• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « La Madeleine Proust » de & avec Lola Sémonin au Théâtre Rive (...)

« La Madeleine Proust » de & avec Lola Sémonin au Théâtre Rive Gauche

Si les Ch’tis ont Dany Boon, les Francs-Comtois ont assurément Lola Sémonin ; alors Bienvenue chez La Madeleine Proust à "Derrière les Gras" dans le Jura, là où avec ou sans accent, la mixité culturelle du rap et du slam aurait rejoint la modernité écologique.

Pratiquant le grand écart poétique, la "pygmalionne" va s’employer à faire vivre sur scène une jeune créature imaginaire qu’elle surnomme judicieusement "Chameau" puisqu’il s’appelle Kamel, lui qui l’aurait, un jour, rattrapé dans la rue pour lui rendre son porte-monnaie qu’elle avait égaré.

Après des adieux deux années plus tôt à l’Olympia, il aura fallu en effet la rencontre inopinée dans un troquet, d’un jeune beur de banlieue ayant reconnu la comédienne : "Je lui ai dit : Tu t’intéresses à la Madeleine, toi ? Il m’a répondu : Evidemment, la Madeleine, c’est mes racines !" pour que germe l’ultime réplique de son nouveau one-woman-show à tailler sur mesures par Caroline Loeb et actuellement en résidence jusque fin 2008 au Théâtre Rive Gauche.

Comme un pont entre deux générations, à l’instar d’une autre Madeleine, épouse de Jean-Louis Barrault, alors au soir de sa vie, c’est tel un revival d’ "Harold et Maud" que revient Lola Sémonin en vieille "dame indigne" à baskets, bravache des nouvelles technologies autant que protectrice et complice d’un adolescent en rébellion contre tous les carcans et faux-semblants.

Comme un viaduc entre deux cultures, c’est aussi en marionnettiste faisant la nique à tous les tabous, a priori ou préjugés que la Madeleine affronte rumeurs et médisances sur l’exploitation de celle-ci ou l’instrumentalisation de celle-là, bien au-delà de ses accointances avec Kamel, ce rebeu du neuf-trois, berbère d’origine qui, en prenant souche dans une famille d’accueil du Haut-Doubs, aurait flashé sur le paradis terrestre dont La Madeleine serait à la fois l’hôtesse emblématique et la détentrice des clés symboliques.

A 76 ans, pourquoi voudriez-vous donc qu’elle entame une carrière de passéisme socioculturel ?

C’est bien d’ouverture sur le monde, de fraternité et de tolérance que la comédienne de 57 ans, amoureuse s’il en fut de sa région natale, nous conte, par delà sa fameuse blouse campagnarde empruntée aux Vamps voire même sa classieuse robe du soir en guise d’épilogue, les frasques et atermoiements liés au décalage universel et intemporel entre l’être et le paraître.

C’est au sein de ces brèves domestiques glanées au fil des jours que la quête de sens pourrait prendre les couleurs du temps retrouvé sans jamais toutefois se départir d’un sourire distancié car "Nous avons les pieds de Damoclès sur nos têtes !" 
 
Photo DR.
 
LA MADELEINE PROUST - ** Theothea.com - de Lola Sémonin - Mise en scène : Caroline Loeb - avec Lola Sémonin - Théâtre Rive Gauche -

 


Moyenne des avis sur cet article :  2.33/5   (3 votes)




Réagissez à l'article

1 réactions à cet article    


  • norbert gabriel norbert gabriel 8 novembre 2008 21:00

    et bien entourée, avec la mise en scène de Caroline Loeb.... pour la blouse, il me semble que Madeleine Proust est arrivée avant les Vamps, et que c’’est plutôt Madeleine qui a lancé la mode de la blouse à fleurs...
    au moins sur scène.
    C’est un succès mérité.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON








Les thématiques de l'article


Palmarès



Partenaires