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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « La Dégustation » Isabelle Carré en radieux lâcher-prise à La (...)

« La Dégustation » Isabelle Carré en radieux lâcher-prise à La Renaissance

Avec Jacques, Hortense, Steve et les autres fréquentant régulièrement la petite cave à vins qui pourrait s’apparenter à « La petite boutique au coin de la rue » ayant fait le bonheur du Théâtre Montparnasse en 2002 avec 5 Molières pour 9 nominations, l’atmosphère légère et surréaliste du « Fabuleux destin d’Amélie Poulain » n’est pas loin d’imprégner la mise en scène d’Ivan Calbérac, auteur de cette « Dégustation » en forme de comédie romantique.

 

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LA DEGUSTATION
© Charlotte Spillemaecker

  

« Se souvenir des belles choses » de Zabou Breitman avait déjà réuni, également en 2002, Isabelle Carré et Bernard Campan avec, à la clef, trois Césars.

Sans doute ce fruit cinématographique de la mémoire collective contribue-t-il à l’engouement spontané au profit de cette nouvelle création délicieusement œnologique qu’ainsi le public plébiscite actuellement à jauge complète au Théâtre de La Renaissance.

Alors qu’a priori un véritable collier de clichés y pourrait donner l’impression de voler au-dessus des pâquerettes, l’intelligence de cette pièce est de mettre en place des personnages attachants cherchant leur vérité au sein d’un carcan sociétal qui les corsète selon des postures idéologiques plutôt cadenassées bien que le naturel, lui, ne demanderait qu’à revenir au galop.

  

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LA DEGUSTATION
© Charlotte Spillemaecker

   

Et pour provoquer le lâcher-prise général, quoi de mieux qu’un vin de qualité à consommer avec modération, autrement dit à déguster en réunion d’affinités d’autant mieux si, de surcroît, « Petite Fleur » de Sidney Bechet venait l’agrémenter ?

Qu’à cela ne tienne, voici donc Hortense de La Villardière (Isabelle Carré) à la recherche d’un vin de messe dont elle ne connaît pas l’appellation mais qu’elle a pu apprécier au presbytère de son curé.

Voulant offrir une bonne bouteille lors de son prochain repas hebdomadaire avec des SDF, elle vient demander conseil à Jacques (Bernard Campan) en entrant pour la première fois dans sa cave de dégustation.

Lui, d’emblée bougon et ironique, est sur la défensive systématique bien qu’il soit empressé à satisfaire sa clientèle quelles que soient les motivations opportunes des néophytes comme des aficionados.

 

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LA DEGUSTATION
© Charlotte Spillemaecker

  

Toutefois pour que deux solitudes bien ancrées dans leur quant-à-soi respectif aient quelques chances de briser la cuirasse, la survenue d’un tiers est souvent la bienvenue d’autant plus si celle-ci contraint les deux premiers à prendre position.

Ce sera donc au tour de Steve (Mounir Amanra) à faire irruption, ce n’est pas un euphémisme, au sein du duo en train de ramer avec leur prêchi-prêcha de circonstance.

A la manière d’un Mathieu Kassovitz ex-débutant comédien, celui-là déboule, poursuivi par les sirènes de police, succédantes à un vol plus ou moins avorté dans la bijouterie voisine. 

Comment d’emblée penser à la réinsertion de ce jeune sous liberté conditionnelle en lui octroyant une place de stagiaire dans la présente cave à vin ? Ce sera pourtant l’impulsive initiative d’Hortense se mettant en peine de convaincre Jacques par l’exposé de sa brillante idée généreuse.

  

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LA DEGUSTATION
© Theothea.com

   

Autant dire qu’il y aura fort à faire pour obtenir l’accord du patron !…    

Mais, voilà, grâce à un rendez-vous en dégustation programmé avec la compagnie joyeuse mais paradoxale d’un médecin (Olivier Claverie) et d’un libraire (Eric Viellard), visiteurs assidus, de séduisantes perspectives pourraient éventuellement prendre place au rang desquelles de nouveaux chemins de vie auraient quelques velléités à faire rêver de « châteaux en Espagne »… si d'aventure la PMA (procréation médicalement assistée) devait être reconnue comme une option heureuse à un amour à peine naissant... 

A cet instant clef, la préférence pour l'auteur sera de laisser à chacun le soin de fantasmer la suite des destinées croisées dans son conte si merveilleusement théâtral.

   
photos 1 à 3 © Charlotte Spillemaecker
photos 4 & 5 © Theothea.com
  
LA DEGUSTATION - **** Theothea.com - de & mise en scène Ivan Calbérac - avec Isabelle Carré, Bernard Campan, Mounir Amamra, Eric Viellard & Olivier Claverie - Théâtre de La Renaissance

  
  

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LA DEGUSTATION
© Theothea.com

  


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5 réactions à cet article    


  • troletbuse troletbuse 25 mars 2019 12:04

    Plutôt ronde, la Carré smiley


    • zygzornifle zygzornifle 25 mars 2019 12:46

      @troletbuse

       elle a un triangle bien épilé au moins ....


    • troletbuse troletbuse 25 mars 2019 13:21

      @zygzornifle
      Si c’est le triangle des Bermudes, j’aimerais m’y perdre. smiley


    • Fergus Fergus 25 mars 2019 17:08

      Bonjour, Theothea

      Mon épouse et moi avons vu cette sympathique comédie romantique il y a deux semaines à La Renaissance et nous avons passé une excellente soirée.

      Sans atteindre des sommets, les dialogues sont de bonne qualité, et surtout le duo Carré-Campan fonctionne parfaitement bien.

      Ajoutons à cela que le décor est très réussi et la mise en scène impeccable. Bref, un bon moment de théâtre !


      • Vivre est un village Vivre est un village 7 mars 17:21

        Pour provoquer le lâcher-prise général, quoi de mieux qu’un vin de qualité à consommer avec modération, autrement dit à déguster en réunion d’affinités d’autant mieux si, de surcroît, « Petite Fleur » de Sidney Bechet venait l’agrémenter ?

        ... ce texte, peut être, de mon maie Linden Blossom

        LE « LÂCHER-PRISE TOTAL »
        Ou
        L’Amitié avec l’Univers
        Que signifie « Lâcher-prise Total » ?
        Le lâcher-prise c’est l’instant où on cesse de résister.
        À quoi ? À TOUT.
        C’est là, le « Power point » : car dans nos sociétés contemporaines la
        réalité des observants est que ceux qui pratiquent des techniques
        thérapeutiques des gourous de tous poils ne réussissent guère à
        découvrir cette sérénité tant promise.
        Pourquoi ? Les causes sont multifactorielles bien sûr, et pour partie
        dans l’incompétence des thérapeutes et pour partie dans la réalisation
        « effective » de l’exercice.
        Mais là encore, même si… Même si le pratiquant effectue correctement
        l’exercice qui est essentiellement travail sur le souffle, il n’en demeure
        pas moins que plus ou moins inconsciemment il NE VA JAMAIS
        JUSQU’AU BOUT. Au bout du bout du bout de l’expire. Là où la mise en
        résonance est effective.
        Aussi ce lâcher-prise est peu efficace.
        Parce que, même dans des circonstances favorables telles que les
        « vacances », ou voyages lointains, exil ou travail sur soi, « Cà sait »
        2
        qu’on va revenir. Et le simple fait de le savoir constitue néanmoins un
        obstacle.
        Cet obstacle est une poche de résistance certes invisible, mais
        pas « disparue ». Son atomisation ou dématérialisation « absolue » ne
        se réalise que dans les cas d’illuminations des mystiques, des poètes ou
        des enfants, ou … Des drogués ! Je comprends là aussi, les patients en
        overdose de médications.
        Or c’est lorsqu’on vit dans cet espace-temps particulier de deux
        des trois états de conscience (vigilance/sommeil/ rêve) et synchrone
        avec la respiration (souffler/inspirer) que se trouve le foyer de l’Énergie.
        Ainsi que nous l’explique Maharishi dans « la Science de l’être ».
        Ou « Source invisible » chez Ramakrishna, qui va nous ouvrir le
        Royaume de l’Invisible.
        C’est le lieu et l’instant de la VÉRITÉ.
        Ainsi Émerson :
        « L’âme revient d’une telle inspiration avec une vigueur nouvelle » !
        À ceci près que dans l’esprit de ce mouvement
        transcendantaliste, il était sous entendu qu’on en revient mais… Pas
        complètement !
        Quand on est né à un niveau de conscience élevé on ne le « quitte » pas
        Vraiment. On y vit comme un poisson dans l’eau.
        C’est le « Milieu divin ».
        Ce qui explique pourquoi A. Comte Sponville dans une vidéo où
        il affirme « Être athée et agnostique », ajoute à propos d’une expérience
        de modification de conscience :
        « Rassurez vous, je n’y suis pas resté ! »
        C’est le détail qui tue !
        Que signifie cette réflexion, sinon que quelque chose de l’ordre
        d’une « poche de résistance » ( Unbewust ») l’a bloqué et fermé à cet
        « Appel de l’ombre » ou de « Lumière » qui est de s’abandonner à ce qui
        nous dépasse ?
        Comme Jung l’explique dans le commentaire sur le mystère de « la Fleur
        d’or », c’est l’instant où le Yang bascule vers le Yin.
        « Suivant la loi de l’« Enantiodromie », de la course en retour que les
        chinois ont si clairement comprise ; De la fin d’une phase sort le
        commencement d’une phase opposée. Ainsi le Yang à son point
        culminant se transforme en Yin, et ce qui était positif devient négatif. »
        3
        Là, en cet espace temps, on touche à « La Conscience
        intuitive Extraneuronale » qui se manifeste chez les personnes dont le
        cerveau possède un coefficient de plasticité neuronale plutôt élevé. Mais
        aussi à une organisation des synapses particulière. Lorsque les
        neurones se « frôlent » cela se traduit par des sensations et perceptions
        brouillées, ou superposées qui entrainent au niveau de l’interprétation
        un » Dérèglement de tous les sens » ou synesthésie et paraphrénie
        etc…
        À ce niveau nous atteignons cette science des correspondances qui
        n’est autre que l’Alchimie.
        En quelque sorte une complaisance au brigandage joyeux avec les
        règles sociales.
        Un consentement conscient ou inconscient avec l’Irrationnel.
        On vit dans un monde où les pierres parlent, les oiseaux chantent en
        grec, où on « entend la lumière tomber », etc…
        C’est l’animisme des soi-disant « primitifs » que la physique, les
        sciences cognitives et neurosciences valident.
        On n’est plus dans la croyance. On perçoit, on « sent ».
        Bref, on est syntonisé avec la fréquence de la réalité de ses désirs !
        Avec l’UN. C’est la passage d’une certaine schizophrénie à l’Équilibre
        cosmique.
        C’est voir avec les yuex de l’Esprit l’invisible.
        « Que l’artiste soit dans son œuvre comme le Créateur dans la nature,
        qu’on ne le voit nulle part mais qu’on le sente partout, invisible mais
        « Présent ».

        Quelle œuvre contemporaine représente cette réflexion de V. Hugo ?

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