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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Le bruit des glaçons »

« Le bruit des glaçons »

Du théâtre de l’absurde. Du pontel et du jardin. Du grand n’importe quoi. Du génie ?

"Le bruit des glaçons" est une parabole originale sur le cancer. Traiter le sujet sur le thème de l’absurde semble tout indiqué, puisque le cancer est par essence absurde. Il surgit sans prévenir et frappe n’importe qui, et s’installe durablement dans votre existence. Pour l’incarner à l’écran, Blier a choisi Dupontel, lui-même cancer sur patte dans la vie, si l’on en croit Dujardin dans une interview. Le duo Du-Du foncionne à merveille, mais si Dujardin se contente de pénétrer dans l’univers Blier, Dupontel lui y pose ses valises et en fait son terrain de jeu.
 
Deux hommes sur l’affiche, deux hommes ET deux femmes à l’écran, et pas des moindres : Anne Alvaro et Myriam Boyer sont épatantes, la première en servante vieille France amoureuse du patron et la deuxième en cancer du sein. 
 
Film étrange, film grinçant, film en forme de pièce de théâtre où l’absurde s’invite à table. Une belle bande-son apporte tout ce qu’il faut de mystère et d’apesanteur pour rendre le propos encore plus décalé et hors du temps.
 
On s’y sent bien finalement dans cette bulle de l’absurde qui étonnamment ne crève pas à la sortie du film. Le soleil est aveuglant, j’attends le bus sur un banc, je m’assoupis, avec "Ne me quitte pas" dans les oreilles, je me sens bien, je peux percevoir encore le bruit des glaçons. Soudain une famille débarque, avec une mère gueularde qui ne sait pas parler calmement, qui laisse sa fille balancer des chewing-gums prémâchés sur le trottoir et les écraser avec son pied, et qui sans prévenir vous vrille le tympan par des cris inhumains. Je m’accroche à la poésie du texte chanté, en vain, les glaçons se sont tus. La bulle éclate, un constat s’impose : le monde en lui-même est absurde. 

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11 réactions à cet article    


  • goc goc 8 septembre 2010 12:01

    Chez les réalisateurs les premiers films sont les meilleurs.

    certes

    mais tant que des réalisateurs comme Blier ou Mocky existeront en France, on restera une exception culturelle cinématographique loin des étalonnages mercantiles du succès basés uniquement sur le nombre de $$ que cela rapporte et dont la seule voie est la création industrielle de films dont la débilité et la violence (gratuite) n’ont d’égale que le pseudo patriotisme cachant une propagande commercialo-fascisante et souvent raciste (le noir qui meurt toujours et le méchant obligatoirement arabe)

    Ces gens là doivent exister. Ils peuvent faire quelques fois, des mauvais films, ce n’est pas important, ce qui est important c’est toute leur œuvre


  • goc goc 8 septembre 2010 11:48

    @ marine
    Etudiante de 20 ans qui aime la culture et la confiture

    et tu as essayé le parachutisme ?? smiley

    sérieux :
    Blier+Dupontel+Anduze : 3 raisons d’aller voir le film

    après le reste c’est du bonus


    • Marine Marine 8 septembre 2010 12:12

      Je ne savais pas quoi dire pour me présenter, cette phrase est très représentative smiley 

      Je n’ai pas vu d’autres Blier, quand on connaît bien le réalisateur je comprends qu’on puisse être déçu


    • Imhotep Imhotep 8 septembre 2010 14:19

      On peut la faire ? : la culture c’est comme la confiture, moins on en a plus on l’étale...

      Mais mon frère répliquait : quand le pot est plein il déborde …

    • goc goc 8 septembre 2010 17:03

      ou « la culture c’est comme le parachute, quand on n’en a pas on s’écrase »

      d’où mon « parachute »

      mais cela n’a rien a voir avec le papier (excellent) de l’auteur


    • Marine Marine 8 septembre 2010 21:31

      Merci Goc, pas facile de transcrire par écrit mes impressions, relatives surtout à l’après-film, lorsque j’étais sur mon banc à attendre le bus


    • Marine Marine 8 septembre 2010 21:34

      Et oui Imhotep, moins on en a, plus on l’étale comme dit le dicton, mais c’est tellement rassurant parfois de se sentir instruit !


    • JL JL 8 septembre 2010 12:02

      Bof ! Pour ma part, j’ai déploré le manque de sérieux du final : pour ceux qui n’ont pas vu le film, regardez bien le voilier, et surtout l’étrange position de la barre à roue !

       smiley


      • thaumaetopea 8 septembre 2010 12:03

        « ...La vieillesse est un naufrage... » On s’en fout on prend pas l’bateau !


        • pierrot123 8 septembre 2010 14:13

          Citation :
          « ...puisque le cancer est par essence absurde. »

          Heu, non...
          Depuis Camus, Sartre, Nietzsche, et quelques autres, c’est plutôt la vie qui est « absurde » (au sens premier : « sans source évidente »...)

          Le cancer, lui, on commence à l’avoir bien identifié, même si on ne le soigne pas encore parfaitement.

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