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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > La Vie d’Adèle, ou La vérité des corps

La Vie d’Adèle, ou La vérité des corps

L’humaine condition est contenue absolument dans cette réalité des corps filmée avec maestria par Abdelatif Kechiche dans son dernier film, La Vie d’Adèle.

Le film présente le parcours croisé de deux fleurs dans un écrin noir de pourriture humaine ordinaire. A chaque instant, la grâce est présente, le plus « physiquement » possible, dans le corps et l’âme de l’une ou l’autre des personnages principaux, les seuls personnages d’ailleurs à mon sens. Autour d’elles, ce n’est que le fatras ordinaire, le commerce des hommes, leurs vanités criardes et leurs parcours tout tracés, soi-disant « parcours de vie ». Mais la vie est à mille lieux de tout cela, est pourtant elle est bien là, sous nos yeux, projetée sur un écran qu’on oublie bien vite, la réalité rattrapant très vite la fiction, ce qui est le propre de tous les films de Kéchiche.

Jamais je n’ai pu ressentir le manque viscéral d’amour autant que pendant ces trois heures de projection. Les scènes de sexe font rougir, mais prouvent par leur beauté et leur naturel que vraiment, aucune morale ou doctrine religieuse ne pourra égaler en vérité la rencontre « prédestinée » entre deux corps faits pour s’unir, envers et contre tout.

Comme le souhaite d’ailleurs le réalisateur, rien dans ce film n’est à intellectualiser, tout est à ressentir, avec toute son âme et tout son corps, ce qui n’exclue, évidemment pas, le sexe. Comme dans un dessin naturalo-érotique de Picasso, on comprend que toute la création, toute la joie de vivre est comprise dans cette volupté qui émane de deux corps s’unissant dans la folie impétueuse et douce de l’harmonie universelle.

Entre ces scènes, les seules qui fassent peut-être que la vie valle d’être vécue (le sexe est tout, ce qui ne veut certainement pas dire, comme on aime à se le faire croire aujourd’hui, que tout est sexe), Adèle et Emma vont et viennent, belles avant, pendant et après l’amour, vaquent à leur destin, artistique ou « pédagogique », avec tout l’élan et le cœur que la nature leur a offert. Mais dans une vie « quotidienne » qui ne peut être, par définition, que « vulgaire », un tel amour est-il possible de durer ?

Une scène à vous déchirer les tripes montrera bien sûr que non. Il ne faut pas le regretter : le savoir d’Emma pèse un peu trop lourd dans une relation qui ne peut vivre que d’innocence (pas de naïveté). C’est peut-être une explication, il y en a surement d’autres, ou bien alors il n’y en a pas. Qu’importe : Adèle, comme le spectateur, se sent brisée. Noble, elle continuera tant bien que mal son chemin, avec succès. Revoir Emma quelques années plus tard est une preuve absolue que nos vies ne valent finalement que pour quelques instants d’harmonie absolue avec un ou une partenaire : rien n’a changé, tout a changé. L’irrésistible attirance physique, le miracle du film et sa seule raison d’être, est toujours là, « comme au premier jour ». Et tout le reste, pour sûr, n’est plus là : l’amour d’Emma, notamment. La vie reprend son train, faisant inlassablement couler les larmes intérieures dans les corps de tous les êtres de grâce, dont Adèle est un « spécimen » bouleversant.

Nous sortons du cinéma, le cœur gros et l’esprit vide, à moins que ce ne soit l’inverse. Il faut marcher et rentrer chez soi. C’est inhabituel chez moi : je me suis livré au sentiment. Mais il n’y a pas d’autres manières de voir et d’aborder ce film.


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50 réactions à cet article    


  • aberlainnard 17 octobre 2013 14:50

    Je n’ai pas vu le film mais j’aime beaucoup ce qui est exprimé dans cet article.


    • Agonymous23 18 octobre 2013 14:54

      Tout pareil... smiley +1


    • antyreac 21 octobre 2013 18:12

      Pas pareil -1


    • DanielD2 DanielD2 17 octobre 2013 19:09

      La 1er et dernière fois que j’ai vu un film de ce réalisateur, soit disant un chef d’œuvre, c’était l’histoire d’un arabe qui court après son couscous pendant 3 heures, donc non, merci, je passerai mon tour pour cette histoire de broute-minou.


      • Agonymous23 18 octobre 2013 15:59

        La dernière fois que...... Pfff....
        Moi y’en a être sur qu’il y a plein de choses pour lesquelles les dernières fois furent bof bof... smiley
        Et pourtant toi y’en a les poursuivre quand-même, hein ? smiley

        Rien que le « broute-minou » en dit long sur l’herbage des idées que toi y’en a avoir... smiley

        Toi y’en aurait mieux fait de passer ton tour de commentaire,
        m’enfin, la liberté d’expression ki zont dit... smiley


      • antyreac 21 octobre 2013 18:22

        Rien que le « broute-minou » en dit long sur l’herbage des idées que toi y’en a avoir.


      • mac 18 octobre 2013 10:07

        Un sujet de film dans l’air du temps de notre société néolibérale en mal de repères...

        L’homosexualité est un fait mais est-ce une raison pour en faire tout un plat ?


        • béatrice 18 octobre 2013 12:47

          Ce film va bien au-delà d’un simple traitement branché de l’homosexualité : tout est dit dans cet article .


        • Agonymous23 18 octobre 2013 15:50

          @mac,

          « palme d’or » des œufs brouillés, de l’omelette et du ridiculisme pour le commentaire... smiley smiley
           
           
          @béatrice,
          vous, c’est pour le bon sens. smiley


        • mac 18 octobre 2013 20:14

          @agonymus23

          Votre commentaire est au moins aussi léger que le mien. Il ne dit rien, ne prouve rien et en plus il est agressif bêtement.



        • antyreac 18 octobre 2013 13:32

          Encore un article sur ce qui ne concerne pas l’immense partie de la population (97 à 98 % )

          et qui fait la promotion des relations contre nature 


          • Agonymous23 18 octobre 2013 15:26

             smiley

            Genre, toi aussi y’en a porter des œillères alors. smiley

            Laisses-moi d’viner ? Toi aussi y’en a pas aimer la diffélence ?

            (97 à 98 % ) ?!? smiley + smiley

            Toi y’en a savoir que toi y’en a rien savoir ? smiley

            Donc il faudrait des nartics et des films qui ne concernent que l’immmmmmense partie de la populationne, c’est ça ?

            Vive la bien-pensance, vive la bien-pensance.... smiley
            Ou alors toi y’en a faire du second degré aussi, va savoir.................


            Moi y’en a dire merci à l’auteur pour cet article et pour tout ce qu’on lui reproche... smiley

            Une question hors sujet (quoi que) :

            Il y a , un billet fort intéressant, traitant de la liberté d’expression sur les réseaux sociaux, mais il semble impossible de laisser un commentaire  ???!!  smiley

            Quelqu’un aurait-il oune explicationne, please ?

            D’autant qu’en bas de page (dans la case : Obtenez votre badge), il est dit :

            "En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d’expression et d’information."

            Faut-il payer pour commenter librement un article traitant de liberté ?

             smiley

            Pour revenir à antyreac (et retomber dans le sujet), qui dit :

            "...et qui fait la promotion des relations contre nature."

            Moi y’en a rappelé à toi et à tous ce qui est écrit juste au-dessus quand toi y’en à faire un commentaire :

            "Evitez les contenus racistes, sexistes, homophobes, haineux."

            Toi y’en a donc avoir posté un commentaire contre nature à la chartre.

            Mais que fait la modération ? smiley smiley


          • antyreac 18 octobre 2013 16:34

            Décidément il ne faut pas pour qu’il se sentent insulté ces pauvres homos....


          • antyreac 18 octobre 2013 16:34

            pas beaucoup....


          • Agonymous23 18 octobre 2013 18:21

            Dis donc mon antyreac préféré, smiley

            moi y’en a causer à ma façon, mais en névitant les fooôsmileyôootes grotesques, quand même...

            Par contre par contre, toi y’en a pas bien nécrire le frenssè kon dirait :

            "Décidément il ne faut pas pour qu’ils se sentent insultés ces pauvres homos...."

            Et toi y’en a être tellemmmment paniqué ( smiley) sur ton tit clavier, que toi y’en a oublier le mot « beaucoup ».

            Revenons donc à la teneur des propos à toi, ze cite : "ces pauvres homos...." smiley

            Oh, pauvre petit chou(x), toi y’en a pas être beaucoup très heureux in the life,
            moi sentir aussi ton tout petit petit petit petit petit petit ♥ en souffrance devant ce que gros cerveau à toi ne comprend pas.

            Moi pas homo, mais moi y’en a prendre toi aux mots. smiley

            Allez, toi faire un bisou à moi, et kon n’en parle plus, dakodak ?
            Heu, par contre, ça va la modé, parfait, surtout ne toucher à rien siou plait, j’adoosmileyoore..

            Sérieux hein, c’est un vrai plaisir que de parler à ce type d’individu(e)s.

             smiley


          • antyreac 18 octobre 2013 18:37

            Toi tu sais peut-être écrire et encore il fait voir

            mais toi pas savoir lire...
            dommage pour un défenseur de ces pôô^vres homos 

          • Agonymous23 18 octobre 2013 19:19

            Il fait voir koa, là ? smiley

            Non mon cher, moi pas défendre homos, moi pas aimer propos comme les tiens, c’est tout.
            Moi défendre ceux qu’on attaque bêtement.

            Qu’aurais-je du savoir lire d’après esprit à toi ? smiley


          • antyreac 18 octobre 2013 20:09

            Non mon cher, moi pas défendre homos, moi pas aimer propos comme les tiens, c’est tou.


          • Agonymous23 18 octobre 2013 21:16

            Genre... smiley

            Admettons smiley


          • antyreac 19 octobre 2013 10:29

            Non mon cher, moi pas défendre homos, moi pas aimer propos comme les tiens, c’est tou.



          • docdory docdory 18 octobre 2013 14:01

            @Claus D.

            Les deux premiers extraits diffusés de « la vid d’Adèle » m’avaient paru très médiocres, voire pire, ce qui m’avait inspiré cet article .
            Bien que votre panégyrique de ce film soit bien écrit, il ne me paraît pas de nature à modifier mon idée première, qui est de fuir ce film comme la peste !
            Sur le site « Allo-ciné », nombres de commentaires de spectateurs sont dévastateurs, et soulignent l’ennui épouvantable qui se dégage des trois heures du film ...

            • Agonymous23 18 octobre 2013 15:08

              Genre de commentaire à fuir comme la peste... smiley

              On dit que... patati patata...

              En même temps, c’est pas suprenant... smiley

              Le politiquement correct, hein ? smiley


            • antyreac 19 octobre 2013 22:40

              Genre de commentaire à fuir comme la peste... .


            • Oursquipense Oursquipense 18 octobre 2013 14:13

              « Nous sortons du cinéma, le cœur gros et l’esprit vide, à moins que ce ne soit l’inverse »

              Euh, c’est à dire « avec le coeur vide et l’esprit gros », c’est ça ? A h non l’inverse signifie que vos rentrez dans le cinéma au lieu d’en sortir ! Ah zut encore gourré en fait l’inverse serait que le cinéma sorte de vous plutôt que vous en sortissiez. Là je dois avoir bon.

              Je parlerai sûrement un peu plus sérieusement de votre article un peu plus tard. Merci d’avoir partagé vos impressions...et d’avoir tenu 3 heures !!


              • Oursquipense Oursquipense 18 octobre 2013 16:52

                C’est donc à une tranche de vie que vous avez assisté. Et l’héroïne finit par s’en sortir, c’est bien, j’avais un peu peur qu’elle finisse morte Adèle. La beauté des corps enchevêtrés contre la pourriture d’un monde vénal, c’est beau, elle n’en à rien à faire du fric Adèle.

                « Le sexe est tout mais tout n’est pas sexe » Pour moi cette expression est jolie à l’oeil et au son mais au final elle ne signifie rien d’autre que finalement la vie ne vaudrait d’être vécue que pour quelques minutes de transports plus ou moins libidineux. En gros tout ce qui entoure ces moments ne serait qu’un remplissage relativement douloureux ou inintéressant à subir. C’est là effectivement une conception de la vie purement cinématographique. La seule chose qui existerait vraiment serait ce qui est filmé. Une vie dure au plus 3 heures, c’est même déjà beaucoup pour la génération internet. Un orgasme par heure c’est le minimum pour se sentir en vie.


              • BLACKMAMBA 18 octobre 2013 14:17

                cette bouse sur pellicule que vous nommez « film » est si mauvais et suinte l’inculture à un tel point que le ministère de la culture a été contraint de le proposer aux lycéens !!, !Nos petites têtes blondes prennent déjà chaque années un peu plus de retard dans les domaines clés que sont lecture,écriture et calcul....maintenant cette élite poisseuse va leur pourrir tous leurs repères psychiques......mais on dit que c’est le fameux sens de l’histoire .....MAIS OU VA T ON ET Quand cela va t il cesser ?



                • Agonymous23 18 octobre 2013 15:18

                  Toi y’en a avoir vu la bouse, ou toi y’en a être resté au bar pendant la séance ? smiley

                  Toi y’en a avoir fait un commentaire qui suinte le dégoût et le manque d’ouverture.
                  Toi y’en a faire beaucoup beaucoup amalgames et moi sentir douleur dans petit ♥

                  à toi. smiley

                  Moi penser fort à toi du coup, pour que toi y’en a avoir plus d’esprit. smiley


                • antyreac 19 octobre 2013 22:41

                  Toi y’en a avoir vu la bouse.


                • Agonymous23 19 octobre 2013 23:12

                   smiley
                   smiley
                   smiley


                • antyreac 21 octobre 2013 18:10

                  Toi y’en a avoir vu la bouse..


                • Mowgli 18 octobre 2013 14:22

                  Moi je me réserve pour les amours de Monsieur Seguin et sa chèvre. J’en entends déjà qui m’accusent d’homophobie, réclamant Monsieur Seguin et son bouc. NON ! car « son bouc » c’est ambigu. On pourrait facilement croire à une histoire d’amour avec sa barbichette. Pas très sexy, ça, et on en a vite fait le tour.

                  Plus tard, on pourra pousser plus avant. Tenez, par exemple : La gousse et les petits pois. Là, vous ne pouvez plus m’accuser d’homophobie, j’annonce la couleur d’entrée de titre !

                  En plus c’est végétarien et y’a bon végétarien parce que végétariens y’en a pas manger la viande. En plus ça annonce le prochain film à succès « La carotte de soeur Javotte ». Bique et keum, ça y en avait déjà superbon métissage, mais carotte et meuf, alors là, plus métissé t’es mor... pion !

                   


                  • Gnaffron 18 octobre 2013 15:29

                    Vous amalgamez homosexualité et zoophilie et vous vous plaignez qu’on puisse vous accuser d’homophobie ? Pauvre petit, vous êtes vraiment persécuté.


                    Même en tenant de troller vous vous couvrez de ridicule...

                  • Agonymous23 18 octobre 2013 15:41

                    Merci Gnaffron,

                    je n’aurais su mieux lui dire. smiley +1


                  • Mowgli 18 octobre 2013 16:38

                    « Vous amalgamez homosexualité et zoophilie »
                    J’amalgame ?

                    Et vous, qu’amalgamez-vous ? De quel droit me stigmatisez-vous pour honorer ma biquette plutôt que mon voisin de palier ? De quoi j’me mêle, donneur de leçons à deux balles ?


                  • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 18 octobre 2013 17:17

                    eh bé, le niveau... smiley


                  • Agonymous23 18 octobre 2013 14:50

                    Avant tout, merci à l’auteur pour le texte,
                    mais surtout, de nous avoir fait venir une belle brochette de fantaisistes... smileysmiley

                    Moi y’en a pas avoir beaucoup de temps aujourd’hui pour la participation citoyenne,
                    alors moi y’en a tout miser sur votre article, smiley parce que y’en avoir un sérieux manque d’amour, d’ouverture d’esprit et de respect dans les commentaires, alors que votre texte... smiley

                    Pi moi y’en a être sur que la plupart ki nen non même pô le film d’abord. smiley


                    • antyreac 18 octobre 2013 16:43

                      Moi je dis que les fantaisistes ont raison

                      il faut respecter les artistes qui amusent la plupart des gens sauf les coincés du cul comme les homos

                    • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 18 octobre 2013 17:15

                      Anti-réac : haineuse vulgarité, grossière et déplacée,
                      l’indigence intellectuelle seule transpire de vos commentaires stupides.
                      « Quelques rappels :
                      - Evitez toutes les insultes ou tous les qualificatifs outranciers

                      - Vérifiez chacun de vos faits pour vous assurer qu’ils sont vrais

                      - Citez les sources de toutes vos citations
                      - Evitez les contenus racistes, sexistes, homophobes, haineux »


                    • antyreac 18 octobre 2013 17:45

                      Je pense que ces remarques vous devriez gardez pour vous ,vous qui qui écrivez si souvent des conneries et jouez les opportuns pas pour dire quelque chose d’intelligent mais uniquement pour recueillir le maximum des points


                    • Agonymous23 18 octobre 2013 18:38

                      « les coincés du cul comme les homos. » smiley

                      Je ne l’avais pô vu celui là, chouette alors  smiley encore une occasion de bavarder avec l’antyreac.

                      « Chers homos de tous sexes, chères personnes de tous bords (au sens très très large), je vous prie par cette courte phrase de pardonner le vilain propos de notre cher antyreac, par contre il est hors de question de lui pardonner son manque de respect envers nos enfants et l’exemple qu’il donne ainsi en stigmatisant des humains (c’est le seul nom qui convient à notre espèce), et malgré la violence des mots employés, je vous assure qu’antyreac est en grande souffrance personnel et qu’il a besoin de tout notre soutien, aussi, il ne faut pas le blâmer, mais lui faire des bisous, pour le décoincer. »

                       smiley smiley smiley

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