujours casse gueule de critiquer le maniement de notre belle langue par autrui sans y faire soi-même entorses ou affronts, sans s’exposer au boomerang d’une contre-critique. Indépendemment des américanismes lexicaux dont on l’affuble, c’est vrai, votre article en fait du parlé par écrit qui n’est pas un modèle de style, de soin et de rigueur, pardon de le dire :

                              « C’est notre outil à tous et nous devrions tous en prendre soin... » Nous et tous sont là en friction. « C’est notre outil à chacun et tous devraient en prendre soin... »

                              semble plus cohérent.

                              « Sur France Inter, quelqu’un parle d’anxiété écologique et dit qu’elle se demande si... » C’est qui « elle » ? France inter ? ou une quelqu’une  ?

                              « Quand on apprend une langue, on apprend tout ce qu’on peut du stock de mots et du stock des procédures grammaticales ». Stock est il le bon mot français pour lexique et règles de grammaire ?

                              « On ne sait pas dire cela en français ? » en français on dit « Ne sait-on pas... ? »

                              "On dit de temps en temps que la domination de l’étatsunien dans le français est dû à la rapidité d’exécution de cette langue

                              «  d’élocution plutôt non ?

                               »Michel Serres avait cette insistance et cette présence à ce problème...«  ne serait pas plutôt »M. Serres présentait avec insistance ce problème..." ?

                              N’y voyez aucune malveillance personnelle, mais le lexique et ses emprunts exogènes ne sont pas les vulnérabilités les plus graves de la langue.


                              • Orélien Péréol Orélien Péréol 26 octobre 00:11

                                @PascalDemoriane
                                Votre commentaire est malveillant et le fait que vous ayez pris le soin de préciser qu’il ne l’était pas est un aveu involontaire.
                                L’essentiel de mon article vous a échappé : ce n’est pas un purisme, un conservatisme que je défends, c’est un soin. Je suis très étonné que cela puisse échapper à un lecteur !
                                Quant aux détails de chaque point que vous décrivez, je ne les tiens pas pour pertinents. Je vais juste prendre le premier et le dernier, parce que ça me gave (je m’amuse).

                                 C’est notre outil à tous et nous devrions tous en prendre soin... » Nous et tous sont là en friction. « C’est notre outil à chacun et tous devraient en prendre soin... »

                                semble plus cohérent.

                                Je ne sais que dire. Non. Ma phrase est très correcte et la vôtre est assez choquante en sa syntaxe.
                                Le dernier, c’est pareil, je n’ai rien à vous dire. Ma phrase est juste et belle.

                                Je vais en prendre un au milieu, qu’il y ait un peu de matière...
                                Quand on apprend une langue, on apprend tout ce qu’on peut du stock de mots et du stock des procédures grammaticales ». Stock est il le bon mot français pour lexique et règles de grammaire ?
                                Stock est le mot exact et nécessaire ici. Je pratique un mode de pensée, la systémique, qui considère le monde dans ces deux éléments, les stocks et les flux. Les flux partent d’un stock et vont vers un autre, les stocks sont des moments d’immobilisation des flux. Dans le genre, on a capital-travail, très connu et très important en économie politique... Le cycle de l’eau : l’océan est le stock par excellence, mais aussi les glaces (s’il nous en reste un peu !)... et les flux : nuages, cours d’eau, nappes phréatiques...
                                Quand on pense à une langue, on la voit comme un stock. On va chercher le sens des mots dans un dictionnaire, qui est un registre du stock de mots. Les règles de grammaire sont du stock (grévisse...). Le flux, c’est, en gros, l’évolution.
                                Vous me semblez du côté de la conservation, du purisme.

                                J’ai écrit cet article parce qu’un flux chasse les mots français et les remplace par des mots étatsuniens, et qu’au lieu de s’insurger de cette colonisation qui n’apporte rien, nous en accélérons le mouvement avec fierté.



                                • rogal 26 octobre 04:01

                                  Rien à attendre des digues telles que lois et règlements pour opposer une résistance suffisante.
                                  Seule la volonté nationale – la volonté de faire nation (et quelle nation !) – peut fournir la force nécessaire.
                                  Nation pas simple d’ailleurs, puisqu’elle doit s’articuler avec d’autres peuples francophones ; elle doit aussi savoir laisser leur place légitime aux chères vieilles langues régionales. Mais cela ne doit pas empêcher...


                                  • rogal 26 octobre 04:02

                                    Bataille !


                                    • mursili mursili 26 octobre 09:55

                                      Comment expliquer que les titres des films hollywoodiens ne soient plus traduits en français pour leur sortie en France (il en va autrement au Quebec) ? Au point que certains films sortent même avec un autre titre, également en anglais : ainsi Made in Dagenham était sorti en France avec le titre We want sex equality, Adoration (en anglais : « eudocheun ») d’Anne Fontaine avait été rebaptisé Perfect Mothers pour sa diffusion en France, on pourrait facilement multiplier les exemples.

                                      J’ai cru comprendre que l’auteur de cet article était un auditeur attentif du Masque et la Plume. Il a sans doute remarqué que le critique de cinéma (qui dirige aussi le magazine Les Inrockuptibles) Jean-Marc Lalanne est particulièrement friand d’anglicismes. Quel irrespect de soi a-t-il pu l’inciter à parler dernièrement de miscasting au lieu d’erreur de distribution ? Le sujet est complexe parce que cela ne l’empêche pas d’être très éloquent en d’autres occasions et donc de défendre le bon et le beau français.

                                      À propos du franglais, j’aime bien renvoyer à la lecture du chapitre que Victor Hugo consacre à l’argot dans Les Misérables. En les transposant à la situation actuelle, on peut y trouver des observations intéressantes.

                                      Petit clin d’œil à l’auteur, cet extrait récent du site de la revue Cosmopolitan :

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                                      • Jean Keim Jean Keim 27 octobre 09:40

                                        La force de l’anglais est la facilité avec laquelle il crée des mots nouveaux, toutefois en français existe également cette possibilité, par exemple ordinateur, courriel, disjoncteur, sont des vocables parfaitement réussis, il est à noter que ordinateur (qui met en ordre) est plus explicite que computer (qui calcul).


                                        • Orélien Péréol Orélien Péréol 27 octobre 10:07

                                          @Jean Keim On peut dire cela mais le français a aussi ses procédures de création de nouveaux mots, qui sont peu employées. Une des raisons est qu’elles sont méconnues, la vision patrimoniale de la langue étant quasiment la seule considérée.
                                          Une des choses qui me frappe, c’est l’invention des noms dans les médicaments. Quand on a su faire un train qui roulait à 300km/h, on l’a appelé de trois lettres. On aurait pu inventer un nom « céléritrain », lancer un concours populaire.... Si c’était un médicament, il aurait eu un nom, et non trois lettres.


                                        • Jean Keim Jean Keim 27 octobre 11:51

                                          @Orélien Péréol

                                          Une suggestion : écrivez un article définissant les règles concernant la création de mots nouveaux en français....


                                        • Orélien Péréol Orélien Péréol 27 octobre 21:28

                                          @Jean Keim La préfixation (écoféminisme) suffixation (les mots en « phobe », homophobie...), mots composés... On peut donner un sens nouveau à un mot ancien (texto plutôt que SMS, sigle ou acronyme fondé sur des mots anglais. En informatique, une tablette).
                                          Dans la pharmacie, on crée de nombreux noms pour de nombreux nouveaux médicaments. Il y a tellement de nouveaux médicaments qu’on ne pourrait pas prendre des lettres (CD, DVD, TGV...) C’est donc possible.
                                          On peut accueillir des mots étrangers. On peut les préfixer, les suffixer et créer des familles de mots. Ce n’est pas un problème en soi.
                                          Ce que je traite c’est de l’abondance de mots anglais qui viennent supplanter des mots français sans aucun bénéfice.


                                        • Jean Keim Jean Keim 28 octobre 08:45

                                          @Orélien Péréol

                                          Je souscris pleinement à votre article, je ne suis pas un lettré, mes études ont été modestes, néanmoins l’intrusion de mots anglo-américains à la place de mots français parfaitement idoines n’est que le signe d’une paresse intellectuelle un tantinet snob, l’utilisation à tout va de mots comme cluster, bashing, fake news, replay... me navre profondément.


                                        • Orélien Péréol Orélien Péréol 28 octobre 10:35

                                          @Jean Keim Je trouve qu’en ce moment, cela atteint des sommets. Il y a longtemps qu’on parle de parking, de weekend... Utiliser des mots étrangers dans une langue n’est pas un problème en soi, c’est le nombre de ces captations et leur inutilité qui me semblent remarquables. Le prestige qu’a le fait de dire des mots anglais à la place de mots français, le prestige que cela donne à la personne qui les dit... L’absence de recherche de mots construits selon les règles de construction des mots en français : on pourrait dire pubécologie (écologie pour la publicité) au lieu de greenwashing...


                                        • Orélien Péréol Orélien Péréol 11 novembre 10:07

                                          Christian Delporte vient d’écrire « La France dans les yeux ». Dans son passage aux infos de Franceinfo ce matin, il parle de la colonisation de nos imaginaires par les USA (Eurodysneyland, le rap, les amateurs de country (non médiatisés mais important en nombre), des pompiers qui rêvent du véhicule de pompier étatsunien qu’on connait tous...)


                                          • Orélien Péréol Orélien Péréol 26 novembre 13:38

                                            Sur France Inter, à l’instant, une juge qui se plaint dit « il y a un gap entre ce qu’on apprend et ce qui se passe quand on est en juridiction »

                                            Un gap !?

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