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« La Cantatrice chauve » de Ionesco par Lagarce au Théâtre de l’Athénée

Quinze ans après la mise en scène de Jean-Luc Lagarce, mort du sida en 1995 et dont les 50 ans virtuels se célébrent en une année d’hommages à l’homme de spectacle qu’il fut, les comédiens de sa Cantatrice chauve ont initié un projet théâtral hors du commun en remontant à l’identique cette création originale de 1992.

Sous la responsabilité artistique de l’un d’entre eux, François Berneur, les souvenirs de chacun ont été collectés de manière à restituer pas à pas les consignes de la direction d’acteurs originelle, considérablement aidée en cela par les retrouvailles avec le décor, miraculeusement intact.

Ainsi telle une psychanalyse permettant de faire resurgir l’ensemble d’un contexte déstructuré, les conflits et attirances des personnages purent retrouver les repères d’un cadre que précisément Eugène Ionesco avait, lui, dynamité de l’intérieur.

Cette quête de l’auteur en but de révéler l’absurde, transgressé par la démarche du metteur en scène exacerbant la perception d’un décalage, va se trouver ainsi réactualisée et donc clonée par les protagonistes initiaux pris au jeu abyssal de reconstituer un puzzle d’autant plus opaque qu’ils en étaient à l’époque les marionnettes et non les observateurs.

Et pourtant, non seulement cette expérience fonctionne, mais elle agit tel le révélateur d’une volonté créatrice qui trouve son véritable aboutissement dans la pérennité du délire concerté.

Deux couples anglais, copie conforme au détail vestimentaire près, mais dont la disparité morphologique renforce l’ensemble des dysfonctionnements de perspective que la pièce va organiser de manière récurrente, vont se côtoyer le temps d’une soirée sur une pelouse d’un vert fluo et où une façade de maison et une haie délimiteront l’imaginaire d’un espace clos mental. Si le capitaine des pompiers devait mettre le feu à la bonne, tout malentendu ou autre équivoque devront être mis au crédit d’un imbroglio rituel dont plusieurs tentatives de fin seront mises à l’épreuve des spectateurs.

Inutile donc de chercher à rationaliser l’intrigue, pourvu que chacun trouve son compte de déraison avec La Cantatrice chauve qui faisait un tabac au théâtre de la Huchette depuis 1950 et dont Jean-Luc Lagarce a fait exploser les ultimes inhibitions.

Photo © Christophe Berthelot

LA CANTATRICE CHAUVE - *** Theothea.com - de Eugène Ionesco - mise en scène : Jean-Luc Lagarce - avec Mireille Herbstmeyer, Jean-Louis Grinfeld, Elisabeth Mazev, Emmanuelle Brunschwig, Olivia Achard, François Berreur ou Christophe Garcia - Théâtre de l’Athénée -


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3 réactions à cet article    


  • Gracian Gracian 5 février 2007 13:01

    Pourquoi « faisait un tabac au théâtre de la Huchette depuis 1950 » ? Le spectacle se joue toujours et continue à intéresser les jeunes générations.

    Il y a eu suffisamment de polémiques, articles et thèses sur Ionesco pour que tout le monde sache qu’il s’agit d’une pièce sur le langage, sur l’expression. Les personnages de « La Cantatrice chauve » ne sont qu’un prétexte.

    Je serais donc curieux de savoir qui revendique l’espace clos mental où évoluent les personnages ?


    • Theothea.com Theothea.com 5 février 2007 13:29

      Il eut été en effet plus juste d’énoncer : « faisait déjà un tabac au théâtre de la Huchette depuis 1950 ». Merci de nous l’avoir fait remarquer.


    • jm.vastra (---.---.102.122) 9 avril 2007 16:44

      Dans les années 1950, étudiant, j’ai pris la pièce comme « un bon canular » proche de Boris Vian.

      Plus tard, j’y ai trouvé une critique littéraire pertinente de la « langue de bois », des a-priori bourgeois, voire une philologie nouvelle ; Ce qu’ont retenu les chroniqueurs, (me semble-t-il).

      En 2007, j’en arrive à considérer qu’il s’agit d’une oeuvre prémonitoire sur l’évolution de la pensée vers une logique négative, d’origine anglo-saxone certes, mais qui détruit toute logique positive la mieux construite, quel que soit le nombre de preuves positives accumulées au préalable.

      J’y retrouve la logique numérique « inversée » des ordinateurs, qui a certes permis leur développement fabuleux, mais qui devient, peu à peu, le mode de pensée « reconnu correct et raisonnable », (qu’on le veuille ou non pour des raisons esthétiques ou historiques) Merci de m’avoir lu .

      et fondée la mieux accumulée. rprime sur la logique pos .spéciali actuellemoderne j’

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