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La tripartition de l’âme dans la pensée de Platon & le mythe de la Triforce dans The Legend of Zelda

Tandis que Platon s’interroge, au livre IV de La République, sur les différents caractères que présentent les hommes et sur les métiers à leur attribuer afin que les tâches soient harmonieusement réparties au sein de la Cité, il en vient à dresser un parallèle entre l’organisation politique des hommes dans une société et l’organisation vivante d’une âme dans un individu. Aux yeux de Platon, en effet, trois sortes de caractères se distinguent principalement, chaque sorte conférant aux gens des talents particuliers :

  • Il y a d’abord les hommes chez qui prédomine l’appétit, qui se montrent capables de beaucoup de dextérité pour satisfaire leurs envies et parvenir à leurs fins ; c’est pourquoi ils font de bons commerçants, aptes à enrichir la Cité ; c’est donc à eux que doit revenir la gestion des affaires économiques.
  • Il y a ensuite les hommes chez qui prédomine la raison, qui se montrent capables de mesure et de sagesse ; c’est pourquoi ils font de bons dirigeants, soucieux de l’ordre, et sont aptes à le maintenir dans la Cité ; c’est donc à eux que doit revenir la gestion des affaires politiques.
  • Il y a enfin les hommes chez qui prédomine la volonté, qui se montrent capables de bravoure mais aussi parfois de colère lorsque cela s’avère nécessaire à leur tâche ; c’est pourquoi ils font de bons guerriers et sont aptes à protéger la Cité ; c’est donc à eux que doit revenir la gestion des affaires militaires.

Mais les trois caractères que forment ces trois sortes de prédominances révèlent en fait, plus profondément, trois facultés, trois principes – ou, pourrait-on dire plus simplement, trois forces – qui coexistent dans l’âme de tout individu, et dont la répartition varie pour chacun :

  • L’epithumia – mot grec signifiant désir, convoitise – qui est la part désirante de l’âme, siège de l’appétit, des passions et des affects : c’est l’epithumia qui irrigue l’âme, qui lui fournit sa force vitale. Elle peut être associée à la chair[1].
  • Le logistikon – mot grec signifiant raison – qui est la part rationnelle de l’âme, siège de l’intellect, capable d’accéder aux Idées : c’est le logistikon qui régule l’âme, qui lui donne l’ordre et la sagesse ; c’est aussi la part immortelle de l’âme, puisqu’il fréquente les Idées qui sont elles-mêmes éternelles. Il peut être associé à l’esprit.
  • Le thumos – mot grec signifiant souffle, sang – qui est la part irascible de l’âme, siège de la volonté et du courage : c’est le thumos qui maintient l’équilibre entre l’epithumia et le logistikon, et qui, ce faisant, préserve l’âme. Il peut être associé au cœur.

Il pourra donc, dans toute âme, y avoir prédominance de l’une ou de l’autre de ces trois composantes : l’âme sera alors forte et animée si c’est l’epithumia qui domine, sage et posée s’il s’agit du logistikon, ou bien enfin solide et déterminée s’il s’agit du thumos. Mais, précisera Platon, jamais cette prédominance ne doit être excessive : car si l’une des composantes devient trop forte – ou les autres trop faibles, au point de se laisser écraser – alors l’âme entre en déséquilibre. Or, l’équilibre, dans la pensée platonicienne, n’est rien moins que le Bien. Car c’est de l’équilibre que naît toute harmonie : de l’équilibre des formes que naît la beauté, de l’équilibre des activités humaines que naît la prospérité, de l’équilibre des lois que naît la justice… et même de l’équilibre entre deux âmes, vouées l’une à l’autre, que naît la plénitude amoureuse[2]. C’est que l’équilibre, quel qu’il soit, rappelle à notre âme la tranquillité et l’éternité de l’Intelligible – ce monde immatériel où elle reposait, avant que nous ne naissions et n’ayons à vivre incarnés dans le monde sensible que nous connaissons depuis.

Or, si le déséquilibre s’installe dans l’âme, c’est à l’epithumia qu’il est dû le plus souvent : c’est lorsque la chair cesse d’être contenue que l’appétit devient démesuré, que les passions deviennent tyranniques… alors la chair se met à agir de façon déraisonnable et destructrice, et l’esprit y assiste, impuissant. Mais réciproquement, si l’epithumia faiblit à l’excès, l’âme se vide de ses forces et dépérit : que peut l’esprit dans une chair à l’agonie ? C’est pourquoi le thumos joue un rôle central dans la préservation de l’âme, quelque part à mi-chemin entre l’epithumia et le logistikon : c’est le cœur, en effet, qui assure cette tâche d’intermédiaire. C’est au cœur que revient – tel au guerrier, tel à l’élu des dieux – de veiller à l’équilibre : réprimer la chair au profit de l’esprit quand le désordre menace et que l’âme se met à céder ; lui redonner courage, au contraire, quand la chair faiblit.

L’un des mérites de cette conception est l’alternative qu’elle propose aux métaphysiques manichéennes : le bien ou le mal, tels que peut en parler un platonicien, ne seront jamais des entités concrètes et substantielles, qui existeraient ou agiraient en tant que telles. Il ne se dit pas chez Platon, par exemple, que la raison serait bonne et le désir mauvais, ni que l’esprit serait pur et la chair impure. Sa pensée n’est pas de ces pensées austères et tristes : le bien, c’est l’harmonie lumineuse et épanouie, qui n’exclut rien mais où chaque composante assume sa fonction et garde sa juste mesure. Il en va ainsi de toute chose, tel qu’il en va de l’âme.

La chair sans l’esprit dégénère.

L’esprit sans la chair dépérit.

C’est au cœur d’assurer l’équilibre.

Il suffit alors de glisser dans le rôle de la chair le féroce Ganondorf, dans celui de l’esprit la sage Zelda et dans celui du cœur le valeureux Link, et l’on réalisera sans peine que tout l’enjeu des jeux The Legend of Zelda prend racine dans une conception platonicienne de l’harmonie : comme équilibre tripartite. Qu’est-ce, après tout, que la quête du joueur selon la formule la plus habituelle d’un Zelda ? empêcher que le monde d’Hyrule ne sombre dans le chaos, suite au soulèvement du seigneur Ganondorf contre la princesse Zelda – de l’exacte façon dont le cœur, chez Platon, peut être amené à empêcher l’âme de sombrer dans le chaos quand les passions de la chair se soulèvent contre l’esprit.

Mais le rapprochement serait faible et décevant s’il ne tenait qu’à cela. Plus que l’objet de la quête – restaurer l’harmonie – et même plus que la tripartition des personnages en présence, c’est l’univers des Zelda dans son ensemble qui mérite d’être observé comme une illustration poétique et fabuleuse de la pensée platonicienne : de ses racines jusqu’à quelques uns de ses plus infimes et plus ravissants détails. Le parallèle, à vrai dire, ne devient tout à fait frappant que lorsque l’on commence à examiner la proximité entre la tripartition platonicienne et le mythe de la Triforce : l’univers de Zelda développe à travers ses différents opus une religion fictive, la religion hylienne, dont il propose l’histoire et la mythologie. Et cette mythologie, selon laquelle le monde aurait été créé par trois déesses – elles-mêmes issues d’une unique déesse originelle, nommée Hylia – fixe trois principes, régissant toute chose terrestre : la force, la sagesse et le courage.

Ce qui, chez Platon, n’était qu’une conception de l’harmonie dans les choses humaines, devient alors celle d’une harmonie bien plus vaste : une conception de l’ordre universel, de l’ordre en toute chose, ainsi que le fondement d’un mythe cosmogonique[3] :

« Avant que ne fût le temps, avant que ne naquissent les esprits et la vie, trois déesses d’or et de lumière descendirent sur l’amas chaotique qu’était alors Hyrule. Din, déesse de la force ; Nayru, déesse de la sagesse ; Farore, déesse du courage.

Din, à la force de ses bras enflammés, pétrit le sol et y fit la terre, rouge et fertile. Nayru recouvrit la terre de sa sagesse, donnant au monde l’ordre et l’esprit de la loi. Farore, de la richesse de son âme, engendra toutes les formes de vie issues de l’ordre et de la loi.

Leur œuvre accomplie, les trois grandes déesses s’en retournèrent vers les cieux. Et trois triangles d’or sacrés demeurèrent à l’endroit où elles avaient quitté le monde. Alors, ces triangles sacrés devinrent l’essence de la providence terrestre. Et le lieu où ils reposaient devint le Royaume sacré d’Hyrule. »

La Création d’Hyrule, The Legend of Zelda : Ocarina of time (1998).

Il est par ailleurs intéressant de remarquer que ces trois déesses – et, à travers elles, les trois facultés qu’elles symbolisent – sont associées par un certain nombre de pouvoirs aux trois personnages principaux (qui sont chacun l’élu d’une d’entre elles) ainsi qu’à une série d’attributs respectifs qui, de façon imagée, tâchent chaque fois d’en restituer l’essence :

  • La force – dont la déesse est Din, et l’élu, le seigneur Ganondorf – est représentée par le feu ainsi que par la couleur rouge, synonymes de chaleur et de fertilité, mais tout aussi possiblement synonymes de dureté et de destruction. Le brun profond de la terre ou le gris sombre de la pierre en complètent la palette, ainsi que l’ocre de l’airain, du vieux fer, du bronze et du cuivre – métaux que Platon associait déjà à l’epithumia, et que porte Ganondorf à son armure ou en couronne, ornés d’ambres. Quant aux armes et sortilèges pouvant être acquis dans les terres de Din, ils compteront notamment bombes, masses, embrasement, résistance aux grandes chaleurs, etc. Les thèmes musicaux s’appuieront le plus souvent sur des rythmes tribaux, qu’ils soient solennels ou dansants, suggérant des cérémonials anciens – à base de percussions de timbales ou d’instruments traditionnels, voire parfois de lourdes percussions métalliques, épaissies par des cuivres profonds ou des chants graves[4]. Autant de couleurs, autant d’objets, de tonalités et de textures qui, chaque fois, évoqueront le flamboiement, la pesanteur, les heurts sourds ou la puissance grondante et souterraine des éléments.
  • La sagesse – dont la déesse est Nayru, et l’élue, la princesse Zelda – est représentée par l’eau ou la glace, ainsi que par la couleur bleue, synonymes de paix et d’ordre, mais tout aussi possiblement synonymes de fragilité et de faiblesse. À quoi viendront s’ajouter le blanc des neiges ou l’or des étendues de sables désertiques – or que Platon associait de même au logistikon, et que Zelda revêt en parures ou en diadème, ornés de saphirs. Les armes et sortilèges pouvant être acquis sur les terre de Nayru allieront entre autres arcs, miroirs, insectes espions, possession mentale d’objets ou de statues inanimées, champs de force protecteurs, etc. L’ensemble s’accompagnera de mélodies éthérées empreintes de mélancolie, où la suavité de la lyre et celle des chants se mêleront au ruissellement de l’eau ou à la triste caresse du vent, aux tintements délicats, au lointain, à l’écho[5]… Tout ce qui, cette fois, saura suggérer la légèreté, la langueur, l’immatérialité et le mystère.
  • Le courage – dont la déesse est Farore, et l’élu, le jeune Link – est représenté par la végétation ainsi que par la couleur verte, synonymes d’épanouissement, de luxuriance et de vie : c’est-à-dire synonymes d’un équilibre harmonieux. Le brun du bois ou celui du cuir s’y ajouteront, ainsi que le gris clair de l’argent – que Platon associait enfin au thumos, et dont l’attirail de Link est en grande partie constitué. Les armes et sortilèges acquis sur les terres de Farore associeront lance-pierre, bâtons, noix, danses et airs sacrés, téléportations, invocations d’esprits sylvains, etc. La clarinette, la flûte ou le hautbois y côtoieront le timbre bougon du basson, tour à tour pataud puis profond, le murmure frémissant des sistres, le tintement moqueur des grelots[6]… Tant d’harmonies, de tessitures et de lumières, qui toutes évoqueront la vitalité, la tiédeur, le fourmillement et le verdoiement.

Que l’on puisse légitimement voir en Din une figuration de la chair, en Nayru une figuration de l’esprit, et en Farore une figuration du cœur, cela devient presque tout à fait évident sitôt que l’on considère les symboliques et les atmosphères rattachées à chacune d’elles : comme chez Platon, la chair est la force souterraine qui gronde, le terreau des affects et la source de toute chaleur ; l’esprit est la demeure de l’ordre et de la sagesse, l’entité éternelle et paisible flottant dans la clarté des hauteurs froides ; le cœur enfin est le siège de la volonté et du courage, le lieu luxuriant et tumultueux, où se compose l’équilibre et où germe la vie.

Comme chez Platon, qui faisait du logistikon l’instance la plus haute et la part immortelle de l’âme – puisqu’elle seule fréquente l’éternité du monde intelligible – de même il se dessine chez Nayru un lien particulier avec Hylia, la déesse mère de toute chose : dans Skyward Sword, notamment, il apparaîtra de façon claire que la déesse de la sagesse est la plus proche de la grande déesse, puisque c’est en Zelda qu’Hylia choisit de s’incarner sous une forme humaine mortelle, avant que celle-ci ne devienne par la suite l’élue de Nayru.

Comme chez Platon, encore, qui souligne néanmoins le caractère premier, indispensable, de l’epithumia – puisque la chair est le support fondamental de toute vie – de même l’on peut constater que Din confère à son élu une persistance particulière : il n’aura pas échappé aux joueurs les plus aguerris que Zelda et Link se réincarnent d’un jeu à l’autre, alors que Ganondorf traverse les âges et demeure ; comme si son existence, même redoutable, était inhérente à ce qu’un monde soit seulement possible.

Comme chez Platon, enfin, qui décrivait dans le thumos l’instance la plus volontaire et la plus décisive de l’âme, de même ce n’est nul autre que Link – l’élu de Farore – que le jeu place entre nos mains : car il serait vain de mouvoir Zelda ou Ganondorf, puisque l’enjeu est de rétablir entre eux un équilibre intermédiaire, en empêchant que l’une ne soit destituée par l’autre. Identiquement, pour l’âme : notre raison ou nos affects nous constituent, mais c’est bien dans notre cœur, notre volonté, que se forment nos décisions et nos actes. La raison – Zelda – est l’entité vulnérable qui se doit d’être protégée ; mais aussi celle, sublime, secrète, qui nous éclaire et nous guide. L’affect – Ganondorf – est l’antagoniste dangereux que l’on doit contenir ; mais celui aussi qui ne peut ni ne doit jamais disparaître radicalement.

Ces aspects sont les plus métaphysiques, ceux qui jettent entre The Legend of Zelda et la pensée platonicienne les passerelles les plus essentielles et les plus profondes. Mais il serait dommage d’en rester à un propos trop abstrait, sans revenir à la simplicité toute pure de ce que Zelda comme Platon nous enseignent : l’harmonie que nous avons à trouver en nous, entre l’eau et le feu, la sagesse et la force, l’esprit et la chair… La nature elle-même, au-delà de nous, s’épanouit sur cet équilibre. Tout, jusqu’à la géographie du Royaume d’Hyrule, en illustre l’idée. Trois grandes terres sont dédiées aux trois déesses : Ordinn, où trône un volcan, terre dédiée à Din ; Lanelle, où reposent un désert de sable, une rivière et des pics enneigés, terre dédiée à Nayru ; Firone, qui est une vaste forêt, terre dédiée à Farore. Et la symbolique devient d’une beauté plus subtile, plus saisissante encore, si l’on considère que la grande rivière Zora – qui irrigue tout le Royaume d’Hyrule et y apporte la vie – prend sa source à l’endroit où se rencontrent les hauts glaciers de Lanelle et la chaleur du volcan d’Ordinn.

La vie naissant là où la chair et l’esprit s’embrassent…

Quelle image plus parlante pourrait illustrer la notion d’harmonie ?

Un dernier regard qu’il serait amusant de jeter sur cet univers, porterait assurément sur ses créatures et ses peuplades. Outre la créativité merveilleuse qui s’y trouve, rien – une fois de plus – n’est déployé au hasard : dans chaque contrée défile tout un cortège de grands et de petits êtres, affreux, adorables ou agaçants, dont l’esthétique et les caractères parachèvent le sens des emblèmes et des ambiances. Certains de ces êtres figureront les bienfaits respectifs de la force, de la sagesse ou du courage sous leur forme modérée ; d’autres en incarneront au contraire les dérives et les excès. Et toujours une intention pourra s’y lire.

Ordinn, en période de paix, est une terre vive, accueillante, où florissent les travaux, les affaires, l’artisanat et les fêtes[7]. La population humaine – les Hyliens – y côtoie celle des Gorons, de gros bonshommes de pierre, trapus et intimidants, avec qui ils commercent. (Et il sera drôle de rappeler à ce propos que Platon faisait de l’epithumia la prédisposition naturelle des marchands.) D’un tempérament simple, parfois méfiant ou renfrogné au premier abord, les Gorons se révèlent vite le peuple le plus joyeux d’Hyrule, et sans doute l’un des plus attachants. Lourdauds mais affectueux, et surtout loyaux, ils montreront entre autres un goût particulier pour les combats de lutte, les roulés-boulés et les sources chaudes, où ils aiment à barboter paisiblement[8]. En période de déséquilibre, néanmoins, le volcan qui les abrite tend à entrer en éruption, semant la désolation à la surface d’Ordinn : la terre se fend et s’embrase, des créatures de feu se mettent à pulluler… et les Gorons eux-mêmes, devenant farouches ou craintifs, retournent à leurs galeries souterraines dans la montagne afin d’y demeurer reclus jusqu’à ce que la tranquillité revienne. Présents à toute époque, on apprendra dans Skyward Sword l’existence des Gorons dès les tout premiers âges d’Hyrule, faisant d’eux l’un des peuples les plus anciens et les plus persistants qui s’y rencontreront – en quoi l’on pourra voir, ici encore, une traduction du caractère premier de l’epithumia.

Qu’en retenir ? Que la chair peut tout engloutir lorsqu’on la laisse tomber dans la voracité et la démesure, mais qu’il serait absurde pourtant de la haïr : car c’est d’elle que proviennent la chaleur, la vie et la joie.

Lanelle, dans ses environs les plus prospères, est une terre calme et recueillie. Les vastes plaines d’herbe tendre qui la recouvraient aux commencements d’Hyrule ayant, avec les siècles, cédé place à un interminable désert de sable, il s’agit de celle des trois contrées qui apparaîtra la moins peuplée. Les anciennes plaines étaient habitées par de petits robots grégaires et organisés, qui passaient leur temps à construire des chemins de fer mais disparurent avant d’avoir fini leur œuvre. Bien que quelques ruines seulement aient demeuré de leur civilisation, des chronolites (pierres magiques ayant le pouvoir de ranimer le passé) les ramèneront brièvement à la vie, offrant le spectacle émouvant et sublime de bulles de lumière frayant au milieu des dunes des chemins de prés verts, de mer et de coraux multicolores. Bien plus tard, les sables – presque morts – ne laisseront subsister que quelques oiseaux, des insectes… puis viendra une civilisation de femmes guerrières, les Gerudos, qui, après une brève apogée, déclineront et disparaîtront à leur tour[9].

C’est au creux des roches solitaires, finalement, sous les neiges éternelles et dans les eaux froides des hauteurs, qu’il faudra s’aventurer pour rencontrer un autre peuple millénaire : celui des Zoras. D’un naturel délicat et intelligent, quoique quelquefois arrogant, ces créatures aquatiques – dont l’apparence deviendra de plus en plus humaine au fil des ères successives – habitent la grande rivière d’Hyrule qui porte leur nom. Des contrebas, dans les profondeurs du Lac Hylia, jusqu’à sa source où trône leur domaine finement ouvragé et où siègent leurs rois, les Zoras mènent une existence pacifique, d’après un ordre social précis et hiérarchisé. Parfois méfiants à l’égard des hommes, ils se montreront fragiles et désœuvrés en l’absence de leur souverain, mais doux et rassurants dans leur état habituel. En période de déséquilibre, toutefois, le froid des hauts glaciers tendra à se répandre et à s’installer, ne laissant plus à Lanelle que l’aspect d’une terre morne et désincarnée : le blizzard viendra gémir sur les crêtes, laissant les Zoras de la source prisonniers des glaces ; des vents de tempête se lèveront sur le désert, le rendant presque impraticable ; et seules demeureront, çà et là, quelques créatures gelées et hostiles, quelques revenants ou les fossiles de machines antiques.

Quel amoureux de Zelda n’a pas éprouvé, sur les hauteurs des Pics Blancs ou dans les ruines des Gerudos, ce sentiment étrange mêlé de tristesse et d’enchantement ? Quand un bruissement vient à nous, qui semble traverser le temps – tout juste perceptible, là, vacillant dans l’air figé : comme si une vie lointaine, à l’extrême limite de l’absence, revenait d’un autrefois pour nous murmurer son souvenir… La mélancolie même.

Qu’en retenir, cette fois ? Que l’esprit recèle des beautés invraisemblables, mais qu’il serait irréel pourtant de vouloir s’y abandonner : car l’esprit seul est d’un chagrin empoisonné.

Firone, enfin, est – dans ses secteurs habités, du moins – une terre suave, empreinte de drôlerie et de magie. Une quantité de petits êtres et d’esprits sylvestres s’y côtoient, cohabitant avec plus ou moins de bonne volonté : braves et aventuriers pour les uns, ronchons et trouillards pour d’autres. Mais tous se montrent sensibles à l’équilibre d’Hyrule, la forêt semblant elle-même tributaire de ses aléas – ainsi, en période d’instabilité, celle-ci se corrompt et fane : les arbres tombent malades, des plantes carnivores et autres animaux venimeux se mettent à proliférer, les clairières se recouvrent d’émanations toxiques… et l’air même paraît alors terne, épais. L’animation claire et colorée qui y règne d’ordinaire tourne à la bestialité, faisant de Firone une contrée dangereuse, grouillante et sauvage. Cependant, plus qu’ailleurs encore, les êtres qui s’y trouvent tiennent à la prospérité de leur écosystème et se montreront investis dans sa protection : on pensera notamment aux Tikwis de Skyward Sword, de frêles boules de poils au dos camouflé sous les herbes et les bourgeons, qui, pour le bien de la forêt, vaincront à quelques reprises leur naturel maladivement peureux ; aux singes de Twilight Princess, qui face au temple de la forêt s’avèreront d’une aide indispensable… puis, surtout, aux Korogus de Wind Waker, ces minuscules êtres feuillus prêts à traverser un océan pour replanter des arbres, et à Dumoria, le plus vaillant d’entre eux : un violoncelliste miniature jouant sa musique sur une brindille et qui, entre deux airs, prêtera main forte à Link pour reconquérir le temple du vent… Viendront encore les Mojos, de petits vauriens cracheurs de noix ; les Skull Kids, des sylvains espiègles jouant de la flûte sur les souches ou disparaissant dans un tourbillon de feuilles mortes ; les Kokiris, une communauté d’enfants à l’apparence humaine, ne grandissant pas et vivant sous la tutelle d’un vieil arbre sacré…

Tantôt facétieuse et chatoyante, tantôt obscure ou inquiétante – mais toujours riche, et belle, et surprenante – Firone, au fond, ne dépeindra que l’ambivalence de Farore face à sœurs… l’ambivalence même du cœur ; puisque tel est le cœur : se tenant là, quelque part entre la force de la chair et la sagesse de l’esprit, cherchant l’harmonie intermédiaire – sombre, rude et farouche lorsque celle-ci lui manque ; vif, brave et généreux lorsqu’il la trouve.

Qu’en retenir, une dernière fois ? Que dans ces jours trop rares où notre cœur nous paraît suave et limpide comme pourrait l’être Firone au matin, alors, sans doute, nous touchons du doigt quelque chose de semblable à ce qu’un platonicien appellerait « le bien pur ».


[1] Platon associe l’epithumia au ventre – c’est-à-dire aux entrailles, symbole des forces fondamentales de la chair.

[2] C’est là l’idée célèbre des “âmes sœurs”, qu’expose le mythe d’Aristophane dans Le Banquet.

[3] Un mythe cosmogonique est un mythe relatant la Création de l’univers.

[4] On songera aux thèmes musicaux de la Montagne de la Mort, des Mines Goron ou des divers temples du feu.

[5] On songera aux thèmes musicaux du domaine Zora, des Pics Blancs ou – dans des tonalités plus orientales mais tout aussi mélancoliques – ceux du Désert de Lanelle, des divers temples du temps, de la lumière ou de l’esprit.

[6] On songera cette fois-ci à l’ensemble des thèmes musicaux liés à la Forêt de Firone.

[7] Qu’il s’agisse de la Citadelle d’Hyrule ou du Village Cocorico, au pied du volcan.

[8] En ce qui concerne les activités commerçantes des Gorons ou leurs divers passe-temps, on se réfèrera surtout à Ocarina of time et à Twilight Princess.

[9] On pourra d’ailleurs relever une interversion intéressante en ceci que Ganondorf est un enfant du peuple Gerudo, issu de Lanelle, tandis que Zelda est une Hylienne, issue d’Ordinn. Comme si l’un et l’autre venaient compenser une absence… ou comme si Din et Nayru s’appelaient mutuellement, à travers eux.

 


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33 réactions à cet article    


  • Laconique Laconique 20 janvier 2014 12:49

    Merci pour cet article, ça fait du bien de lire autre chose que Hollande-Gayet !


    • Gollum Gollum 20 janvier 2014 13:00

      Très bon texte. Qui en effet nous change des thématiques du moment…


      Cette tripartition de l’homme est quasi universelle. On la retrouve en Chine avec les trois étages : Terre, Homme, Ciel, l’Homme étant médiateur entre la Terre et le Ciel.

      Les 3 Gunas hindous : Tamas, Rajas, Sattwa.

      Dans le Sepher Yetzirah : les Eaux opposées au Feu, l’Air jouant le rôle d’étage intermédiaire.

      Même dans la pensée moderne cela a été repris dans la logique tripolaire de Stéphane Lupasco.

      On peut noter ici qu’Abellio reprend tout ceci et accorde à l’étage intermédiaire une structure quaternaire, ce qui, avec le Centre rétablit la primauté du nombre 7, nombre qui exprime la structure complète par excellence..

      Il est bien dommage qu’il n’y ait pas plus de travaux sur cet aspect des choses, car on a là un aspect fondamental de la connaissance.

      Qui devrait intéresser mathématiciens et logiciens.

      • Alexis Dayon Alexis Dayon 20 janvier 2014 14:16

        Merci pour le compliment, et surtout merci pour votre apport. smiley


        L’intermédiaire que constitue l’Homme entre la Terre et le Ciel dans la tradition spirituelle chinoise ou la juste balance du Sattva hindou (au même titre que la mesure yin-yang dans le taijitu), il est vrai, constituent autant d’exemples très parlants de ce que cette conception tripartite de l’équilibre a d’universel.

        S’en laisser imprégner me paraît un moyen privilégié de tendre vers une vie spirituelle apaisée, en ce que ces conceptions sont non-excluantes : là où les bipartitions ne mettent en présence que deux entités en lutte, la tripartition offre le moyen-terme permettant de dire, non plus : « ceci doit être anéanti au profit de cela », mais : « toute chose a sa place ».

      • Gollum Gollum 20 janvier 2014 16:02

        ces conceptions sont non-excluantes : là où les bipartitions ne mettent en présence que deux entités en lutte, la tripartition offre le moyen-terme permettant de dire, non plus : « ceci doit être anéanti au profit de cela », mais : « toute chose a sa place ».


        Tout à fait ! Ce genre de logique est le remède à notre logique occidentale héritée d’Aristote et qui provoque des oppositions tranchées, stériles, ennemies..

        Opposition entre la chair et l’esprit. Ce fut la lutte des christianismes, l’esprit devant vaincre la chair (d’ailleurs l’Église abandonna la triplicité de l’homme pour lui substituer la dualité corps/esprit, ce dernier terme regroupant à lui seul, l’âme et l’esprit). 

        L’opposition entre la « vraie » foi et les fausses qu’il fallait éradiquer à grand renfort de fagots de bois..

        Opposition entre la nature et l’homme, celui-ci devant la soumettre, la vaincre.. La logique capitaliste de prédation de la nature vient de là.

        Opposition entre la gauche et la droite en politique. 

        Cette logique binaire trouva son apothéose ultime dans la dialectique marxiste bipolaire, instrument soi-disant d’explication des ressorts cachés de l’Histoire, mais qui est en fait un outil de manipulation au profit d’une classe et au détriment d’une autre. Logique diabolique de guerre et de diabolisation de l’ennemi : d’où camps de rééducation et autres joyeusetés propres à l’univers marxiste, et qui vient en fait, de très, très loin…


      • Alexis Dayon Alexis Dayon 20 janvier 2014 17:02

        Ah, mais la mise en application concrète, c’est que l’idée marxiste doit au même titre que l’idée libérale être conçue comme une composante ayant sa place ! smiley Les formes folles que sont le totalitarisme soviétique ou la déshumanisation capitaliste sont des fourvoiements de l’idée socialiste ou de l’idée libérale croyant devoir rejeter leur pendant hors du réel pour pouvoir triompher. 


        J’ai toujours trouvé presque émouvant, par contraste, de regarder à quel point à leurs balbutiements, l’idée socialiste telle que chez Rousseau et l’idée libérale telle que chez Locke étaient sœurs l’une de l’autre : notamment dans leur affirmation de la dignité du travail comme fondement de toute propriété légitime.

        La dialectique de Marx n’était pas la caricature que le temps en a fait. Le marxisme dont vous parlez me fait penser beaucoup à ce que Sartre appelait avec humour et moquerie le « marxisme fossilisé » : celui du bureaucrate qui, « s’il voulait construire un métro et que le sous-sol ne le permettait pas, décrétait que ce sous-sol était contre-révolutionnaire ». La fameuse dérive de l’idéalisme idéologique qui veut imposer son idée au réel et qui, si le réel ne lui répond pas favorablement, préfère balancer ce réel au goulag que de chercher à comprendre pourquoi il n’a pas répondu.

        Sartre explique très bien, je trouve, dans Questions de méthode (qui est un opuscule assez court et plutôt accessible), pourquoi cette dérive nie fondamentalement l’esprit et la lettre de Marx - lequel est indéniablement un grand auteur, caractérisé par une finesse que peu de gens lui reconnaissent, et devant lequel je me suis de nombreuses fois senti vraiment minuscule.

        Ça me rappelle que souvent, quand certains reprennent le mot de Marx sur la religion (comme pour souligner sa rudesse ou son inaptitude à la nuance), ce fameux : « opium du peuple » dans la Critique de la philosophie du droit de Hegel, j’aime à redire qu’il y avait deux lignes avant celle-ci, deux très belles lignes dont personne ne se souvient jamais : « La religion est le soupir de la créature tourmentée, l’âme d’un monde sans cœur, de même qu’elle est l’esprit de situations dépourvues d’esprit. » 

      • herbe herbe 20 janvier 2014 20:47

        Merci pour la qualité de l’article (auteur) et des commentaires (commentateurs)

        Comme le dit Gollum, il y aurait une sacrée piste d’études !

      • Alexis Dayon Alexis Dayon 20 janvier 2014 21:05

        Merci, Herbe !


      • Gollum Gollum 21 janvier 2014 09:20

        c’est que l’idée marxiste doit au même titre que l’idée libérale être conçue comme une composante ayant sa place ! 


        Bien d’accord là-dessus. Pour le reste du post je ne suis pas un expert en ce qui concerne Marx et Sartre mais je considère qu’il n’y a pas de fumée sans feu.

        Bref, je ne crois pas à ce que l’on me dit quand certains prétendent que les applications pratiques du marxisme ne sont pas le vrai marxisme et que l’URSS n’avait rien à voir avec le communisme.

        Je pense qu’il y a filiation profonde au contraire et que cette dualité dialectique, cet outil de pensée dialectique, y est pour beaucoup. Du reste la pensée militante communiste ne veut pas composer avec la bourgeoisie, elle veut l’éradiquer.. Il n’y a là aucune tolérance, aucun souci de compréhension mais bien acte de guerre. C’est pas pour rien que les marxistes (enfin les meneurs marxistes) ont toujours le mot action (en opposition avec la capacité de réflexion et en liaison avec la notion de masse qu’il s’agit d’orienter) à la bouche et qu’ils abusent du poing levé…

        Et je prétends que cette logique d’exclusion nous vient d’Aristote, reprise par le monde chrétien, la bourgeoisie ayant remplacé chez les marxistes les hérétiques du monde chrétien..

        Si l’on admet d’autre part que cette logique binaire est d’essence matérialiste (d’où son apothéose dans le marxisme) il faut en déduire que le monde chrétien était vérolé de l’intérieur par une logique matérialiste et non pas spiritualiste (celle-ci étant la logique chinoise) et que donc le christianisme officiel fut un matérialisme spirituel.

      • soi même 20 janvier 2014 20:44

        Sujet intéressant dommage jeune homme que vous en faites une caricature littéraire !
        Vous êtes un homme de votre temps, vous prenez des perles pour en faire du purin, dommage que vous ne prenez pas se sujet au sérieux, car c’est une vérité qui ouvre beaucoup de voies de compréhensions de la nature profonde de l’homme.


        • Alexis Dayon Alexis Dayon 20 janvier 2014 21:02

          Soyez gentil, alors : apportez-moi vos lumières d’un autre temps ! smiley

          Je ne voudrais pas que l’évidente désinvolture avec laquelle je lis mes livres, joue à mes jeux ou rédige mes articles aie ici le fin mot, si vous en avez un meilleur.


        • soi même 20 janvier 2014 21:20

          Apprenez la modestie,

          bouffie aux joues plates.


        • Alexis Dayon Alexis Dayon 20 janvier 2014 21:37

          Vous êtes bien aimable. Constructif, pas vulgaire pour un sou. Et je crois pouvoir dire que vous m’aurez ce soir éclairé de votre humilité et de vos grâces.


        • Gollum Gollum 21 janvier 2014 09:22

          Laissez tomber ce type. Il arrête pas de donner des leçons aux autres qu’il ferait mieux de s’appliquer à lui-même..


          Un bel exemple de pharisien.

        • soi même 21 janvier 2014 12:47

          @ Gollum, je me contente simplement de tenir le miroir !
          Au cas où t’aurais encore des illusions, moi j’en ai plus !
          J’encourage celui qui cherche, je douche le vaniteux !

          .


        • Alexis Dayon Alexis Dayon 21 janvier 2014 12:51

          La paille et la poutre, mon cher ! La paille et la poutre !

          Qui se croit habilité à « doucher le vaniteux » qui ne le soit lui-même ? 


        • Shawford Shawford43 21 janvier 2014 12:55

          Ché pas, pour ce que j’en pense moi (au passage bonjour et enchanté, superbes articles smiley ), c’est à toi de le dire avec ta probité de jouvenceau. 


          Pour le reste et pour devenir un buddy, va falloir muscler ton jeu fiston !

        • soi même 21 janvier 2014 13:38

          Continue sur cette lancer mon gags, t’es bien partie !

          .


        • soi même 21 janvier 2014 13:55

          Soyez gentil, alors : apportez-moi vos lumières d’un autre temps !

          Comment toi ton prendre se propos, jeune perroquet ?

          .


        • Shawford Shawford43 21 janvier 2014 20:52

          C’est moi que tu prends pour un perroquet, et de qui d’abord man, de toi même ? Sois précis et franc s’il te plait


        • Shawford Shawford43 21 janvier 2014 20:53

          Bon, je pose la même question à tous les buddys !!!!

          Je relève les copies à mon retour ou sinon, vaya con dios


        • soi même 21 janvier 2014 22:31

          Alexis Dayon (---.---.206.61) 20 janvier 21:02

          Soyez gentil, alors : apportez-moi vos lumières d’un autre temps ! 


        • Shawford Shawford43 21 janvier 2014 22:38

          @Soi même, Alexis Dayon est un homme de son temps, du temps présent, ni plus ni moins a priori.

          Après peut être qu’il a une panthère dnas le moteur, mais ça c’est une autre histoire, j’en saliverais alors déjà smiley smiley


        • Alexis Dayon Alexis Dayon 21 janvier 2014 22:39

          Vous allez geindre, encore ? Vous insultez les gens et pleurnichez qu’ils vous piquent en retour ? Vous me dites, je cite, que je suis « un jeune homme de mon temps, qui prend des perles pour en faire du purin », et vous êtes tout traumatisé que je vous réponde que, en toute logique, cela fait de vous un homme d’un autre temps - où, je suppose, on ne faisait pas aux perles antiques l’affront de les accoler à de la culture vidéoludique contemporaine, sur laquelle vous dégobillez sans probablement rien en connaître.


        • Shawford Shawford43 21 janvier 2014 22:41

          @Alexis : excellent (si vous permettrez que je m’incruste encore hein) smiley

          Vidéoludique, j’aime bien le terme. Une question, vous jouez à SCII, P&T vous connaissez ?


        • Alexis Dayon Alexis Dayon 21 janvier 2014 22:48

          Non, je ne connais pas. ^_^

          J’avoue ne me focaliser que sur quelques jeux, mais dont j’absorbe la sève comme un vorace.

        • soi même 21 janvier 2014 22:48

          @ Alexis, pauvre choux, ce qui m’épate c’est ta prétention.
          Que signifie pour toi la tripartition de l’âme ?


        • Shawford Shawford43 21 janvier 2014 22:52

          @Alexis : Starcraft 2 vous connaisse pas ? La loose smiley

          A tout le moins P&T, Pomf &Thud c’est les top shout casters de la planète e-sport : de la nitroglycérine : cools (Pomf c’est même PTDR) et du super taff. J’ai pas loupé une seule de leures plus de 890 vidéos sur Youtube


        • Alexis Dayon Alexis Dayon 21 janvier 2014 23:05

          Je crois en parler un peu dans l’article. smiley

          Rien de faramineux ; je fais seulement à ma petite mesure, mon petit oeuvre de petit professeur de philo, en vulgarisant une pensée (tout en essayant d’en préserver la beauté et le sens, tant que je peux) afin de la rendre accessible à un public non-initié, et de faire ainsi passer un peu de Platon tout en me faisant plaisir avec Zelda.

          Sur Platon même, si vous avez des réserves : exposez-les ! Vous êtes la bienvenue. Vous auriez même pu commencer par cela ; c’eût été tout approprié, plutôt que de me reprocher un manque de sérieux sans rien daigner m’en dire. Mais d’avance, si comme (en me précipitant un peu, peut-être) je le présage à votre avatar, vous me reprochez d’avoir une lecture de Platon trop charnelle et trop favorable à l’epithumia, sachez que j’aurai quelques billes pour vous reprocher à mon tour une lecture austère de Platon passée au filtre déformant de l’exégèse médiévale augustinienne.


        • soi même 21 janvier 2014 23:18

          si je suis bien vos propos, c’est une attraction ?


        • Alexis Dayon Alexis Dayon 21 janvier 2014 23:25

          Reprenez Kant, et la part saine du jeu dans le développement de la raison.

          Reprenez Platon lui-même, le Phèdre, et le devoir de sortir du vieux marbre mort du texte écrit pour faire vivre la pensée dans des mots que votre temps et votre interlocuteur partagent.

          J’ai écrit ici un article. Pas une contribution à un colloque. Si pour cette raison vous voulez y voir une attraction - avec ce que vous mettez de péjoratif dans ce mot, qui est un beau mot - grand bien vous fasse. Mais vous me concéderez, peut-être, d’avoir accordé plus de soin à l’écriture de mon attraction que vous n’en apportez à celle de vos commentaires lapidaires.

          Sur le fond, depuis hier que nous conversons, vous n’avez toujours rien dit.


        • soi même 21 janvier 2014 23:56

          Pourtant, ce n’est pas une attraction, c’est une réalité,

          l’âme de sensation , âme d’entendement, , âme de conscience.

          Cela peut d’autant plus se comprendre si l’on admet que cela s’inscrit dans une triple constitution humaine .

          Corps    - Âme - Esprit . 

           l’âme de sensation 21 ans- 28 ans

           l’âme d’entendement 28 ans - 35 ans

           l’âme de conscience 35 ans - 42 ans

          Vous voyez, il existe une conception moderne de cette réalité !

          Et elle n’est pas une chimère, car l’on peut l’on vies ses différentes âmes au coup de sont développement humains.



        • ralph 21 janvier 2014 10:42

          Merci pour cet article refraîchissant qui nous fait oublier un peu l’actualité...
          A une époque j’avais lu quelques Dialogues de Platon et l’enseignement
          de Socrate y était comme de l’eau pour un assoiffé dans le desert : simple, clair,beau, bienfaisant.
          Comme Socrate, beaucoup de Maîtres ont apporté au monde leur Sagesse,leur Connaissance, comme Confucius, Lao-Tseu, Bouddha, Christ, Mohamed,Kabir, Nanak, Krisnha etc. etc.
          A chaque fois, les gens qui avaient écouté et compris leur message, avaient apprécié, car c’était la découverte d’un monde infini et éternel dont nous sommesaussi partie : la Vie.


          • Alexis Dayon Alexis Dayon 21 janvier 2014 12:07

            Merci Ralph.

            Je suis vraiment heureux si cet article à pu rappeler Socrate à votre bon souvenir. Il est ce que vous dites : comme l’eau dans le désert. Son aplomb face à Calliclès dans le Gorgias, sa dignité face à la mort dans le Phédon... Par lui ou d’autres de ces grandes figures que vous citez, je vous souhaite de bien beaux moments de lecture et d’inspiration, encore ! smiley

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