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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > La lecture ça sert à rien

La lecture ça sert à rien

 

Quand je fais visiter ma bibliothèque à des jeunes je leur demande toujours :

 

"A quoi ça sert de lire ?" en rajoutant aussitôt après que c'est une question piège.

 

Comme je fais cela dans un quartier bourgeois où les enfants sont bien élevés en général, ils sont tout gentils, tout calmes et bien polis, et très scolaires, et me répondent généralement bien gentiment tout ce qui leur a été soufflé précédemment par leurs enseignants de Lettres. A savoir lire, ça permet de développer le vocabulaire, d'apprendre les conjugaisons etc...

 

Il est très rare que l'un d'eux me dise que lire est pour son plaisir personnel, qu'il ouvre un livre par goût. Lire pour eux c'est une corvée imposée par l'école, un passage obligatoire pour obtenir une bonne moyenne et faire les études que l'on souhaite en répondant à tout ce qu'implique les obligations engendrées par le paradigme social en vigueur en 2018.

 

Je leurs répond toujours de manière un peu provocatrice que lire dans l'absolu ne sert strictement à rien d'immédiatement quantifiable, mesurable avec une règle ou un pied à coulisse, que l'on peut très bien vivre et mener son existence en étant parfaitement et complètement inculte. Et Dieu sait qu'il y en a des ignares. L'inculture contrairement à ce que les ignorants prétendent (ils pensent avoir trouvé la parade ultime) n'est pas quelque chose de subjectif qui découlerait des "humanités" que Bourdieu appelait "bourgeoises" avec mépris, ou une question de "goûts et de couleurs". Rien de plus objectif que l'inculture et son corollaire habituel : la sottise "à front de taureau".

 

Comme ce que l'on gagne en lisant n'est pas immédiatement mesurable, et donc pas contrôlable réellement, notre société déteste et fait mine de mépriser. En dehors de la figure du "nerd" ou du "geek" rendue sympathique ces derniers temps, celle de "l'intello" l'est toujours aussi peu dans les médias, dans la pub et les fictions en général. Le "méchant" des films d'action est le plus souvent un sale type lettré qui cite de la poésie avant d'exposer son plan machiavélique au héros, ou qui pose sur son fauteuil de salaud diabolique devant ses belles reliures tout en caressant son chat langoureusement. Le lecteur affirmé, avéré, est soit un prétentieux soit un pervers, c'est sûr et certain dans beaucoup d'esprits.

 

Je demande d'ailleurs aux jeunes ensuite pourquoi "intello" est une telle insulte pour eux. Pourquoi on l'entend même dans les cours d'établissements scolaires très chics ? Ils sourient un peu, ont des attitudes gauches, ils ne savent pas trop quoi dire, la docilité au paradigme social leur ayant été martelée depuis leur plus petites enfance. On me dira que cela a toujours un peu existé, que la culture -je parle de la vraie pas celle qui fait dans l'épate bourgeois- a toujours été réservée à un petit nombre de personnes finalement, consentantes. La culture n'a pas à voir avec les diplômes, l'instruction ou les études mais surtout avec l'appétence de la personne ayant envie de s'élever, de grandir dans le savoir...

 

Curieusement, je m'en étonne toujours, elle provoque chez la grande majorité des gens un complexe d'infériorité ahurissant alors que dédaignée apparemment ou très relativisée. Ce n'est pas si grave au fond car cela montre finalement qu'elle est toujours importante d'une manière ou d'une autre dans les esprits.

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

Amaury - Grandgil

illustration empruntée ici


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39 réactions à cet article    


  • Le Panda Le Panda 12 octobre 16:24

    @Amaury

    Salut

    Quand je fais visiter ma bibliothèque à des jeunes je leur demande toujours :

     

    « A quoi ça sert de lire ? » en rajoutant aussitôt après que c’est une question piège.

    Venant de ta part cela je m’y attendais je l’ai validé en modération et je me suis dis « Que f=va-t-il me répondre si je lui pose la question ? » ce que je fais. Ne me réponds pas STP c’est un piège... 

    Le Panda


    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 12 octobre 19:11

      @Le Panda
      Comme ça n’est pas quantifiable, on ne peut pas dire que ça « serve » à quelque chose, c’est beaucoup plus, c’est précieux, d’une richesse incomparable


    • meslier meslier 13 octobre 15:16

      Mr Amaury Grandgil , présentement nous avons appris le Français avec les Pères et Soeurs Catholiques qui nous tapaient les doigts quand on faisait des fautes , c’est une bonne méthode ! Que pensez-vous de cela ?


    • aimable 13 octobre 17:44

      @meslier

      les coups de règles sur les doigts ont l’avantage de laisser des traces parce que si l’on s’en rappel , on se rappel également du pourquoi.
      pour moi c’ était par les hussards de la république .

    • Rincevent Rincevent 12 octobre 16:31

      ’’Il est très rare que l’un d’eux me dise que lire est pour son plaisir personnel’’ Je ne suis pas prêt d’oublier la réponse d’un étudiant en Lettres, à qui un animateur de France-Inter demandait s’il lisait. ’’ Ben oui, forcément, on est bien obligé ’’. Le dernier sorti ferme la porte...


      • velosolex velosolex 13 octobre 10:25

        @Rincevent
        On n’est loin des années 70 où ceux qui ne lisaient pas se sentaient cons au milieu d’un groupe...Encore plus loin de la révolution bolchevique où l’on voit des soviets lever en treillis un livre à bout de bras alors qu’ils sont illettrés. Mais ils ont compris que c’est une promesse qui leur est ouverte....

        Le livre se barre, malgré tous les centres sociaux culturels comme autant de samu, malgré l’édition..On en trouve à un euro le kilo dans les trocs et puces..Les magazines n’en parlons pas ; Je me suis abonné à la nouvelle version du magazine littéraire, un révélateur de la baisse du niveau, se catalysant avec une impatience de terminer l’article en 20 lignes qui rend l’auteur dans l’obligation de se transformer soit un comique troupier soit en bonimenteur de foire : Articles courts, sans perspective ni grande analyse. Il existe des trucs pour lire en diagonale, pour s’expédier guerre et paix en deux heures, et madame Bovary en cinq minutes sur le divan. Comment voulez vous qu’Emma ne se suicide pas ?....

      • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 13 octobre 17:14

        @Rincevent

        Ils font lettres car c’est réputé plus facile, point.


      • gaijin gaijin 12 octobre 17:15

        c’est vrai la lecture ne sert plus a rien maintenant il y a des films , genre ça :
        https://www.youtube.com/watch?v=4ltVtbPp1wo


        • gaijin gaijin 12 octobre 17:21
          ps
          pour ceux dont le temps de concentration dépasse les 2 min :

          • NEMO Bécassine 12 octobre 17:22

            La lecture est le meilleur moyen d’échapper au monstre le plus immonde et de la combattre :


            « C’est l’Ennui ! - l’œil chargé d’un pleur involontaire,
            Il rêve d’échafauds en fumant son houka.
            Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,- Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère ! »

            Baudelaire - Au lecteur, premier poème des Fleurs du Mal.

            • sls0 sls0 12 octobre 19:34

              Lire pour s’instruire a été longtemps réservé à la classe aisée.

              Avec l’arrivée de grosses quantités d’énergies on a pu augmenter la productivité. La classe des 1% ne pouvant fournir les effectifs pour l’encadrement et la recherche, il a fallu permettre d’accéder à la connaissance à plus de personnes et voilà la classe moyenne qui apparait et qui profite de l’accès à la connaissance. Ils en ont conscience et lire est une fête pour certains. Les bons élèves étaient récompensé avec des livres.

              Des ressources qui diminuent une énergie qui sera chère car rare. L’effectif des connaissants peut diminuer.
              Retour vers la pauvreté pour une partie de la classe moyenne.
              Un pauvre instruit c’est parfois pénible, il râle.
              Que l’envie de lire disparaisse ne dérange pas certains.
              Le QI baisse à cause certainement de l’exposition des foetus aux organoclorés. Du moment que les enfants des 1% n’y sont pas exposé, où est le problème.
              Le QI baisse avec un excès de télé, -10 c’est toujours ça de pris.

              Je vis dans un pays où la pauvreté est restée présente. Le pauvre sans instruction il est malléable et obéissant.



              • gaijin gaijin 12 octobre 19:44

                @sls0

                « Le QI baisse à cause certainement de l’exposition des foetus aux organoclorés »
                les organoclorés ...l’iode ....les vaccins ...( en cause dans l’augmentation de l’autisme )
                mais aussi le manque de sommeil
                la pression d’une société normocentrée ..

                comme toujours ou presque c’est multi factoriel

              • Paul Leleu 12 octobre 22:02

                @sls0


                assez d’accord avec vous... l’intelligence n’est plus nécessaire dans nos pays désindustrialisés... au contraire, la connerie y est très utile pour le lumpen-prolétariat et la consommation... 


              • sls0 sls0 12 octobre 22:10

                @gaijin
                Bien sûr que c’est multi factoriel.

                Plus de 3h/j de télé pour un mioche c’est -10 de QI, pour le peu qu’on l’a exposé à des merdes qui remplace l’iode de la thyroïde, -7 en plus. Ça nous emmène à de 100 à 83.
                Pour une thèse d’une étudiante je lui avait refilé une formule qui faisait que le PIB/habitant était assez bien corrélé au QI moyen du pays. Exception faite des pays pétroliers en ceux avec une économie style Corée du nord.
                J’avais classé l’apport du QI en 4 classes :
                Au dessus de 115, les concepteurs de machines.
                De 95 à 115, constructeurs de machines.
                De 70 à 95 utilisateurs de machines.
                Inférieur à 70 casseurs de machines.
                Chaque classe avait un poids par rapports à son apport à la société.
                Les concepteurs et fabricants sont ceux qui tirent l’économie.
                En dessous de 70 ça tire aussi mais dans l’autre sens.
                Avec un QI moyen de 100, c’est 45% de la population qui tire dans le bon sens et 2,5% dans l’autre sens. Au dessus de 115, c’est 17%.
                Avec un QI moyen de 83, c’est 15,6% qui tire dans le bon sens et 22% dans le mauvais sens. Plus de 115 représente 1,5% de la population.
                Pour l’instant avec encore des ressources et de l’énergie à profusion un QI moyen à 100 ou voir plus comme en Asie du nord ça vaut le coup.
                Avec moins de ressources et d’énergie, les 100 ne sont plus nécessaires, ça foutrait même un peut la merde.
                83, ça été plus que suffisant pour la création des plus grandes civilisations, le gros avantage c’est que c’est plus pyramidal, pas trop démocratique mais avec une hiérarchie pyramidale.
                Où je réside c’est un QI de 82 et ça se passe bien, ça ne brille pas coté brevets déposés mais ils se débrouillent pas mal, suffisament pour atteindre des 13.000$/habitant somme au dessus de laquelle le bien être n’est plus corrélé aux revenus.
                Du pauvre il y en a, ils ne crèvent pas de faim mais c’est fade, ils ont tous la télé et facebook.
                Là le manque de savoir hors manuel se repère.
                Je repère aussi des jeunes qui tiennent la route, il y en a peu mais il y en a. En ce moment j’en ai 4 en post bac et 10 en amont.
                Je fais du changement de caste, oui riche/pauvre c’est un régime de caste. Un riche n’envisage pas qu’un pauvre lui refuserait d’aller lui chercher une bière contre un pourboire. C’était la même chose que chez nous avant les années 30. Et oui le riche est comme ça, le pauvre aussi d’ailleurs.
                Dans ces conditions, il vaut mieux que le pauvre ne soit pas trop instruit ou intelligent.
                Depuis le néolitique que ça fonctionne comme ça, il y a eu un siècle où ça changé car les conditions ont changé. Les conditions vont retourner dans l’autre sens, on risque de reprendre les habitudes d’avant.

                Oui mais avec les robots et les IA, la technologie du futur.
                Ca bouffe de l’énergie c’est bestiaux là, ce sera pas pour tout le monde. Un QI de 115 pour concevoir du robot ça passe. Pour de l’IA qui demande une sacré intelligence conceptuelle, du 125 ou plus c’est mieux. Il y aura aussi une hiérarchisation de la société.
                Google ça ne les dérangent pas de verser des primes de 100 millions de dollars aux meilleurs concepteurs pour les garder, ils rapportent des milliards.


              • aimable 12 octobre 21:34

                la lecture ne sert a rien pour ceux qui ne savent pas lire , parce que pour lire un texte il faut avoir une bonne connaissance des mots et des phrases .


                • Paul Leleu 12 octobre 22:08

                  « Curieusement, je m’en étonne toujours, elle provoque chez la grande majorité des gens un complexe d’infériorité ahurissant alors que dédaignée apparemment ou très relativisée. » 


                  moi aussi... avant je ne comprenais pas pourquoi les gens haïssaient ce qu’ils prétendaient mépriser... en fait, je comprends qu’ils sont jaloux, même s’ils ne l’avouent (presque) jamais... c’est une blessure narcissique vis à vis de l’intelligence, qui les renvoie à l’idée de limites et de mort... c’est archétypal... 

                  D’accord avec vous que la culture dépend surtout de la volonté, de la capacité d’un individu à faire face à son individualité... les autres se complaisent dans les « catéchismes post-modernes »... 

                  Mais la lecture n’est pas le seul moyen... il y a les arts classiques aussi (on l’oublie trop en France), mais c’est très valorisé chez nos voisins anglais ou allemands. Chez nous les intellectuels sur livre ont (un peu) trop craché sur l’art. 

                  Et puis, bien sûr, rien ne remplace la vie, et l’écoute du coeur... c’est ça pour moi, la culture. 

                  • baldis30 12 octobre 23:06

                    @Paul Leleu

                    bonsoir,

                    « il y a les arts classiques aussi (on l’oublie trop en France), mais c’est très valorisé chez nos voisins anglais ou allemands »

                     honte et abomination ! vous voudriez que nos enfants français aient des solides connaissances en peinture ou pire en musique ... mais avez-vous pensé qu’ils n’écouteraient plus johny ou les rappeurs qu’ils pratiqueraient l’art de la maîtrise face à l’art de l’illusion comme Malraux l’écrivit dans « les Voix du Silence » ...

                    Honte à vous d’oser doter la populace , celle des riens, d’intelligence !

                    Au moins par les livres on leur fera tout croire .. ; cela est ainsi depuis le premier livre ... la Bible !


                  • baldis30 14 octobre 18:15

                    @baldis30
                    bonsoir,

                    si je comprends bien le moinseur habituel c’est un honneur de laisser les gens dans l’ignorance ... merveilleux ... ainsi ET A VOTRE IMAGE on en fait d’excellents nazis ...


                  • math math 13 octobre 07:48

                    La lecture, ça ouvre l’esprit des bas du front (en principe)..tout dépend du genre de lecture bien sur !

                    Si c’est pour lire les comptes rendus des séances des partis politiques ou des syndicats, ça ne sert à rien !

                    • L'Astronome L’Astronome 13 octobre 07:57
                       
                      On pourrait dire de la lecture ce qu’on a pu dire à propos de la philosophie : qu’elle a ceci d’utile qu’elle sert à nous consoler de son inutilité.
                       

                      • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 13 octobre 17:12

                        @L’Astronome

                        Très beau com


                      • Raymond75 13 octobre 11:37
                        "Lire pour eux c’est une corvée imposée par l’école, un passage obligatoire pour obtenir une bonne moyenne et faire les études que l’on souhaite« ... C’était tout à fait cela pour moi, une corvée scolaire qui m’a dégoûté de la lecture longtemps.

                        Et puis, petit à petit, en m’intéressant à l’histoire contemporaine, aux sciences, aux découvertes, etc ... Je me suis remis à lire POUR MOI, et je suis quelqu’un d’honnêtement cultivé. Par contre ,j’ai toujours du mal à lire des romans : je ne lis que des nouvelles.

                        Le programme scolaire impose à des adolescents de lire des auteurs qui ne les intéressent pas, et qu’ils ne reliront jamais. On ferait mieux de leur faire découvrir les romans américains, plus en phase avec l’époque, et écrit dans une langue plus naturelle.

                         »le règlement c’est le règlement ; le programme c’est le programme’  smiley

                        • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 13 octobre 17:13

                          @Raymond75

                          Surtout l’école desseche le plaisir de lire.


                        • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 13 octobre 12:34
                          La lecture sert à peupler son monde intérieur d’une manière plus active et plus responsable que par la religion ou les idéologies, elle permet de comparer sa réflexion et sa propre expérience à celle des autres, elle aide à construire une personnalité forte et indépendante et peut nous soutenir moralement quand le besoin s’en fait sentir.

                          La lecture ne sert à rien, vraiment ?

                          • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 13 octobre 17:11

                            @Gilles Mérivac

                            A rien de quantifiable


                          • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 13 octobre 13:01

                            « La lecture ne sert à rien, vraiment ?


                            La lecture, pour moi, ça sert aussi à vivre avec des gens attirants, réels ou fictifs, qu’on ne rencontrera jamais, dans des endroits »finis« , des aventures et des événements qui ne repasseront pas les plats. 

                            C^est ainsi que j’ai lu, presque d’une traite, les 11 volumes de »La Nuit indochinoise", de Jean Hougron.

                            • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 13 octobre 17:11

                              @Cateaufoncel3

                              Le titre est juste une petite provocation vous savez, il est contredit par le texte


                            • Cateaufoncel3 Cateaufoncel3 13 octobre 19:35

                              @Amaury Grandgil


                              J’avais compris ça comme ça. C’est à la question que j’apporte une réponse, pas à vous personnellement.

                              C’est donc un malentendu, on en a connu de beaucoup plus grave. Tiens, sans aller jusqu’à Tombouctou ou Vladivostok, l’élection de Macron à l’Elysée


                            • moderatus moderatus 13 octobre 13:03


                              La lecture sert à peupler son monde intérieur d’une manière plus active et plus responsable que par la religion ou les idéologies, elle permet de comparer sa réflexion et sa propre expérience à celle des autres, elle aide à construire une personnalité forte et indépendante et peut nous soutenir moralement quand le besoin s’en fait sentir.

                              J’ajouterai , que c’est un plaisir immense, cela commence au livre que l’on respire, qui a un fumet de promesses.

                              Combien de livres m’ont fait voyager, rêver, m’évader d’un quotidien pas toujours agréable.

                              Et sans effraction, sans effort particulier m’ont construit, m’ont apporté une somme de plaisirs , de réflexions et de connaissances indispensables pour savoir qui on est et ce que l’on veut.

                              un plaisir démodé parait-il .








                              • lituanien 14 octobre 22:32

                                @moderatus
                                Bonjour. Ici,je suis souvent « en manque », de lecture ! Dans l’attente de la prochaine livraison,du facteur,j’ai tenté,après avoir trouvé un site gratuit,de lire un Balzac,sur ma tablette. Pour la première fois. Quel déconvenue, j’ai mis un certain moment,avant de me rendre compte,qu’il me manquait,le plaisir,de tourner les pages,le contact du papier et peut être même l’odeur du livre. Je me souviens encore,d’avoir eu le plaisir de lire des livres,dont il fallait dédoubler les pages,au coupe papier. Quel plaisir. Juste pour dire,que dans la lecture,il y a également un plaisir tactile, un contact avec le papier et l’odeur de l’encre,du livre... Heureusement,le facteur est venu,rapidement,j’ai de quoi tenir.Anecdote,dans la ville thermale d’Allevard dans l’Isère, il y a de nombreuses boîtes fixées aux murs,qui contiennent des livres. Vous pouvez,soit déposer un livre,soit en emprunter un. Cela fonctionne très bien.


                              • tiers_inclus 13 octobre 16:06
                                Merci pour cet article.
                                Jouissance et fuite étant les deux mamelles aliénantes de la condition humaine le vulgum pecus ,dit sans mépris, considèrera utile ce qui les assouvit. Voila ce qui est sensé servir dans le paradigme ambiant que vous évoquez. Les livres sont de potentiels amis virtuels. A quoi cela sert des amis ? A rien sinon ce sont des relations. La lecture n’est pas la seule discipline ouvrant vers cette liberté quasi platonique. Le plaisir est reçu mais pas sollicité, il transcende les plaisirs vulgaires. Alors si la lecture ne sert à rien, au même titre que la musique ou la spiritualité permettez-moi de m’en réjouir sobrement. 

                                • quijote 14 octobre 12:17
                                  Vous vous souvenez de la polémique « méthode syllabique contre méthode globale » ? Comment la méthode globale a été imposée aux instituteurs ( c’est « nouveau », donc c’est meilleur ) qui se retrouvaient mal notés et mal considérés si, en dépit des instructions de leur hiérarchie pédagogique, ils persistaient à être « rétrogrades » ?
                                  Eh bien ça fait plus de 20 ans que, études après études, la méthode syllabique a fait la preuve de sa supériorité, c’est-à-dire de sa plus grande efficacité ( et cela chez tous les groupes d’enfants ), sur la méthode globale :


                                  Question : comment se fait-il qu’il ait fallu attendre l’année dernière pour qu’un ministre de l’éducation dise enfin « ça suffit, les conneries, méthode syllabique pour tout le monde » ?
                                  Un tas de gens ont fait leur carrière, sont devenus inspecteurs ou conseillers pédagogiques ( = bien notés = mieux payés ) en promouvant une méthode dont on savait, dont ils savaient qu’elle était moins efficace que celle qu’elle devait remplacer. Vous avez dit « scandale » ?

                                  • velosolex velosolex 15 octobre 01:06

                                    @quijote


                                    Une évidence qui n’échappe pas aux parents. L’école n’a changé qu’en pire, ne gardant même pas ce qui faisait sa valeur en primaire, et s’enkystant par contre à garder ses défauts....Pour cette belle colère ministérielle, il ne s’agit là que de recommandations, les instituteurs, euh non, les profs de écoles je voulais dire, ayant toute latitude toujours pour choisir leur méthode. La plupart parleront maintenant de mix, et diront même que la méthode globale n’a jamais existé. 
                                    Pourtant ses ravages sont dans l’esprit de tous. Une méthode aberrante, car l’on sait avec les sciences cognitives que ses exigences ne sont pas compatibles au niveau neuronal, avec le développement du cerveau d’un enfant de six ans. Un lien pour montrer que le choix de la méthode est un choix

                                  • Reiki Reiki 14 octobre 12:37

                                    A quoi servirait emencipation de la lecture, vu que tout es controler et cadenassé. Ils on meilleurs temps d être des serviteurs dociles de la société, on leur demande juste d être de bon contribuable. 


                                    Les enfants l on bien compris, au final il font comme nous.... 

                                    • velosolex velosolex 15 octobre 01:13

                                      Au journal de 20 heures, sur la 2 ils pointaient ce soir, la réussite d’un collège du sud ouest qui a innové en ramenant un quart d’heure de lecture chaque jour. Au choix, chacun lit ce qu’il veut entre romans, et BD....Résultat spectaculaire : Les enfants sont plus calmes, plus réfléchis, et prennent gout à la lecture. 

                                      Le livre reste subversif. Un objet merveilleux, ouvrant l’imaginaire, ne coûtant pas grand chose à produire, et qui peut s’échanger. Boudez les tablettes, cette tentative du marché de casser le livre, dont la texture, et les pages sont inscrits au plus profond de notre ADN

                                      • cevennevive cevennevive 15 octobre 07:56

                                        @velosolex, bonjour,


                                        Ho oui ! Ho oui !

                                        Je le dis souvent, ma grand mère m’a appris à lire, très jeune, dans sa grosse bible, bien avant que j’aille à l’école primaire. J’y ai pris le goût des belles histoires de l’ancien testament. Et cela ne m’a pas « embrigadée » dans la religion !

                                        Je me souviens aussi du premier livre qui m’a émue et transportée (j’avais 4 ou 5 ans) c’est « Jody et le Faon » et je ressens encore cette émotion qui m’avait envahie au cours de cette lecture.

                                        Depuis, les livres sont mes parents, mes amis, ma sève et ma raison de vivre. J’ajoute que j’ai donné à mes trois filles le goût de ces voyages magnifiques, accroupi sur le tapis ou lové au coin d’un fauteuil...

                                        Ceux qui ne lisent pas, qui n’aiment pas cela, ne savent pas qu’il leur manque un grand pan de rêve et même d’empathie et d’humanité
                                        Bien à vous.


                                      • velosolex velosolex 15 octobre 11:00

                                        @cevennevive
                                        Bonjour

                                        Les lecteurs se retrouvent. Une religion sans prophète, sans violence, mais avec tant de visions, qu’on ne sera plus jamais le même le jour où l’on découvre la lecture, cette façon d’’être au monde et de voyager finalement dans la tête des autres, à travers les ages, et tant de possibilités. 
                                        « Je ne m’ennuierai plus jamais » C’est ce que je me suis dit ravi le jour où j’ai fini mon premier roman. Oh cela n’allait pas très loin. « Le club des cinq et le coffre aux merveilles ». Je devais avoir six ou sept ans. Je me souviens très bien de la couverture du livre. De ce moment où je l’ai refermé, sonné, après l’avoir lu d’un trait, en apnée. 
                                        Mais en fait je ne l’ai jamais refermé. Je reste dans le coffre aux merveilles. Je me désole juste de la perte de cette base essentielle à la vie, de ce remède simple contre la dépression, la colère, les embrouilles comme on dit maintenant. Les jeunes sont pourtant en attente de guides, de belles lettres, de majuscules, pour se paramétrer, et avec le plaisir en plus. 
                                        La responsabilité de cette société du spectacle rejetant ses vieilles tables de la loi, en rapport avec la sacralisation économique des écrans, est écrasante dans cette histoire. 

                                      • velosolex velosolex 15 octobre 11:16

                                        @velosolex
                                        Quelques livres qui m’ont enchanté dernièrement. A tout hasard pour ceux qui cherchent quelques références utiles

                                        Un paradis trompeur , de Mankell : Loin des enquêtes de willander Mankell a aussi écrit de très bons livres, en particulier sur les rencontres de l’Europe avec l’Afrique....Cette histoire raconte le destin d’une jeune fille suédoise plutôt indigente, et qui part vers l’Australie en 1900 sur un bateau de commerce. Elle fuguera dans un port d’Afrique du sud, et se trouvera confronté en quelques mois à une accélération prodigieuse de sa vie, elle qui n’avait connu qu’une vie tranquille et très pauvre, dans un fjord isolé......Un très beau livre sur la réalité de la colonisation, sur la peur, les clichés, les rencontres impossibles, les opportunités et la chance.
                                        Le tueur aveugle : De Margaret Atwood. Un gros livre superbe. Le sort de deux sœurs dans l’Amérique de la première partie du vingtième siècle. Une saga familiale entre secrets de familles et rencontres déterminantes, et sur les chemins de la création littéraire. 
                                        Comme il s’agit du sud, je pense aussi à ce livre de Donna Tartt, « le petit copain » formidable saga faisant penser à la fois à Faulkner et à un livre du club des cinq. Une sorte de thriller romantique, le monde des adultes vu par l’œil d’une petite fille audacieuse et emmerdante

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