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« La Nuit des Rois » Ostermeier transcende Shakespeare à La Comédie-Française

« Tout ce que vous voulez » s’affiche en sous-titre insolite de « La Nuit des Rois » mais encore faudrait-il savoir quoi y chercher, à quel titre, selon quelles modalités et pour quel objectif !

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LA NUIT DES ROIS
© Jean-Louis Fernandez, coll. Comédie-Française

 

Apparemment William Shakespeare laisse carte blanche ou plus précisément laisse ses personnages prendre possession de leurs motivations et désirs, sans doute multiples et contradictoires, de manière à maintenir la polyvalence des travestissements en pleine disponibilité durant la période du carnaval… jusqu’au terme ultime de la pièce où, alors, il pourra toujours être temps de laisser le château de cartes s’écrouler style « superbe catastrophe ».

De toutes façons, Thomas Ostermeier veille au grain ; le célèbre metteur en scène allemand de la Schaubühne a installé en salle Richelieu un praticable séparant, du premier au dernier rang, les fauteuils d’orchestre entre cour et jardin. 

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LA NUIT DES ROIS
© Theothea.com

  

Cette étroite passerelle va transformer les comédiens en équilibristes de leurs propres destinées et en funambules de leurs fantasmes subjectifs… par personnages interposés.

Ainsi, ils seront onze à se partager les rôles identitaires menant de la quête de soi au transgenre avec l’aisance confondante, pour certains, de drag-queens qui auraient abandonné en coulisses toute pudeur autant superfétatoire qu’encombrante à l’égard de l’esprit de répartie alors que, pour d’autres, c’est l’extrême subtilité des sens qui viendra s’interposer dans le relationnel au point d’embrouiller tous les sentiments sincères d’avec les ressentiments simulés. 

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LA NUIT DES ROIS
© Jean-Louis Fernandez, coll. Comédie-Française

  

Ainsi des groupes d’affinités se formeront au rythme des sensibilités :

Adeline d’Herny et Georgia Scalliet se côtoieront-elles en une gracieuse danse moderato du trouble emberlificoté ;

Laurent Stocker, Stéphane Varupenne et Christophe Montenez se la joueront corrida hystérisée selon une excitation festive entre comparses au sein d’une compétition à dominante transgressive ;

Denis Podalydès et Sébastien Pouderoux, eux, composeront des entités à part fonctionnant selon un registre perso leur permettant à chacun de tirer son épingle du jeu ;

Anna Cervinka et Noan Morgensztern feront office de mouche du coche toujours prête à mettre de l’huile sur le feu ;

quant à Julien Frison, il sera, du début à la fin de ce méli-mélo existentiel, celui qui, candide, dispose de la clef pour tout résoudre… mais sans pouvoir en trouver la serrure. 

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LA NUIT DES ROIS
© Jean-Louis Fernandez, coll. Comédie-Française

  

Bref, sur le ponton traversant la salle Richelieu, le tangage sera quasi permanent, obligeant les uns et les autres à préserver les spectateurs proches de leurs ébats de toute glissade malvenue ou de tout coup d’épée bringuebalante.

En contrepoint, néanmoins, de spacieuses plages de respiration adoucissant les moeurs au son du Théorbe accompagné d’une voix de contre-ténor magnifieront la musique baroque classique évoquant, par instants fugaces, les sonorités modernes de la Techno. 

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LA NUIT DES ROIS
© Theothea.com

  

Ces moments d’étrangeté délicieuse agiront comme un baume suave imprégnant le subconscient du spectateur ravi d’une telle quiétude récurrente, à chaque fois inattendue, au milieu d’un tel champ de bataille certes pour de rire… mais destiné surtout à s’entr'aimer sans réserve !  

photos 1, 3 & 4 © Jean-Louis Fernandez, coll. Comédie-Française
photos 2, 5 & 6 © Theothea.com
     
LA NUIT DES ROIS ou Tout ce que vous voulez - **** Theothea.com - de William Shakespeare - mise en scène Thomas Ostermeier - avec Denis Podalydès, Laurent Stocker, Stéphane Varupenne, Adeline d'Hermy, Georgia Scalliet, Sébastien Pouderoux, Noam Morgensztern, Anna Cervinka, Christophe Montenez, Julien Frison, Yoann Gasiorowski et Paul-Antoine Bénos-Djian, Paul Figuier (Contre-ténor, en alternance), Clément Latour, Damien Pouvreau (Théorbe, en alternance) - Comédie Française Salle Richelieu

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LA NUIT DES ROIS
© Theothea.com

   


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6 réactions à cet article    


  • rogal 8 octobre 13:05

    Manifestement les atteintes à la dignité des femmes se multiplient. Ce Shakespeare n’aura jamais le prix Nobel de littérature.


    • covadonga*722 covadonga*722 8 octobre 13:42

       du transgenre sponsorisé par les subventions étatiques  !!!!pourquoi ne suis je guère étonné ....



       marwwafff certaines citadelles de l’entre soi culturel aux frais du vulgus pecum devraient être arasées ....
      revienne le temps des chateaux qui brûlent  !

      • Dom66 Dom66 8 octobre 22:02

        J’ai eu comme un doute...au premier regard j’ai cru que c’était Édouard Philippe en slip ! désolé


        • Areole 9 octobre 01:31

          Je verrais bien ce spectacle partir en tournée dans les ZEP salafistes...ou à Vierzon, j’ai deux vieilles tantes là-bas qui apprécieraient sûrement.

          De toutes façon tous les acteurs sont déjà en slip, il ne peut rien leur arriver de mal.

          • mmbbb 9 octobre 08:43

            « musique baroque classique évoquant, par instants fugaces, les sonorités modernes de la Techno. » J ecoute beaucoup de musique notamment du classique . J ecoute Bach , un tres grand compositeur , les jazzmanns s en inspirent . Une construction harmonique sophistiquée Une belle emission le Bach du dimance sur france musique Je n ai jamais retrouve des airs de techno dont les rythmes sont plus binaires et repetitifs Alors cela doit etre tres fugace de l ordre de la seconde . J avais vu le resume d un opera de Mozart , Don Giovanni , les femmes etaient en sous vetement , cela n apporte strictement rien a la mise en scene et a l opera , C ’est dans l air du temps Quant a la transgression, nous sommes plus au debut du siecle, il suffit de taper sur GOOGLE ? l occurence « MINOU » et vous en aurez de la transgression. Enfin ces intellos arrivent a ecrire n importe quoi, ils faut bien qu ils noircissent du papier . Le seul tabou qui ne soit pas tombe est le fric, le reste a ete transgresse, meme Macron a trangresse la représentation de la fonction du presidentielle.


            • zygzornifle zygzornifle 9 octobre 11:09

              C’est le gouvernement au travail a guichet fermé ....

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