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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « L’année de la pensée magique » à… Fanny Ardant

« L’année de la pensée magique » à… Fanny Ardant

Côté pile, Vanessa Redgrave et côté face, Fanny Ardant ! Deux immenses actrices lancées comme un pont entre les deux rives de l’Océan pour amarrer la pensée magique aux bouées d’un imaginaire intercontinental, salvateur.

Si le roman autobiographique de Joan Didion évoque le travail de deuil, lié à deux décès au plus proche de l’auteure, le véritable flux incandescent qui s’en dégage est en phase constructive avec l’œuvre agencée par la pensée magique, celle qui place le conditionnel à l’origine du succès escompté.

Si un mari vous quitte brusquement à l'instant de passer à table, si votre enfant pareillement s’éloigne progressivement dans un coma hospitalier, c’est que l’heure a sonné de solder les comptes d’une vie familiale en autarcie heureuse.

Mais de quelle heure s’agit-il ici ? Celle de la mort sans crier gare, celle de la maladie insidieuse ? A vrai dire, tout autant les deux à la fois, bien que celle de la brusquerie a le don détestable de déstabiliser, instantanément, tous les repères de la valorisation de soi-même.

Passé, donc, le temps du groggy à point nommé, Joan se met à rassembler toutes les forces éparses d’un esprit torturé par la dénégation radicale face à une réalité impossible à concevoir.

En effet, qu’adviendrait-il des jours heureux, si l’unique rescapé du trio ne pouvait être à la hauteur du souvenir de ces deux êtres chers, en voie de disparition ?

Seulement en voie ? Sans doute et c’est précisément là que devrait abdiquer, sans mot dire, toute velléité de rationalisme intempestif, car la clef inventée spontanément par Joan, confrontée à l’adversité implacable, c’est de contourner celle-ci, habilement, tout en enrobant dans la vertu de la pensée magique, celle-là même qui annonce : « Si tu fais cela, ceci arrivera très certainement car c’est déjà arrivé précédemment… ».

Ainsi, aux confins du trouble obsessionnel compulsif, l’auteure s’invente, au fur et à mesure de l’absence incompréhensible, toute une panoplie de rituels à observer scrupuleusement afin d’attribuer toutes ses chances au retour inopiné d’un mari, bien vivant et pourquoi pas, pareillement, à celui de leur enfant !

Cela va effectivement durer une année, pendant laquelle toutes les ruses de la stratégie maligne vont effectuer leur danse de l’espoir fou jusqu’à ce que tout à coup, dans un endroit improbable, sur le tarmac d’un aéroport en plein désert, Joan va être touchée par la révélation salvatrice d’une faucheuse enfin conjurée, ayant laissé, de surcroît, la voie libre à un rapprochement assumé des chers disparus.

Que de chemin parcouru, en plein désarroi sous le joug des pulsions irrationnelles, jusqu’à, enfin, parvenir à la reconstruction de soi-même, fort d’une confiance en l’amour plus forte que l’abandon trompeur, quand bien même aurait-il été subi(t).

Une véritable leçon de vie assumée jusque dans les moindres frémissements de la voix venue d’ailleurs, celle bien entendu de Fanny Ardant, en apothéose de sa propre magie.

photo © Theothea.com

L'ANNEE DE LA PENSEE MAGIQUE - ***. Theothea.com - de Joan Didion - mise en scène : Thierry Klifa - avec Fanny Ardant - Théâtre de l'Atelier

 


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2 réactions à cet article    


  • bnosec bnosec 24 novembre 2011 08:23

    Fanny Ardent est une pute.


    • bnosec bnosec 25 novembre 2011 08:19

      Pardon, Fanny Ardent vends son corps pour gagner de l’argent. Beaucoup d’argent.

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