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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « La Vénus à la fourrure » Briançon Gillain dominante Aphrodisiaque

« La Vénus à la fourrure » Briançon Gillain dominante Aphrodisiaque

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LA VENUS A LA FOURRURE
photo © Fabienne Rappeneau

Cette création théâtrale, adaptée d’un succès de Broadway en 2010-11 récompensé par trois Tony Awards, fait actuellement un démarrage en fanfare au Théâtre Tristan Bernard alors que l’écrivain Sacher Masoch, dont nombre de ses nouvelles sommeillent aujourd’hui dans l’enfer de la Bibliothèque Nationale, pourrait y voir un juste retour de sa renommée littéraire internationale, tant célébrée au XIXème notamment en France par la revue des deux mondes, jusqu’à ce que Krafft-Ebing, psychiatre autrichien, baptisa dans son ouvrage « Psychopathia Sexualis », le syndrome de la recherche de la douleur « masochisme » du nom de l’écrivain ukrainien, tellement renommé à l’époque.

Ce qui, à tort, déconsidérera alors ce dernier très rapidement au regard de l’opinion, tout en portant ultérieurement un grave préjudice à son œuvre romanesque.

Puis, au cours des seventies, seule réapparut sur le devant de la scène médiatique « La Vénus à la fourrure » car sa réédition en poche était désormais assortie d’une préface de Gilles Deleuze y publiant alors une brillante étude socio-psychanalytique de ce roman.

Avec cette adaptation théâtrale contemporaine à New York et aujourd’hui à Paris, c’est comme si le « Masochisme originel », c’est-à-dire celui de Sacher Masoch, lui-même, développant dans son œuvre un véritable culte à l’image de la femme dominant d’une froideur éternelle l’univers masculin, y reprenait une partie de ses lettres de noblesse, en attendant que de nouveaux chercheurs exploitent la richesse de son œuvre littéraire toujours en purgatoire.

C’est donc, ici et maintenant, que Nicolas Briançon et Marie Gillain, sous la direction de Jérémie Lippmann, se font la tendre guerre, celle qui oppose les deux sexes en un perpétuel balancement entre domination et assujettissement dans un jeu de société où esthétique, fascination et rapports de force se disputeraient les prérogatives de cette dualité masculine - féminine.

Cependant lorsque le spectacle vivant s’empare d’un texte littéraire, c’est nécessairement en le théâtralisant qu’il parvient à en sublimer les enjeux.

C’est donc dans un jeu de rôles à géométrie très variable que les deux comédiens aidés par des costumes « hautement fonctionnels » vont entrer dans un cycle où lecture, mise en scène, répétition et interprétation vont tenir la dragée haute au retour du réel sans cesse menacé par des alternances d’humeur !

Bref, à tout instant, elle et lui se tiennent en phase d’approche du partenaire, cet « alter ego » qui tient la différenciation à portée de désir et de fantasmes !

La performance de Marie Gillain composant cette égérie redoutable de Wanda et celle de Nicolas Briançon s’incarnant en ce démiurge idéaliste de Thomas se marient en un maelstrom jubilatoire qui pourrait fort bien les emmener tous deux au septième ciel, s’il ne s’agissait déjà d'anticiper, vice versa, les phases duelles de la prochaine représentation !

photo © Fabienne Rappeneau

LA VENUS A LA FOURRURE - ***. Theothea.com - de David Ives - mise en scène Jérémie Lippmann - avec Marie Gillain & Nicolas Briançon - Théâtre Tristan Bernard


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3 réactions à cet article    


  • Le Corbeau Magnifique Le Corbeau Magnifique 3 novembre 2014 18:25

    Est-ce qu’il se la fait, à la fin ?


    • Fergus Fergus 3 novembre 2014 19:23

      Bonsoir, Theotea.

      Merci pour cet article.

      J’avais déjà beaucoup apprécié le film de Polanski. J’ai inscrit cette pièce dans mon calepin pour la voir lors de mon prochain voyage à Paris. Marie Gillain y est, paraît-il, époustouflante.


      • Jean 3 novembre 2014 20:09

        Ah ce livre ! Sacher ! lu et relu et même retranscrit du beau du bon, j’irais voire si mon image correspond avec cette pièce, (dans le livre Wanda n’est pas très putte...)

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