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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > L’art présumé coupable

L’art présumé coupable

Au nom de la protection de l’enfance, l’ancien directeur des musées de Bordeaux est mis en examen pour « diffusion d’images à caractère pornographique » et « corruption de mineurs ». Une dérive moralisante de plus dans une époque de plus en plus aseptisée et lisse.

« Présumés innocents. L’art contemporain et l’enfance », tel était le titre d’une exposition qui eut lieu du 8 juin au 1er octobre 2000, au Musée d’art contemporain de Bordeaux. L’exposition réunissait quelque deux cents œuvres d’artistes internationaux autour du thème de l’enfance. Six ans plus tard, le directeur des musées de l’époque (aujourd’hui directeur de l’Ecole nationale des Beaux-arts de Paris), Henry-Claude Cousseau, a été mis en examen pour « diffusion d’images à caractère pornographique » et « corruption de mineur ». « Si on se met en tête de fixer des limites pour l’art, qui va les définir, où va-t-on les placer ? Ce serait un inacceptable retour en arrière », a-t-il réagi, abasourdi.

A l’origine de sa mise en examen, une association, La mouette, une de ces nombreuses associations dont l’objectif officiel est de venir en aide à l’enfance « en danger » et qui se transforme régulièrement en censeur impitoyable dès qu’une publicité ne lui plaît pas, qu’une image lui paraît offensante, ou qu’un artiste « va trop loin ». Une des meilleures définitions que l’on pourrait donner de l’art moderne serait peut-être celle d’art qui « va trop loin ». Trop loin dans l’inutile, trop loin dans le vulgaire, trop loin dans le mauvais goût. L’art contemporain est là pour briser les frontières, ou en créer d’autres, pour établir des non-limites et déborder dans les marges. On n’y comprend parfois rien, mais c’est voulu, il n’y a parfois rien à comprendre. L’art contemporain devance sa propre modernité, donc se retrouve en décalage par rapport à l’époque qui ne l’est jamais, moderne. L’art contemporain est insaisissable, inclassable, incassable. Les musées ne lui suffisent parfois pas, il peut s’installer dans la rue, et déborder plus loin encore. L’art contemporain n’a que faire de la bienséance, de la "bienpensance", de la religiosité ou de la pudibonderie des uns ou des autres. S’il se préoccupait de cela, il ne ferait rien, sinon tourner en rond, s’ennuyer, nous ennuyer, et mourir. L’art contemporain est d’abord de l’art. Aujourd’hui, l’art ne peut plus exister. Contemporain, moderne, ou autre.

Parce que pour exister aujourd’hui, l’art ne doit plus fumer, ne plus boire, ne plus conduire vite, ne plus tousser sans mettre sa main devant sa bouche, ne plus parler de drogue, ne plus parler de prostitution, de sexe, d’animaux, de juifs, de musulmans, de chrétiens, de guerre, de gros, de grands, de petits, et, donc, d’enfants. Interdits, ces sujets. L’art pour exister doit aujourd’hui trouver les moyens d’entrer dans une boîte de plus en plus étroite, de plus en plus bourrée de mises en garde, de barrières, de garde-fous, de pare-feu, d’avertissements. Les coupables ? Ces centaines d’associations qui n’ont rien d’autre à faire que nous laisser penser que tout est un danger pour tous, que les citoyens français (ou autres) qui regardent la télévision, visitent les musées, lisent les journaux ou écoutent la radio, ne sont pas en mesure de faire le tri entre le bon et le mauvais, le décent et l’indécent, l’admissible et l’inadmissible. Ces associations, créatrices de communautarismes, ont développé et renforcé un arsenal juridique qui leur permet désormais de demander des comptes, devant les tribunaux, aux différents créateurs, animateurs, humoristes ou directeurs d’exposition coupables, selon eux, de dangereuses dérives.

Quelques semaines après la fin de l’exposition « Présumés innocents », l’association La mouette s’était déjà manifestée et avait soulevé quelques réserves sur certaines œuvres. Profitant de l’émotion souvent délirante que provoque toute affaire de pédophilie dans l’opinion publique, ses membres ont estimé que les responsables de cette exposition avaient dépassé les bornes. Vingt-cinq œuvres en tout sont pointées du doigt, et « l’indignation d’un père de famille choqué par ce qu’il avait vu dans l’exposition » serait à l’origine de la plainte de l’association. Une personne « choquée » ou « indignée », et ça suffit pour mettre en branle (si j’ose dire) tout le cirque vertueux de ces ultraconservateurs qui se cachent derrière une cause noble (protéger les enfants contre les abus qu’ils pourraient subir) pour imposer leurs diktats moraux d’un autre temps.

L’art est à l’image de la société. La société d’aujourd’hui dépense de l’argent dans des campagnes de publicité demandant aux gens de mettre la main devant la bouche quand ils éternuent pour éviter la propagation des virus. D’autres spots nous montrent comment le tabagisme passif ruine la santé des non-fumeurs. D’autres encore combien il est nuisible de fumer des pétards. Mais la plus grande cible de ces associations, et de loin, c’est Internet. A écouter, ou à lire les rapports de ces chevaliers blancs, la Toile ne serait rien d’autre qu’un vaste réseau de pédophilie organisé, qu’un infini boulevard du crime sans foi ni loi qui serait le piège absolu pour tout mineur qui s’y connecterait. Internet, on y tue, viole, découpe et pervertit des centaines d’esprits par jour, à entendre ces pères et mères la pudeur. Donc, il faut « protéger nos enfants » de la Toile. En fait, il faut protéger nos enfants de tout, ou pas loin. Du McDo, de Coca Cola, des OGM, des reality shows, de la star academy, des films d’action, des films érotiques, des dessins animés, des mangas, des romans de science-fiction, des romans policiers... de tout. L’enfant est une personne innocente qu’il faut sauver de toute tentation possible et imaginable. La société est devenue un camp scout, sans masturbation autorisée. Sans feu non plus, de peur d’embraser toute la forêt. Dans cette société-là (que veux-tu que je sois, un ange ou un cobra, un tueur ou un rat), l’inspiration n’a pas sa place. L’inspiration, ce mystérieux élan indéfinissable qui fait de l’artiste un créateur, ou du créateur un artiste. L’inspiration. Sans règle, sans marge, sans barrière. Libre presque comme l’air. Et dont il résulte tout, parfois, ou n’importe quoi. L’artiste peut tout exprimer, au nom de l’inspiration. Certains critiques, dont c’est le travail, jugeront s’il s’agit de merde ou de beauté. De chef d’œuvre ou de rien. Du cochon ou du maigre. Le critique, en quelque sorte, estime. Evalue. Le censeur, lui, aux noms de principes moraux, et légaux, juge. Et le cas échéant, tranche. Guillotine.

La France, le beau pays de l’ordre juste royaliste, ne connaît pas la censure, nous dit-on. On peut tout dire, tout exprimer. Tout montrer. La preuve que non. Un directeur d’exposition, six ans après l’exposition, mis en examen, c’est la démonstration d’un virage brutal du pays vers un mieux-pensant culturel terrifiant. L’art soudain prend lui-même une dangereuse direction : vers une pensée unique, molle et orientée, ayant pour but de conforter les opinions plutôt que d’intriguer, de faire réfléchir, d’interroger les esprits. Surtout ne plus choquer, ne plus surprendre, ne plus énerver. Des tournesols, de jolis champs, quelques portraits, un clair de lune, à la rigueur, mais pas des yeux derrière la tête, pas de corps tronqués, pas de nudité exposée, pas de sexe offert, pas de sang, pas de blessures, pas d’extrême, rien qui dépasse. L’art, du coup, n’est plus l’art. Contemporain ou pas, il n’existe plus. Il devient une sorte de programme politique, un catalogue de bonnes intentions, un copié-collé de vœux pieux. Le danger, lui, a déserté. La prise de risque, l’audace, la provocation n’ont plus droit de cité. Il n’y en a plus que pour la « protection », la « mise en garde ».

Les strings dénudent trop, les défilés décharnent trop, la musique rend violent et les hamburgers gros. Et les expositions pervertissent les esprits, l’art contemporain dépasse les bornes. Il y en a tellement, de bornes, que pour ne pas les dépasser, il faudrait carrément arrêter d’avancer. Attendre, immobile, la sentence. Notre peine.


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158 réactions à cet article    


  • Demian West (---.---.227.174) 21 novembre 2006 12:57

    Il est à noter qu’en tant qu’artiste rédacteur de Agoravox j’ai été exclu de la rédaction et je le suis encore, comme je suis toujours censuré : pour raison de forme d’expression incompréhensiblement artistique.

    D’ailleurs, la conséquence en est que c’est un non-artiste non averti de ces questions qui s’exprime aujourd’hui, sur ce sujet qui aurait dû être traité par quelqu’un du sérail.

    C’est une forme de la censure subtile : qu’on prenne ou qu’on retire la tribune aux artistes, afin qu’ils ne s’expriment plus quant aux questions artistiques qui leurs reviennent forcément. Et qu’elles sont alors maltraitées selon un autre discours déformant. C’est ce qu’on appelle, ici seulement, l’information citoyenne : ce qui est un leurre.

    Demian West


    • thierry (---.---.123.29) 21 novembre 2006 13:17

      Pour un artiste censuré qu’est ce que vous parlez... On vous retrouve sur presque tous les articles, tous les jours, week-end inclus, 24 heures sur 24, 365 jours par an....

      En principe, quand on est censuré, on peut même pas crier à la censure...


    • Demian West (---.---.123.89) 21 novembre 2006 13:21

      Vos propos sont caducs et depuis quelques semaines.

      Aussi, il me semble qu’être exclu d’une rédaction, sans raison valable, est caractéristique de censure. Mais, vous n’êtes peut-être pas en disposition de le comprendre.

      Demian West


    • Bill Bill 21 novembre 2006 13:26

      Continuez Demian, vous allez peut-être finir par nous faire encore plus pitié que jusqu’ici, on vous prendra pour un martyr !

      Bill


    • LE CHAT (---.---.75.49) 21 novembre 2006 13:32

      demian , demande l’asile politique en Corée du nord


    • James Ouest (---.---.193.253) 21 novembre 2006 14:07

      @ Mr West

      vous recoltez ce que vous avez semé. Vos provocations et votre pedanterie vous valent aujourd’hui un juste retour d’ascenseur. Vos articles sont rejetés : soyez meilleurs. Vos commentaires sont descendus en fleche : soyez plus mesurés dans vos propos.

      Ca ira certainement mieux pour vous.

      Et ne venez surtout pas jouer les persecutés, vous n’etes pas crédible.

      Cordialement,

      O


    • Micheline (---.---.59.15) 21 novembre 2006 14:36

      demian west... il existe encore lui ?


    • Jojo2 (---.---.158.64) 21 novembre 2006 15:41

      « D’ailleurs, la conséquence en est que c’est un non-artiste non averti de ces questions qui s’exprime aujourd’hui, sur ce sujet qui aurait dû être traité par quelqu’un du sérail. »

      Seuls les « vrais » artistes adoubés par DW ont le droit de s’exprimer sur les sujets touchant à l’art...

      Ca en dit long sur la mentalité du zozo...


    • LE CHAT (---.---.75.49) 21 novembre 2006 16:03

      demian qui aime faire allusion à l’histoire devrait savoir que les peintres ratés finissent dictateurs .


    • PPmoana (---.---.52.72) 24 novembre 2006 12:04

      Est-ce à dire que pour toi seuls les artistes peuvent réagir à l’art et le commenter ? autant dire que seuls les scientifiques peuvent juger leurs découvertes ? ou que seuls les politiciens sont susceptibles d’avoir un avis éclairé sur les politiques gouvernementales ???


    • Gasty Gasty 25 novembre 2006 09:32

      Savez-vous qu’il y a 1,3 milliard de chinois qui parlent le chinois ! et un individu incompris qui parle la NovLangue !

      « C’est dingue NON ? »

      PS : Bon rétablissement DW .


    • Yann (---.---.31.124) 21 novembre 2006 13:24

      Quelles sont ces oeuvres qui ont choqué ?


      • Bill Bill 21 novembre 2006 13:30

        A ma connaissance, c’est une photo avec une femme, les cuisses écartée comme dans le tableau de Courbet « l’origine du monde ». Ce tableau a une drôle d’histoire, on l’a longtemps caché car jugé un peu pornographique. Une oeuvre superbe pourtant !

        Bill


      • Bill Bill 21 novembre 2006 13:35

        Je vous invite à découvrir cette oeuvre

        http://www.insecula.com/oeuvre/O0013566.html , le lien ne fonctionne pas, mais copiez le.Il n’est pas surprenant que des familles se soient élevées car la photo du sexe d’une vrai femme était en vitrine, devant la rue et les enfants pouvaient passer devant...

        Bien à tous...

        Bill


      • (---.---.111.72) 21 novembre 2006 16:48

        Votre lien pointe vers l’oeuvre de Courbet, ce qui n’a rien à voir avec et article. Je ne comprends pas. Qui peut nous montrer les oeuvres qui ont posées problèmes lors de l’expo ? Ne mélangeaons pas tout...


      • (---.---.192.187) 21 novembre 2006 19:28

        C’est une autre histoire qui s’est passée réçament à Nice ou des flics (qui avaient peu de racaille à karcheriser) sont venu exiger qu’un tableau inspiré de celui de Courbet soit retiré de la vitrine d’une gallerie d’art... les passants étaient offusqués (sans doute n’ont-ils eux même pas de sexe ? Allez savoir).

        Quand à l’excuse bidon des enfants, toutes les études font apparaitre que la majorité des enfants en bas age (moins de 12 ans) ont déjà été confrontés à des images pornographiques (sans aucun doute à la télé d’ailleurs). Ce n’est certainement pas dans les galleries d’art que cela s’est produit ! Ce n’est qu’un prétexte débile de gens qui n’ont rien d’autre à foutre que de répendre leur morale éculée...


      • psychotique (---.---.117.194) 22 novembre 2006 22:21

        L’homme (ou la femme) civilisé(e) est un homme ou une femme pudique.

        Mais bon, je suis un malade mental, ce que je dis ne saurais avoir de sens.


      • Marco Polo (---.---.134.18) 23 novembre 2006 11:16

        Je suis assez perplexe face à cette justification que vous apportez pour vous élever contre une « morale éculée » qui vise d’abord et surtout à maintenir le Sexe et ce qui tourne autour dans une sphère privée voire intime. En quoi le fait que les enfants en bas âge aient été confronté à des images pornographiques justifie-t-il le laisser-faire et le laisser-aller ? La plupart des enfants en bas âge ont aussi reçu des fessées ou des gifles (souvent éducatives d’ailleurs). Faut-il renoncer pour autant à la protection de l’enfance ?


      • (---.---.154.129) 24 novembre 2006 12:52

        Mais pourquoi cacher le sexe aux enfants ? La reproduction, et toutes les actes liés, ne sont-ils pas assez naturels pour qu’ils puissent savoir ? Pourquoi un être civilisé devrait-il cacher ses organes génitaux plus que les autres ? Y aurait-il un démon caché dans mon sexe ? La menace du Diable planerait-elle toujours autour du sexe ? Il va falloir que je fasse attention...


      • Gnufu (---.---.253.130) 24 novembre 2006 21:52

        Et pourquoi tout ce qui touche au sexe, tout ce qui est cru, sans fard, serait-il forcément transgressif ? Les cléricaux d’aujourd’hui mettent le cul à toutes les sauces et dans toutes les vitrines, mais ce n’est pas forcément moins hypocrite. N’avez-vous jamais entendu parler de la nuance, de l’art de la mise en scène, des stratégies de contournement des stéréotypes ? C’est du pain béni pour les attitudes les plus « morales », et au demeurant les plus capitalistes de vouloir tout ramener au trivial. Non seulement ça ne transgresse rien, mais c’est beaucoup plus insidieux et aliénant que les masques bourgeois d’autrefois - avec des idées, du sens, de l’idéologie construite, on a une solide marge de manoeuvre pour se creuser sa niche.


      • Le Hérisson (---.---.121.162) 21 novembre 2006 13:36

        Ce qui s’est passé à propos de cette exposition (la mise en cause des organisateurs par une association quasi inconnue) est proprement scandaleux et inquiétant, présageant le retour de l’ordre moral...


        • Bill Bill 21 novembre 2006 13:38

          Cher Hérisson, puis je t’inviter à aller voir l’oeuvre en question sur mon lien plus haut ?


        • Marsupilami Marsupilami 21 novembre 2006 13:39

          Bon article. Cette affaire est scandaleuse. Si ça continue comme ça, on assistera à la censure d’Alice au pays des merveilles.


          • Bill Bill 21 novembre 2006 13:46

            Flute ! Je retire ce que j’ai écris plus haut ! Mea culpa, j’ai confondu l’actualité et cette article, ce n’est pas la même chose, j’étais hors sujet !

            Cher auteur pardonnez moi !

            Bill


            • Grouik (---.---.255.36) 21 novembre 2006 13:56

              Bill,

              Vous êtes l’idiot et sans village.


            • Bill Bill 21 novembre 2006 14:25

              J’en ai autant à votre service Grouik !

              Bill


            • Bill Bill 21 novembre 2006 13:52

              Mais est ce bien cette exposition qui a un rapport avec « l’origine du monde » ?


            • AL_1 (---.---.125.221) 21 novembre 2006 13:55

              Moi j’ai vu cette photo Bill, et je ne vois pas ce qui justifie une procedure judiciaire. Je confirme c’est proprement scandaleux et ces gens ont visiblement beaucoup de temps a perdre.


              • Bill Bill 21 novembre 2006 14:29

                AL-1

                Cette photo de femme aurait été exposé sur la devanture devant les passants, ce n’est pas tableau masi une photo, il me semble plus cohérent de mettre une telle photo à l’intérieur, ceci dit il s’agirait d’une autre exposition pour cette photo.

                Cordialement !

                Bill


              • Bill Bill 21 novembre 2006 15:23

                Et en effet AL_1 le procès serait pour cette photo un véritable excès !


              • Bill Bill 22 novembre 2006 09:13

                Merci Furtif, j’avais déjà admis mon erreur... En effet je n’avais pas eu le temps de lire en entier l’article et je m’en excuse auprès de l’auteur...

                Bill


              • Ghislain (---.---.119.3) 21 novembre 2006 14:00

                C’est un excellent papier qui appelle à prendre parti contre la mise en examen du directeur de l’exposition. Il manque précisément un examen de la ou des oeuvres choquantes. Parce que si l’art doit être libre, comment doit on gérer un artiste qui produirait des photos d’enfants accouplés ? Les tribunaux condamnent régulièrement des personnes qui collectionnent des images à caractère pédophile glanées sur le net. Celui qui les collectionne dans les musées est-il moins coupable ? Soit il faut s’occuper des personnes déjà condamnées et faire annuler leur condamnation, soit les artistes doivent se conformer aux jugements. Quid de quelqu’un qui prendrait son crayon et sur son papier dessinerait, pur fruit de son imagination, des enfants dans des positions « érotiques » ou sexuelles ? Je mets érotique entre parenthèses, parce que ça n’est érotique que si cela vous excite. Faut-il le condamner ? Ce « problème » va se poser très bientôt. La civilisation avance, et la nôtre n’a pas encore de réponse claire à celui-là. Où peut-on voir les oeuvres à l’origine du scandale ?


                • Fred (---.---.64.1) 21 novembre 2006 14:05

                  Au dela de cette exposition, article très interressant et très bien écrit qui résume bien la déresponsabilisation des gens dans nos sociétés occidentales bien pensantes. Me rappelle un magazine américain sur la petite enfance qui avait mit en une une photo d’un bébé allétant ou on voyait vaguement un bout de sein ! Tollé incroyable pour une image jugée scandaleuse par beaucoup. Terrifiant.


                  • bonobo (---.---.81.107) 21 novembre 2006 14:20

                    Avant de crier à la censure bêtement, encore faut il savoir ce qui a retenu l’attention de la justice dans cette affaire. Il s’agissait d’une installation vidéo, où l’on voyait une peitite fille filmée par sa mère se masturbant avec un concombre, avant de se coudre les lèvres du sexe. Je suis très dubitatif sur le caractère artisitique de cette vidéo que l’on ourrait trouver sur d’autres sites internet mais d’un autre genre. Je ne suis pas certains que les actes de barbarie puissent entrer dans la catégorie des oeurves d’art. Ou alors, à quand les expos branchées sur les pogrom ?


                    • jessyjess (---.---.235.90) 23 novembre 2006 15:26

                      Je ne sais pas où vous allez pêcher vos informations, mais il n’y a jamais eu ce genre de vidéo au CAPC qui est par ailleur un musée d’un grand interêt et qui presente toujours des expositions de grande qualité. La « soit disant » vidéo qui a choqué un père de famille qui est allé se plaindre auprés de l’association citée dans l’article, est en effet une vidéo de body art mais dans laquelle n’intervenait aucun enfant, il s’agissait du travail d’une artiste sur son propre corps, et les balises de l’expositions interdisaient l’accés aux « oeuvres pouvant choquer » aux mineurs. De plus à l’époque de l’exposition, il y a eu intervention de la brigade des mineurs qui a contrôlé l’exposition et n’a rien trouver à redire sur les piéces ou la balistique de l’expo.


                    • O+ (---.---.29.42) 21 novembre 2006 14:23

                      Ca me rappelle la censure de la cigarette de Lucky luke ou du cigare de Tom (dans Tom & jerry). Tout est pretexte a legiferer, a interdire.

                      bel article


                      • français moyen (---.---.19.145) 21 novembre 2006 14:24

                        Excusez-moi, mais je crois qu’il y a confusion entre l’oeuvre de Gustave Courbet (lien plus haut) exposée depuis belle lurette au musée d’Orsay et l’exposition dite à caractère pédophile dont il n’existe pas, à ma connaissance, de photos. Cependant, j’ai personnellement assisté, il y a de cela quelques années, à l’époque où Jack Lang était ministre de la culture, à une exposition au musée d’art moderne de la ville de Paris consacrée à des artistes psychiatriquement atteint (c’était spécifié dans les commentaires). L’une de ces oeuvres, couvrant un mur entier, représentait des centaines de photos polaroïd d’une enfant d’environ 3 ou 4 ans vétue d’un maillot de bain rouge en deux pièces (au début) et construisant un chateau de sable sur une plage. Le cadrage de ces photos (gros plans fréquents et insistants sur certaines parties de son corps) et le lent déshabillage de l’enfant, laissait une impression difficile à décrire tant la sensation de dégoût que celle-çi dégageait était importante. (ma copine à fini la tête dans les chiottes). Pourtant, il s’agissait bien là d’une oeuvre d’Art, financée sous fonds publics, avec la bénédiction des élus de l’époque. Je suis un artiste moi-même, et qui plus est à l’esprit large. Mais sincèrement, je n’aurais en aucune façon confié ma propre fille à ce soit-disant artiste.


                        • Bill Bill 21 novembre 2006 14:30

                          En effet l’origine du monde est une erreur de ma part quant à l’exposition...


                        • arnaud (---.---.167.40) 21 novembre 2006 14:50

                          bel article et bel abus de la part de cette association qui a visiblement perdu de vue son objectif originel.


                          • La Taverne des Poètes 21 novembre 2006 14:51

                            Je dois dire, après mûre réflexion sur le peu que j’en sais et au vu de mon expérience de six années au Service de l’aide sociale à l’enfance, et de mon expérience d’artiste, que je suis assez partagé et prudent sur la question qui est néanmoins intéressante ici à débattre.

                            Libération montre que la classe politique est aussi partagée : « Alain Juppé, le maire de Bordeaux, avait refusé de participer au vernissage, interdisant à son adjointe à la culture de s’y déplacer. » Jean-Jacques Aillagon, au journal Sud-Ouest déclarait vendredi : « Ce serait un recul effrayant de la liberté d’expression si l’on venait à considérer qu’Henry-Claude Cousseau a commis un délit. » Les auditions devraient se poursuivre pour déterminer s’il existe des charges suffisantes pour la tenue d’un procès."

                            Le Parquet a-t-il agi à la légère ? Ou les oeuvres risquaient-elles de heurter les enfants et d’exciter les pédophiles ? Comme on ne peut apprécier parce qu’elles ne sont pas visibles, je préfère réserver mon jugement sur la question...

                            Et si l’on faisait confiance à la Justice ?

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