• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Le dernier glou-glou de Murat

Le dernier glou-glou de Murat

Faux brun ténébreux censé écrire des chansons d’amour, Jean-Louis Murat est en fait le seul digne représentant de la musique country en France. Sa country, c’est l’Auvergne.

La première fois que j’ai écouté Murat, je devais avoir l’âge de croire en l’amour impossible, aux cheveux longs et à l’art conceptuel. Je devais avoir cette force d’âme capable de vous convaincre que vos idées sont uniques et les meilleures, bien sûr, que tout le monde n’attend que vous, qu’il y a quelque chose dans le noir qui se trame et que vous êtes le seul à le (sa)voir. Un âge où j’aurais pu, par exemple, laisser quelques commentaires sur un blog. Sauf qu’à l’époque les blogs n’existaient pas. Je vous parle d’un temps (1989) que les moins de vingt ans peuvent à peine connaître, et encore, en se forçant beaucoup.

Murat chantait à l’époque les blessures du cœur, et sur un album comme Cheyenne autumn (pas son premier) se permettait quelque texte romantique en diable, comme au hasard Le venin. Et puis, vint Murat en plein air, une sorte de premier virage pour Murat, une poignée de chansons paysannes en diable, rurales pluvieuses et ruisselantes comme peut l’être la nature, parfois, si on sait écouter la pluie. Il y avait, sur ce petit CD quasi artisanal, distribué à l’époque par Libération qui l’envoyait à certains de ses lecteurs ayant à temps découpé un coupon, il y avait donc, disais-je, sur ce CD uniquement des montagnes dont un Dordogne qui laisse encore pantois, rêveur, estomaqué et ému. Et puis, encore et puis, pour résumer parce qu’on va pas non plus étaler ses guitares et comparer nos manches, l’Auvergnat publia ensuite Le manteau de pluie, somptueux disque contenant quand même quelques horribles single, comme Sentiment nouveau, qui lui apporta les bonnes oreilles de ce qu’on appelait encore à l’époque la « bande FM ». Venus suivra et Dolorès et je me souviens qu’à l’époque, Agnès Michaux l’avait invité sur Canal+, une Agnès Michaux qui n’en voulait qu’à ses yeux bleus et à son côté amoureux transi. Ce que le bougnat n’était plus, déjà, et depuis quelque temps. Dès Dolorès, Murat se lamentait sur l’ineptie de sa maison de disque, sur la nullité des photos utilisées pour les pochettes (pourtant, cette culotte, quand même) ce mantra contestataire dont il ne s’est pas départi depuis.

Arriva, tout à coup, comme au galop un cheval surgi du brouillard, et après un Live in Dolores déjà prometteur, Mustango, ovni généreux et bourré jusqu’à la gueule de chansons fragiles et étirées, musclées et déshabillées comme rarement la chanson française nous en avait offert. A partir de là, l’Auvergnat ne quittera plus le rayon nouveautés, enchaînant quatre albums coup sur coup (Le moujik et sa femme, Lilith, A bird on a poire, Moscou, précédés d’un double live, Muragostang, et d’un disque avec Isabelle Huppert), tous disques inspirés, différents, pléthoriques et originaux, enfilés comme d’autres enfilent des perles, ou des phrases aux phrases en croyant faire des livres. Murat ne lâchait plus le micro et on en redemandait. Au passage, il donnait quelques piges utiles à de jeunes filles aujourd’hui casse-couilles mais triomphantes comme Camille. Loin d’être dépassé par cette surproduction soudaine (j’oublie 1829, sorte de recueil de poésie chantée, que les fans m’excusent), Murat se montrait à son avantage sur scène ou sur les plateaux télé, pieds nus chez Nagui, ou pantalon pattes d’éph’ sur scène, jouant plus ou moins sérieusement avec ses machines, ses pédales, ses guitares, donnant souvent l’impression de s’égarer mais se retrouvant toujours, sur ses pattes, à l’aise comme jamais, miaulant mais en mesure, rigolant mais dans le ton, plaisantant mais sans jamais s’éloigner de son texte, de ses mots.

Aujourd’hui, après plus d’un an sans disque, ce qui est inhabituel, une année marquée selon Murat par beaucoup de deuils et de séparations, par pas mal d’amitiés fichues, aujourd’hui donc, l’Auvergnat revient encore, avec Taormina, album qui sent bon l’Italie mais pas trop. (Murat était fervent supporter de la squadra azura en juillet dernier, qui s’est retrouvé du coup heureux, très seul mais très heureux, quand la grosse bise fut venue, celle des vainqueurs.) Taormina est selon la presse un disque « sombre » (Les Inrocks) ou « libéré » (Elle). Murat déclare l’avoir écrit dans la douleur (Les Inrocks encore) ou en « pensant à sa fille » (sur Radio Classique), tout le cirque Murat déployé là, lui qui s’amuse des micros à l’envi, faisant récemment son show sur Canal+ en traitant, entre autres, ce crétin de Bové de « crétin », justement.

Mais ce n’est pas pour ces mauvaises raisons-là qu’on aime Murat, qu’on l’aime à lui en vouloir de ne pas sortir plus d’un album par an. Ce n’est pas pour son humour génial ou ses frasques hilarantes, son faux dilettantisme ou son dégagement forcé (enfin un « artiste » dégagé !), non, si on aime Murat, c’est pour ses mots, bien sûr, Tout le long du chemin j’entends le dernier glou-glou.

Ces paroles bien à lui, que nul autre ne maîtrise. Je me levais tôt pour être tôt en ville, ici on se lève tôt pour être tôt en ville.

Ces textes d’une autre poésie. Est-ce bien l’amour ou n’est-ce qu’un effet trompeur ? 

Qui enchantent les plus endurcis, à moins bien sûr de ne rien entendre Sous la pluie fine /quel est ce sens/ la mort est dégueulasse.

A moins bien sûr de ne rien vouloir comprendre. Car rien n’émeut cette terre ni charniers ni prières...

C’est pour son verbe que l’on aime JL Murat, ce Bergheaud d’Auvergne et d’ailleurs, de ces ailleurs dont on pourrait faire des continents, ou occasionnellement des îles, sous le vent qui emporte tant, qui importe peu, pourtant.

Murat est ce grand alcoolique de la Volvic ayant survécu aussi bien à Huppert qu’à Farmer, sans céder au (suicide) chantage. Murat est cet improbable Johnny Cash perdu entre des volcans éteints et une industrie moribonde, entre quelques troupeaux jamais égarés et de sévères cloches, qui tintent, qui trahissent le mouvement des bêtes qui paissent, agitent les oreilles ou la queue pour s’affranchir des mouches, des taons, des parasites, que sais-je ?

On ne peut décemment plus se passer de ce troubadour chevelu et esthète, qui marmonne un peu mais ne mâche rien, et surtout pas ses maux, qui sans jamais brailler hurle la beauté. Aux larmes.


Moyenne des avis sur cet article :  3.88/5   (82 votes)




Réagissez à l'article

27 réactions à cet article    


  • Sam (---.---.192.39) 14 septembre 2006 11:13

    ...une poignée de chansons paysannes en diable, rurales pluvieuses et ruisselantes comme peut l’être la nature, parfois, si on sait écouter la pluie....sur Canal+ en traitant, entre autre, ce crétin de Bové de « crétin », justement...

    Il n’est pas interdit aux chroniqueurs de se prendre pour Murat, comme il n’est pas interdit non plus au lecteur, en ces temps d’insultes gratuites, de penser le mongolisme comme maladie pas strictement biologique.


    • Marsupilami (---.---.182.202) 14 septembre 2006 11:33

      Bel hommage au génial atrabilaire auvergnat dont le dernier disque est magnifique comme d’habitude. Quelqu’un qui use de ce genre de nom d’oiseau pour qualifier le guignol Bové a forcément un bon fond.


      • pingouin perplexe (---.---.15.133) 14 septembre 2006 13:04

        J’aime bien cette poésie qui nous remonte le temps comme une particule borgésienne façon Feynman.

         smiley smiley


        • Mickael Leglazic (---.---.177.62) 14 septembre 2006 13:07

          Je ne voudrai pas que l’on parle trop de cet artiste vraiment unique dans la chanson française. Murat c’est un style incomparable, un bourru et j’ai peur qu’il ne change s’il devenait trop ’commercial’.Il travaille bien, il est toujours là et sort son 15 éme album ! quand d’autres rament (Renaud par exemple).Chapeau l’ami !


          • José w (---.---.25.142) 14 septembre 2006 13:27

            Bon article.

            Jean-Louis Murat est un « vrai » artiste, même si je trouve ses goûts et son univers un peu trop sombres.

            Dans cette optique, un album par an, c’est déjà beaucoup.

            Sinon, l’auteur est très nettement meilleur dans les sujets people que sur les questions immportantes de société... smiley


            • La Taverne des Poètes 21 novembre 2007 11:11

              Ben !!! Pardon : ce post n’a rien à faire ici : je m’en retourne. Désolé.


            • ohlala (---.---.124.230) 14 septembre 2006 13:41

              @Mickaël

              « Murat devenir commercial »,

              mais tu rêves, ou bien... ?

              T’inquiète, aucun danger de ce côté. Avoir porté si haut l’art de bredouiller ses textes comme avec de la semoule plein la bouche tout en simulant une migraine tenace pourrait t’avoir rassuré de la part de Murat. Regarde sa vidéo « Parfum d’acacia au jardin » (c’est ce qui m’a fait arrêter). Un sommet de complaisance autodestructrice.

              C’est en concert qu’il faut voir Murat. Jamais 2 fois le même.

              Par contre les disques (enregistrés comme Dylan, la 1ère prise c’est la bonne) en deux nuits, non. Ca allait un moment. Ca va plus.


              • clement (---.---.21.213) 14 septembre 2006 13:44

                Bel article sur un artiste atypique.

                Seul oubli (et à mon avis, de taille) l’album « lilith », qui contient quelques perles folk-rock, et la chanson « le désarmement intérieur », où la grande Muette en prend pour son grade avec des textes subtils et parfaitement sentis.


                • James (---.---.6.5) 14 septembre 2006 14:15

                  MOuais pas mal l’article je connait pas l’artiste mais. Etant un martien qui a visité murat (j’ai vecu 22 années terrestres à Clermont) Juste que c’est une ville pourrie ou y’a rien. Pas etonnant que les artiste qui en sortent ont plein de bonne idées. Vu qu’il n’ont rien pour s’occuper a part l’OMJL.

                  Bon ca va je suis méchant je sais.

                  Bref sinon pas mal l’article j’essairaie d’ecouter un album.


                  • Herzolu (---.---.51.14) 14 septembre 2006 15:12

                    Personnellement je trouve les albums trop noir et identique les uns des autres... J’ai eu la malencontreuse idée de le voir en concert (je me suis ennuyé), autant les arrangements de studio peuvent cacher les faiblesses de sa voix, autant le concert fut ennuyant et penible pour nos oreilles... Je ne fut d’ailleurs pas le seul a sortir avant la fin...


                    • AUCLAIR (---.---.137.25) 14 septembre 2006 16:12

                      la première fois que j’ai vu et entendu murat,c’était sur tv6,ex m6,dans une émission de pierre bouteiller,au milieu des années 80 ;il donnait déjà des leçons à tout le monde ; ce jour là,il affirmait,dédaigneux,très dédaigneux,qu’il ne se voyait pas faire « une carrière de 20 ans à la sardou » aujourd’hui il en est presque à 30 ;pfffffffffff....


                      • rock.marshall41 (---.---.47.157) 14 septembre 2006 18:20

                        +1

                        J’ai entendu une interview de lui sur le mouv’ lors de son précedent album, et il a vraiment la grosse tête, se croit supérieur à tout le monde en donnant des leçons alors que lui meme disait dans cette meme interview « pisser sur le public, qu’il n’en avait rien à foutre ».

                        J’aime les grandes gueules, mais le donneurs de leçons très peut pour moi. En studio les voix est bien gommer mais en live (concert quoi) ca sature très rapidement, arrive pas à rester sur la meme ligne vocal... Artiste... Comme « Kyo » oui.

                        Nous n’avons visiblement pas la même vision du mot « artiste »


                        • Rébus (---.---.158.23) 14 septembre 2006 19:18

                          c’est vrai que si l’on définit l’artiste, chanteur en l’occurence ,à sa voix, Murat est plûtot limité. Mais, il n’est pas le seul (Birkin , Hardy, Dutronc, Daniel Darc). Vrai également que le live ne me semble pas réeellement fait pour lui. Cependant, il a un truc, un univers bien particulier qui fait de lui quelqu’un à part dans le monde de la chanson française. En résumé, j’adore Murat et ce depuis le premier album, bon il peut être hautain, prétentieux diront d’autres et est quelquefois hors piste dans ses propos(volontairement à mon avis). Et alors ? Niveau personnalité (je ne parle pas là de musique), je pense que l’on peut le rapprocher d’un Robert Smith où d’un Ian Mac Culloch


                          • Lucie Fair (---.---.71.55) 14 septembre 2006 19:27

                            Le plus chiant de tout les chanteurs (et pourtant il y a de la concurrence dans le genre chiant)de plus puant de prétentions inabouties,il ferait mieux de rester dans son auvergne.


                            • patrick (---.---.155.253) 16 septembre 2006 22:21

                              « Le plus chiant de tout les chanteurs (et pourtant il y a de la concurrence dans le genre chiant)de plus puant de prétentions inabouties,il ferait mieux de rester dans son auvergne. »

                              Et la connerie raciste qui sous prextexte de faire un mot sur le net - gratuitement -, n’est-ce pas la pire des prétention ?


                            • ohlala (---.---.124.230) 14 septembre 2006 21:40

                              Murat est énervant (il m’énerve) dans le sens où, comme un sale gosse il pousse le bouchon pour voir jusqu’ où ça peut aller (du côté des bobos). Où est la limite de la provoc. Sur son 1er disque figurait « suicidez-vous, le peuple est mort ».

                              Je comprends qu’on puisse se lasser. Moi-même...

                              Une fois qu’on sait ça, je répète que ses concerts, généralement à risque (une tournée avec 3 musiciens aux ordis, machines et samples, lui guitare en bois) sont des grands moments que très peu d’artistes en France savent faire exister. Bashung, Rodolphe Burger et ses rencontres diverses...

                              Décidément il n’y a que Marsupilami sur ce blog pour avoir des oreilles.


                              • ohlala (---.---.124.230) 14 septembre 2006 21:50

                                @ rock.marshall41,

                                rock comme roll ? et Marshall comme le shériff ? ou les amplis ? hi...hi...hi...

                                Artiste, c’est une personne qui a une vision de la vie, du monde, et qui dans un langage (sens figuré) personnel sait la traduire sous une forme choisie.


                              • roumi (---.---.74.206) 14 septembre 2006 22:06

                                j’ais les memes choix .

                                il y a une belle histoire qui me parle aussi .

                                le dernier de murat

                                roumi


                              • April (---.---.77.3) 15 septembre 2006 11:02

                                Bravo pour ce très bel article. Tout est merveilleusement si bien dit smiley


                                • pingouin perplexe (---.---.13.236) 15 septembre 2006 11:41

                                  d’y voir le subtile dérision du sourire qui, seul, rehausse le « survivre »

                                   smiley


                                • vallena (---.---.2.183) 15 septembre 2006 20:32

                                  J’en reste bouche bée....Ton article est magnifique...criant de vérité...exprimant ce que beaucoup de « fans »(je n’aime pas ce mot mais n’en trouve pas d’autre)pensent, ressentent... Je te tire mon chapeau et te remercie d’avoir mis en mots mes pensées... smiley


                                  • moujik (---.---.123.252) 16 septembre 2006 11:52

                                    Bon article, pour sûr. Dans sa période la plus prolifique, outre les albums ou livres cités, Murat a sorti un DVD réalisé sobrement par Nick Kent. Au lieu de pondre un concert filmé type best of pour l’occase, Murat joue en live sans public (Camille aux coeurs) une douzaine de chansons inédites dont, comme d’habitude, des trucs époustouflants de poésie. Dont le titre du DVD, « Parfum d’accacia au jardin ». Et le voir jouer c’est un plus. Comme sur scène.Car outre musique et paroles, le gars est un sacré guitariste. Sinon le dernier disque est superbe. Je vois pas beaucoup d’artistes de cette trempe et à ce niveau de création sur la scène française actuelle. Ou j’ai mal cherché... Ha si, très très fort Rodolphe Burger, sur scène ou disques !


                                    • patrick (---.---.155.253) 16 septembre 2006 22:14

                                      C’est bien... il fallait l’écrire, et là Tout est dit !


                                      • Tintin (---.---.71.55) 18 septembre 2006 12:06

                                        Patrick quand on a rien à dire,à part des inepties creuses, on s’abstient de tout commentaires même gratuits.


                                        • ohlala (---.---.124.230) 19 septembre 2006 01:25

                                          @ patrick @ tintin

                                          Pas sûr. « Tout est dit » est une des chansons les plus noires, non, cynique-pessimiste- de Murat. Quand il ne fait pas dans sa veine « Ami, amour, amant », il est capable comme ici, sur une musiquette gentiment dansante de présenter la note d’une histoire d’amour (!) qui s’effiloche.. Plus fort encore : « La fin du parcours » : autodestructeur à mort.


                                          • Hervé Buschard Hervé Buschard 29 septembre 2006 19:57

                                            Article magnifique, comme les autres du même auteur, toujours aussi inspiré et convaincant.

                                            Et pourtant, je ne suis pas « fan » de Jean-Louis Murat, dont les apparitions à la télévision par exemple me donnent parfois une mauvaise impression... Sans doute faudrait-il que je m’intéresse un peu plus à l’artiste ? Certes. Mais l’homme aussi est bien présent, et quand il prend la parole ses interventions ne sont pas toujours du meilleur goût...

                                            Bien cordialement. Hervé Buschard.


                                            • Hervé Buschard Hervé Buschard 29 septembre 2006 19:59

                                              Article magnifique, comme les autres du même auteur, toujours aussi inspiré et convaincant.

                                              Et pourtant, je ne suis pas « fan » de Jean-Louis Murat, dont les apparitions à la télévision par exemple me donnent parfois une mauvaise impression... Sans doute faudrait-il que je m’intéresse un peu plus à l’artiste ? Certes. Mais l’homme aussi est bien présent, et quand il prend la parole ses interventions ne sont pas toujours du meilleur goût...

                                              Bien cordialement. Hervé Buschard.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON









Palmarès



Partenaires