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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > La Tauromachie, au risque de l’analyse

La Tauromachie, au risque de l’analyse

La corrida est-elle une barbarie, un rite, un jeu, un sport, un spectacle, un art ?

Des hommes de qualités, intellectuelles et morales, entrent avec conviction dans l'univers tauromachique... ils m'invitent à considérer que l'être humain est complexe dans la multitude de ses facettes contradictoires.

« Le jour où les humains comprendront qu’une pensée sans langage existe chez les animaux, nous mourons de honte de les avoir enfermés dans des zoos et de les avoir humiliés ou massacrés... »

La mort, à laquelle nous sommes confrontés nous incline à élaborer du sens, à créer des mythes, à développer des rites, à élargir notre imaginaire et déployer nos potentialités.

La tauromachie dans sa forme sacrée flirte avec le religieux et partage avec lui les mêmes valeurs irrationnelles. On adhère ou non, point final, la rhétorique philosophique c'est un vain remplissage, une justification inutile, une mystification.

La culture nous dit Freud, c’est le dépassement de nos pulsions destructrices, leur mise à distance, l’aspiration vers un monde ou la violence n’est plus une fatalité mais est sublimée.

« Qu’importe. Les penseurs taurins à l’origine de la décision ministérielle qui autorise la tauromachie (André Viard, Simon Casas, Francis Wolff), sont à mille lieux de ces subtilités. Pour eux la corrida est un humanisme. Pas moins. Pourquoi ? Parce qu’elle symbolise la victoire de l’esprit sur la matière, de l’humain sur l’animal, de la culture sur la nature. Conception prédatrice et archaïque de la relation à la nature, où encore une fois, l’animal est l’objet désigné, immuable et complice de nos fantasmagories. La corrida est un Moyen-âge. Comme si les Lumières n’avaient apporté un éclairage nouveau sur nos obligations morales. Je souffre de la souffrance de l’autre. Avec Rousseau, Kant, Schopenhauer, la pitié et la compassion ne sont pas des marques de faiblesse, non, elles confèrent à l’homme sa singularité mais aussi ses devoirs. N’est-ce pas dans la compassion que l’homme puise ses ressources pour légiférer, pour inscrire des obligations dans le droit positif ?

Le discours magique et mystificateur obéit au besoin du déguisement de la réalité.

Dans la mise en scène dramatique, la violence et la pulsion de mort y sont occultées, métamorphosées, mieux sacralisées. »

Si l'on essayait de lever le voile du spectacle sur les causes qui alimentent cette mise en scène macabre ?

L'intensité dramatique culturelle trouve son sens dans l'esthétisme de l'art, l'éloquence littéraire du romancier, le raisonnement du philosophe.

Mais la névrose occupe tous les espaces et toutes les couches sociales. Derrière l'artifice culturel le plus élaboré, l'âme humaine est souverainement animale.

Avec un peu d'humour, si l'on balançait les habits de lumière par-dessus les murs antiques

de l'arène, découvrant la nudité du torero coiffée d'un chapeau ridicule aux oreilles de Mickey... pour se détendre un peu.

Si l'on pratiquait une analyse dans l'esprit de la comédie ?

Par la même occasion, l'on pourrait dénuder le public, corps et âme. Alors le taureau apparaîtrait naturellement dans son plus bel habit d’aurochs magdalénien.

L'agonie de ce puissant animal à la beauté sauvage inégalable entrerait dans l'oubli.

L'artifice culturel bien humain envolé, le protagoniste vertical, le torero sans éclat se révélerait moins érectile et plus amusant. Car enfin quelle tristesse devant ce spectacle talibanesque ou l'on coupe les oreilles et la queue...(alouette) en signe de victoire, quand ceux là, attardés du bulbe sectionnent des pieds et des mains, dans un esprit de justice archaïque...consternant !

Nous revenons au torero plus modeste, c'est un naturiste qui fait l'humilité en feignant de dissimuler un sexe désormais négligeable. Mais le taureau perdrait peut être sa dignité en s'esclaffant bruyamment découvrant l'envers du décor dérisoire de la comédie humaine.

Mais alors le public ne pourrait plus jouir secrètement dans sa perversion coupable. Privé du spectacle de sang et d'agonie il serait d'abord désemparé et entrerait en résilience. Il faudrait revoir en profondeur la chronique taurine. A la culture sacrificielle substituer la l'esthétisme animé. Nous découvririons enfin la tragi-comédie, plus heureuse.

Pardessus les pierres antiques et les préjugés magdaléniens, la vie, avec un savant mélange de culture et de nature. Terminés les discours mystificateurs, qui parlent d'amour, de respect et de loyauté défiant toute raison...les faits crient l'inverse de ce que disent les mots. C'est bien là le paradoxe humain qui depuis la nuit des temps déifie la tragédie dans la religion, l'art et même hélas dans la philosophie...tauromachique et méprise la vie et la comédie de concert. Ces gens sont sinistres, ils ont la conscience d'un sacré ancestral.

Dans ce jeu de boucherie de première classe, l'éthique fondamentale est falsifiée. Se pressent quelques fois, dans le labyrinthe du minotaure, des hommes cultivés et pourtant ordinaires, des esthètes du chapeau mais souvent crucifiés du traversin.

Des hommes ordinaires dans leur faiblesse, reniant Sigmund Freud pour partager cette masturbation collective, pour s'encanailler, immergés dans ce spectacle affligeant de confusion culpabilisant entre Eros et Thanatos. L'attrait jouissif des interdits, de la transgression.

Thérapie collective ou se développe au cours de l'expérience le transfert ludique reporté selon l'humeur d'affection ou d'hostilité sur l'un des deux protagonistes, le costard à paillettes érectile et gesticulant, vertical, ou la robe de nuit tachée de sang dans son horizontalité rugissante.

Le crime collectif avec la bénédiction du législateur...ce n'est pas tous les jours Dimanche.

Cet immense corps à corps collectif où se mêlent la peur, le sang et la libido. Une partie gigantesque d'éclatement lumineux, de cris aigus et de râles profonds, de sensations odorantes animalières sous un soleil ibérique de circonstance à la Vélasquez, Goya ou Picasso, dans une pulsion d'amour et de mort confondues.

"Sans cruauté, pas de fête : voilà ce qu'enseigne la plus vieille et la plus longue histoire de l'homme..." (Frédéric Nietzsche, La naissance de la tragédie). La corrida n'est jamais que l'avatar policé et déguisé de ces pratiques.

Jadis, des prisonniers de guerre, condamnés, professionnels ou simples aventuriers, étaient entraînés par de véritables imprésarios qui les louaient très chers aux organisateurs. « Les gladiateurs. »

Le taureau est le digne successeur des esclaves antiques, nous sommes les héritiers légitimes de ces mondes engloutis.

Formes flamboyantes, chorégraphie guerrière et changeante se déploient dans un écrin circulaire animé. Figures héroïques et mouvementées incarnant un idéal nébuleux de croyances et de mythes ou la philosophie quelques fois se fourvoie.

« Les problèmes posés par les préjugés raciaux reflètent à l’échelle humaine un problème beaucoup plus vaste et dont la solution est encore plus urgente : celui des rapports de l’homme avec les autres espèces vivantes… Le respect que nous souhaitons obtenir de l’homme envers ses semblables n’est qu’un cas particulier du respect qu’il faudrait ressentir pour toutes les formes de vie ». Claude Levi-Strauss,

« Tout ce verbiage sur la dignité, la compassion, la culture ou la morale semble ridicule lorsqu’il sort de la bouche même de ceux qui tuent des créatures innocentes, pourchassent des renards que leurs chiens ont épuisés, ou même encouragent l’existence des combats de taureaux et des abattoirs. Toutes ces explications, selon lesquelles la nature est cruelle et donc nous sommes en droit d’être cruels, sont hypocrites. Rien ne prouve que l’homme soit plus important qu’un papillon ou qu’une vache. Je considère le fait d’être devenu végétarien comme la plus grande réussite de ma vie. Je ne prétends pas sauver beaucoup d’animaux de l’abattoir, mais mon refus de manger de la viande est une protestation contre la cruauté… Personnellement, je ne crois pas qu'il puisse y avoir de paix dans ce monde tant que les animaux seront traités comme ils le sont aujourd’hui ».
Isaac Bashevis Singer

Francis Wolff est l'invité de Raphaël Enthoven dans "Philosophie"

Les mythes tauromachiques, Réflexion critique sur l'univers de la corrida. Marc Fabre

Cabu (juste éventualité)


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46 réactions à cet article    



    • jack mandon jack mandon 9 février 2013 06:35

      Jean-Pierre,

      Tout à fait, quand on aime, on ne discute pas.

      Je n’aime pas, je m’interroge et cherche à comprendre.


      • gegemalaga 9 février 2013 09:36

        oui , jean-pierre :

        pur blablabla ... ;

        je ne suis pas un afictinado , mais j’ai eu la curiositée d’aller assister à qq corridas : pour voir .

        et , sans etre devenu fana , j’aime bien ;

        et , pas la peine de se masturber les meninges comme le fait l’auteur : 
        -c’est un spectacle , en general tres beau ; 
        -c’est un rite et une tradition
        -c’est une expression culturel
        .../...
        c’est aussi un bussiness , et en meme temps on doit se demander ce qu’il resteraient comme elevage de taureaux s’il n’y avait pas les corridas .
        gegemalaga



        • jack mandon jack mandon 9 février 2013 10:12

          gegemalaga

          Sans commentaire.

          A chacun sa planète, sa sensibilité et sa manière d’être intelligent.


        • ARMINIUS ARMINIUS 9 février 2013 09:50

          Excellent, il faut remonter à la nuit des temps pour retrouver l’origine de cette barbarie, peut-être les sacrifices à Baal ? Vous n’êtes pas dupe de ce jeu entre Eros et Thanatos, jeu qui attire « les belles étrangères qui vont aux corridas et qui se pâment d’aise devant la muleta ».
          Quant aux « aficionados » qui exultent devant le sang bouillonnant sortant des artères du « toro » agonisant ou devant les tripes jaillissant du ventre encorné du cheval du « picador » ils ne sont que les descendants des spectateurs du cirque romain attendant le pouce baissé du « césar dégénéré »du moment...« panem et circenses », ce joli monde n’a guère évolué...


          • jack mandon jack mandon 9 février 2013 10:36

            ARMINUS Bonjour

            Quand le positionnement philosophique est peu convaincant je m’interroge ?

            L’amour, la passion et autres sentiments ne se laissent piéger par le raisonnement.

            Par gout et par nature, j’ai recours à l’analyse mais n’oublie pas que je connais une foule
            de gens aficionados cultivés et tout à fait respectables.

            J’explique la proximité à la corridas par nos origines communes à l’espèce animale.

            En revanche, j’ai recours à l’imaginaire, au virtuel pour vivre les situations folles,
            ce qui m’offre une plage extrêmement large et fertile pour faire mon bonheur.

            Merci de votre intervention, j’ai la faiblesse quelques fois d’avoir besoin d’être entendu.


          • clostra 9 février 2013 10:01

            Un jour sans doute avec les « nouvelles » technologies pourra-t-on traduire en langage « parlé » les pensées des animaux.

            Cabrel s’y est essayé :

            http://www.youtube.com/watch?v=m1ET6SEtwbc

            Si en effet nous faisions le compte de nos pensées au « langage » mal élaboré, disons, au langage du « ça » qui prend tout au premier degré, réagence les mots à son gré (?), au gré de ce qui fait sens, en effet, il y a de quoi mourir de honte pour une telle mise en scène pour des aficionados de la muerte. Il y a tellement d’autres façons de se cultiver et de transmettre !


            • jack mandon jack mandon 9 février 2013 10:43

              clostra,

              La grande difficulté de communiquer entre humain
              est déjà l’indice qu’une approche animalière généralisante
              prendra du temps pour percer l’unicité.

              Bref, tout dépend de notre attente existentielle.


            • Gollum Gollum 9 février 2013 10:17

              Bien d’accord. Ne pas percevoir la souffrance animale d’abord est pour moi le signe qu’il y a quelque chose qui cloche dans l’âme des amateurs.. Cette simple perception suffit à devenir fermé à l’éventuelle beauté du spectacle, du rite. (Bon perso voir un mec habillé comme un travelo faire son cinéma pseudo viril très peu pour moi..)


              C’est sans doute mon côté bouddhiste car déjà, tout petit, je marchais en regardant par terre afin d’éviter d’écraser malencontreusement une fourmi ou autre habitante du sol.

              Quant à l’aspect économique rien n’empêche de reconvertir tout cela. Autant je ne paierai jamais ma place pour un tel spectacle, autant je serai prêt à faire un tour à cheval dans une réserve avec ce genre d’animal.. Suffit d’avoir de l’imagination.

              Sinon j’ai été sensible à ça : « Le jour où les humains comprendront qu’une pensée sans langage existe chez les animaux, nous mourons de honte de les avoir enfermés dans des zoos et de les avoir humiliés ou massacrés... »

              Celui qui comme moi a eu charge de vie animale n’a pas pu ne pas être frappé par la profonde intelligence, la douceur, la fidélité, bref une vie haute de l’âme spontanée chez nombre d’entre eux. Encore faut-il pour pouvoir l’observer avoir un cœur.

              • lulupipistrelle 9 février 2013 15:15
                 Le jour où les humains comprendront qu’une pensée sans langage existe chez les animaux, nous mourons de honte de les avoir enfermés dans des zoos et de les avoir humiliés ou massacrés... »


                 Non même pas... 

                J’ai bien connu une fille dans ma jeunesse, et je vois sur son blog que ces problèmes ne se sont pas arrangés en vieillissant... 
                Nympho pathétique dans sa jeunesse, elle prend maintenant son pied avec la corrida.
                Elle est devenue la présidente d’un petit club taurin, dans une ville où la tauromachie n’est pas dans la tradition... 


                @ A l’auteur : en outre, elle doit bien compter une quinzaine d’années d’analyse... 

              • lulupipistrelle 9 février 2013 15:55

                Un exemple de sa prose...


                Les deux piques prises en brave par le Palla valaient bien un brindis ; déjà la montera, de

                 mains en mains, dans une chaîne célestophore, montait vers les étagères en direction de

                 l’orchestre auquel T dédiait sa faena. Emue, je songeais à R.M et à sa disparition en début

                 d’année….Après une entame classique, le bicho semblant bien parti pour collaborer,

                 s’élevèrent , d’un signe de R, les premières notes de la musica. Stupeur : au lieu des

                 accents dramatiques et martiaux de « Nerva » ou « La Giralda », le « Concierto de 

                 Aranjuez »débarque en novillada, comme ça, sans prévenir. Le temps d’un demi- sourire 

                 teinté d’ironie, souvenir d’une énième diffusion du morceau aux Championnats d’Europe 

                 de Patinage Artistique, qu’en bas le T…ito vient d’en allonger une parfaitement liée, 

                 templée, maîtrisée à son torito étonnant. La trompette , toute en soie, décline avec retenue 

                la partoche de Joaquin  Rodrigo ; « c’est beau, hein la musique… » me dit G avec un truc 

                 bizarre dans sa voix. Sur le sable, la muleta de T se fait voile, pour la cara d’ « Indefenso » 

                 qui s’en pare au ralenti d’un temple bouleversant ; mes larmes commencent à rouler , 

                incontrôlables, jusque dans mon cou. La pureté du toreo me laisse sans souffle, sublimant 

                 le chant d’une infinie douceur, de l’infinie tristesse de la vie qui s’en va ; R de là-haut, va 

                 bientôt faire jouer « Puerta Grande » pour Indefenso… T l’accompagne, dans ce temps 

                 suspendu, où la main, délicate, sculpte des naturelles de mousseline. Et ces pleurs qui ne 

                s’arrêtent pas…A côté deG, M. aussi s’embue sérieusement, l’arène fait chœur de ses « Ole 

                 » assourdis pour un exodos tragique, scandant l’émouvante interprétation de l’orchestre.

                T… échoue à la mort. 

                En larmes, après s’être retiré d’une vuelta protestée par quelques monolithes imbéciles, il

                 reviendra faire le tour de l’arène à la demande de la Présidence ; je chialais trop pour lui

                 sourire, mais l’applaudis debout bras au ciel. Deux rangs plus bas, un minable, de la race

                 des taurocomptables, sifflait, estimant que six descabellos interdisaient toute forme de

                 reconnaissance. J’ai bien cru que X et Y[ des prénoms féminins, note...] le laisseraient 

                 pour mort à la fin de l’empoignade verbale qui s’en suivit, tant il est vrai que les filles du 

                Club, dans leur passion, ne laissent pas de terrain à l’adversaire quand il n’est pas de

                 verdad.


                J’ai pris le soin de masquer les noms et prénoms , tous masculins sauf X et Y... 


              • jack mandon jack mandon 11 février 2013 11:32

                Pipistrelle,

                La libido, dans sa forme agressive connait de nombreux niveaux d’expression.
                Le niveau animal, prégénital infantile, adulte, socialisé, sublimé, pathologique.
                A l’intérieur même de cette chronologie chacun de nous se promène au grès de
                sa nature, de son caractère, de son évolution.
                Le niveau animal est finalement très sollicité dans le cas de votre ex connaissance.
                Le niveau animal inclus les formes suivantes : Chasse, rapt, besoin de tuer pour
                se nourrir, pour dominer, c’est l’instinct de conservation et de reproduction.
                La culture représente selon moi un vernis qui masque les névroses.
                Rassurez vous, nous sommes tous concernés, pauvres et nantis,
                incultes et cultivés, jeunes et vieux.

                Le cas que vous citez et cohérent, il trouve un sens social à sa destinée.


              • alinea Alinea 9 février 2013 10:58

                Beau papier Jack ; pour une fois qu’on échappe à la haine et aux injures, ça fait du bien.
                Quand chaque homme sera parvenu à un stade de responsabilité et de culture qui ne nie pas la nature, quand nous serons parvenus à l’anarchisme comme évidence, tout cela n’aura plus aucune importance !


                • jack mandon jack mandon 9 février 2013 11:20

                  Alinéa Bonjour,

                  C’est à dire que l’autre est un autre nous même,
                  si je deviens indigeste pour lui...ça me donne des crampes d’estomac.
                  Conclusion, l’empathie est naturelle, neuronale, mieux, amorale.
                  Les moralistes politiques et religieux se sont emparés de cette merveille de la nature.
                  L’empathie a subi des assauts destructeurs, des manipulations « génétiques »
                  Le pire c’est que mon explication fait sourire certains.
                  Elle est simplement scientifique et se vérifie objectivement.

                  Aime ton prochain comme toi même, n’est pas un acte d’amour,
                  c’est un réflexe de survie...même certains théologiens ne comprennent pas ça.


                • brieli67 10 février 2013 17:40

                  ALINEA est vachère, bouvière, élève du bétail FESTIF 



                  Est-ce que vous connaissez Jérôme Lescure et la vidéo qu’il a faite de plusieurs corridas ? Bon, d’accord, vous ne voulez pas dépenser de l’argent pour un sujet que vous connaissez bien, déjà. Alors si vous voulez, vous pouvez aller voir ce site : http://www.agoranimal.fr J’ai trouvé son adresse en faisant des recherches Google sur les mots « défense des animaux », vous devez connaître aussi. En lisant ces pages, peut-être que vous accepterez de reconnaître certaines vérités, moi, j’y ai appris beaucoup et à vrai dire, la corrida, avant, je ne connaissais pas, sauf de manière littéraire. 

                  Comment peut-on la défendre encore de nos jours ?

                • brieli67 11 février 2013 06:16

                  passons à Henri, voulez-vous ?


                • jack mandon jack mandon 9 février 2013 11:01

                  Bonjour Gollum,

                  Le regard bouddhique est naturellement et culturellement culminant.

                  Dans les faits, imaginons un évènement fort, un tremblement de terre par exemple.
                  Des gens vont et viennent dans tous les sens.
                  Certains vivent en acteur un spectacle hallucinant,
                  d’autre fuient repliés sur eux mêmes,
                  d’autres entendent les appels de détresses et offrent leurs services.
                  En clair, dans une situation extrême que ferions nous ?

                  Pour moi la corrida est ressenti comme un cataclysme paralysant.
                  Je me sentirais inhibé et agressé.
                  Si j’analyse en final, je ne suis ni le torero, ni le taureau.
                  Je n’ai donc rien à faire dans cette atmosphère.
                  Je construis mon environnement à ma mesure.

                  A chacun ses codes, son langage et sa sensibilité.


                  • jack mandon jack mandon 9 février 2013 12:47

                    Bonjour fatale,

                    Je me calme un peu après avoir fantasmé sur des jambes de femmes.

                    Là, je suis dans l’imaginaire et ne dérange personne...

                    Vous citez Zola, il avait le mérite du courage,( l’affaire Dreyfus)
                    au point de connaitre l’exclusion, la marginalisation et la mort.
                    Il fut probablement intoxiqué par l’obstruction de la cheminée
                    de son appartement. (vengeance politique)

                    J’ai travaillé sur ce personnage et puis vous assurer que sa libido
                    fonctionnait bien, sa combattivité en atteste par sa puissance.
                    Il n’était pas nécessaire qu’il s’excita dans un spectacle artificiel.

                    Un homme centré, passionné par son travail, amoureux et empathique
                    épouse naturellement le sens de la vie en évitant de se tordre les méninges.
                    Pour les autres, les addictions fleurissent.

                    Pour l’avancement en humanité, je ne partage pas votre enthousiasme.
                    L’homme est égal à lui même depuis le début des temps.
                    La seule variante est la manière, le mode d’expression, mais le fond...

                    La preuve, les jeux violents existent depuis l’origine de l’humanité.
                    La part animale de l’humain est heureusement bien vivante.
                    Au niveau de l’amitié et de l’amour chacun choisit son camp. 

                     


                    • joletaxi 9 février 2013 13:09

                      Paraît qu’il y a une tradition dans un village en Espagne où l’on jette un âne du haut d’un clocher ?

                      il s’agit peut-être d’une démarche scientifique ?

                      par contre ,ici, il s’agit d’un combat noble, entre la bravoure d’un animal et de celle de l’homme ?
                      le tout transcendé par la magnificience du spectacle admirable qui gomme et excuse nos sordides abattoirs ?
                      Heureusement, il y a encore l’abattage rituel, question de ne pas perdre nos racines .

                      Parole d’un vieux gardian :

                      mettez un taureau dans l’arène seul avec la danseuse,il en fera des confettis à tous les coups.
                      Bah, même ; sans la noblesse, cela reste une filière lucrative.


                      • lulupipistrelle 9 février 2013 16:24

                        Pas si noble... le taureau est souvent drogué, et tout le temps mis en conditions défavorables... 


                      • jack mandon jack mandon 11 février 2013 11:38

                        joletaxi,

                        Ainsi tout est possible. Il est vrai que selon les âges et les latitudes
                        les cultures et coutumes fourmillent d’imagination.


                      • COVADONGA722 COVADONGA722 9 février 2013 13:56

                         cinq heures du soir.
                        Il était juste cinq heures du soir.
                        Un enfant apporta le blanc linceul
                        à cinq heures du soir.
                        Le panier de chaux déjà prêt
                        à cinq heures du soir.
                        Et le reste n’était que mort,rien que mort
                        à cinq heures du soir.

                        Le vent chassa la charpie
                        à cinq heures du soir.
                        Et l’oxyde sema cristal et nickel
                        à cinq heures du soir.
                        Déjà luttent la colombe et le léopard
                        à cinq heures du soir.
                        Et la cuisse avec la corne désolée
                        à cinq heures du soir.
                        Le glas commença à sonner
                        à cinq heures du soir.
                        Les cloches d’arsenic et la fumée
                        à cinq heures du soir.
                        Dans les recoins, des groupes de silence
                        à cinq heures du soir.
                        Et le taureau seul, le coeur offert !
                        A cinq heures du soir.
                        Quand vint la sueur de neige
                        à cinq heures du soir,
                        quand l’arène se couvrit d’iode
                        à cinq heures du soir,
                        la mort déposa ses oeufs dans la blessure
                        à cinq heures du soir.
                        A cinq heures du soir.
                        Juste à cinq heures du soir.

                        Un cercueil à roues pour couche
                        à cinq heures du soir.
                        Flûtes et ossements sonnent à ses oreilles
                        à cinq heures du soir.
                        Déjà le taureau mugissait contre son front
                        à cinq heures du soir.
                        La chambre s’irisait d’agonie
                        à cinq heures du soir.
                        Déjà au loin s’approche la gangrène
                        à cinq heures du soir.
                        Trompe d’iris sur l’aine qui verdit
                        à cinq heures du soir.
                        Les plaies brûlaient comme des soleils
                        à cinq heures du soir,
                        et la foule brisait les fenêtres
                        à cinq heures du soir.
                        A cinq heures du soir.
                        Aïe, quelles terribles cinq heures du soir !
                        Il était cinq heures à toutes les horloges.
                        Il était cinq heures à l’ombre du soir !

                        Federico Garcia Lorca :in mémoriam Ignacio Sanchez Mejjias

                        Asinus : ne varietur


                        • COVADONGA722 COVADONGA722 11 février 2013 09:48

                          yep Mr Mandon quelques uns de vos concepts me passent lagement au dessus du cortex.
                          Néanmoins j’ai éprouvé de l’interet à vous lire .La difficultée reside dans la sommation a choisir son camps le camps du mal « les aficionados » dont je ne suis pas outre que j’ai une peur panique de la foule et de la cohue hurlante , j’ai peu de gout pour l’abattage rituel.
                          Mais justement c’est un rituel semblable à des milliers d’autres :circonsision ect...cela procede de l’homme et de la maniere dont il se voit et se conceptualise dans le monde et face à la nature .Est que cela est justifié encore en 2013 pas plus pas moins que d’autre
                          avatar « culturel » de l’engeance homo erectus mon cher ? Alors choisir un camp foutre !!!!!celui
                          des avinés des bodégas ou des biosains atrabilaires hysterique dont je soupconnes certains/et certaines de preferer les betes par haine de soi ou des autres .Choisir quel camps Mr Mandon ?celui du pognon fait sur de la soufrance animale ou celui de connards incultes et sectaires capable de moinsser un poeme de Federico Garcia Lorca !
                          A vous lire de nouveau Mr Mandon ,
                          Asinus : ne varietur


                        • jack mandon jack mandon 11 février 2013 12:00

                          COVADONGA722,

                          Federico Garcia Lorca est sans doute assimilé à un torero ou un taureau
                          dans l’esprit des révoltés du bulbe.
                          Cette poésie souligne répétitivement le caractère tragique de la corrida.
                          Elle martèle dans le soir, par le verbe et le son, la marque d’une souffrance.
                          La culture prend la forme d’un carcan et se prolonge au linceul.
                          La forme est romantique mais aussi ibérique, par la sombre destinée.

                          Pour le cortex, c’est sans doute à cause de la tonsure, vous pouvez
                          envisager des implants. Avec la rudesse de l’hiver et la vie monacale
                          il est inhumain de travailler jusqu’à point d’heure au pupitre.


                        • rocla (haddock) rocla (haddock) 9 février 2013 14:14

                          Bonjour à tous . 


                          Sujet piquant et dorsal . 

                          Seules les personnes capables de se mettre à la place du taureau 
                          pourront compatir au déchirement de constater que l’ animal est un jouet 
                          entre les mains de l’ homme à paillettes .

                          Que ces choses barbares aient eu lieu à une époque où l’ on brûlait des 
                          « sorcières  » on pourrait le concevoir .

                           Quelle différence entre couper une oreille d’ un animal vivant et la main d’ un 
                          homme ? 

                          Bon , le monde avance lentement , il a fallu des millénaires pour que l’ homme
                          retourne sa compagne pour lui faire l’ amour . 

                          C ’est ce jour là qu’ il lui dit  « t’ as d’ beaux yeux , tu sais  » 

                          • jack mandon jack mandon 11 février 2013 12:04

                            Salut capitaine,

                            Une pirouette, un peu de légèreté pour avaler l’amère pilule.
                            et la touche érotique pour nous rappeler que l’amour existe.


                          • joletaxi 9 février 2013 14:38

                            il a fallu des millénaires pour que l’ homme

                            retourne sa compagne pour lui faire l’ amour .

                            mince, j’y avais jamais pensé.
                            et ça marche ?

                            vomigorax, incontournable


                            • rocla (haddock) rocla (haddock) 9 février 2013 17:33

                              à Joletaxi


                              ça marche mais il faut arrêter de tourner 

                            • jack mandon jack mandon 11 février 2013 12:12

                              voilà bien une bonne trilogie de farceurs talentueux.
                              Capitaine, joletaxi, sampiero comedia de l’arte


                            • Montagnais Montagnais 9 février 2013 18:07

                              Bel exercice intellectuel l’Auteur ..


                              Mais, évitant de donner prise aux pourceaux, il aurait suffit de dire aux « aficionado » qu’ils ne sont qu’un tas de proproles qui, pour la beauté finale de la « corrida », devront accepter de se voir couper les bartholins uns à un ( Ah ! Les « belles étrangères » ) , les coui.. Et le cerveau ( Ah ! Les beaux "aficionado .. ) 

                              Mais .. Suis-je bête ..

                              C’est déjà fait.

                              • jack mandon jack mandon 11 février 2013 12:29

                                Bonjour Montagnais,

                                C’est à dire que Cabu le suggère par un dessin qui vaut un long discours.
                                La seule réciprocité, qu’accompagne une égalité vraie entre les protagonistes,
                                peuvent effacer l’injustice.


                              • jack mandon jack mandon 9 février 2013 20:33

                                edelweiss,

                                J’ai l’habitude de rencontrer des edelweiss accrochées au rochers entre 2000 et 3000 m.

                                Fleur mythique en forme d’étoile, c’est l’une des plus célèbres plantes de montagne.

                                Je ne suis pas jardinier mais le fumier n’est pas adéquat à votre développement.


                                • Antoine 9 février 2013 21:07

                                   Les amateurs de corridas ont peut-être des problèmes mentaux mais les anti (zentils) aussi ! Ces derniers ont la conviction que les pro prennent leur pied à la vue de la souffrance alors qu’il en est rien, du moins pour les connaisseurs : leur plaisir réside au contraire dans la beauté et l’élégance du geste et ils détestent une mise à mort laborieuse ou une pique trop appuyée, bref rien à voir avec la bêtise bornée de ceux qui croient savoir.


                                  • jack mandon jack mandon 10 février 2013 00:40

                                    Antoine bonsoir,

                                    Nous avons tous des problèmes mentaux vous avez raison.
                                    mais notre dignité d’homme incline à limiter les vagues...de sang.

                                    En plus les corridas symboliques sont légions et causent des dommages directs
                                    et collatéraux. Exemple la corrida du pouvoir qui a pour torero la finance.
                                    La finance un adversaire aux multiples têtes à l’image de L’Hydre de Lerne
                                    décrite au temps d’Héracles comme un monstre possédant plusieurs têtes,
                                    dont une immortelle.
                                    Ses têtes se régénéraient doublement lorsqu’elles étaient tranchées.

                                    Autour de lui, aujourd’hui des hommes insignifiants, multitude grouillante,
                                    l’humanité qui souffre.

                                    Ce combat planétaire dantesque est inégal et complètement fou.


                                  • Antoine 10 février 2013 01:53

                                     Comme quoi, j’étais très en dessous de la vérité...


                                  • Gollum Gollum 10 février 2013 09:47

                                     Les amateurs de corridas ont peut-être des problèmes mentaux mais les anti (zentils) aussi ! Ces derniers ont la conviction que les pro prennent leur pied à la vue de la souffrance alors qu’il en est rien, du moins pour les connaisseurs : 


                                    Encore heureux ! On n’a jamais prétendu le contraire..

                                    leur plaisir réside au contraire dans la beauté et l’élégance du geste et ils détestent une mise à mort laborieuse ou une pique trop appuyée, bref rien à voir avec la bêtise bornée de ceux qui croient savoir.

                                    Ben au lieu de mettre le primat sur l’élégance du geste vous pourriez mettre le primat sur la souffrance animale.. vous verrez dans ce cas tout change, on n’a pas du tout le même point de vue et vous passerez à autre chose... la pétanque par exemple, là aussi il y a élégance du geste.. smiley

                                    Quant à la détestation de la mort laborieuse je conçois que cela doit mettre une petite dose de culpabilité quelque part, c’est évident.. 

                                    Les maffieux aussi quand ils tirent une balle dans la tête de quelqu’un ils préfèrent que cela soit fait proprement.. Ce ne sont pas des sauvages après tout. smiley

                                  • Antoine 10 février 2013 15:28

                                     Vous avez bien commencé, pourquoi ne pas s’émouvoir de la souffrance de l’animal (qui d’ailleurs disparaitrait sans corrida), encore qu’elle soit difficile à mesurer dans le cadre d’un combat (vous devez aussi vider vos glandes lacrymales à la vue d’un ring de boxe...). Et patatras, vous replongez dans l’ignorance épaisse avec la supposée culpabilité lors d’une mise à mort laborieuse : simplement elle rompt le charme esthétique d’une faena réussie et si ce n’est pas le cas les spectateurs signifient au matador de retourner au vestiaire. En bref, ce qui m’énerve, c’est l’accusation stupide de pur sadisme de l’amateur supposé assoiffé de sang...


                                  • brieli67 10 février 2013 18:10

                                    En fin d’été, l’astrologue Alinea « jungienne » ( se dit elle en autodidacte) 

                                    cow-girlie (cowgar -cougar ) nous a fait des échos de sa manade 

                                    les banderilles ....oh dit-elle c’est comme des égratignures 


                                    ELLE EN-SAIGNAIT


                                  • Prudence Gayant Prudence Gayant 9 février 2013 23:50

                                    Ils applaudissent devant la douleur du taureau mais le maudissent quand l’homme reçoit un coup de corne mérité. 

                                     


                                    • hopeless 10 février 2013 00:28

                                      Je crois que c’est plus subtil que ça, ces gens ont d’abord une fascination morbide pour la vue du sang qui coule et pour la mort, celle des autres bien sûr. Aussi, lorsque c’est le torero qui se fait embrocher, c’est encore plus excitant parce que beaucoup plus rare, mais chut, c’est un secret, personne ne doit savoir ! 

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