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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Le FFM deviendra le GFFM

Le FFM deviendra le GFFM

Serge Losique a fondé le festival des films du monde de Montréal (FFM) en 1977 et l'a dirigé jusqu'en 2018. Le festival renaîtra cet automne, avec une nouvelle direction, sous le nom de Global Festival des Films de Montréal (GFFM)

Montréal

Serge Losique relancera le festival des films du monde (1977-2019) l'automne prochain

Mon histoire est un petit roman. De 2013 à 2018, j'ai tenu sur l'internet un journal à la défense et à la promotion du Festival des films du Monde de Montréal (FFM). Il s'agissait de contrecarrer les attaques systématiques injustifiées dont le festival était l'objet. Je ne suis pas spécialiste du cinéma et n'ai aucun lien avec le festival, mais j'en suis un fanatique depuis toujours comme il y en a des milliers d’autres.

Mon journal se trouve à l'adresse suivante : « Singulier.info/po/pt.html ». Année après année, j'y ai d'abord analysé les attaques de certains activistes contre le FFM et son président ; ensuite, j'offrais un sommaire critique des films que j'y voyais. La plus importante agression, à mes yeux, est la plus simple : le fait qu’un petit groupe de journalistes de Montréal dénigrent le festival de leur ville, alors qu'ils « couvrent », par exemple, les festivals de Cannes et de Toronto ! Dans le cas de Toronto, on nous parle de films qui viendront vite à Montréal, ceux de Cannes, un an plus tard ! Dans le cas du FFM, les films sont ici et souvent... ne reviendront jamais plus sur nos écrans.

La fronde injustifiée contre le Festival des films du monde de Montréal aura atteint deux sommets. D'abord un putsch avorté en 2004-2005, où des « gens du milieu » ont tenté de tuer le FFM en mettant en place un festival concurrent qui s'avérera mort-né. Ensuite, à partir de 2014, la SODEC de Monique Simard retire toutes ses subventions au FFM. Un grand scandale national et international. Plus qu’un scandale : ce fut « l’assassinat » du FFM (Rock Demers dixit). D'abord, Monique Simard faisait partie en 2004 du conseil des putschistes. Ensuite, présidente de la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC) en 2014, voilà la fonctionnaire à multiplier les déclarations et les entrevues pour dénigrer le FFM. Elle a fait cette année-là à Cannes des démarches contre le FFM. La fonctionnaire incitait des organismes d’État en Europe pour qu’ils ne collaborent plus avec le FFM. Dénigrer ? J'ai découvert, comme on le lit sur mon journal internet, qu'elle donne des entrevues à visage caché se faisant passer pour « des sources bien informées », où elle se livre à la diffamation contre le festival. Bien plus, mon journal internet a pu montrer que la fonctionnaire a livré sous le couvert de « demandes d'accès à l'information » qu’elle a manifestement suscitées, d'abord des informations confidentielles sur la gestion et les finances du festival, ensuite, plus spectaculaire, de « faux » documents ! En effet, contrairement aux journalistes qui ont utilisé ces documents (évaluations anonymes, 2013 et 2014), je les ai étudiés, pour découvrir qu'ils n'avaient pas été simplement caviardés, mais aussi tronqués ! L'analyse des textes montre que Monique Simard a livré aux journalistes des évaluations, avec des informations sensibles et confidentielles, je le répète, mais a également coupé la conclusion de l'analyse où ses propres évaluateurs se disaient favorables à l'octroi de la subvention en 2014. Et voilà qu'on utilise ces faux documents, répercutés par la presse, pour organiser un boycottage systématique des organismes qui subventionnaient le festival depuis toujours (Téléfilm Canada et la ville de Montréal). Pendant quatre ans, Serge Losique a réussi à maintenir le festival, en hypothéquant tous ses biens. Si les réalisations ont été en mode économique, elles n’en n’ont pas été moins passionnantes, comme en témoignent les comptes rendus de mon journal internet.

2019, le festival fait une pause ; 2020 et 2021, il est sur épidémie. Je me dis donc que 2022 devrait marquer la remise en marche. Début mars, j'écris à monsieur Losique pour le savoir. Or, il m'apprend qu'il connaît mon journal sur l'internet et qu'il est tout disposé à me rencontrer malgré ses problèmes de santé. Quel honneur ! La rencontre a eu lieu le 16 mars. Elle a été pour moi un événement culturel considérable. Serge cinéma Losique a « réalisé » le Québec cinématographique culturel. À partir des années 1960 : premiers cours de cinéma à l’université au Canada : Concordia, UQAM, mais surtout de 1967 à 1977 dans le cadre de son Conservatoire ; il a été le professeur, l'animateur et l'organisateur d'événements, de festivals et d'institutions avec lesquels le Québec a fait son entrée dans le monde (cinématographique) moderne. Le FFM, qu'il a créé en 1977, a connu deux grandes périodes, la période faste où se succédaient les « nouveaux réalisateurs », ceux notamment de la Nouvelle Vague, avec leurs vedettes dont les venues à Montréal créaient chaque année l'événement ; puis, la période du profond renouvellement où le festival s'est converti pour s'adresser plus spécifiquement aux cinéphiles d'un côté (mettant l'accent sur l'innovation et, notamment, les premières œuvres et le cinéma étudiant) et le très grand public de l'autre (le cinéma du « monde », soit une programmation ouverte à de très nombreuses cultures, mais en mettant encore l'accent sur les productions de pays « cinématographiquement émergents »). Bref, ma première rencontre avec ce monument du cinéma au Québec aura été un beau cadeau.

Mais Serge Losique, pour me remercier de mon journal internet à la défense du FFM, m'a révélé que le festival allait renaître cet automne. Et heureusement, tous ceux qui exigeraient encore que le festival retourne en arrière, à sa première période, vont être cruellement déçus. Si le festival peut renaître (en espérant que la SODEC actuelle corrige les injustices commises à l'endroit du FFM par la SODEC de Monique Simard en 2014), ce sera pour aller de l'avant et renforcer les caractéristiques qu'il s'est crées au cours de quatre décennies. Il aura un autre nom (avec une autre administration) puisque ce sera une renaissance : Global Festival des Films de Montréal. Mais ne comptez pas sur Serge Losique pour assister à une succession cafouilleuse qui deviendrait une foire d'empoigne des prétendants à sa direction artistique. Non, Serge Losique a déjà choisi son prestigieux successeur, un successeur intérimaire durant trois ans (grand ami du cinéma québécois) pour former celui qu'on appellera, pour l'instant, le Serge Losique II, qui sera président du festival durant les quarante prochaines années. « La planète de cinéma à Montréal » (Gérard Depardieu dixit) et « le porte-étendard du Québec culturel à travers le monde » (Influence Communication, analyse des grands festivals à Montréal, 2014) doivent poursuivre leur mission historique.


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5 réactions à cet article    


  • Philippulus Séraphin Lampion 7 mai 10:32

    ah ben ça alors !


    • Guy Laflèche Guy Laflèche 8 mai 01:38

      @Séraphin Lampion

      Mon Cher Séraphin,

      Merci. Jamais je n’aurais pensé que mon article aurait droit à un premier commentaire aussi juste et pertinent. Laconique et lapidaire. L’égorgement d’un grand festival merite votre ébahissement. Mais, attention, il ressuscite. Alors, dites plutôt : bien fait pour les écrevisses assassines !


    • Adèle Coupechoux 8 mai 12:31

      En automne, vous ne serez pas sur « épidémie » ?


      • Albert123 9 mai 11:01

        « le festival allait renaître cet automne »

        Oui, En mode réservé aux bons petits soldats dociles du credit social.








        • Adèle Coupechoux 9 mai 12:38

          @Albert123

          Le Canada de Justin Trudeau...carrément répressif. Il s’est bien assis sur la charte d’Ottawa.Tout comme en France, nous nous sommes assis sur la loi Kouchner de mars 2022.
          Le cinéma est devenu bien muet depuis plus de 2 ans.

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