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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > La roue de la passion, récit d’un décollage

La roue de la passion, récit d’un décollage

Quand elle tourne, la roue de notre vie, on a l’impression d’avancer. Nous découvrons la vue d’en haut, mais aussi les paysages d’en bas. Cette lumineuse fête foraine est encore embellie lorsque nous vivons une passion. Un art, un sport, un métier… Je crois qu’il n’y a pas de meilleur moteur pour explorer le monde. Chaque passion est comme une clé qui ouvre la porte du bonheur.

Moi, je suis curieux de tout ce qu’il se passe sur notre maison bleue, de tout ce qu’on y découvre, de tout ce qu’on y fait. Cependant, ce n’est pas toujours très joli, ce qu’on y fait. Alors, j’aime bien prendre de la hauteur. Que voit un nuage ? Qu’y a-t-il au-dessus des montagnes ? Je rêve aux réponses à ces questions, dans mon petit avion, je suis libre entre ciel et Terre.

La première fois que je me suis installé aux commandes du Cessna 152, avion monomoteur à deux places j’avais environ 13 ans. J’étais trop petit pour voir par-dessus le tableau de bord, il me fallait des coussins. Ce jour-là, je rencontrai mon instructeur. Avec ses milliers d’heures de vol, sur les porte-avions de la marine, dans les tempêtes africaines… Je ne pouvais qu’avoir confiance. Jean-Pierre a commencé à voler au même âge que moi et, aujourd’hui, il transmet sa passion et répète inlassablement les mêmes conseils.

Au début, on hésite, on oublie toujours quelque chose, mais « quand on n’a pas de tête il faut des jambes ». Leçon après leçon, on comprend l’avion, on apprivoise cette troisième dimension de l’espace, on apprend à être doux avec le manche et modeste face aux vents.

Bien entendu, tout ne se passe pas dans les airs. Il faut aussi étudier : pourquoi un avion vole-t-il ?, Qui a la priorité dans le ciel ?, Qu’est-ce que ce gros nuage ? Pourquoi ne faut-il pas piloter après un « trop » bon repas ? Et la théorie complète la pratique. A 13 ans, j’avoue que je ne comprenais pas toutes les formules : 1/2σ*Sv²*cz=mg. C’est beau n’est-ce pas ? On apprend pourtant des tas de choses et un jour, au lycée on se dit : « Mais, je l’ai vu quelque part ça ! Ca sert donc à quelque chose ! »

J’ai d’abord passé mon BIA (Brevet d’initiation aéronautique), puis la partie théorique du brevet de pilote. Ensuite, les étapes se sont enchaînées. Ca peut aller très vite si on veut. Moi je savais que je ne pouvais avoir aucun brevet avant 16, j’ai donc un peu fait traîner, la tramontane aidant.

Un jour première navigation (Ne pas Oublier de préparer le Retour !), on quitte enfin la côte Vermeille pour aller voir (un peu) plus loin : d’abord Bézier, puis Carcassonne, Montpellier, Albi, Castres, Pézenas, Bédarieux (comment ça, vous ne connaissez pas ?), la montagne aussi : quel plaisir de doubler les longues files de voitures qui vont au ski !!

Un beau printemps, après deux tours de piste tranquilles, voilà que mon instructeur me dit : « laisse-moi là, je descends et toi tu repars ! ». Le grand moment du lâché, le premier vol solo, l’adrénaline, l’angoisse de Maman si elle avait été au courant…

Après, on refait tout pareil, mais sans personne à côté : le cheminement des « navs », les virages, les exercices… jusqu’au jour du TEST. Brevet de base d’abord : surpris, je ne m’attendais pas à ça, pour terminer ma série des 1 001 erreurs à ne pas faire je me perds. C’est dur de se planter, mais « tant qu’il y a du pétrole, rien n’est perdu ». Le BB ce fut donc pour le second essai.

Voler tout seul dans un rayon de 60 km autour de Perpignan, c’est bien joli, mais moi je veux amener mes amis. On remet donc ça avec le vrai Brevet européen de pilote privé (le permis d’avion quoi) : le PPL. Cette fois, je stresse carrément, je ne voudrais pas me replanter, mais forcément ce qui doit se produire se produit avec Stupeur et Tremblements.

Je prends donc l’habitude de tout faire en deux coups, l’été fini, début des vacances de la Toussaint, c’est reparti, « faut pas être bon, faut être parfait », je n’y suis pas encore, mais cette fois ça passe : Je suis Pilote !!!

A partir de ce jour, l’avion redevient un plaisir pur (sans jamais oublier la sécurité tout de même) : liberté, seul dans le ciel, fierté d’amener tout le monde, de redécouvrir les magnifiques paysages du 66. Mais aussi joie d’accueillir tous les beaux avions qui passent, de sourire à chaque grand bruit de réacteur en classe : « coucou », de tenter des expériences comme la voltige.

L’aviation c’est aussi des rencontres fascinantes avec des professionnels (pilotes, mais aussi mécaniciens, contrôleurs ou météorologistes), avec d’autres passionnés, avec des futurs pilotes, avec des enfants émerveillés. Ne parle-t-on d’ailleurs pas de METTING aérien ?

Le Monde des nuages est splendide, l’aventure est passionnante, alors pour un baptême, un loisir, une vocation n’hésitez pas à « Vous envoyer en l’air » (en tout bien tout honneur). C’est le moment, du 9 au 18 mai la Fédération française d’aéronautique (FFA) vous invite dans tous les aéro-clubs de France à la découverte du monde des ailes. Elle vous promet que vous « N’ALLEZ PAS TOUCHER TERRE DU WEEK-END » (www.enviedepiloter.fr au masculin et au féminin).


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3 réactions à cet article    


  • Saerovi Saerovi 8 mai 2008 10:18

    NB : J’ai la passion des airs. Je survole les vergers et les champs. D’autres ont la passion de la vigne ou du bois. Artisans ou maraichers ils restent sur terre et regardent le ciel en espérant la pluie ou le soleil. Rigueur et travail d’un pays oublié mais aimé. Modestie et curiosité aussi qui poussent à dire oui à un petit tour en avion pour voir différemment ces champs qui nous nourrissent. Mon grand père, agriculteur, à été le premier que j’ai emmené.


    • Forest Ent Forest Ent 8 mai 2008 12:26

      C’est toujours sympathique de lire quelqu’un d’enthousiaste.

      Ca me rappelle des souvenirs de jeunesse. C’est vrai que voler est exaltant. Mais j’ai dû vite arrêter à l’époque à cause d’une triste réalité matérielle  : ça coûte très cher. D’autres sports aériens sont moins chers et donnent plus de sensations : deltaplane, parapente, ... Mais ils demandent une grande prudence, une bonne condition physique, et sont plus contraignants en géographie, temps et météo.


      • Saerovi Saerovi 8 mai 2008 12:52

        J’aime l’avion pour l’indépendance relative qu’il procure (pas besoin de chercher les courants), mais l’aéronautique c’est tout un univers le parapente ou l’ulm ça doit être génial aussi. ET quand il ne fait pas super beau ou qu’on est à cours d’essence on peut toujours rester à côté des pistes : c’est toutre une ambiance l’odeyr de kéro...

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