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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > La soumission en douceur de Michel Houellebecq

La soumission en douceur de Michel Houellebecq

Soumission, publié le 7 janvier chez Flammarion, sera le 6e roman de Michel Houellebecq. En voici la première critique de fond.

Le narrateur soutint par le passé une thèse de doctorat consacrée à Huysmans (qui au final, comme une doublure d’abîme, s’insinue dans tout le récit), soutenance baignée de solitude et amortie par l’alcool qu’il se remémore pourtant avec nostalgie, car depuis, tout s’est terni. Il sait que l’Occident est près de sa chute. Il sait que l’art majeur du roman ne bouleverse plus comme du temps de l’auteur d’À rebours, ne provoque plus ni extase ni prophétie, même s’il demeure le seul vecteur à même de permettre une rencontre directe avec l’esprit d’un être a priori inconnu dans son intégralité à peu près totale. Principe qui domine la musicalité même d’un texte. La fréquentation d’un esprit, quand elle perdure, se dédouble d’une intimité, d’une empathie qui confine à la spiritualité, au soutien moral, comme en songeant à de simples épithètes décrivant tel poisson, tel fromage, « et je me sentais un peu moins malheureux, un peu moins seul, au restaurant universitaire Bullier. »

 

Désormais, il devra envisager son insertion dans le grand processus de professionnalisation sociale, rivé aux bordures de la maturité desséchée, et c’en sera fini de ses études joyeusement virtuelles.

 

« Les études universitaires dans le domaine des lettres ne conduisent comme on le sait à peu près à rien, sinon pour les étudiants les plus doués à une carrière d'enseignement universitaire dans le domaine des lettres - on a en somme la situation plutôt cocasse d'un système n'ayant d'autre objectif que sa propre reproduction, assorti d'un taux de déchet supérieur à 95 %. »

 

  Les félicitations du jury, même à l’unanimité, ne pouvaient le tromper sur ce qui l’attendait, à savoir la fin de l’innocence des TD, flirts stériles, vagabondages des corps et des esprits, propres à ces temps universitaires. Place au vide et au désincarné de projets familiaux et sociaux formatés, figés dans la glace de normes mortes nées. Pour ses amies qui n’y parviendraient pas, ce serait la dépression comme horizon principal.

« Sa tristesse était grande, elle était irrémédiable, et je savais qu'elle finirait par recouvrir tout ; comme Aurélie elle n'était au fond qu'un oiseau mazouté, mais elle avait gardé, si je puis m’exprimer ainsi, une capacité supérieure à agiter ses ailes. »

 

Sa nomination au poste de maître de conférences à l'université de Paris III - Sorbonne ne le rendra pas plus heureux que ses multiples conquêtes estudiantines, et alors ? Il restera Youporn où il pourra s’adonner à un comparatif anthropologique sur l’expression orgasmique des peuples.

 

« Le pénis passait d'une bouche à l'autre, les langues se croisaient comme se croisent les vols des hirondelles, légèrement inquiètes, dans le ciel sombre du Sud de la Seine-et-Marne, alors qu'elles s'apprêtent à quitter l'Europe pour leur pèlerinage d'hiver. L’homme, anéanti par cette assomption, ne prononçait que de faibles paroles ; épouvantablement faibles chez les Français (« Oh putain ! », « Oh putain je jouis ! », voilà à peu près ce qu'on pouvait attendre d'un peuple régicide), plus belles et plus intenses chez les Américains (« Oh my God ! », « Oh JesusChrist ! »), témoins exigeants, chez qui elles semblaient une injonction à ne pas négliger les dons de Dieu (les fellations, le poulet rôti), quoi qu'il en soit je bandais, moi aussi, derrière mon écran iMac 27 pouces, tout allait donc pour le mieux. »

 

Il se rend avec un déplaisir certain du côté de la grande mosquée, discuter avec un collègue de la possible implantation d'une réplique de la Sorbonne à Dubaï ou au Qatar, il ne sait, mais c’est le genre de projet que l’on prépare aussi du côté d’Oxford. Des rumeurs d’agressions se propagent, par ailleurs, ainsi que des femmes voilées façon talibans dans les amphithéâtres. Dealers et voyous ont été chassés par les salafistes, l'Union des étudiants juifs de France n’est plus dans la place, la section jeunesse de la Fraternité musulmane l’a remplacée. Malgré l’accumulation de clichés fort peu réalistes, la lecture se déroule avec fluidité, agrémentée de constats percutants (« Un couple est un monde, un monde autonome et clos qui se déplace au milieu d'un monde plus vaste, sans en être réellement atteint »). D’ailleurs, le narrateur s’en fout assez totalement de toutes ces transformations radicales dans le champ sociétal, il pense surtout à ses plats indiens qui l’attendent, craignant juste que sa situation d’enseignant n’en soit affectée, songeant qu’il préfère de loin Maupassant à ce méchant Bloy et se demande comment il va gérer sa sortie de toute forme de vie amoureuse. L’écriture de Houellebecq est plus que parfaitement huilée pour décrire l’inertie paralysante d’un nihilisme passif saupoudré de cynisme battant ses rappels en sourdine. Car plus que de conflit culturel ou civilisationnel, s’étalent dans ce roman marqueur les oripeaux d’une société qui ne cherche plus à se défendre, car elle a déjà tué dans l’oeuf tout ce qui pouvait mériter de se perpétuer en son sein. L’auteur décrit avec sa fraudeur chirurgicale le climat bel et bien déjà installé dans l’hexagone, de l’autre côté des mots, dans les esprits et les rues :

 

« La presse internationale, médusée, avait pu assister à ce spectacle honteux, mais arithmétiquement inéluctable, de la réélection d'un président de gauche dans un pays de plus en plus ouvertement à droite. Pendant les quelques semaines qui avaient suivi le scrutin une ambiance étrange, oppressante, s'était répandue dans le pays. C’était comme un désespoir suffocant, radical, mais traversé çà et là de lueurs insurrectionnelles. Nombreux furent ceux, alors, qui optèrent pour l’exil. »

Les fusillades commencent à éclater dans les rues parisiennes, il continue de deviser avec ses amis sur Flaubert, Zola, Camus, sur la nullité du nouveau roman, sur la fatuité des engagés médiatisés, espérant encore voir l’entrecuisse d’une jeunette s’offrir à ses yeux fatigués. Le FN tient la corde, (Marine Le Pen se fait écrire ses discours par Renaud Camus, aspirant plus que jamais à ressembler à Angela Merkel), la lassitude s’est répandue dans toutes les conversations, il n’y a plus qu’à attendre, et adviendra ce qui doit. Conflits entre identitaires (dont l’auteur semble quasi frémissant d’excitation quand il décrit la progression dans les pays scandinaves), multiculturalistes, centristes forcément de gauche, ornés de tentatives d’instrumentalisation, via réseaux sur Internet, musulmans contre chrétiens, statistiques contre statistiques, la guerre est civilement généralisée depuis longtemps. Aucune fin de vie heureuse n’est envisageable.

 

Houellebecq est un très bon écrivain, ce n’est pas un prophète. La preuve ? Ce qu’il dit de Copé, censé se dérouler en 2022, c’est déjà du passé : « Jean-François Copé ne fit son apparition sur les écrans qu'à 21 heures 50. Hâve, mal rasé, la cravate de travers, il donnait plus que jamais l’impression d'avoir été mis en examen au cours des dernières heures. » Ou encore : « La gauche avait toujours eu cette capacité de faire accepter des réformes antisociales qui auraient été vigoureusement rejetées, venant de la droite ». Par ailleurs, sa connaissance du treizième arrondissement semble assez approximative : « En cas de conflit ethnique je serais, mécaniquement, rangé dans le camp des Blancs, et pour la première fois, en sortant faire les courses, je rendis grâce aux Chinois d'avoir su depuis les origines du quartier éviter toute installation de Noirs ou d'Arabes- et d'ailleurs plus généralement toute installation de non-Chinois, à l'exception de quelques Vietnamiens. » Son « islamophobie » moyennement rampante mais pour autant permanente, suinte à travers la plupart des premiers chapitres, non sans être teintée d’un certain désabusement la rendant plus ironique que férocement hostile, la moindre visite dans un restaurant marocain transformant sa journée à venir en « journée hallal », comme si l’auteur allait en perdre à chaque fois des miettes de son identité en voie de dissolution avancée, mais de quelle identité son roman est-il l’annonciateur d’une fin proche ? Celle reliée à son hédonisme, dont pourtant, il a passé de nombreux livres à décrire toute l’absurdité délétère ? Celle d’un libéralisme laxiste qui l’a rendu durablement dépressif ? Celle d’un monde livresque allant de Baudelaire à Lovecraft totalement dévasté par un capitalisme triomphant qu’il a su cliniquement disséquer dans Les Particules élémentaires ? Dans son roman, on apprécie la place Saint-Georges, et « ses façades délicieusement Belle Époque », et l’on devine que pour certains magasins, ce sera dur, « À l'intérieur du centre, le bilan était plus contrasté. Bricorama était incontestable, mais les jours de Jennyfer étaient sans nul doute comptés, ils ne proposaient rien qui puisse convenir à une adolescente islamique.. », c’est un peu court comme motif d’inquiétude ou de sauvegarde culturelle. Son amante, de confession juive, dont les fellations battent tous les records de subtilité, s’inquiète pour sa communauté devant la montée d’un parti islamique, « Sa voix s'altéra légèrement, je sentis qu'elle était au bord des larmes. « J'aime la France !... » dit-elle d'une voix de plus en plus étranglée, « j'aime, je sais pas. . . j'aime le fromage ! ». Et bien alors, l’avenir du Saint Marcellin, du comté, ou du bleu des Causses, serait possiblement la source de toutes ces angoisses assez peu métaphysiques mais souvent proches de sa ceinture ?

 

Même si l’on tente de faire passer le premier chauffard alcoolique venu pour un membre de Daesh au journal de 20 heures, même si l’invasion d’une religion agressive est le fantasme à la mode de ceux qui tiennent les manettes des médias, des banques, des entreprises, pour dissimuler leur échec capital étalé sur plusieurs décennies, échec induisant une révolte à venir dont ils ne veulent pas devenir la cible, et bien qu’ils ne soient pour la plupart nullement barbus ni versés dans la religion musulmane, ils sont pourtant bien capables de ce fanatisme consistant à faire dériver cette haine collective montante, nourrie de toutes les frustrations, de tous les déclassements, vers une religion qu’ils ont pourtant contribué en son temps à importer sur un territoire qu’ils ont, par leur égoïsme aveugle, littéralement dépouillé, mis à sac, et de cela, Houellebecq n’en parle cette fois que fort peu, à l’exception de quelques saillies toutefois impertinentes comme : « En plus il y a l'Europe, et c'est le point fondamental. Le véritable agenda de l’UMP, comme celui du PS, c'est la disparition de la France, son intégration dans un ensemble fédéral européen. Ses électeurs, évidemment, n'approuvent pas cet objectif ; mais les dirigeants parviennent, depuis des années, à passer le sujet sous silence..  »).

 

Acéré pour décrire le style de chaque présentateur télé, avec une morgue mêlée de sympathie, et souligner « l'écart croissant, devenu abyssal, entre la population et ceux qui parlaient en son nom, politiciens et journalistes, devait nécessairement conduire à quelque chose de chaotique, de violent et d’imprévisible », son roman d’anticipation crispée se veut pourtant sociologiquement exhaustif. Oubli et partialité marquant un positionnement ancien de l’auteur, hostile à l’égard de cette religion qui souligne peut-être un peu trop crûment son absence totale de foi en quoi que ce soit ? Même s’il a plus que jamais un style, particulièrement performant pour évoquer l’inanité de ses congénères, pour établir un parallèle-fil rouge reliant l’affaissement des chairs, du désir, et la montée des plaisirs culinaires typés terroirs, façon les Escapades de Petitrenaud, l’effondrement collectif de la libido signant la disparition d’un peuple, Meetic et son dédale de « Panne érectile d'un côté, sécheresse vaginale de l’autre », les sites d’escorts « aux petits culs étroits », Michel Houellebecq n’a toujours pas trouvé des raisons de s’identifier à un quelconque motif d’élévation, pas plus que des raisons valables de vouloir défendre quelques archétypes non émis par un narcissisme fatigué (exception notable faire à l’endroit de ses écrivains fétiches, et de son désir évident de s’inscrire dans une lignée littéraire pouvant lui assurer un socle existentiel affectivement recevable). En cela, il demeure le conteur lucidement désabusé de l’effondrement de sa propre généalogie historiale.

 

Comme un passant qui contemplerait sa propre mère se noyer et en tirerait des photos parfaitement cadrées, au piqué précis, d’une teinte toutefois verdâtre et sans autre relief que celui d’une amertume grinçante. De cette situation psychologique dont on a pu relever toute la mollesse endolorie mélangée à une certaine dureté caractérielle, notamment dans ses récentes apparitions cinématographiques, force est de constater qu’à la fermeture de son dernier foetus particulièrement soumis au règne de l’actualité, nous pouvons constater qu’il sait toujours tirer le meilleur de cette nature-là pour la projeter dans son entièreté sur une société qui, bon an mal an, correspond assez bien, sinon objectivement, à sa complexion pas si singulière d’homme moderne. S’il ne se juge pas vraiment déprimé mais pourvu d’une « espèce d’honnêteté anormale, une incapacité à ces compromis qui permettent aux gens, au bout du compte, de vivre », sa production correctement prolifique semble pourtant démontrer l’inverse, un grand sens du commerce et de l’adaptation à ce qu’attend le marché, avec un grand M. À l’arrivée, ses souffrances peuvent être résumées en cette phrase : « Je n'avais même pas envie de baiser, enfin j'avais un peu envie de baiser mais un peu envie de mourir en même temps, je ne savais plus très bien en somme, je commençais à sentir monter une légère nausée, qu'est-ce qu'ils foutaient Rapid'Sushi merde ?  »

 

Bayrou en prendra pour son grade, décrit comme « parfaitement stupide, sans la moindre idée personnelle  », sinon d’accéder à la fonction suprême, celui qui permettra l’accommodement avec l’islam. Les derniers soixante-huitards également, « momies progressistes mourantes, sociologiquement exsangues mais réfugiés dans des citadelles médiatiques d'où ils demeuraient capables de lancer des imprécations sur le malheur des temps et l'ambiance nauséabonde qui se répandait dans le pays »

 

Une gauche décrite comme « tétanisée par son antiracisme constitutif », une droite dépassée par sa droite, un centre fade et désireux d’arrangements tronqués, rien de neuf finalement, sous un soleil morne.

Ben Abbes, le leader fictif de ce mouvement musulman aux portes du pouvoir puis y accédant est décrit comme habile, pourvu du sens de l’histoire, finalement tolérant, souhaitant entretenir de bonnes relations avec toutes les communautés religieuses, tout en leur offrant un pouvoir depuis longtemps perdu, en quelque sorte un nouvel Auguste, réintégrant la France et l’Europe dans une vision impériale et transcendantale, moins inféodée à ses alliances nées de la Seconde guerre mondiale, revalorisant les allocations familiales, diminuant le budget de l'Éducation nationale, interrompant l’obligation scolaire à la fin du primaire, favorisant la filière de l’artisanat, ce qui finalement recoupait le programme nationaliste par bien des aspects. Abbes s’avère originalement favorable au distributisme, doctrine économique née dans l’esprit de Gilbert Keith Chesterton proposant la suppression de la séparation entre le capital et le travail, prônant l'entreprise familiale et l’actionnariat des travailleurs au sein de leur entreprise, les poussant à devenir coresponsables de sa gestion.

 

Houellebecq l’inému (seule les figures maternelles semblent éveiller une véritable rage sous son clavier), n’est pas avare d’autodérision languide, à travers le narrateur, amortissant toute velléité d’indignation ou de révolte éventuelle face à un climat de délitement généralisé :

« Je ne connaissais à vrai dire à peu près rien du Sud-Ouest, sinon que c'est une région où l'on mange du confit de canard ; et le confit de canard me paraissait peu compatible avec la guerre civile. Enfin, je pouvais me tromper. »

 

Son enracinement en tant que citoyen français ne semble que fortuit, comme ses dégoûts envers l’arrivée de moeurs hétérogènes à ses habitudes, et le cortège de ses affects est marqué au coin d’un positionnement quasi facultatif (l’on notera son intérêt un peu forcé pour Poitiers et Martel..). La France pré-Hollande/Le Pen n’était pas mieux avant, elle sera pire après. Le patriotisme français possiblement né à Valmy en 1792, puis tombé malade dans les tranchées de Verdun en 1917, il ne reste plus que beaucoup de ressentiment atomisé. Et une certaine nostalgie pour la chrétienté médiévale (maintenant mutée dans son récit en une architecture contemporaine et des offices menés par des clones de Moscovici parfaitement déplorables), ayant duré plus d’un millénaire, quand Révolution française, République, n’ont résisté qu’un siècle et des brouettes à l’anomie générale. Pendant ce temps, il s’ennuie :

 

« Tout était calme, je longeais des manches à air bicolores agitées par un vent léger ; le soleil brillait sur les prairies et les bois comme un bon employé fidèle. Je rallumai la radio, mais cette fois en vain : toutes les stations préprogrammées sur mon appareil, de France lnfo à Europe 1 en passant par Radio Monte-Carlo et RTL, n'émettaient qu’un bourdonnement confus de parasites. »

L’enseignant à la retraite découvre le foisonnement de lectures anachroniques décrivant la dissolution des structures intermédiaires, patries, corporations et autres castes, devisant sur la contamination de l'Inde et de la Chine par les valeurs occidentales, à grand renfort de Guénon. Les tenants de l’islamogauchisme ne seront pas épargnés, définis comme relevant d’une «  tentative désespérée de marxistes décomposés, pourrissants, en état de mort clinique, pour se hisser hors des poubelles de l'histoire en s'accrochant aux forces montantes de l’islam ». Nietzsche sera quant à lui affublé du doux qualificatif de « vieille pétasse ». Le narrateur se verra ébranlé dans son hostilité a priori, finissant par constater le degré de décomposition répugnant atteint par l’Europe occidentale, plus guère en état de se sauver elle-même, au même titre que la Rome antique. Envisageant alors la possibilité d’un réarmement moral via l’arrivée massive de musulmans sur son sol, avec tout leur respect présumé des hiérarchies naturelles, leur volonté de soumettre la femme, le respect dû aux anciens et autres principes organiquement constitutifs de ces vagues immigrées. En attendant une pareille régénération, il constatera que « Le service de restauration du Thalys proposait maintenant le choix entre un menu traditionnel et un menu hallal ». Décidément, la nourriture occupe une place centrale dans cette Soumission. Mais la possibilité de la polygamie et des mariages arrangés présentera également un charme nouveau pour notre observateur de plus en plus alangui devant l’avancée de ces réformes islamiques, conscient, le temps passant, qu’il n’avait rien à regretter de la France d’avant.

 

L’on cherche en fait où se situe vraiment l’anticipation tant ses descriptions minutieuses du paysage médiatique et politique empruntent abondamment au présent, s’en écartant que pour accentuer des tendances déjà à l’oeuvre. Toutefois, Soumission pourra représenter un bon arrêt sur image de la France des années 2000, pour les historiens qui se pencheront sur ses restes épars, dans quelques décennies.

 

« L’humanité ne m'intéressait pas, elle me dégoûtait même, je ne considérais nullement les humains comme mes frères, et c'était encore moins le cas si je considérais une fraction plus restreinte de l’humanité par exemple constituée par mes compatriotes, par mes anciens collègues. Pourtant, en un sens déplaisant, je devais bien le reconnaître, ces humains étaient mes semblables, mais c'était juste cette ressemblance qui me faisait les fuir.  »


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64 réactions à cet article    


  • alberto alberto 29 décembre 2014 11:12

    much ado about nothing


    • DanielD2 DanielD2 29 décembre 2014 11:25

      Nos « élites » Parisiennes sont tellement corrompues et dégénérées que ça pourrait bien arriver.

      Ceci dit, faut vraiment être imaginatif pour penser que la culture musulmane pourrait améliorer quoi que se soit en Europe. Si nous avons des problèmes, ils en ont 10 fois plus, suffit de voir l’état des pays musulmans ou des villes Françaises qu’ils ont colonisé ( Roubaix, Marseille, 93, etc, pas vraiment des réussites économiques et sociales .... )


      • Phoébée 29 décembre 2014 11:37

        Prenez Gaza par exemple... c’est fou comment ils laissent tout à l’abandon.  smiley


      • Phoébée 29 décembre 2014 11:36

        ’Houellebecq l’inému (seule les figures maternelles semblent éveiller une véritable rage sous son clavier), n’est pas avare d’autodérision languide, à travers le narrateur, amortissant toute velléité d’indignation ou de révolte éventuelle face à un climat de délitement généralisé.’

        Il avait pris une volée de bois vert par sa mère dans les médias après s’en être pris à elle comme Bazin s’était fait Folcoche, mais on ne compte plus les auteurs qui détestaient leurs mamans . Maintenant il a de bonnes raisons de lui en vouloir et on peut comprendre son animosité.

        .

         ’Son amante, de confession juive, dont les fellations battent tous les records de subtilité’

        L’humour est aux juifs, ce que la fellation est aux juives, si j’en crois la rumeur persistante.

        .

        J’espère que dans le livre il parle de son chien, sinon j’achète pas .  smiley


        • Phoébée 29 décembre 2014 20:42

          J’ajoute que sucer une queue sans son prépuce, la zone érogène la plus stimulante, aurait obligé les juives à devenir les championnes du monde de la fellation .


        • Massada Massada 29 décembre 2014 11:44

          Scénario inéluctable, tout est en place il suffit d’attendre le déroulement des événements.




          • Phoébée 29 décembre 2014 12:13

            ... j’irai jusqu’à dire un rayon de soleil dans ce monde de ténèbres . smiley


          • alinea alinea 29 décembre 2014 11:45

            Houellebecq à la plume acerbe, méchante, cynique ; rien n’est tendre, personne n’échappe à son regard sans complaisance- c’est un euphémisme !
            Mais quand même un grand génie littéraire, pour moi !! pas « quand même », « grâce ou à cause de » !!!
            Une intelligence comme la faucheuse...


            • kalachnikov lermontov 29 décembre 2014 14:42

              Je suis d’accord avec toi ; c’est un grand écrivain.

              Il a d’autres cordes à son arc.
              Faire l’acteur, la poésie.

              « J’aperçus dans les vitres de la laverie
              Nos deux corps blancs comme deux vache-qui-rit ».

              Ou la musique.

              https://www.youtube.com/watch?v=wsH_yzdL8EA


            • kalachnikov lermontov 29 décembre 2014 14:47

              @ Thomas Roussot

              Votre bouquin au sujet de Cantat, vous pouvez me filer un lien, que je vois de ce dont il s’agit. Nietzsche aussi. (je pourrais chercher moi-même mais... Merci.)

              https://www.youtube.com/watch?v=uyhvk9bEcVs



            • kalachnikov lermontov 29 décembre 2014 16:43

              Merci. Très intéressant. En particulier, concernant Nietzsche. Il y a en implicite chez lui l’idée que le lieu de vie influence et génère la vitalité et sa vie nomade s’explique pour part ainsi (avec pour autre part une certaine forme d’ascétisme, la volonté de s’affranchir de toute entrave - « Chaque fois qu’un lien se brise, je me sens pousser une aile »). La Haute-Engadine, Nice, Sorrente..., la façon dont il parle de ces lieux et l’impact que cela peut avoir sur sa créativité, la clarté de la pensée, etc. Ce qu’il dit à Gast au sujet de Turin, ce qu’il ressent de la ville, ce qu’il vient y chercher et compte y trouver. Luminosité, limpidité : c’est un peu l’idée-maîtresse ; c’est ce qu’il veut induire lorsqu’il parle du Midi, qu’il faut du Midi dans la musique par exemple. Bizet plutôt que Wagner, ce lourdaud. (ce n’est pas lié au ciel bleu, à la douceur du climat, etc ; plutôt, une sorte d’ambiance qui joue sur l’organisme tout entier).

              C’est une théorie du magnétisme, en fait, de quelqu’un qui sent l’influence cosmique par le corps. C’est pour cela qu’il attache crédit à l’alimentation et à l’hygiène de vie, ’le sens de la terre, plus honnête, plus pur’. On le retrouve partout en implicite. ’Nous autres, nous savons que nous avons quelque chose de magnétique’. C’est cette ’croyance’ (en est-ce une ?) qui fait qu’il est capable de mener son oeuvre au plus loin possible, contre l’adversité, par delà le mépris et l’indifférence, l’incompréhension, etc. Concernant l’art, la vérité, c’est un des types les plus honnêtes et intègres que je connaisse, radical.

              Merci, en tout cas. Je compte vous lire. Rien que re-songer à tout ça histoire de le griffonner m’a rendu heureux, ’léger’. Ce sont de belles choses, on a plaisir à les remuer, et qui sait ?, d’autant plus que j’en aurais besoin ces heures-ci, cela m’aidera peut-être à me muer en ’aéronaute de l’esprit’.

              ’L’effet de l’oeuvre d’art, c’est de provoquer l’état propre à créer l’oeuvre d’art, c’est de susciter l’ivresse’. (= donner de l’énergie, une énergie positive. Au sens polarité et non moral).

              https://www.youtube.com/watch?v=e26VIH2taeA


            • karibo karibo 29 décembre 2014 17:13

              Merci pour cet article, le pt’it jésus en culotte de velours, le frere à un peu de rab, on en redemanderait : merci


            • COVADONGA722 COVADONGA722 29 décembre 2014 13:04

               hé hé 

              je collabore tu collabores il collabore nous collaborons vous collaborez ils collaborent

              et tout ça ça fait d’excellent dhimmis , les éduqués et intelligentsia française ont la soumission dans leur gènes .C’est vous dire le sort qui attend l’écrivain. Yep son livre deviendras comme celui de Raspail « le camps des saints » pour ceux qui n’acceptes pas l’attitude des penseurs sachant bêler au moment fatidique « encore un instant mr le bourreau »

              asinus

              • bakerstreet bakerstreet 29 décembre 2014 13:25

                Pour écrire un bouquin de ce type, pas difficile : 

                Vous faites comme les statisticiens, qui continuent à tracer les lignes, selon leur dynamique, et vous mettez tout ça au propre, ou plutôt au sale, dans la bouche de quelques happy few revenus de tout, et regardant l’indice boursier, comme la ligne bleue des Vosges !
                Leur dernière espérance, voilà où ils la mettent. 
                Pour le reste, ils ont un doigt levé pour ça, et pour vous.

                • ZEN ZEN 29 décembre 2014 13:35

                  Céline, sans vrai talent et surfant sur la vague
                  Houellebecq, le prophète du pauvre...


                  • Sharpshooter - Snoopy86 sharpshooter 29 décembre 2014 17:55

                    C’est un fait qu’à la différence de certains Houellebecq ne maîtrise guère le copié-collé et que son art du bolduc est pour le moins incertain smiley


                  • Sharpshooter - Snoopy86 sharpshooter 29 décembre 2014 23:32

                    On arrondit ses fins de mois chez Michou ?


                  • COVADONGA722 COVADONGA722 29 décembre 2014 13:48

                     yep ,en plus si ce qu’il décrit était avéré cela se saurait pas vrais !!!! 



                    d’aucun sont un peuple à nuque raide nous Français avons une intelligentsia à l’échine souple ...



                    asinus : ne varietur 

                    • ZEN ZEN 29 décembre 2014 14:21

                      Et pan sur le becq !


                      • bakerstreet bakerstreet 29 décembre 2014 14:41

                        C’est pas exhaustif comme définition, mais si on me demandait ce que c’est pour moi un bon écrivain je dirais que c’est quelqu’un qui m’aide à vivre, à triompher du quotidien, à redonner de la beauté aux couleurs, à décaper les nuages. 


                        Pas forcément quelqu’un qui saute au plafond ; 
                        Orwell qui était assez sombre possédait cette lueur.
                         D’abord dans sa vie, son combat contre les injustices. 

                        1984 est la vision d’un totalitarisme qui s’attache à mettre sous dépendance et sous influence chacun d’entre nous, sous la coupe et l’influence d’un totalitarisme de tous les instants. 
                        Mais ce livre qui est une anticipation a été écrit pour nous prévenir, et à mettre dans la pluralité de son oeuvre : Sa lutte comme militant, la guerre d’Espagne, et toujours dans Orwell cette dimension humaine, sympathique, pleine de vie et de drôlerie. 

                        Houellebecq est juste un individualiste tenant de trouver sa jouissance, buvant des flûtes de champagnes sur le Titanic ; montant d’un pont à l’autre pendant que le navire coule. 

                        il ne filera son gilet gonflable à personne, ni sa place sur la barque. 

                        il envisage déjà ce qu’il écrira plus tard, quand la barque de sauvetage l’aura emmené en Irlande. 
                        Un pays où il paiera beaucoup moins d’impôts. 
                        Les naufrages ont parfois bien des avantages !

                      • alinea alinea 29 décembre 2014 15:00

                        Vous avez sans doute raison bakerstreet !
                        Mais j’ai commencé sa lecture il y a quelques temps mais bien après tout le monde, et j’ai été éblouie, éblouie par son intelligence ; c’est un acier trempé, sans morale ni projet de société ; comme humain, je me doute que je serais mal, assise à sa table, quoique je ne sais pas ; c’est un autre monde, un autre regard, qui percute et laisse ses traces...
                        Je ne sais pas si je lirai celui-ci ; je n’en fais pas un fromage, je ne le recherche pas mais on ne peut nier sa force, et l’intelligence, que voulez-vous, mieux que son talent !!


                      • bakerstreet bakerstreet 29 décembre 2014 17:51

                        Alinea


                        Bonjour
                        C’est vrai il écrit pas mal, et c’est vrai qu’il fait des phrases qui tiennent debout, mais je ne parviens pas à adhérer à l’ensemble, en me reculant. 
                        S’il faut citer un auteur français, je dirais Laurent Gaudé.

                      • VICTOR LAZLO VICTOR LAZLO 29 décembre 2014 18:55

                        @Bakerstreet

                        Vous dites : « c’est pour moi un bon écrivain je dirais que c’est quelqu’un qui m’aide à vivre, à triompher du quotidien, à redonner de la beauté aux couleurs, à décaper les nuages. ». 


                      • alinea alinea 29 décembre 2014 19:46

                        C’est pas un auteur que je vénère !! mais l’ayant « entamé » parce que je n’avais rien d’autre, en connaissance de cause, i.e avec plutôt un a priori défavorable, il m’a littéralement éblouie !
                        Et Dieu sait que je suis, comme vous dîtes, plutôt du genre à aimer ceux qui me grandissent.
                        C’est spécial, je ne sais l’expliquer, il y a une force, ni maléfique ni bénéfique, mais d’où émane une intelligence sans concessions, désespérée au sens propre, qui ne passe pas inaperçu !
                        Il n’a pas un goût de reviens-y, il ne cherche pas l’adepte, mais honnêtement, vu d’un certain angle, caustique et intransigeant, on ne peut lui donner tort !
                        C’est froid, glaçant même, mais j’y reviens, d’une telle intelligence !!! C’est, je trouve littéralement époustouflant !
                        Bon, je n’ai pas lu ce dernier, et il était plutôt calme dans « la carte et le territoire ».
                        Pour moi c’est quelqu’un hors du commun, et même si je n’en fais pas mes nuits de chine, je suis bien contente qu’il existe, cela relève le niveau de nos auteurs contemporains, car, à part Le Clézio, il faut les chercher nos contemporains qui ont quelque chose dans le ventre, non ?
                        Ceci dit, je suis trace, inculte et je ne connais pas tout, loin de là !!
                        Mais en littérature comme au restaurant, j’aime bien y manger ce que je ne saurais pas faire moi-même !!!


                      • kalachnikov lermontov 29 décembre 2014 20:19

                        ...’Les femmes écoutent avec leur vagin« .

                        Lydie Salvayre ?
                        Elle est gardoise, de plus, et il y a un lien avec Noir Dez, ce qui réjouira l’auteur du présent article ;
                        (elle a fait deux beaux truc avec Serge Teyssot-Gay, ’dis pas ça’ et ’contre’. Un extrait ici :

                        https://www.youtube.com/watch?v=rqryIFBGlj4

                         »Je passais dix années dans une étrange république.

                        Un jour j’ouvris les yeux et je me vis. Mon visage était laid. J’avais le rire faux, l’âme neurasthénique. Une main m’empoignait la poitrine, et la tordait. Ma vie, je la portais comme on porte son sac.

                        Je sus qu’il fallait fuir.

                        Je pris des autoroutes. Je traversai des mers, des fleuves et quatre continents. J’avançais vite et sans me retourner. Comme on s’évade après un meurtre. Parfois, je fus tentée de renoncer à ce voyage et revenir à mon sommeil abject. Mais jamais, cependant, je ne relâchais mon rythme. Je voulais m’écarter d’un pays où les hommes s’éteignent à force de se soumettre.

                        Me voici parmi vous, après ma longue nuit.

                        Et revenue à moi.

                        Avez-vous vu un homme ?

                        Je cherche un homme.

                        Je cherche un homme dont la langue soit lasse de lécher.

                        Je cherche un homme avec six couteaux dans ses poches, et, à la bouche, mille injures d’Espagne, prêtes à foudroyer.

                        Dans la république d’où je viens, les hommes reculent apeurés lorsqu’on tente vers eux un geste de douceur ainsi que font les bêtes longtemps abandonnées. N’y a-t-il pas là de quoi surprendre ?

                        Dans la république d’où je viens, on se montre friand de commémorations diverses au premier rang desquelles figure celle-ci, directement héritée des barbares, qui consiste à fêter les grands massacres de l’Histoire avec force fanfares, drapeaux, discours et défilés, le tout fort vibratoire.

                        Dans la république d’où je viens, les amants amoureux d’amour ne meurent plus et s’envoient des e-mails truffés d’insignifiance et de noms de volailles.

                        Un tel comportement, au demeurant exempt de tout risque infectieux, ne compromet-il pas l’avenir sexuel d’une grande nation, et son avenir tout court ? Ne risque-t-il pas à la longue d’amièvrir sinon de torpiller une culture où la grâce de l’écrit trouve son fondement dans l’ardeur voluptueuse, et vice versa ?" [incipit de ’contre’]


                      • VICTOR LAZLO VICTOR LAZLO 29 décembre 2014 20:55

                        @Bakerstreet

                        Ce que je voulais dire, c’est que devriez vous mettre à lecture de « Oui-Oui » et de la collection Harlequin.

                      • bakerstreet bakerstreet 30 décembre 2014 01:48

                        Lermontov


                        Je n’avais jamais imaginé l’oreille des chevaux comme ça.
                        En littérature, on peut tout faire, tout écrire, l’important c’est de ne pas retomber sur ses deux jambes

                      • bakerstreet bakerstreet 30 décembre 2014 01:52

                        Victor à tors et à travers


                        Le crachat du pékinois n’atteint pas le beagle blanc !
                                               

                      • bakerstreet bakerstreet 30 décembre 2014 02:04

                        Alinea


                        Bon, vous allez me convaincre. 
                        Je vais tenter de m’y mettre.
                         Car a vrai dire je n’ai jamais lui ce type, sinon qu’au travers d’extraits, mais le personnage et les propos me déplaisent.
                         C’est vrai vous avez raison. 

                        Peut être qu’à une autre époque j’aurais détesté aussi Céline qui m’a enthousiasmé quand j’étais ado, et dont j’ai su après coup ces positons foireuses. 

                        La question est celle ci, doit-on ou peut on arriver à faire la différence entre le littéraire et l’écrivain. Même chose pour les artistes en général.
                         Une oeuvre a deux moteurs, et quatre ou cinq cylindre au moins qui jouent les unes avec les autres, et qu’on tache de régler à l’oreille. 

                        La vie du type en question, son engagement, son adéquation avec l’oeuvre. 
                        Si Rimbaud n’avait pas été cet illuminé voyageur, sans doute le lirions nous autrement, même si son génie est manifeste. 
                        Orwell a été à la hauteur de 1984, et sa vie explicite son oeuvre, la centrifuge même. 

                        Cendrars, Miller ont été parfois de sacrés menteurs, mais à demi, leur génie leur donnant crédit de tous leurs mensonges, si bien que celui fasse figure finalement de vérité entière. 

                        Mentir avec vérité, seuls les génies en sont capables.


                      • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 30 décembre 2014 10:49

                        Une intelligence froide et cynique dans l’ère de l’ultralibéralie.

                        Le modèle que la sphère médiatocratique veut nous imposer. Chacun pour soi, et la perversion à tous les étages.

                        Comme chez les traiders, où la transgression est une règle ; l’honnêteté, ou pire, la solidarité, une cause d’exclusion définitive.

                        Normal qu’il soit encensé par les médias.


                      • alinea alinea 30 décembre 2014 12:01

                        J’avais lu le domaine d’extension de la lutte, avant qu’il soit célèbre, ou que sa célébrité soit arrivée dans ma chambre ; j’étais restée comme deux ronds de flan, un peu mal à l’aise, de tant de cynisme et si peu d’empathie pour ses personnages.
                        Mais c’est les particules élémentaires, que j’ai lu après tout le foin que ça a fait ; je m’attendais à m’emmerder ou me refroidir ; et ce fut l’éblouissement ; il faut dire qu’il décoiffe les hippies avec un talent sans circonstances atténuantes.
                        Bien sûr, il faut chercher la mère ; il doit tout à la haine qu’il porte à sa mère ; alors oui, ce n’est pas un onguent !!! smiley


                      • kalachnikov lermontov 30 décembre 2014 12:04

                        Tiens, marrant, ça m’a fait la même.


                      • bakerstreet bakerstreet 30 décembre 2014 14:29
                        Alinea

                        La haine et l’amour extrème des mères, qui résultent de la même dynamique, produisent tout autant de canards boiteux, pouvant devenir parfois de merveilleux cygnes blancs.
                         
                        Le pire c’est sans doute l’absence d’émotion aucune, le vide. 
                        Et quand on l’a pas d’aile, alors on s’écrase. 

                        « Ils avaient si peu de colères, et ne demandaient que du feu » (Aragon)

                        Bazin, mais surtout Simenon, et Romain Gary, tentèrent toute leur vie, une jour d’assassiner leur mère. 
                        L’autre jour de lui offrir des fleurs. 

                        Cahin-caha, voilà comment une oeuvre se dégage sur le long chemin des crêtes, j’allais dire, lapsus, le chemin des dames.

                      • bluerage 29 décembre 2014 16:51

                        On ne peut pas dire que Houellebecq ne dise que des conneries, la preuve :

                        « La gauche avait toujours eu cette capacité de faire accepter des réformes antisociales qui auraient été vigoureusement rejetées, venant de la droite ».


                        • JCBeaujean 29 décembre 2014 19:30

                          Yo, bluerage !
                          Car si on sait où est la plume, on se demande où est le bec.
                          Un style Paul Bourget si nique que sa mère l’aurait su, elle l’aurait encore plus trauma, le ptit Mimi !
                          Oh que je suis nihiliste, et que je me sens même plus zumain à force de dégoût, et que je séance fictionne que les méchants sarrazins y nous z’ont arrêtés à moitié !... Burp, scusez-moi... le wiské irlandais, ça me fait remonter le social... Oh oui, Thomas : et Nietzsche dans tout ça ?


                        • bakerstreet bakerstreet 30 décembre 2014 17:39

                          bluerage


                          C’est ben vrai, mais ce genre de commentaire, on peut en trouver à la pelle tous les jours dans agoravox. 

                        • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 29 décembre 2014 20:29

                          C’est un auteur surcôté, adulé de la cotterie parisienne, mais rien dans ses écrits n’atteint la grandeur, d’un Julien Gracq, par exemple.

                          De lui, je n’avais lu que « les particules élémentaires » dont tant d’eloges furent faites.

                          Très cynique, très à la mode du persifflage, mais son style est lourd, pesant, ennuyeux. Ce n’est pas un poète. C’est un méchant pamphlétaire qui va dans le sens du vent.

                          C’est un persiffleur narcissique à la mode. Et là, il exploite apparemment sans grande intelligence le filon islamophobe.

                          Qu’il y ait une réflexion profonde à faire quant aux musulmans en France, leur place dans la démocratie, les risques de dérive intégrsites, mais aussi les espoirs de démocratisation et d’ouverture, les évolutions positives potentielles du monde musulman en mutation, ce serait d’actualité et n’ecessaire. Ce n’est pas là où on l’attend. Mais inquiéter le pays qui n’en a pas besoin par un délire pseudoscience-fiction, c’est plutôt ce qu’il sait faire.

                          Son livre aura certainement beaucoup de succès. Il fera beaucoup de bruit pour rien.

                          Cet auteur est à la hauteur de la France d’aujourd’hui : chaque jour un peu plus bas.


                          • kalachnikov lermontov 29 décembre 2014 22:33

                            @ Foscarvel

                            Pas un poète ?
                            Voici le texte de ’présence humaine’, (j’ai mis un lien plus haut, pour écouter, Houellebecq à la voix himself, le superbe habillage de Burgalat, et le bon petit groupe qui l’accompagne).

                            "Nous marchons dans la ville
                            Nous croisons des regards
                            Et ceci définit
                            Notre présence humaine
                            Dans le calme absolu
                            De la fin de semaine
                            Nous marchons lentement
                            Aux abords de la gare

                            Nos vêtements trop larges
                            Abritent des chairs grises
                            À peu près immobiles
                            Dans la fin de journée
                            Notre âme minuscule
                            À demi condamnée
                            S’agite entre les plis
                            Et puis s’immobilise

                            Mes hommages à l’humanité
                            Se multiplient sur la pelouse
                            Ils étaient au nombre de douze
                            Leurs vies étaient très limitées

                            Nous avons existé
                            Telle est notre légende
                            Certains de nos désirs
                            Ont construit cette ville
                            Nous avons combattu
                            Des puissances hostiles
                            Puis nos bras amaigris
                            Ont lâché les commandes
                            Et nous avons flotté
                            Loin de tous les possibles
                            La vie s’est refroidie
                            La vie nous a laissés
                            Nous contemplons nos corps
                            À demi effacés
                            Dans le silence émergent
                            Quelques datas sensibles

                            Mes hommages à l’humanité
                            Se multiplient sur la pelouse
                            Ils étaient au nombre de douze
                            Leurs vies étaient très limitées

                            Nous sommes réunis
                            Nos derniers mots s’éteignent
                            La mer a disparu
                            Une dernière fois
                            Quelques amants s’étreignent
                            Le paysage est nu
                            Au-dessus de nos corps
                            Glissent les ondes hertziennes
                            Elles font le tour du monde
                            Nos corps sont presque froids
                            Il faut que la mort vienne
                            La mort douce et profonde
                            Bientôt les êtres humains
                            S’enfuiront hors du monde
                            Alors s’établira
                            Le dialogue des machines
                            Et l’informationnel remplira
                            Triomphant
                            Le cadavre vidé
                            De la structure divine
                            Puis il fonctionnera
                            Jusqu’à la fin des temps

                            Mes hommages à l’humanité
                            Se multiplient sur la pelouse
                            Ils étaient au nombre de douze
                            Leurs vies étaient très limitée"


                          • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 30 décembre 2014 10:58

                            "Alors s’établira
                            Le dialogue des machines
                            Et l’informationnel remplira
                            Triomphant
                            Le cadavre vidé
                            De la structure divine
                            Puis il fonctionnera
                            Jusqu’à la fin des temps"

                            Désolé, je trouve cela lourd.

                            Après, c’est une question suggestive.

                            Pour moi, le plus mauvais chez lui c’est justement sa poésie.

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