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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > L’anglais facile : réalité ou mythe ?

L’anglais facile : réalité ou mythe ?

Qui n’a entendu, à l’école ou dans les médias, le cliché de « l’anglais facile » ? Du cliché à la propagande, il n’y a qu’un pas... Remarquons tout d’abord que si cette facilité était réelle, les professeurs n’auraient nul besoin de le répéter sans cesse ! De même, il y a longtemps que les conférences internationales et les congrès scientifiques n’utiliseraient plus ni traducteurs ni interprètes ; or, leur nombre est sans cesse croissant, notamment dans l’Union européenne (UE).

1. Rappelons-en les principales difficultés :- La principale est sa phonétique irrationnelle. L’absence de règle pour l’accent tonique implique que la prononciation de chaque mot doit être apprise séparément ! Cela rend la lecture peu efficace pour progresser, et une immersion linguistique prolongée devient indispensable pour acquérir un bon niveau.

- L’orthographe est difficile. Impossible de déduire la prononciation d’un mot à sa lecture.

- Les tournures idiomatiques sont innombrables (comme "Eastern Europe" et "East Africa").

- Un cliché fréquent dit que oui, la phonétique n’est peut-être pas commode, mais que ce serait compensé par une grammaire facile, car quelques verbes simples et courts sont très utilisés. En fait, cela ne facilite rien : en s’associant à une trentaine de particules, les dix verbes les plus fréquents de l’anglais (be, come, go, run, take, etc.) forment 13 000 des verbes les plus courants de cette langue ! Bien malin qui s’y retrouve. Et il existe 283 verbes irréguliers.

- De nombreuses relations grammaticales ne sont pas exprimées, aboutissant à de faciles confusions pour les étrangers. L’anglais est donc flou, ce que les professeurs qualifient poétiquement de "langue contextuelle", c’est-à-dire qu’il faut parfois toute la phrase pour comprendre le sens, et que souvent des gens pensant avoir un niveau correct ne remarquent pas telle ou telle ambiguïté : par exemple le titre intitulé "Short Breathing Exercises", qui peut se traduire par "brefs exercices de respiration" ou par "exercices de respiration brève".

- Le vocabulaire anglais est très riche du fait de sa double origine latine et germanique, ce qui aboutit souvent à des doublons (liberty/freedom). Il n’est pas rare qu’une seule de ces formes soit la bonne dans telle ou telle expression. Homonymies et polysémies sont très nombreuses. Cette richesse n’est qu’apparente car elle n’apporte rien au sens mais augmente grandement la difficulté.

- Le fait de baigner dans les chansons anglophones depuis l’enfance, la non-traduction des titres de films, ainsi que le nombre croissant d’anglicismes dans certains milieux - médias, mode, journalisme ou revues "people", monde du spectacle, économie, politique, sciences - nous donne une fausse impression de familiarité avec la langue, et nous fait surestimer notre niveau.2. Rendons grâce aux esprits lucides : nombre de linguistes, de polyglottes et de pédagogues l’avaient déjà écrit, mais la pression de l’économie, du politique et du dogmatisme est si forte que de tels avis sont étouffés.

Citons Claude Hagège, par exemple, qui dans un entretien au Figaro, déclarait :

(Propos recueillis par Marie-Laure Germon, 30 juin 2004)

"- Pourtant, vous avez plusieurs fois dit et écrit que l’anglais était tout sauf facile à maîtriser...

- La réputation de facilité de l’anglais est totalement absurde. Winston Churchill remarquait avec esprit que l’anglais était certainement la langue la plus facile à parler mal. Seulement, les entreprises françaises vivent dans l’illusion que l’anglais fait vendre, et sa « maîtrise » est donc devenue le préalable à la tenue de n’importe quelle réunion scientifique ou projet à visée extra-nationale."

Ou encore, un site québécois sur les mensonges de l’anglais.

Ces sites étant très détaillés, je ne citerai qu’un seul exemple, tiré d’un article linguistique et humoristique de Claude Piron, "Vraiment masos, ces Terriens !"

Des millions de gens prononcent le A de la même façon, même dans des langues d’alphabets différents comme le grec ou le russe. Mais en anglais, non :

"(...) ici, l’Angleterre - la même lettre a rarement cette prononciation pourtant universelle, elle correspond à toute une gamme de sons différents. Regardez ces mots écrits et écoutez comment je les prononce : bad, all, father, courage, face. Quelque chose entre "a" et "è", "o", "â", une sorte de "i", "éy"."

Ou le témoignage d’un interprète sur les congrès médicaux :

« L’anglais parlé par un Indonésien est-il, dès la première seconde, compréhensible pour le Brésilien qui se dit anglophone ? Permettez-moi d’en douter. J’ai écrit, ailleurs, qu’au cours de congrès médicaux internationaux, l’anglais parlé par des orateurs français était souvent totalement inintelligible pour les participants australiens, néo-zélandais ou pakistanais, parce qu’il n’y avait pas un seul, je dis bien un seul, accent tonique qui fût correctement placé. Alors, que dire des malheureux Japonais, Suédois et autres Mexicains dont la langue maternelle n’est pas l’anglais ! Les seuls membres de l’auditoire qui le comprenaient étaient les autres Français dans la salle. »

3. Rappelons que la GB a un nombre d’enfants dyslexiques élevé, et sa phonétique aberrante n’y est certainement pas pour rien.

Le français a 35 phonèmes (les sons), l’anglais 46. Mais ces sons peuvent être écrits de différentes façons (o, eau, aux, au, haut, etc.) : le français a 190 graphèmes, l’anglais 1120 !

Le taux de dyslexie est nettement plus élevé en Angleterre qu’en France, et inexistant en Italie, ou plutôt, comme ce nombre est très faible, il n’est pas réellement dépisté.

(Article paru dans Science : Jean-François Démonet de l’unité Inserm [Institut national la santé et de la recherche médicale] de l’Hôpital Purpan de Toulouse a mené la partie française de l’étude. Le reste de l’équipe est composé de scientifiques italiens, anglais, canadiens.)

Bien que ce sujet soit peu exploré et que les causes de la dyslexie soient probablement multifactorielles, il est clair qu’il y a un lien entre la phonétique plus ou moins difficile de la langue et la dyslexie.

En France, les enseignants estiment qu’on apprend à lire au CP, en un an.

En Angleterre, les enseignants estiment ce temps d’apprentissage de la lecture à trois années.

Dans les langues avec moins de graphèmes, quelques mois suffisent pour passer de l’alphabet aux syllabes et à la lecture : finnois, polonais, tchèque, russe, indonésien...4. Enfin, la France vient de reconnaître officiellement que l’anglais était une langue difficile !

Comment ?

Eh bien, par la voix du ministère de l’Education nationale et du Bulletin officiel (BO) sur l’enseignement de l’anglais :

BO n°6, 25 août 2005, programme des collèges LV anglais.

"L’anglais est en effet, contrairement aux idées reçues, une langue difficile pour les francophones, en particulier à l’oral.(...)

IV Phonologie

"... en effet, la segmentation syllabique de la chaîne parlée française s’oppose au caractère accentuel de la chaîne parlée anglaise, dans laquelle les phénomènes de réduction peuvent poser des problèmes de compréhension." (...)

" Le schéma accentuel du mot est immuable et doit à ce titre être appris pour chaque mot nouveau. Un accent mal placé peut déformer totalement un message, voire le rendre inintelligible."

Les pédagogues de l’Education nationale confirment donc, en pédagol, surnom du langage de la didactique, la phonétique chaotique de l’anglais et ses conséquences sur l’apprentissage.Conclusion : chaque fois qu’un journal ou qu’un enseignant répètera le cliché de « l’anglais facile », rappelons-lui, poliment mais fermement, qu’il s’agit au mieux d’une erreur, au pire de pur « lobbying » !


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212 réactions à cet article    


  • Guillaume (---.---.24.127) 8 février 2007 13:39

    L’anglais difficile ? C’est surement parcequ’en France, on ne sait pas enseigner les langues correctement.

    Les francais sont sans doute ceux qui massacrent le plus la langue de Shakespeare en Europe.

    J’ai eu la chance de voyager un peu a travers le monde, et d’apres mon experience, seuls les Chinois sont aussi mauvais que nous. Mais eux ont une bonne excuse : passer du Putonghua à l’anglais est bien plus difficile que du Francais à l’anglais.

    Quelle est notre excuse à nous ? le systeme éducatif qui est plus que déplorable au niveau des langues. En effet, comment voulez vous progresser en anglais quand tout ce que vous avez, c’est un magneto vieux de 20 ans avec une cassette, controlé par un « professeur » d’anglais avec sont horrible accent francais qui ne connait de la culture anglophone que ce qu’il a appris en FAC d’anglais, voir, avec un peu de chance, de ses séjour de 2 semaines à Londres.

    Alors avant de vous plaindre de la difficulté de la langue, essayez donc d’apprendre le Mandarin... ou encore mieux allez donc assister à un cours pour apprendre le Francais en Chine. Vous serez etonné de voir la tete des étudiants Chinois quand on leur explique qu’en Francais, il y a le passé simple, le passé composé, le subjonctif passé ou bien qu’on ne prononce pas les consonnes à la fin d’un mot etc...

    L’anglais n’est certes pas si facile à apprendre, mais il faut relativiser, l’anglais est sans doute l’une des langues les plus simples et des plus accessibles, contrairement au Francais !!!


    • gem gem 8 février 2007 15:43

      commentaire assez étonnant et même consternant après un article qui démontre amplement, et sur des bases scientifiques irréfutables, que l’anglais parlé présente des difficultés intrinsèques, qui n’existent pas pour d’autres langues !


    • (---.---.62.224) 8 février 2007 15:47

      « en France, on ne sait pas enseigner les langues correctement. »

      « J’ai eu la chance de voyager un peu a travers le monde »

      Et vous n’avez pas vu que dans le monde entier (sauf les anglophones de naissance et peut-être dans les pays où l’anglais est appris très tôt et pendant très longtemps) les gens disent la même chose ? Qu’ils sont nuls en langues, qu’on les enseigne mal... Je suis polyglotte et je sais de quoi on cause sur les forums smiley Ceci dit, les Français sont dans la bonne moyenne dans l’UE, contrairement à ce que vous dites.

      « essayez donc d’apprendre le Mandarin... »

      Le mandarin, le français, l’anglais en tant que langues s’écrivent avec une minuscule smiley

      Au fait, l’étude du mandarin progresse de 33% chaque année. C’est une langue très régulière, les difficultés étant les tons et l’écriture... D’ailleurs, la GB compte l’enseigner massivement :

      http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-864117,0.html

      Comme ça, ils seront compétitifs sur le marché du travail, et nous, comme vassaux bien obéissants, continuerons à apprendre l’anglais.

      « l’anglais est sans doute l’une des langues les plus simples et des plus accessibles »

      Vos arguments SVP. Les clichés, on en entend déjà assez.


    • Gnole (---.---.192.187) 8 février 2007 16:00

      Parler anglais est facile... BIEN parler anglais est une gageur que même les anglophones ont du mal à concrétiser.

      Je vis depuis deux ans aux états unis et mon anglais s’est largement amélioré même si je suis loin de parler avec une grande fluidité, je me fait comprendre. Ce qui m’a le plus intrigué c’est le temps que prennent les gens à trouver le bon « mot » il y en a tellement qui veulent dire la même chose (en plus je suis dans le domaine scientifique donc il est important que tout le monde comprène biende quoi on parle).

      Dans mon laboratoire je cotoie des mélanaisiens, des japonnais, des chinois, des mexicains, des brésiliens etc... et bien pas de souci pour se comprendre... mais pour les ricians pure souche c’est une autre paire de manche avec leur putain d’accent tonique de merde... assez comique quand lors d’une réunion le seul qui comprend pas de quoi il se parle c’est le seul américain de la salle (avec une présentation en anglais).

      Soit dit en passant certains ne font aucun effort... les étrangers le leur rende bien smiley


    • gem gem 8 février 2007 16:09

      Bon artcile, sur le fond comme sur la forme.

      * l’anglais oral, on s’en branle. Pour l’instant, professionnellement comme sur internet, ce qui compte surtout c’est l’anglais écrit, et la lecture beaucoup plus que l’écriture. Beaucoup plus facile !

      * c’est vrai que l’enseignement des langues est débile, en France. J’ai fait plus de progrès en anglais un an à raison d’une heure par semaine (soit à peine 40 heures au total) que pendant tous le reste de ma scolarité précédente (soit 12 ans dont une bonne partie plus de 2 heures par semaine, soit de l’ordre de 500 heures). Le prof, le bon ? Un vieux schnock ringard. La méthode, la bonne ? des listes thématiques de mots et d’expression, par paquet de 50 et plus, avec la prononciation qui va bien. A la fin de l’année ça vous fait un bon vocabulaire, correctement appris et bien contextualisé, de plusieurs milliers de mots usuels. De quoi comprendre et se faire comprendre à l’oral, et à l’écrit de quoi interpréter correctement les (rares) mots qui vous manque.

      * être obligé d’apprendre l’anglais, ça ne signifie pas être obligé d’apprendre le « bon » anglais, celui de l’aristocratie britishe ! Pourquoi avoir des scrupules à le massacrer et à faire dériver vers des formes plus facile pour nous, genre « simple english » ? Vive « I will » plutôt que « I shall » !


    • Guillaume (---.---.24.127) 8 février 2007 16:44

      Comme j’ai dit... la difficulté est relative. Personne n’a dit que apprendre une langue se fait les doigts dans le nez !

      Apprendre l’anglais, pour nous francais, est plus simple que pour les chinois.

      Certes il y a la prononciation qui nous pose probleme, mais ca vient surtout de notre enseignement, qui utilise des methodes completement depassées.

      J’ai « etudié » l’anglais à l’école pendant 7 ans, et en sortant du lycée, je ne pouvais pas cracher un seul mot en anglais... et pourtant j’etais dans la moyenne de la classe. Et puis je suis parti aux US... au bout d’un mois seulement, j’ai appris plus qu’en 7 ans de cours. et apres 2 ans, je n’avais plus aucun probleme pour communiquer avec les autres (apres il y a le probleme des accents, c’est autre chose)

      Enfin, je suis parti en Chine, et la, j’ai eu de vrai difficultés à apprendre la langue. Meme si la grammaire est tres simple, la prononciation est tres difficile.

      Donc il faut savoir relativiser, et surtout, comprendre que le probleme ne vient pas de la langue anglaise elle meme, mais de la methode d’apprentissage en France.


    • faxtronic (---.---.127.45) 8 février 2007 17:02

      Je parle et pratique quatre langue, et en apprend une cinquieme. Etant scientifique, ma langue de travail est l’anglais. Le pire anglais prononcé est l’anglais made in Taiwan, a se flinguer. Les francophones ont un accent particulier. les Japoanis ont tres peu de son dans leur langue maternelle (le japonais est ma seconde langue), et c’est un souvent un cauchemard pour un non-nippophone pour comprendre l’anglais made in japan. Ce qui est encore plus marrant, c’est d’entendre le japonais made in morocco !! tres courant a Tokyo.


    • Stéphane (---.---.0.8) 8 février 2007 17:56

      J’ai eu un peu le meme parcours que vous, mais je ne pense pas que ce soit l’enseignement tel qu’il se pratique en France qui pose problème.

      J’ai pu me rendre compte que bien que ne sachant pas aligner 3 mots au début de mon expérience internationale, avec le temps, j’ai intégré le vocabulaire puis j’ai été capable de le mobiliser petit à petit. Mais la grammaire que j’avais apprise à partir de la 4e était là et ça m’a bien aidé ! Certains profs ne m’ont pas fait progresser, c’est vrai mais j’en ai eu de bons en 9 ans.

      Le problème est bien que tant que l’on ne baigne pas dans la langue étrangère, qu’on n’est pas obligé de la pratiquer avec un minimum de régularité, il est illusoire de penser apprendre une langue correctement. Et ce problème n’est pas spécifique à la France.

      Il est intéressant de noter que les pays scandinaves (encore eux, mais qu’est ce qu’ils font mal ces gens là ? smiley ), le niveau d’anglais est très bon. Cela tient essentiellement, à mon avis, à une semi-immersion. Etant peu nombreux, ils ne doublent jamais les films/séries à la télé, et ils sont donc exposés très tot au son et aux tournures de l’anglais avec les sous-titre etc... Pas seulement de l’anglais d’ailleurs mais la majeur partie de ce qui est diffusé est comme partout américain.

      Et j’allais oublier : les italiens aussi sont pire que les français, en ce qui concerne l’anglais.

      Stéphane, 6 au bac à l’épreuve d’anglais.


    • (---.---.144.163) 9 février 2007 10:22

      « Vive »I will« plutôt que »I shall«  ! »

      Sauf que, ca n’a pas le même sens...


    • caramico (---.---.227.71) 9 février 2007 11:02

      Malheureusement tu es en train de perdre ton français...


    • Laeti (---.---.79.161) 13 février 2007 19:29

      Sincèrement, que la prononciation des Italiens ( avec une majuscule, n’est-ce pas.) soit moins bonne que celle des Français, j’en doute ... Je suis moi-même sicilienne d’origine, j’habite en Belgique, et,il faut le dire, je n’ai aucun problème en anglais, alors que j’étudie le néerlandais ,et l’allemand ( sans oublier le latin mais bon c’est mort). Il est faux d’affirmer que c’est une langue facile : la grammaire anglaise est complexe, contrairement aux apparences. La conjugaison,elle, n’est pas évidente non plus, et le vocabulaire,bah c’est une question d’étude... En ce qui me concerne, j’ai eu la chance d’avoir des profs super qui m’ont donné le goût de l’anglais, donc... smiley


    • Aymeric (---.---.100.82) 8 février 2007 14:08

      L’anglais est effectivement difficile a bien maitriser, j’ai débarqué en Angleterre à 20 ans, après avoir toujours été dans les meilleurs de ma classe en anglais, dés le CM2 (ce qui m’a permis de prendre une avance considérable), au collège, au lycée, et en études supérieures.

      Et bien ce n’était pas si simple, j’ai mis un bon mois à me faire comprendre, et j’ai ensuite passé une année entière au Pays de Galles, et maintenant je peux dire que je maitrise à peu près correctement l’Anglais. Et encore je n’irais pas dire que je suis biligue. Je me plante encore régulièrement sur les accent toniques des mots peu courants...

      Les comparaisons avec le Français sont déjà édifiante, mais pourtant il ne faut pas oublier que le Français n’est pas simple non plus (ce qui est par contre relativement bien reconnu à l’étranger), le nombre de Graphèmes est largement supérieur au nombre de Phonèmes.

      D’autre langues comme le Finnois, ou le Breton sont beaucoup plus simples, un lettre se prononce d’une manière, éventuellement il y a 2 possibilités, mais c’est rare.

      Je compte bien apprendre l’esperanto qui me semble encore la seule langue suffisement simple pour que je puisse l’apprendre sans trop d’efforts à mon age.


      • Deltarho Deltarho 8 février 2007 15:38

        Jes la esperanto ne senrevigos vin, nek pro ĝia facileco ( mi lernis ĝin tamen maljuna, kaj nun, du jarojn pli poste, mi lernigas ĝin al mian emeritan amikojn ), nek tra ĝian estontecon de tutmondan lingvon, tial antaŭen !!

        Jetés à l’eau, il ne nous reste plus qu’à nager !!


      • ZEN zen 8 février 2007 14:31

        La question posée n’a pas de sens ou ne se pose qu’entre collégiens.... Toutes les langues sont « difficiles » dès qu’on entre dans leur approfondissemnt et dans leur pratique fine .La notion de difficulté est toute relative, tout juste peut-on distinguer des groupes linguistiques dans lesquels l’apprentisssage peut être plus ou moins aisé, du moins au début. Demandez à Claude Hagége...


        • Krokodilo Krokodilo 8 février 2007 16:06

          Effectivement, vous soulevez un point intéressant : peut-on comparer les difficultés des langues, existe-t-il des critères objectifs de difficulté ? Ce sera le sujet de mon prochain article, s’il est accepté. Cette discussion n’aurait pas lieu d’être si l’anglais était mis sur le même plan de difficulté que le français, par exemple, ou l’allemand. Mais comme ce n’est pas le cas, comme on nous rebat les oreilles avec ce cliché dans tous les médias, je trouve que la question posée dans le titre reste valable à partir du moment où cette supposée facilité de l’anglais est utilisée comme argument dans le débat sur les langues dans l’Union européenne.


        • ZEN zen 8 février 2007 17:07

          Je ne voulais pas vous peiner, Krokodilo, effectivement c’est ce que je voulais sous-entendre : il n’y a aucun critère objectif permettant de définir la difficulté d’une langue, passée (éteinte) ,présente et à venir. Bon courage, le problème va être difficile à résoudre !...On attend l’article.


        • faxtronic (---.---.127.45) 8 février 2007 17:33

          La seule langue que je maitrise pas trop mal c’est le français (sauf evidemment les fautes de frappes et mon clavieer QWERTY) et je continue a apprendre a maitriser ma propre langue, ce qui dur. Mon anglais est comprehensible par tout le monde, meme par un californien. Mon japonais est correct, suffisamment pour echanger des bons mots entre japonais, mais je fais des fautes de grammaire, car mon japonais est celui de la rue. Mon allemand est claudiquant, et mon neerlandais est suffisant pour qu’un neerlandophone comprenne qu’il faille passer a l’anglais ou au français en urgence smiley

          Il n ý a pas de langue a priori plus facile. Une langue, c’est comme une photo JPEG entrelacée. Au premier niveau c’est facile, les fonctions de bases, apprendre a dire bonjour et acheter son pain quotidien ou a faire un rapport a son client, amen. Vient le niveau suivant, celui de l’humour, de l’amour, de la pensee, du dialogue elaboré et nuancé. Puis viens le niveau zen, celui dans lequel on peut exprimer sa pensee parfaitement avec un mot, un seul. Puis vient le niveau des poetes, dans lequel on sait pourquoi les mots sont ainsi et on apprecie la beauté de la langue et ou on pleure en lisant une phrase ciselée.


        • (---.---.122.68) 8 février 2007 14:41

          Bonjour

          Il y a clairement un ÉNORME problème dans notre apprentissage des langues en france. Il suffit de comparer le niveau avec les étudiants erasmus qui vienne ici. Souvent il parlent bien français ( j’entend : tenir n’importe qu’elle conversion sans recourt a l’anglais )... et pourtant en discutant avec eux, on se rend compte qu’il ont commencé le français quelque année auparavant seulement. ( 3, 4 ans )

          Et il sont toujours surpris quand je leurs explique que la TOUS les étudiant français ont fait ( au minimum ! ) une dizaine d’année d’anglais. Ils ne comprennent pas comment on peut etre aussi mauvais après 10 ans.... amusant n’est-ce pas ?


          • skirlet (---.---.26.181) 8 février 2007 15:26

            Quels étudiants précisément ? Les Espagnols, les Portugais, les Lettons (pour ne citer qu’eux) ont un meileur niveau d’anglais ? J’ai des doutes smiley


          • arnes (---.---.233.77) 8 février 2007 15:41

            Je confirme ; mon epouse etant anglaise, mes 2 enfants ont ete bilingues franco/anglais des qu’ils ont pu s’exprimer.

            Naturellement, en 6ieme, ils ont pris allemand 1ere langue et quand nous avons parcouru l’allemagne en camping car, mon fils avec 3 ans d’allemand et ma fille 1 an ; Bien qu’ayant eu le meilleur prof d’allemand du college, ils etaint incapables de s’exprimer y compris pour des phrases tres simples ; en creusant, les cours etaient essentiellement grammaire et litterature et tres peu d’expression orale.

            Cela illustre tres bien votre point : l’enseignement des langues en France est une catastrophe au niveau productivite : tant d’heures de cours sur tant d’annees pour un resultat a peine moyen. un peu d’humilite et allons voir en suisse ou en allemagne comment acquerir les fondamentaux d’une langue de maniere efficace en 2/3 ans.

            Imaginez le nombre d’heures de cours economisees et le nombre de profs bien mieux remuneres s’ils enseignaient les langues comme les autre europeens !


          • skirlet (---.---.62.224) 8 février 2007 15:55

            Encore une fois : quels autres Européens ? Pour fustiger l’enseignement des langues en France, il faut comparer. C’est vrai que les Luxembourgeois font mieux, mais ils consacrent 50% du temps scolaire aux langues et ne brillent pas du tout dans les autres matières.

            L’expression orale, une autre panacée des temps modernes... méthode qui a été à la mode dans mon pays il y a une vingtaine d’années et qui a vite démontré ses insuffisances. Il n’y a pas de miracle : les langues, c’est un gros travail et surtout beaucoup de temps qu’il leur faut consacrer.

            Quant à l’enseignement des langues en GB, n’en parlons pas...


          • ZEN zen 8 février 2007 17:13

            Pourquoi les petits Norvégiens parlent-il si bien l’anglais ? L’apprentissage se fait en petits groupes de 6/8, comme en Finlande et en Allemagne(pour ce que je connais).Chez nous, c’est parfois 35 par classe...


          • Krokodilo Krokodilo 8 février 2007 17:55

            En fait de 10 ans d’anglais, ça représente 1500 à 3000 heures de cours, devoirs à la maison inclus. Les étudiants d’Erasmus sont pour la plupart très motivés à l’apprentissage des langues, et la motivation est un facteur clé dans ce domaine. S’il y a un problème dans l’enseignement des langues enn France, il est de savoir pourquoi on parle uniquement de l’anglais, pourquoi on l’IMPOSE à l’école primaire (aucun choix par les parents), et prochainement au CE1 puis au CP... Dans le même temps, les Anglais se détournent de l’étude des langues européennes au profit de l’arabe ou du chinois :

            http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-864117,0.html

            Ainsi, ils font un joli doublé : pendant que nous Français courrons après un « fluent english » en culpabilisant bêtement, ils seront les plus compétitifs à l’embauche dans l’Union européenne grâce à l’anglais ET plus compétitifs pour le recrutement dans le bizness avec les chinois ! Bien joué, il faut le reconnaître, c’est fort. Je ne l’ai pas dit, mais je pense qu’on est en train de se faire entuber en Europe sur le plan linguistique. Ah, tiens ? finalement je l’ai dit.


          • Krokodilo Krokodilo 8 février 2007 18:05

            Effectivement,les langues pourraient très bien être en option au lycée pendant trois ans, avec une vraie diversité linguistique ; une langue choisie avec une bonne motivation rentrerait beaucoup mieux qu’un anglais subi et imposé depuis l’école primaire. En fait, le choix est entre imiter les pays nordiques qui ont fait le choix du tout-anglais, et donc faire le forcing en ce sens, le plus tôt possible et à fond dans les oreilles, ou rester dans une certaine diversité linguistique, comme cela a longtemps été le cas en France, et l’est de moins en moins...

            Non, l’enseignement des langues n’est pas mal fait en France, non, les profs ne sont pas des nuls, non la France et les Français n’ont pas à avoir honte. Le problème est conceptuel, on refuse de discuter du fond du problème, la dérive vers le tout-anglais (qui menace également la Suisse jadis paradis proclamé du plurilinguisme heureux), la diversité linguistique.


          • (---.---.122.68) 8 février 2007 21:42

            j’ai du mal m’exprimer. et de toute façon c’etais un peu hors sujet. Je parlais plus particulièrement de leurs niveau en français. Il est souvent bluffant vue le nombre d’année de pratique


          • ZEN zen 9 février 2007 01:50

            @ Krokodilo

            « La dérive vers le tout-anglais », ça vous rappelle quelque chose ? :

            http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=13232


          • I need a receipt (---.---.14.240) 8 février 2007 15:08

            Enfin un article qui combat les idées reçues sur la soi-disante facilité de l’anglais... Je suis en angleterre depuis 15 jours pour un déplacement professionnel. Je confirme que l’anglais n’est pas facile à parler.

            Pour demander un reçu au restaurant : « I need a receipt, please ». Comment prononcez-vous « receipt » ? la bonne prononciation est « riciiiitte ». Si vous dites « recipte », on vous comprendra mais en vous regardant bizarement...


            • dop (---.---.122.68) 8 février 2007 15:15

              Oui, pour ma part j’ai beaucoup moins de mal a parler anglais avec des gens dont ce n’est pas la langue maternelle. Il sont moins tatillon sur la prononciation, et sont plus facile a comprendre. ( le top étant les espagnols je trouve, leurs accent rends l’anglais limpide )... mais avec des britaniques, a chaque fois c’est la honte. Répéter 15 fois le meme mots, se dire « ah bah merde alors, ça se dit pas comme ça ». L’exemple de receipt est bon.


            • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 8 février 2007 15:49

              Il y a aussi une différence entre ceux dont l’anglais est la langue maternelle et les autres.

              Les premiers ont tendances à ne faire aucun efforts pour la prononciation, ni pour la compréhension, les seconds si.


            • Krokodilo Krokodilo 8 février 2007 16:16

              Effectivement, j’ai souvent fait la même expérience, je préfère baragouiner un « kitchen english » avec un touriste qu’essayer de comprendre un Irlandais qui croit que je parle bien parce que je prononce deux ou trois mots correctement ! Entre non-natifs, on articule davantage, on parle lentement (on cherche nos mots...), on évite les tournures idiomatiques (on en connaît très peu...), on est tranquilles quoi ! De plus, aucune raison d’avoir la honte, la difficulté des langues est très largement sosu-estimée : les gens ayant un niveau fluide sont très rares, et c’est toujours le fruit de circonstances particulières (familles biculturelles, expatriés, raisons professionnelles, etc).


            • skirlet (---.---.26.181) 8 février 2007 15:23

              Anglais vachement facile, français horriblement difficile, ce sont les clichés tenaces. Est-ce vrai ? D’un côté, plus la langue ressemble à la langue maternelle d’un « apprenant », plus elle est perçue comme facile. Mais il y a des critères objectifs à considérer.

              1. Alphabet.

              Anglais : non phonétique, 20 voyelles, 46 phonèmes, 1120 graphèmes.

              Français : non phonétique, 16 voyelles, 36 phonèmes, 190 graphèmes.

              2. Prononciation.

              Anglais : chaotique, insaisissable ; impossibilité de fixer une norme, les règles existent, mais les exceptions sont trop nombreuses pour pouvoir lire des mots inconnus.

              Français : chaotique, règles existent avec quelques exceptions, il est possible de lire des mots inconnus pour la plupart des cas.

              3. Accent tonique.

              Anglais : indéfinissable, fixé par l’usage ; aucune norme ne peut être établie.

              Français : fixe, sur la dernière syllabe.

              4. Verbes irréguliers.

              Anglais : 283.

              Français : 81.

              4. Identification de la fonction grammaticale.

              Anglais : très confuse, le même mot pouvant être un nom, un verbe, un adjectif, un adverbe...

              Français : plus claire ; il existe des mots faisant office à la fois d’un nom et d’un adjectif, mais les verbes et les adverbes sont identifiables.

              5. Syntaxe.

              Anglais : ordre des mots rigide, la moindre inversion change le sens.

              Français : ordre des mots fixe, mais l’inversion est possible, le sens n’est pas altéré (une belle maison - une maison belle).

              C’est vrai que les verbes français, c’est pas de la tarte, mais l’anglais est-il mieux ? Présent simple, présent progressif, preterit simple, preterit progressif, présent perfect simple, présent perfect progressif, past perfect simple, futur simple, past future, conditionnel présent, futur proche, passé exprimant une habitude... Si on se souvient que plusieurs temps français ne sont pour ainsi dire jamais utilisés... disons, ex æquo pour l’anglais et le français de ce point de vue.

              Ca fait 5 points en faveur du français plus facile que l’anglais smiley

              Et pour moi personnellement le français, malgré ses difficultés, est plus accessible que l’anglais (ni l’un ni l’autre n’est ma langue maternelle). Attention, « plus accessible » ne veut pas dire « plus primitif » !


              • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 8 février 2007 15:59

                Ce qui rebut les gens avec le français, c’est qu’il existe un mot pour chaque chose, ce qui oblige à connaitre beaucoup de vocabulaire. Avec 10 mots d’anglais, on fait 30 noms, 45 verbes et 18 adjectifs.

                Après il y en a qui dise que c’est plus clair.


              • skirlet (---.---.230.44) 8 février 2007 19:02

                Ah bon ? On nous dit que l’anglais est la langue la plus riche en vocabulaire. Des exemples illustrant votre pensée svp.


              • Cosmic Dancer (---.---.31.227) 8 février 2007 19:07

                @ Skirlet :

                Qui dit ça ? Et l’allemand, qui peut fabriquer des néologismes à volonté à l’aide de son système d’ajout de préfixes et de suffixes ? Et le russe, dont la grammaire est un casse-tête terrible ! La langue anglaise a sa noblesse, mais je ne comprends pas bien en quoi elle serait la plus subtile au monde...


              • (---.---.14.240) 8 février 2007 19:24

                > Français : ordre des mots fixe, mais l’inversion est possible, le sens n’est pas altéré (une belle maison - une maison belle).

                non : un sale type n’est pas forcément un type sale...


              • Senatus populusque (Courouve) Courouve 8 février 2007 19:28

                Et une maison fermée n’est pas une maison close.


              • skirlet (---.---.230.44) 8 février 2007 20:06

                « Et le russe, dont la grammaire est un casse-tête terrible ! »

                Il peut produire des dérivés à volonté avec des affixes. Ceci dit, chaque langue a ses difficultés. Quel est votre niveau du russe ? Ou vous vous êtes dégonflé après avoir jeté un oeil sur la grammaire ? smiley

                « La langue anglaise a sa noblesse »

                Comme toutes les langues.

                « mais je ne comprends pas bien en quoi elle serait la plus subtile au monde... »

                Et qui a dit ça ?

                D’ailleurs, où sont les exemples que j’ai demandés ?..

                Un sale type, une maison close sont des expressions idiomatiques, mais en anglais il y en tout plein. Ce qui n’annule pas le fait que l’inversion en français a moins de conséquences.


              • esperantulo (---.---.11.239) 9 février 2007 14:51

                Concernant l’apprentissage du francais ayant beaucoup de contact avec des gamins qui apprennent à lire, au moment de l’apprentissage, je constate toujours les mêmes erreurs dans la verbalisation des nouveau mots et avec toujours la même question : ha bon on dit comme ca, pourquoi ? Et moi je répond toujours c’est comme ca, pour dire j’en sais rien et c’est comme ca toujours. Alors je n’ose pas imaginer si je vivais en anglophonie, toutes les 3 minutes j’aurais cette question.


              • Senatus populusque (Courouve) Courouve 8 février 2007 15:27

                « Cette richesse n’est qu’apparente car elle n’apporte rien au sens »

                Article pertinent, sauf pour cette affirmation.

                Ainsi il y a une nuance entre « liberty » et « freedom », le premier terme est plus abstrait.

                On peut parler de « freedom from religion » liberté à l’égard de la religion, mais non de « liberty from religion ».

                Il y a de nombreuses ambiguités en français (ainsi « tremble » est soit un nom d’arbre, soit une forme verbale). Certaines n’existent pas en anglais.

                L’anglais fait par exemple la distinction entre le temps qu’il fait, « wheather », et le temps qui passe, « time »

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