• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « La vie sinon rien » à la Comédie des Champs-Elysées & « La Estupidez (...)

« La vie sinon rien » à la Comédie des Champs-Elysées & « La Estupidez » au Théâtre de Chaillot

D’aucuns peuvent danser sur un volcan en fusion !

Pierre Taraud (alias Bruno Abraham-Kremer), lui, c’est au-dessus d’un trou noir qu’il va défier, en funambule sans balancier, les lois de gravité soudain offertes en tremplin de vie.

En effet, à tort ou à raison, le diagnostic d’une maladie rare ayant sonné le tocsin des défenses instinctives, c’est, peu à peu, la loi du « Carpe diem » qui va tenter de s’imposer, en viatique d’une existence à réinventer.

Renvoyant, dos à dos, les ressentiments du martyr en puissance et les bons sentiments de son entourage, c’est une troisième voie qui va devoir se frayer un passage ardu au travers des comportements stéréotypés pour combattre la sublimation du « moi », posé en victime sacrificielle.

Par la suite, outrepassant l’échéance estimée par l’expertise médicale, c’est quasiment en clone Nietzschéen que notre surhomme va contracter la maladie du bonheur.

Ainsi, en proposant l’objectif de réconcilier l’existentiel avec le relationnel, « La vie sinon rien » d’Antoine Rault constitue la première partie d’une « Trilogie de l’homme ordinaire » qui rend Bruno Abraham-Kremer dépositaire de la maxime d’André Malraux, à l’instar de la chanson d’Alain Souchon :

« La vie ne vaut rien mais rien ne vaut la vie ».

Dessin © Cat.S / Theothea.com

LA VIE SINON RIEN - *** Theothea.com - de Antoine Rault - mise en scène : Bruno Abraham-Kremer - avec Bruno Abraham-Kremer - Comédie des Champs-Elysées

 

Polar tansgressif de toutes les conventions et de tous les codes de bonne conduite d’une dramaturgie sachant tenir sa route, cet objet théâtral non identifié, traduit à dessein par « La Connerie », débarque dans la salle Jean Vilar de Chaillot en boomerang d’un premier abordage de la salle Gémier en 2008.

Sur le pont du dériveur, cinq pointures dont deux en proue magistralement féminines (Karin Viard & Marina Foïs) pour vingt-cinq rôles à l’arraché durant trois heures trente de bagarres opiniâtres entre des imposteurs du chaos, des maffiosi de l’art et autres marginaux de l’argent roi.

Selon une intrigue passant cul par-dessus tête, c’est à rien n’y comprendre de la cacophonie à plusieurs niveaux d’interprétation, tant la scénographie du nihilisme est fascinante comme du Andy Warhol.

Tel un road movie slalomant entre les chambres d’un Motel de Las Vegas avec vue sur piscine et cabine téléphonique, la course poursuite met en péril de chaque instant, les lois de la gravitation cinétique au point de fonder la schizophrénie en point d’ancrage sécurisé.

Alors que Marcial Di Fonzo Bo, co-metteur en scène de ce sit-com théâtralisé se dédouble en acteur pour cinq personnages à lui seul, ses deux partenaires masculins (Pierre Maillet & Grégoire Oestermann) rivalisent d’inventivité sous fondu enchaîné pour l’égaler au score de l’incarnation en temps réel.

La performance transformiste devient pour chacun le stratagème d’un changement à vue validé par le passage éclair en coulisses... pour le principe et, à n’en pas douter, pour le respect de la règle des trois unités... élevée au énième degré.

Flirtant sur le fil de la catastrophe pressentie, chacun joue la montre pour tenter de s’en mettre plein les poches en narguant et apostrophant ses compagnons de fortune.... jusqu’à jouer la mise contre soi-même... poussant ainsi celle-ci au comble de « la connerie »

Annoncée d’ores et déjà pour la rentrée prochaine à Chaillot et de nouveau grâce à la réalisation de Marcial Di Fonzo Bo et Elise Vigier, « La Paranoïa » de ce même auteur, Rafaël Spregelburd viendra compléter son exploration des sept péchés capitaux, intitulée « Heptalogie de Hieronymus Bosch », effectivement inspirée initialement par l’oeuvre de Jérôme Bosch exposée au Musée du Prado.

Photo © Christian Berthelot

LA ESTUPIDEZ ou LA CONNERIE - *** Theothea.com - de Rafaël Spregelburd mise en scène : Marcial Di Fonzo Bo & Elise Vigier - avec Marcial di Fonzo Bo, Marina Foïs, Pierre Maillet, Grégoire Oestermann & Karin Viard - Théâtre de Chaillot

Documents joints à cet article

« La vie sinon rien » à la Comédie des Champs-Elysées & « La Estupidez » au Théâtre de Chaillot

Moyenne des avis sur cet article :  5/5   (3 votes)




Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès



Partenaires