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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Le Bagne de Jean Genet, au Théâtre de l’Athénée

Le Bagne de Jean Genet, au Théâtre de l’Athénée

Des Bonnes au Bagne, de la première pièce de Jean Genet à la dernière, le Théâtre de l’Athénée a donc l’honneur de jalonner, à soixante années d’intervalle, les repères extrêmes d une oeuvre qui continue à ériger son auteur en créateur hors normes, vingt ans après sa mort.

La mise en scène d’Antoine Bourseiller, promu de facto en gardien du temple, a le don de faire surgir une vision métaphysique du bagne, en organisant la vie quotidienne du cauchemar éveillé autour d’un mur à deux faces pivotant sur lui-même, entre ombre et lumière, tout en étant pigmenté de multiples alvéoles qui constituent le seul lien symbolique de cet univers autarcique avec le monde extérieur.

Du sommet de la hiérarchie pénitentiaire jusqu’au bagnard anonyme, tous partagent un même destin, perdus quelque part sur un îlot abandonné du cortège des vivants. Le sort les plaçant de part et d’autre de l’autorité de la loi, un modus vivendi complexe et contradictoire les amène à sanctifier la notion du sacrifice suprême, célébrant ainsi la mort par la guillotine comme l’aboutissement exemplaire d’une cérémonie mystique.

Dans cette perspective claudélienne, le rapport de forces entre les hommes devient le seul enjeu qui vaille de susciter la haine, l’orgueil mais aussi le respect, sans oublier le désir ambivalent que les frustrations entremêlées ne cessent d’éveiller à chaque incartade avec le règlement s’imposant à tous, si ce n’est à leurs consciences homosexuelles ou non.

La dimension scatologique est édulcorée par A. Bourseiller au profit d’un humour cynique en toile de fond des dialogues de Genêt qui se prêtent aisément à une interprétation distanciée, en évitant adroitement le panégyrique de l’expérience carcérale.

Entre valeur documentaire et mystification de la transgression, l’impact du Bagne reste un secret intime avec lequel chacun est appelé à transiger dans sa relation entre bien et mal.

Visuel : Affiche

LE BAGNE - ** Theothea.com - de Jean Genet - mise en scène : Antoine Bourseiller - avec Paulo Correia, Désiré Saorin, Hervé Sogne... - Théâtre de l’Athénée -


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2 réactions à cet article    


  • Daniel Milan (---.---.162.42) 9 mai 2006 11:02

    Par delà l’homosexualité affichée de Jean Genet, qu’il voulait révolutionnaire, pour choquer et déranger les « moralistes » et les bourgeois de l’époque ; il a toujours défendu à travers ses oeuvres, les exclus et les opprimés. C’est ce qui fait de Jean Genet un Grand parmi les quelques Grands de son époque demeure toujours un Grand, d’autant plus que nous n’avons plus que des nains parmi les écrivains, en dehors de Soral et de Nabe !...


    • Scipion (---.---.130.235) 9 mai 2006 12:58

      Pauvre Genêt, il aura été à reculons toute sa vie, et même au-delà.

      Il faisait la fiotte pour choquer le bourgeois, et désormais, c’est l’homophobie qui heurte les classes possédantes.

      Tu parles d’un bide : commencer par pisser dans les soupières Bernardeau, pour finir icône, entre la passe-crassane et le brie de Meaux, dans les réfectoires du 16e.

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