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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « L’Opérette » de Valère Novarina au théâtre de la Cité (...)

« L’Opérette » de Valère Novarina au théâtre de la Cité internationale

La compagnie Air de Lune fondée en 2000 par Marie Ballet et Jean Bellorini autour d’une vingtaine de comédiens issus de l’école Claude Mathieu, pourrait constituer pour qui la découvre ces jours-ci à la Cité internationale dans L’Opérette, une révélation tant attendue d’un spectacle vivant qui saurait faire surgir le talent collectif hors de personnalités oeuvrant à l’unisson.

Sélectionnée à deux reprises au Festival "Enfants de troupes" parrainé par Ariane Mnouchkine au théâtre du Soleil en 2003 & 2004, le projet artistique assumé est de vouloir "célébrer dans le délire, les noces de la musique et du théâtre".

Sur la scène de la Coupole, les huit jeunes comédiens incarnant des rôles aux intitulés aussi baroques que La Femme Pantagonique (Boutaïna El Fekkak), Le Galoupe (Karyll Elgrichi), L’Ouvrier Ouiceps devenant l’infini Romancier (Matthieu Fayette), le E muet devenant le Valet de Carreau (Jean-Christophe Folly), le Mortel (Geoffroy Rondeau), L’Acteur fuyant autrui (Jérémie Sonntag), La Dame autocéphale (Camille Voitellier) ainsi qu’Anastasie (Aurélie Cohen) vont en cent minutes parcourir "l’Opérette imaginaire" de Valère Novarina pour en extraire le suc du prologue associé à l’acte 3.

En conducteur du langage musical déjanté, un quatuor composé par une soprano accordéoniste (Amélie Porteu de la Morandière), une alto violoniste (Céline Ottria), un ténor percussionniste (Romain Quichaud) et une contrebasse (Marc Bollengier) assure ce mariage détonnant entre des chants liturgiques et la profération du texte de Valère Novarina.

Au rendez-vous des ces instants privilégiés, se succèdent comme par magie harmonique, L’Alléluia du Messie de Haendel, L’Ave Verum de Mozart, L’Ave Maria de Gounod, L’Ave Maria de Schubert au sein de quelques créations originales où la musique en accord avec le texte sublime l’émotion.

Dans sa métaphore du désir, la logorrhée de Novarina n’aurait que les apparences de l’absurdité parce qu’elle tire toutes les conséquences d’une raison humaine finissant par se perdre aux limites de sa propre compétence.

Sa sémantique provoque ainsi une impression d’étrangeté : "On ne comprend rien, et pourtant on comprend tout".

Surfant sur ce paradoxe jubilatoire, le chef d’orchestre (Jean Bellorini) entraîne sa compagnie sur des registres fantasmagoriques où l’intuition acoustique en rythme la syntaxe allégorique afin que langue et musique puissent y correspondre en choeur au-delà de toutes contingences.

Photo © Nathan Martin

L’OPERETTE - *** Theothea.com - de Valère Novarina - mise en scène : Marie Ballet & Jean Bellorini - avec la Compagnie Air de Lune - Théâtre de la Cité internationale


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