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Le cinéma de la plage

A Cannes, pendant le Festival, une bonne partie de la vie de la cité tourne autour du cinéma. Notamment, tout au long de la Croisette qui est occupée par des lieux de fête, cafés et restaurants, qui privatisent le rivage. Le cinéma semble tout envahir avec en plus des installations temporaires pour enregistrer une émission de télévision...

Reste un espace, plage publique, qui est ouvert à tous, de jour et de nuit, pour bain de soleil ou de mer, nuit à la belle étoile, si le temps et le courage le permettent.

La moitié de cet espace est réservé au Cinéma de la plage qui offre, tous les soirs, dés la nuit tombée, une chaise longue pour regarder un film classique, sur grand écran, gratuitement, à toute la population, « dans la limite des places disponibles ». Et même au delà car certains peuvent regarder le film depuis la portion de plage publique adjacente ou la promenade..

Au cinéma, en salle, un écran blanc limite l'espace, attire le regard, accueille le spectateur et, lumières éteintes, s'ouvre à lui, le détache de l'assistance et l'entraîne dans un jeu d'ombres dont il devient le héros, partageant, épousant ou, quelquefois, combattant ses sentiments, ses actions. Seul dans la salle obscure et, virtuellement, dans l'écran.

Au cinéma de la plage, l'écran blanc est plus grand, trop grand, à distance et, en même temps, un peu perdu dans l'espace des étoiles. Le spectateur en est encore éloigné par les lumières des bateaux et de la ville qui viennent le distancier du héros. Par le son aussi qui perd toute intimité. Et quelquefois par la fraîcheur du soir malgré la couverture distribuée à l'entrée.

Paradoxalement, le grand écran de la plage est plus proche du petit écran de télévision dont l'environnement et la publicité maintiennent le spectateur à distance.

Le film vu au cinéma de la plage n'est pas le même que le film vu en salle ou à la télévision. Il doit résister à une luminosité diffuse, à une rumeur sonore qui descend quelquefois de la ville vers la mer, à l'atmosphère de fête nocturne et au sentiment de nature dans une nuit ambiguë.

Pour résister, le film doit être fort. Alors quand les lumières s'allument, il faut revenir sur terre. Sur le sable. Dans la ville.

 


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