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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > L’inconfort du poète, Jean Ferrat

L’inconfort du poète, Jean Ferrat

Quand il est mort, le poète
 par Gilbert Bécaud

Quand il est mort, le poète,
Tous ses amis,
Tous ses amis pleuraient.

Quand il est mort le poète,
Le monde entier,
Le monde entier pleurait.

On enterra son étoile,
Dans un grand champ,
Dans un grand champ de blé.

Et c’est pour ça que l’on trouve,
Dans ce grand champ,
Dans ce grand champ, des bleuets.


Les poètes naissent aussi quelque part, mais pas n’importe où.

26 décembre1930, Jean Ferrat né à Vaucresson
Vaucresson dans le pays de France, Vaucresson, la contraction de val, vallée pour une plante aquatique qui pousse en eau fraiche, vivante, pure et limpide, Vaucresson, un ilot de verdure en en Ile-de-France, un espace boisé classé, en pays de France.
Entre Paris et Saint-nom-la-Bretèche, des mots jolis, une sonorité chevaleresque pour une croisade imaginaire et pieuse. L’intercommunalité nous parle même de l’agglomération du Coeur de Seine, Jean est né au coeur de la Seine.
Oui mais dans l’arrondissement de Boulogne-Billancourt, la régie Renault, les luttes ouvrières, un certain moment de l’histoire brillante, revendicatrice et sanglante de la France et de son industrie automobile.
Oui mais dans le canton de Chaville, Chaville, souvenez vous ? La chanson de Pierre Destailles dans les années 50...

Tout ça parc’ qu’au bois d’Chaville

Ce jour-là au Bois d’Chaville y avait du muguet
Si ma mémoire est docile c’était au mois d’mai
Au mois d’mai dit le proverbe fais ce qu’il te plaît
On s’est allongés sur l’herbe et c’est c’qu’on a fait...

Quand je songe aux conséquences de ce jour charmant
Je me sens rempli d’avance d’un très grand tourment
Car par ma faute il va naître un pauvre ingénu
Qui va forcément connaître
Tout c’que j’ai connu...

... Voilà mon cher petit homme
Tout ce qui t’attend
Parc’ que j’ai croqué la pomme
Un jour de printemps.
C’est peut-être une folie
Mais si tu voyais
Comm’ ta maman est jolie
Tu me pardonn’rais
D’avoir été à Chaville
Cueillir du muguet.

Les poètes naissent aussi quelque part, mais pas n’importe où et pas n’importe comment.

Jean Ferrat, né Tenenbaum, venu d’ailleurs, venu de loin, du pays des étoiles, des étoiles dans le coeur et plein la tête pour une star dans le berceau, mais une étoile de la honte imposé par la folie des hommes un jour obligatoire, et le départ de son papa en déportation qu’il ne reverra pas.
Oui mais il nait poète, son papa et joailler, il travaille le métal le plus rare, le métal précieux couleur de lumière, lumière de soleil pour un destin solaire, sa maman est fleuriste, le langage des fleurs, celui de l’amour. De cette union est née l’alchimiste, le poète. Dans un parterre de femmes il grandira.
Les étoiles rencontrent les étoiles, et ce fut Aragon, une étoile de première grandeur qui croisa sa course..

Les Yeux d’Elsa

Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire
J’ai vu tous les soleils y venir se mirer
S’y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire

Une rencontre lumineuse, pour un homme qui place son soleil culminant dans son thème de naissance, le maitre de sa nativité, saturne conjoint. Lourde est la prise de conscience de son existence propre. La détermination intérieure, les engagements, les passions durables et fidèles, mais aussi l’absence d’un père conduisant à des principes moraux exigeants, un certain renoncement mais beaucoup d’humanité dans la simplicité.
En 1959, Jean rencontre Gérard Meys, qui deviendra son meilleur ami, et qui lui permet d’enregistrer en 1960, son premier quatre titres, son premier succès personnel.

Ma môme

Ma môme, ell’ joue pas les starlettes
Ell’ met pas des lunettes
De soleil
Ell’ pos’ pas pour les magazines
Ell’ travaille en usine
A Créteil

Dans une banlieue surpeuplée
On habite un meublé
Elle et moi
La fenêtre n’a qu’un carreau
Qui donne sur l’entrepôt
Et les toits

...On s’dit toutes les choses qui nous viennent
C’est beau comm’ du Verlaine
On dirait
On regarde tomber le jour
Et puis on fait l’amour
En secret

Jean Ferrat, dans la provocation du coeur et le courage de l’esprit, revendiquera et soulignera ses engagements politiques et ses penchants philosophiques de gauche. La sincérité de l’artiste a quelque chose de touchant tant elle s’exprime dans la pureté et par la grâce de l’enfant éternel qui découvre la beauté mais jamais ne baisse les yeux sur les injustices du monde. Ainsi perdure contre toute attente, par vents et marées, dans la vie et plus loin que la vie la vérité de l’amour et de la fraternité.

De concerts en albums, Jean Ferrat obtient un succès grandissant, jusqu’au troisième album Nuit et brouillard, dont le thème principal est la déportation, qui marque les esprits et fait de Ferrat un artiste à part.

Nuit et brouillard

Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent

Ils se croyaient des hommes, n’étaient plus que des nombres
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
Dès que la main retombe il ne reste qu’une ombre
Ils ne devaient jamais plus revoir un été..
..

Deux chansons apporteront la consécration à Jean Ferrat, "la Montagne "1964 et "Potemkine" 1965,

La montagne

Album : Jean Ferrat - Vol.1 (1999)

Ils quittent un à un le pays
Pour s’en aller gagner leur vie
Loin de la terre où ils sont nés
Depuis longtemps ils en rêvaient
De la ville et de ses secrets
Du formica et du ciné
Les vieux ça n’était pas original
Quand ils s’essuyaient machinal
D’un revers de manche les lèvres
Mais ils savaient tous à propos
Tuer la caille ou le perdreau
Et manger la tomme de chèvre

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s’imaginer
En voyant un vol d’hirondelles
Que l’automne vient d’arriver ?...


Potemkine

Album : Jean Ferrat - Vol. 2 (1999)

M’en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde
Qui chante au fond de moi au bruit de l’océan
M’en voudrez-vous beaucoup si la révolte gronde
Dans ce nom que je dis au vent des quatre vents

Ma mémoire chante en sourdine
Potemkine

Ils étaient des marins durs à la discipline
Ils étaient des marins, ils étaient des guerriers
Et le cœur d’un marin au grand vent se burine
Ils étaient des marins sur un grand cuirassé...

Au moment ou l’artiste amorce une retraite comme A. Rimbaud en son temps. Antraigues, le coeur de l’Ardèche, l’isolement des sages, en somme la vraie vie d’un homme de nature mais aussi de culture singulière. Le révolutionnaire à la fleur sans nom rencontrera les mexicains et les cubains en un temps de révolution et de chaos mondial.
Je croyais à tort que sa célèbre moustache était gauloise, que nenni ...zapatiste des chiapas !

Le visionnaire dans le train des bouleversements et métamorphoses de Mai 68, l’Europe de l’est dans ses tourments humains déshumanisant, et la censure qui n’en finit pas de censurer. Il n’y prend pas garde le chevalier moderne au coeur pur mais la censure sournoisement pousse au retrait et le retrait à l’oubli...et les français de brailler maintenant que Jean a fait le choix de s’exiler dans le monde des justes.
Comme un guérilléros il affronta la bête montante qui sévit aujourd’hui, mais comme un poète il n’avait que les épines de la rose et sa plume "vengeresse" pour égratigner le monde. Ceux qui sourient crèveront de bêtise.
Sa gloire est désormais internationale mais je me sens infiniment triste maintenant.

Heureusement, dans la magie des mots et du verbe les étoiles se rencontrent toujours et encore, la comète Aragon réapparait dans son ciel dans les années 70.

Aimer à perdre la raison by Jean Ferrat Aimer à perdre la raison
Aimer à n’en savoir que dire
A n’avoir que toi d’horizon
Et ne connaître de saisons
Que par la douleur du partir
Aimer à perdre la raison

Ah c’est toujours toi que l’on blesse
C’est toujours ton miroir brisé
Mon pauvre bonheur, ma faiblesse
Toi qu’on insulte et qu’on délaisse
Dans toute chair martyrisée...


Ce disque reste encore aujourd’hui un des plus grands succès populaires français. Mais le chanteur, las de la vie de scène et de la notoriété, fait ses adieux à la scène et s’isole à la fin de l’année 72, et malgré la production régulière de nouveaux albums ou de reprises, il se fait plus rare...et la censure s’insinue perverse...la camarde.
Son potentiel et l’étendue de son travail porteront les fruits de la notoriété...jusqu’au moment où...la disparition de son épouse en novembre 81 le plongera dans un grand désarroi et une solitude déjà coutumière.
Plus tard, ses prises de position politiques franco-françaises et " rocambolesques " pour la majorité raisonnable dont je m’honore de ne pas être, son amitié pour José Bové, le chevalier médiéval du plateau du Larzac, le berger des temps modernes qui piste ses brebis dans les macdos de l’oncle Sam. Un brave homme comme lui qui a l’obsession des O.G.M. et se répand en vaines jacqueries dans le paysage politique français.
Même dans le tumulte anglo-saxon des musiques afro-américaines qui ne déméritent pas, mais envahissent le continent européen en faisant bouger les lignes et entamer la fidélité aux princes de notre enfance, il contemple sereinement la galaxie du trio intemporel...ils étaient trois mousquetaires, Brassens, Brel et Ferré. il se nommait d’Artagnan, Jean pour les humbles et pour tous les autres. Les aventuriers de la paix, les modèles culturels pour un siècle et peut-être plusieurs siècles d’humanité, chacun avec sa différence.

Jean Ferrat est peut-être un des seuls poètes à chanter la France avec une force d’aimer et le désir de vivre.
Sa voix résonne en chacun de nous et même à notre insu, comme une fête, celle de l’humanité.

Je garde à l’esprit le souvenir d’un passage de lui derrière l’objectif photographique indiscret. Son beau visage portait le poids des ans. Son regard d’effroi et de souffrance parlait de la fin du chemin. Ses yeux mélancoliques et terrifiés à la vue d’une perspective sans perspective...peut-être un monde perdu.
L’inconfort du poète, c’est la clairvoyance du visionnaire.
 

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95 réactions à cet article    


  • Alain-Goethe 18 mars 2010 14:57

    Merci pour cet article !

    Depuis annonce de sa mort :

    « Je ne suis qu’un cri »

    Je n’en reviens pas qu’une vie passe si vite ....

    Bonne journée


    • jack mandon jack mandon 18 mars 2010 18:22

      @ Bonjour Alain-Goethe

      Ne soyez pas triste, vous avez un nom merveilleux !

      Alain, philosophe et symboliste français,

      Goethe, un des plus grands écrivains allemands du monde.

      N’en restez pas là mon ami !


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 19 mars 2010 11:58

      Sur ce site où l’on parle à tort et à travers de sionisme et d’antisémitisme, je crois qu’il faut souligner que TOUT LE MONDE a aimé Jean Ferrat. Est-ce qu’il n’y a pas là un message important ?



       Pierre JC Allard



    • simplesanstete 20 mars 2010 10:52

      @ jc hallard
      Non et non, le romantisme révolutionnaire dégoulinant de ce maître chanteur m’a toujours dégoûté, encore un avant gardiste des lendemains qui déchantent, jusqu’au bout copains avec les derniers directeurs de consciences du troupeau salarié, beseno, bové & co, un de moins !!!!


    • lemouton lemouton 20 mars 2010 13:05

      à simplet ci dessus smiley

      mais c’est quoi cette diarée de réactionnaire ??? smiley

      les élections sont restées sur l’estomac ?? smiley


    • jack mandon jack mandon 20 mars 2010 13:45

      @ Simplesanstete

      « simple et sans tête » est une manière radicale de limiter son horizon.
      C’est refuser d’appréhender le monde artistique dans son essence.
      L’expression peut être envisagée par delà les époques, les ethnies,
      les engagements politiques. Le moment d’inspiration et de création
      placent tout être humain dans une sensation d’éternité, peut être illusoire,
      mais c’est le temps universel qui fait contrepoids à notre temps humain.

      C’est une question d’équilibre, d’harmonie et de santé.
       


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 22 mars 2010 03:48

      @ Simplesanstete


       Trop gros smiley

      PJCA

    • vivien françoise 18 mars 2010 15:38

      Un hommage doux et sincère pour un poète que je n’oublierai pas.
      Les « artistes » vivant dans l’hexagone, ainsi que le ministre de la culture ne se sont pas déplacés pour saluer un des leurs. Mais c’est parcequ’il n’était pas un des leurs qu’ils ne sont pas venus. Ils ont bien faits car il n’avaient rien à dire, rien à donner au véritable artiste qui est devenu une étoile au firmament où brillent les étoiles de Jacques, Georges et Léo.
      Il ne reste plus ou presque plus de ces poètes.
      Merci à vous, Jack mais c’est parceque vous avez la même filiation que vous en parlez si bien.
      Sissy


      • jack mandon jack mandon 18 mars 2010 18:35

        @ Bonjour Sissy,

        Très heureux de vous retrouver.
        En ces temps difficiles nous avons besoin de chaleur.
        Ce fut d’abord Jacques, puis Georges et Léo et maintenant Jean.
        Les mousquetaires du verbe ont retrouvé leur roman intemporel pour rire enfin.
        Ne trouves tu pas que Jean a l’élégance, la droiture, le courage et le panache de D’Artagnan.
        Rions nous aussi
        Bisous


      • jack mandon jack mandon 19 mars 2010 06:23

        @ Sissy,

        « C’est parce que vous avez la même filiation que vous en parlez si bien Sissy.. ».


      • vivien françoise 19 mars 2010 19:11

        Jack,
        Dendrobate fraise vous remercie.
        Sissy 


      • anny paule 18 mars 2010 16:03

        Merci pour cet hommage délicat et si vrai... si juste, si sincère, et tellement en correspondance avec l’image de celui que nous sommes quelques millions à pleurer...
        La veille de sa dispaition, nous l’évoquions encore, nous reprenions certaines de ses paroles à la veillée... sans savoir que c’était son dernier soir...
        Cette perte est immense et il n’est plus d’artiste qui puisse rivaliser (il aurait détesté ce mot, pardon !) avec lui. Poésie et engagement ne faisaient qu’un et c’est si rare !
        Adieu Jean ! Merci d’avoir éclairé notre vie ! Puissent tes idées être reprises avec la même sincérité, la même « ferveur » laïque !


        • jack mandon jack mandon 18 mars 2010 18:41

          @ Bonjour anny paule

          Ils ont tellement de choses a se raconter ces trois compères au nombre de quatre
          Entre hédonisme, anarchie, communisme et fantaisie,
          ils chantèrent la beauté, l’amour et l’amitié.
          Rions avec eux maintenant !
          Merci


        • Voris 18 mars 2010 16:38

          Bon article qui tranche nettement avec celui d’hier qui titrait « Jean Ferrat a rejoint Mickaël Jackson » ! Si, si, je vous assure, ce torchon a passé la Modération. Et pourquoi pas demain « Jean Ferrat a rejoint Topaloff » ?

          Donc encore merci pour cet hommage sincère et bien écrit.


          • jack mandon jack mandon 18 mars 2010 18:49

            @ Merci Voris

            D’un point de vue critique vos arguments sont acidulés et humoristiques,
            je veux parler de votre sanction pour l’autre article.
            Le coeur a ses raisons que la raison ignore.
            Ce sont des poètes Français qui nous accompagnent depuis si longtemps !
            Au plaisir


          • ELCHETORIX 18 mars 2010 16:57

            @ L’auteur
            je vous remercie pour cet article qui est le meilleur et le plus juste en hommage à notre chanteur engagé et humaniste qu’était notre regretté Jean FERRAT .
            C’est une partie de notre jeunesse qui s’en va , mais son oeuvre et son souvenir resteront gravés dans nos esprits .
            Pour ma part , fin Avril , j’irai à ENTRAIGES , pas loin de LYON , le saluer devant sa dernière demeure .
            Cordialement .
            RA .


            • jack mandon jack mandon 18 mars 2010 19:00

              @ ELCHETORIX,

              Je ne sais pourquoi, j’ai plein d’images joyeuses d’une gaule printanière
              qui vagabondent dans ma tête de gallo-romain du XXI ème siècle.
              Ah mais c’est bien sur...votre nom.
              Ne soyez pas triste, la jeunesse c’est une vue de l’esprit,
              ...pour la vieillesse je ne sais pas j’ai perdu mes lunettes
              Merci, et gardons la foi !


            • Fergus Fergus 18 mars 2010 17:01

              Merci, Jack, pour cet hommage sincère et émouvant à celui qui fut un « type bien », un homme comme on aimerait en rencontrer plus souvent. Un poète à la fois simple dans sa vie et profond dans ses engagements et ses rapports aux humains.

              En lisant ce texte, j’ai eu une pensée pour l’un de mes amis qui connaissait si bien son Ferrat, rencontré lors des Fêtes de l’Huma, qu’il était devenu un inconditionnel chineur de brocantes, toujours en quête de vinyls rares, de Paris à Londres ou... Singapour.

              Il y a quelques mois, une exposition itinérante était consacrée à Ferrat dans les locaux des Comités d’entreprise de différents services publics. Je l’ai visitée avec d’autant plus d’intérêt qu’elle révélait des facettes méconnues de sa vie, illustrées par des photos rares du chanteur et du militant. Nul doute que cette exposition va revivre, et ce serait une excellente chose car les plus jeunes notamment ont beaucoup à apprendre de ce que fut cet homme à la voix si chaleureuse et aux idées si généreuses.

              Merci encore, Jack, et bonne journée.


              • jack mandon jack mandon 18 mars 2010 19:13

                Bonjour Fergus

                Merci pour toutes les informations dans votre article, cela prolifère
                dans ma tête comme un film authentique généreux et joyeux.
                Etonnante cette complétude élégante et charmante chez Jean Ferrat.
                Il est rare pour un artiste de rester authentiquement humain.
                L’art dans sa forme la plus élaborée a quelque chose d’inhumain.
                Il vivait dans l’harmonie et la beauté... un rêve, une réalité...un prince !


              • @distance @distance 18 mars 2010 17:05

                Salut Jack Mandon,
                vous avez raison de rendre hommage à l’artiste

                mais je n’ai jamais compris pourquoi cet homme s’est entêté à vouloir s’afficher comme communisme ? poète et communiste, c’est dur à associer quand on sait la dureté du régime communisme

                Les régimes s’étant déclarés « socialistes » ou « en route vers le communisme » : l’Union soviétique, les pays autodésignés comme « démocraties populaires » d’Europe centrale et orientale, la République démocratique allemande (RDA), la Chine, Cuba, le Cambodge, le Vietnam, l’Afghanistan, l’Angola, la Corée du Nord et le Laos se revendiquaient du « marxisme-léninisme », courant qualifié par les autres communistes de Stalinisme, y compris après la « déstalinisation » de 1956 (qui n’a concerné ni la Chine de Mao, ni la Corée du Nord, ni l’Albanie).

                Ces États se sont livrés au bâillonnement de l’opposition, pouvant aller jusqu’à l’élimination physique, à un contrôle pratiquement absolu de la société et à la destruction de toute liberté d’expression. Toutefois, à plusieurs reprises, il y a eu dans ces régimes des dirigeants qui tentèrent de réaliser un « socialisme à visage humain » dans le but de s’approcher de l’idéal communiste par la démocratie et en répondant aux aspirations des peuples : ce fut par exemple le cas de d’Imre Nagy en Hongrie, d’Alexandre Dubcek en Tchécoslovaquie ou de Mikhaïl Gorbatchev en URSS. Tous échouèrent, « pris entre l’enclume stalinienne et le marteau capitaliste » selon l’expression de Dubcek en 1989.

                http://fr.wikipedia.org/wiki/Communisme


                • L'enfoiré L’enfoiré 18 mars 2010 17:39

                  @distance,

                   Je crois que l’on confond communisme et stalinisme.
                   
                   C’est l’antithèse du capitalisme, le communisme.
                   La théorie : " le communisme est la conception d’une société sans classes sociales, une organisation sociale sans État, fondée sur la mise en commun des moyens de production (sans propriété privée), et qui peut être classée comme une branche du socialisme.
                   
                   Une idéologie peut en cacher une autre moins glorieuse.
                   Les kiboutz en Israël, au départ, l’autogestion en Yougoslavie... même concepts.
                   La faiblesse des hommes que cela ne marche pas dans la longueur.
                   


                • jack mandon jack mandon 18 mars 2010 19:22

                  la jolie petite diablesse...

                  Je crois qu’il était au coeur de l’humain, c’est à dire généreux et libre
                  une espèce de communiste avant la faute originelle en Eden.
                  Je vous fais une confidence, s’il suscite tellement de tendresse,
                  c’est parce qu’il touche au divin...
                  mais avec un naturel et un charme déconcertants.

                  Merci pour toutes ces références historiques


                • L'enfoiré L’enfoiré 18 mars 2010 17:29

                  Quand j’étais jeune, j’aimais Bécaud. C’est un des rares que j’ai été voir sur scène.
                  Plus tard, j’ai aimé Brel, mon maitre à penser et Ferrat, mon maitre à rêver.


                  • L'enfoiré L’enfoiré 18 mars 2010 17:33

                    J’aime beaucoup aussi « Nul ne guérit de son enfance ». Beaucoup de choses à en tirer pour soi-même.  smiley



                  • jack mandon jack mandon 18 mars 2010 19:31

                    L’enfoiré

                    Dites moi mon ami quel est votre maitre à rire ?

                    Vous seriez bien inspiré de répandre ses références sur le net.

                    Bien sur Bécaud a donné beaucoup de joie et de couleur,

                    Quelle force aussi.

                    Jacques Brel plus docte, plus profond plus écorché.

                    Comment voulez vous qu’on oublie ces personnages merveilleux

                    Comme si l’on oubliait sa jeunesse et ses premières amours !


                  • L'enfoiré L’enfoiré 18 mars 2010 20:19

                    Cher Jack,

                    « Dites moi mon ami quel est votre maitre à rire ? »

                    J’hésite. Vous me posez une colle. Il n’y en a pas beaucoup, il faut avouer.
                    Faire rire est plus souvent difficile que de faire pleurer.
                    Rire ne semble pas être le domaine de la chanson.
                    Je dirais, peut-être, Pierre Perret.
                    Parmi les disparus, je dirais Fernandel, Bourvil...
                    Mais je réfléchir, et je viendrai peut-être avec d’autres noms.

                    Bonne soirée et merci pour m’avoir fait réfléchir


                  • jack mandon jack mandon 19 mars 2010 06:19

                    @ L’enfoiré

                    Je plaisantais sur votre icône, ce petit bonhomme

                    qui rit ...à perdre la raison... pendant que vos paroles

                    sont empreintes de sérieux et de gravité.

                    Je suis visuel, l’image m’envahit.

                    Merci pour votre spontanéité


                  • ARMINIUS ARMINIUS 18 mars 2010 18:17

                    Merci à l’auteur pour cette évocation douce amère, du coup je suis allé faire un tour dans mon grenier pour inventorier mes 33 tours, six Ferrat ! je suis en train de me les repasser sur mon vieil électrophone, une chance, le saphir est encore OK : « c’est si peu dire que je t’aime.. ».soupir de mon épouse, belle étrangère débarquée de Teutonie en Mai 68 : « tu te souviens quand nous nous sommes connus, tu ne passais que ça... » et d’un seul coup tout m’est revenu,les années hara-kiri, Reiser,Wolinski, « garderem lou larzac », L’enterrement de Pierrot syndicaliste Renault, victime des crs,
                    la contrescarpe, notre première bouffr ensemble au « Requin Chagrin » il parait qu’il existe toujours...le requin ?peut-être, le chagrin surement, celui d’avoir perdu le dernier compagnon de notre jeunesse...


                    • jack mandon jack mandon 18 mars 2010 19:42

                      Bonjour Arminius

                      Arminius, c’est du lourd, normal il a battu et chassé les romains des forêts nordiques.

                      sacré stratège.

                      Vous avez de bons souvenirs, les copains d’abord et la fraternité.

                      Merci de votre intervention.


                    • rocla (haddock) rocla (haddock) 18 mars 2010 18:36

                      Vrai Arminius ,

                      Ferrat c ’est aussi plein de souvenirs pour ceux qui ont notre âge .

                      En dehors de ses jolies chansons .

                      Thank you Jack .


                      • L'enfoiré L’enfoiré 18 mars 2010 18:51

                        Captain,
                         
                         C’est en écoutant les chansons du passé, que l’on devient nostalgique.... smiley
                         On devrait se rencontrer, un jour, pour en parler. Je suis sûr qu’on en aurait des souvenirs à confronter.
                         
                         Yes, thanks Jack and for you too


                      • jack mandon jack mandon 18 mars 2010 19:46

                        Captain mon ami

                        Comme je le disais plus haut,

                        L’’hédonisme, l’anarchisme, le communisme (oui mais comme Jean)

                        la fantaisie et surtout la jeunesse mille sabords !


                      • jack mandon jack mandon 19 mars 2010 06:14

                        @ l’enfoiré

                        Bien sur vous avez raison.

                        Cependant il ne faut pas demander à toutes ces icônes mystérieuses

                        et ces pseudos fantasmagoriques de posséder une voix.

                        C’est bien un aspect du problème...la dissimulation virtuelle bien réelle.

                        La communication est vraiment faussée...c’est la misère !


                      • L'enfoiré L’enfoiré 19 mars 2010 14:24

                        Jack,

                         Il n’y pas très longtemps que j’ai enlevé ma photo et l’ai remplacé par cet avatar.
                         Ordre de mon épouse. Et cela ne se discute pas un ordre pareil..  smiley
                         Vous pouvez encore voir le « personnage » sur mon site.
                         Quant au pseudo, je l’ai choisi sans ambage.
                         Mon « A propos » est suffisamment explicite et définit bien mieux.
                         Mon nom ne dirait rien.
                         Ce n’est pas une question de rester dans l’anonymat derrière un pseudo, je vous assure.
                         Certains connaissent très bien mon nom. 


                      • vivien françoise 19 mars 2010 19:33

                        Jack,
                        Dois-je enlever la grenouille au venin hautement toxique pour paraitre moins fantasmagorique ?
                        Certains avatars correspondent peu ou prou au commentateur. Lorsque je regarde celui du Capitaine, je l’imagine sans peine surtout après avoir lu ses répliques hautement sismiques pour certaines.
                        La dangerosité d’internet fait, qu’il vaut mieux être prudent parfois plus que pas assez.
                        Sissy


                      • jack mandon jack mandon 20 mars 2010 10:28

                        Chère Sissy,

                        ...Mes pincettes, mon masque et mes gants de protection.

                        Si votre ramage se rapporte à votre plumage évitons le batracien écarlate.

                        quand je pense que ces sauriens se métamorphosent en créature de rêve,

                        c’est à douter du merveilleux.


                      • vivien françoise 21 mars 2010 14:48

                        Bonjour Jack,
                        J’en reviens à votre commentaire, réponse tardive. C’ est un joli mélange des genres.
                        J’avoue n’avoir jamais eu la chance de voir un horrible crapaud se transformer en magnifique
                        spécimen mâle humain. Pourtant des horribles crapauds, il y en a pas mal par ici.
                        La magie se trouve ailleurs probablement. Pas de magiciens en Suisse ?
                        Sylvia


                      • jack mandon jack mandon 21 mars 2010 15:48

                        @ Sylvia,

                        Françoise, Sissy, Sylvia, mutation en chaine, métamorphose permanente.
                        Personnage à facettes multiples qui doit la vie à une pléiade de fées
                        progressistes, une palette de joyeuses reinettes révolutionnaires et
                        l’intervention ludique mais laïque du créateur. La complexité de la femme.

                        Les crapauds prolifiques et variés de votre ile sous le vent, représentent
                        le défi de l’apparence pour éprouver la foi des dames.
                        Selon les lois de l’amour c’est la foi qui consacre l’hymen.
                        Souvenez vous de« la belle et la bête »de Jean Cocteau.

                        La magie est partout à condition de rester en éveil.
                        Dans ce pays de Suisse, la magie plane sur les sommets alpins.
                        C’est un effet de la nature et de la composition de l’air.
                        Dans les vallées, le bon sens terrien l’emporte sur le merveilleux
                        C’est le règne de la réalité et des sensations primordiales.

                        Tout est une question de perspective et d’altitude.

                        Bien tendrement
                        Jack


                      • jack mandon jack mandon 21 mars 2010 15:57

                        L’enfoiré,

                        Votre épouse est prudente.
                        Quant au choix de l’icône, au pays de la bande dessinée les idées foisonnent.
                        notre ami Haddock en profite et Sissy perce les secrets des icônes et pseudos.
                        Merci de votre joyeux passage.

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